‹ L'éducationChapitre 37 sur 47 · MEDITATION · texte numérisé non relu

MEDITATION

Dont loclat rosplcndit plus i)ui' ((uc lo tristal ! Cnlossiil instiTiinont ! Dieu ! comuiip il maniiesle Ta puissanre aux Elus ! Non , il n'est rien d'éi^al , Dans le ciel, à ses sons, aux concerts niagnifiiiues Des innombrables chœurs conduits par ses accords.

— <i ^ iens donc unir ta v( >ix à nos joyeux cantiques ,

» Inconnus aux terrestres l)ords !... »

— Oui , je reçois de vous ces visions mysii([ues ,

Hoii frère , el leurs divins liansporls !

(Jue faire , en<'oi-e , sui' la tene , Lorscjue de lonjj;s travaux on a rempli ses jours? Taudra-t-il S(>ui»irei-, lonj^f-temps , dans la misère , Après l'unicpie objet d'éternelles amours? Ah ! Ir ci»'! est si beau, si hideuse est la vie (11) ! Dourc mort . viens larii' la souic*' de nos pleurs î Kspéi(>n< , Dieu clémeiu . dans la ^M'àce infinie .

Tonlrils, linmili(''s péchinus [{2} !...

Iltiiieiise Ktkumtk ! <|U*en ton sein l'on oublie

l.c Iflllps . cl sr^ Mlille dnideuis !

Des (|ne je vois biiller 1 aurore (13) . (!es p«'nsers daveiiii 'Aalleni nies .leeeiis. Diisuii. .111 Irnnl d a/m . les leiiv plu Jieaiiv eiirdie \\ Vers res lieux de hlinieie .illiieiil ions nies sens. •le «lis : » (ies prnlnndciirs , si iiidii d-il 1rs niesuic . » l/ânie , libre du em ps . doit done les |>are(>urir: • Knleiidn- de eliaipH' as(|c . cl pliis \ i\ e el plus pure

SUR l'Éternité. ï2:>

» Qu'au monde où tout naît pour souffrir , » S'élever la prière au Dieu de la nature.... !

» Ah ! je meurs de ne point mourir (15) !.. .

DE LA MÉDITATION SUR l'ÉTERNITÉ.

(1) Qui timctis Dominum , dUigdc Ulum. EcCL.

La crainte du Seigneur est la source de la charité , comme elle Test de la foi ;

Qui timclis Doininum , crédite illi, EccL. ;

Comme elle l'est de l'espérance ;

Qui llmelis Dominum , apcratc in illum, EccL,

(2) La plus magnifique récompense que Dieu ait promise à rUoinme , est celle-ci : « Ego cro merccs vcstra magnanlmis. »

(3) L'idée d'un bonheur parfait est restée eii nous ; tout nous dit qu'il a dû être l'état primitif 'le l'homme, et doit être sa dernière fin. Aussi , Monseigneur Bouvier commence-t-il un de ses mandcmens par ces mots remarquables : " La rjoft n'est pas naturelle à l'homme ; elle a été introduite » dans le monde par violence , et porte avic elle les caractères d'une » effroyable punition. »

(l^) C'est une vérité triviale qu'aucun bien terrestre n'est durable. L'homme détruit lui-même son propre ouvrage ; il démolit et reconstruit sans cesse. Non habemus manentem civilalem. Mais tout est bien dans la Cité céleste ; rien n'y est sujet au changement.

(5) Cette pensée est toute la substance du Phédon. Dans cet admirable entretien sur l'immortalité de l'àrae, Socrale démontre que le corps est un obstacle continuel à la recherciie de la vérité , que ro.me ne peut atteindre et contempler dans tout son éclat, que lorsqu'elle sera délivrée des entraves du corps , et dans le séjour des Bienheureux. Ce combat de l'homme animal contre l'homme intérieur et esprit, e^l admirablement peint dans le chap. li du o" livre de l'Imilalion (De mirabili cffcclu divini amorix ). Que cette philosophie est encore au-dessus de celle de Socrate I elle ne laisse aucune obscurité, aucune inccrliludc. Elle rciupht l'àme d'une joie ineffable et durable.

