‹ L'éducation morale au lycéeChapitre 2 sur 19 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

S il est une verit*' qiril soit désormais superflu do dc'montier, c est que l'éducation de la jeunesse doit êti'e inséparable d(^ sou instruction et qu à proprenuMit parler on ne l'instruit que pour 1 (lever. T>(^s articles de journaux et de revnc^s, les discours de distribution de prix, les ouvra/jes de lon[ju(^ haleine écrits dans ce sens pendant ces dernières annc'es soni plus nombreux qne les grains de sable au bord de la mer.

De quelle éducation il s agit, cela n est pas davantage contesté . Comment il faut

VI WEim.SSK.MKN T.

saluer, tenir son couteau ou sa fonrchelte, quelque importance qu il convienne d attribuer à ces règles de la civilité pnci'ile mais honnête, cette manière d entendre I éducation n'est pas celle qui nous occupe en ce moment. L'éducation morale de leurs enfants, voilà ce que je suppose que les familles demandent aux maîtres auxquels elles font l'honneur de les confier. Elles espèrent qu on les leur rendra bacheliers peut-être, à coup sûr honnêtes el bous, simples ef droits, (Uierffiques cl hardis, d une raison ferme et éclairée.

F/Universile a la pn'tentiou de satisfaire à tous ces désirs. Tout le monde n est pas, semble-t-il, de cet avis. Il u est pas rare d entendre dire qu elle instruit sans élever; qu'elle s occupe exclusivemeut de 1 intelligence et en aucune façon d(^ I àme; (ju elle cherche à foi'mei" des esprits, mais nulh^ment des caractères ; que ses maîtres sont

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moins drs pcda^jofjiu's que des sav;mLs. Ces acciisalioiis soûl iiicxacics (3l iuiiistcs. Depuis (pi("l(|ii(' Icnips siMtoiil I Uiiivcisiti' csl liaii((''(' (le la préoeciipatiuii d ('Icvci' la jeunesse aiilaiil (|iie dorinsli'ilil'e. Les oiivrajfcs siii' la matière de M. (iréard, de M. Mai'ioii, (]c M. (".ompayié, de M. T^avisse et les inslructioiis de 18'J0, dociimeiil officiel, en font foi. A reveuii" sur cette question je n ai qn une excuse, c est (pi il v a certaines elioses (pion ne saui'ait tro|) répfîter, en les mettant an .;;ont du jour, d autres sur les- (pielles on a le droit d apporter un avis ditferenl ou d insister avec })lus d(> détail.

.Mais fpi on ne s attende pas à trouveidans ee volume im traite en (orme de I ediieation, .le ne me suis pas senti les épaules assez fort(\s poni- soutenir un tel lardeau. C-e sont des (Miides successives, c^iir j ai elass(''es (^t mises dans Torche le plus inethodicpic. xUissi bien ce j)rocéde modeste

VIII AVFRTISSEMENT.

concorde mieux avec 1 idée que je me fais de la pédagogie. Il n'y a pas, selon moi, de science de léducation, et cela pour une bonne raison, c'est qu il n y a de science que du général, et qu'il n'y a pas deux enfants qui se ressemblent. Aimez la jeunesse, ayez du tact et le sentiment de la dignité de votre profession : il y a des chances que vous soyez un parfait éducateur.

Néanmoins, quand c'est un grand corps tel que l'Université qui la donne, il est inévitable que l'éducation corresponde à un système déterminé, et obéisse à des idées directrices qui s'imposent à tous ceux qui en font partie. Ce sont ces idées que j'appellerai les fondements de F éducation universitaire et que je me suis efforcé de mettre en lumière sans les amoindrir ni les exagérer.

A l'usage des individus eux-mêmes, quelque part que l'on fasse aux qualités natu-

AVERTISSF.MENT. IX

rolles, on pont bien dégajjer quelques conseils };én(naux qui servent dindications précieuses dans laccomplissement d'une si délicate mission, .le n ai pas voulu faire davantafje en analysant le rôle du professeur, du proviseur, des surveillants et des familles , et en passant en revue les principales qualités qui leur sont indispensables.

Tout cela d ailleurs sans prétentions philosophiques, sans recherche des cimes trop souvent entourées de nuages, mais avec la préoccupation constante du pratique et du réel qu'on est en droit d'attendre d'un professeur — qui professe.

Je regrette d'avoir connu trop tard le livre récent de M. Edmond Demolins, I Education nouvelle, pour pouvoir en profiter dans le cours de cet ouvrage. Il y a entre lui et moi une différence essentielle. Tandis que je ne propose que des réformes partielles et progressives, l'amélioration de ce

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