\6) « Nous ne fesons que changer de vie, quand nous paraissons mourir. » ( Lettre du Pape Clément XlV , tome I ).

(7) L'Epicurien dit : « La vie est courte, hatons-nous d'en jouir, » L'Apôtre dit, au contraire : " Tcnipu.t brcvo c.sl ; crgù, dù»t Icmpusltabcmus , opercniur bonuni. » Lequel des deux est le plus ami de riiomme .'

(8) J'ai retenu ces belles paroles d'un bon prédicateur :

« Sur la terre , nous ne voyons Dieu qu'à travers les voiles de ses merveilles ; au ciel , les Bienheureux le voi'Mit faric ad l'ucicm, »

yi's

:MKI)iI VTIUN

(9) L'Ecriture iiou> dit que l'œil n'a rifti vu , l'oreille rien eutciuiu . qui pui&so f trf CDinparé à ce que les IVicnheureux \ oient et nitendent iluii> le Ciel. i:ile parle en vingt ciulroils de cvtle écialante lumière, de celle nii-^iquc céleste ; ces ravissnnles images d'un bonheur éternel et parfait , ornent les plus belles strophes de dos hymnes F.a prose de la Toussainl en offre une remarqu;:b'e :

Onines in luiuinis iinmeisi lluiuine , tterni Nurain'.s , l'erenni carminé , (iaulant delicijï.

Celte strophe répond à l'enlhousia-smo dn d« but : Lxullct laudibus CiL'îcslis curia , Terra Cœlitibus , Quus ornai gluria, Applaudat canticis !

C'est ainsi que les concerts du Ciel ont, ici-bas, des échos qui sont comme le prélude des joies de l'éternité.

la prose de .Noél nous fait entendre les concerts des Anges célébrant la naissance du divin Hcfanl.

Snperùm concenlibus, elc.

De même , les charmantes strophes (jue l'on chante aux Saluls de ces jours solennels :

Adesle, fidèles, elc...

(.anlet nunv '" • chorus Annelorum , (iantet nunc aula Cœleslium. . .

l'arlout des ehanls d'alléj;ressi' !

Le clief-d'a-uvrc des hymnes , celle de la Circcmsision , Ltipms Mf aitiiiit , finil par celte strophe harmonieuse :

IJùm dies currunt , rcdeunt et anni , Kl gradu ccrio tibi bccla ceduul , Débitas laudes Triadi suprema* Concinal orbis !

Ainsi Santeuil et CoUin le disputent aux écrivains sacrés. Ainsi se répondent du Ciel ù la terre ces chants divins en l'honneur du I)ieu qui réjouit notre jeunesse, qiiilitlilicaljuicntulcm. Celte musique «élwle «hasMî la tristesse de notre ûme : Conjitcbor tibi in eithani , Dcm tticui. Ouarr Irislii eâ , anima mra '.' { !•». 1x2. )

JiuDi-s nmsiriens , com|)rene^ voire art sublime , i.'aht tTrii>ri, 1 Car la priiitnrr , la sculpture, tous les autres arls passeront, comme la foi qui terra, tl l'ispérance qui poss^-dera ; mais la musicpie et la poésie, qui nr »onl (|u'uii<' niénie chose , ne passertinl pas |iliis que la «harile elle-même, dont elle» koni re\|irf«sion nahe et necensaire. Le chanl n'esi-il pas . en I Ifel , inspiré par r.imour , 1 1 l'.iuiour peut il exister sans se manifester par il»' leU screni:' Ijeureusr desiluee de l'homme ! Douce reliRion ! In ne peux ^Ire asMV aimée, pui>quc loi srult nourris wn crurs de |oie» si vivci et si piHe%.

ST R L KTilîNiTK

Mes plus belles pensées me sont venues des livres saints ; il est mêuie impossible de rien penser de beau qui ne s'y trouve ; la source en découle de celui qui emitlit clor/alum siinm IcrriT, ; velociler ciirrtt sermo cjus ( Ps. 47 ). Ce sont ces paroles ailées que l'on troure si souvent dans Homère. Où les avait-il puisées ?

(10) J'eus cette vision dans un songe, après la mort de ce bon frère, qui , lorsque j'étais son élève , me fesait asseoir, à côté de lui , à son clavier, pour suivre ses iniprovisations sur son bel orgue de l'abbaye de Marmouliers.

Je fis des cbangemens à cette stance qui n'aurait pu être comprise , lorsque celte méditation fut impriiiiée , à l'occasion d'une retraite du Bon Pasteur, qui eut lieu dans l'Eglise do la Couture, au Mans, en octobre 1835. Elle fut dédiée au prédicateur de la retraite, l'un des plus vraiment éloqucns que j'aie jamais entendus; je veux dire de ceux qui possèdent t'tloqueiice du cuttr, jointe à un stjle noble, à une voix grave et harmonieuse, et surtout à une ligure d'une expression céleste *. J'avais composé cette méditation pendant les vacances, dans ma solitude champêtre. Le bon curé du lieu entendit les premiers vers de mon poème ; il a aussi entendu ceux-ci qui seront mes derniers.

(11) Je signale, ici , les misères humaines, en général, surtout celles de la vie animale ; mais elles perfectionnent la vertu , dit l'Apùtre : Firtu.i in infiniiilate perficiliir. Selon le Sage , tout n'est que vanité et alTliction d'esprit ; cependant , avec un peu de résignation, d'humilité et de modération dans ses désirs , on peut encore , sur celte terre d'exil , et dans celte vallée de larmes , passer assez doucement sa vie , quand on sait être content des hommes , et rendre grâces à Dieu de ce que , malgré nos démérites , la somme des biens l'emporte tant sur celle des maux,

(12) Cor contritum et humiiialum, Deus, non despicies. (Ps. 50. )

(13) Deus, Deus meus, ad le de luce vigilo. ( Ps. 62. )

Audilam facmihi, manè, raisericordiam tuam, quia in tesperavi. (Ps.l42)

(14) Les beautés du ciel et de la lerre sont comme l'évangile naturel de Dieu , et une écriture formée de sa main pour rendre visibles aux hommes ses grandeurs invisibles , et leur faire connaître sa puissance et sa divinité.

i' Noie exlyctilc. )

(15) (;ttle pcnséj est de sainte Thérèse.

* M, l'abbé DufèUe, vic.-gén. du diocèse de Tours.

COXCLISIOX.

Puisse- do!,e rv l-.il.lo o.ivr.gr contriljuer à répandre les P- «iic-MK-s rt le goût de la seyle educaiiun capable de don.UT un sohde bo.J,eur! Puissent ceux qui Tauront lu, sentir ei «onsorver, n, eux, eru. ,„ix du cœur .fui est , dit le Sa^^e '•<;"nne un les.in .•onri.uu.I ; Secura ,.ens . ,„«.; y»,/,:,:

J'=.i.mnin.-n.a carrière dVnseignenirnt, la sml. ou j.vouuss,.remrer, pour tacher de la mu-ux remplir , s'il "1 etaudunnede recommencer la vie. Ki... ne me sera doux, •lesorma.s, r,ue la pensée d'avon. par.icipé à lonner des «*I<'ves qui me surpassât .mi talnis ,i vn venus

Désoccupé, main.nun.l , u.rs nuits n'ont plus de lon^^ snmmnl: r, n. me voyant plus , chaque jour , au mili.u de

ma vn. ., s,ndi<.use lannllr, ]..,„,,, ois seul sur la tcnv ^<9^lov,;ctfactus,umsiculj>asscrsolUanu.uu Ucln. ,i^ lo|,

Il me reste à rnneiri.r <(>lui ,|,. mes pins ,|,n-s élèves 'I"' ' «" iiiipiimant cet ou^rage , m'a .lunne , parle zèle cl les ^'»^^s «pril y a apportés, une preuve Lien sensible de ses ••'"'•«•««..•ux seniim.Mis. Pniss.- ee premier «niploi de son '•■'''"'" ' ''■"■•' l"""lui nii !ieme,i\ ,:^:,gr d,. prospérité et de

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