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CHAPITRE VI

L'amoar-propre dans ses rapports avec ractÎTiié et le savoir.

L*amoar de soi se confond avec Tamour de rexistence, de la force et da plaisir.— II.L*activité plaît à Tenfànt, et ce plaisir même l'excite à agir.— ILI.X^ champ des actions utiles se sépare peu à peu de celui des jeux.— IV. Laissons à l'enfant une grande 11bertéy mais une liberté surveillée.— V. La comparaison de ses actes et de ses qualités, ayec ceux des autres, développe bientôt ridée d^excellence et de supériorité.— VI. Laissons-le oser, et par là se développer et se renseigner de toutes façons.— De la gymnastique spéciale pour le premier âge.— VII. Louons-le, sans jamais le flatter ou l'admirer pour sa force et son adresse.- Formes naïves et bizarres de Tamour-propre enfantin. — L'enfant aime à nous étonner. — VIII. Empêchons de bonne heure que le bâsoin de croire en lui-même ne devienne Tétalage des forces et des qualités mêmes qu'il n'a pas.— IX. L'enfant se montre aussi vain de son savoir que de sa force et de son adresse.— X. II ne faut pas, tout en surveillant les écarts sérieux, se préoccuper de cette sorte de vanité.

I. L'amour de soi, qui se confond avec Tamour de l'existence, de la force et du plaisir^ fait de Tenfant tout jeune un égoïste inconscient, ou, comme on l'a dit € une personne qui s'ignore (1) ». Cette candide expansion de la vie, cette franche exhubérance de la personnalité, qui s'aime sans le savoir et jouit d'ellemême dans ses moindres manifestations, nous devons

(i) Paul Janet, la Famille, p. 131.

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les régler autant que le premier âge le camparte, et tâcher d'en tirer le meilleur parti possible, dans l'inlérêt de l'individu et dans celui de la société.

L'amour de soi, ou l'amour- propre, se recherche et se complaît dans la personne même, dans ses manières d'être et d^agir, dans ce qui l'environne, la pare, la met en relief. Dans toutes ces différentes applications, il n'y a pas d'égarements auxquels la vanité ne paisse nous assujettir dès l'enfance. Mais toutes ont leurs bons côtés, par où il faut prendre l'enfant, et qu'il faut respecter dans une juste mesure.

II. Avant la fin du troisième mois, l'enfant a déjà conscience de sa propre activité: elle lui plaît, et ce plaisir même l'excite à agir. Du quatrième au septième mois, les mouvements sont plus étendus et plus compliqués, et la volonté apparaît quelquefois dans leur coordination. Quand l'enfant est assis sur son tapis, entouré des objets dont il est le maître, son activité, doublée de curiosité, surexcitée par les sentiments de toute sorte, le rend si heureux, semble à tel point lui être nécessaire, qu'un quart d'heure de repos forcé lui pèse autant qu'à l'adulte une journée d'ennui.

Bientôt que de. jouissances musculaires, intellectuelles, morales, et même esthétiques, lui font éprouver les premières tentatives de marche, les premiers essais de paroles, les gestes variés qu'il copie sur les nôtres ou reproduit d'après les impulsions héritées de ses ancêtres 1 II paraît souvent s'intéresser plus à son action elle-même qu'au résultat de cette action. Sa jeune personnalité se réjouit tout au moins d'être une cause de changements divers autour de lui, bien, que l'idée de cause n3 soit en lui qu'une vague tendance, La plupart de ces progrès

pressentis par l'organisme, préparés par les progrès antérieurs, et facilités par la vue de nos actes les plus faciles à imiter, s'opèrent à mesure que se sont développées les forces nécessaires à leur production. Aussi leur apparition cause-t-elle sans cesse à l'enfant le plaisir de l'inattendu. Ce sont des trouvailles dont il se félicite, et dont il veut voir tout le monde étonné, enchanté. Il les répète sans se lasser, sans utilité, pour le plaisir d'exercer un nouveau pouvoir. Bientôt le mouvement est acquis, perfectionné : il lui sert à toutes fins, comme les premières articulations significatives lui servent de termes communs pour désigner des ressemblances quelquefois très lointaines.

III. D'un an à vingt-quatre mois, s'opèrent les progrès les plus décisifs de celte naissante personnalité. Le champ des actions utiles se sépare peu à peu de celui des jeux. Fixé naguère dans un petit centre de relations, il s'agrandit au physique et au moral, dans un rayon presque illimité. 11 peut transporter ses jouets où il veut, en trouver d'autres à son gré, faire usage de ses mains pour son service personnel ou celui des autres. Désire-t-il un verre d'eau pour apaiser sa soif, une chaise pour s'asseoir, il va les chercher, ou du moins les demande avec les formules voulues. Cette faculté des mouvements, si riche en acquisitions organiques et volontaires, lui fournit l'occasion de mal faire, et, par suite, d'en être averti ou réprimandé, ce qui double pour lui le plaisir des actes loués. De plus, ses imitations d'actes, de gestes et de paroles, lui permettent, de revêtir vis-à-vis des grandes personnes et de ses* égaux, des attitudes qui caractérisent la sociabilité dans ce qu'elle a de plus extérieur. Il dit amicalement bonjour, fait le salut, demande et

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remercie poliment, ouvre ou ferme une porte, apporte ou éloigne les objets selon nos désirs.

L'enfant, à vrai dire, juge inconscient, mais bon juge de ses propres forces, quand il s'agit d'actes instinctifs ou très simples, n'a pas besoin qu'on lui apprenne à marcher, à tendre ou fléchir les bras, à pousser, à jeter des objets.

Il n'y a, dans beaucoup de cas pareils, qu'à laisser faire la nature, en surveillant les écarts et prévenant autant que possible les dangers. 11 faut aussi qu'il s'aperçoive que ses forces le trahissent, qu'il n'est pas capable de faire tout ce qu'il veut, et même qu'il fasse quelques chutes, quelques expériences de douleur fort utiles à son éducation physique et morale. Comme l'a dit avec esprit M. Fonssagrives, « tomber est pour lui une fonction ». Qu'on lui laisse son droit de tomber : pas de lisières, pas de chariots roulants, peu de bourrelets, pourvu que cette frêle nature, qui vit d'activité, et doit en vivre heureuse, soit entourée d'une surveillance assidue, d'un dévouement toujours prêt à intervenir dans les cas périlleux ou simplement douteux (1).

A mesure que son intelligence se développe et que ses expériences se multiplient, il compare entre eux les adultes et les autres enfants, et de là découle l'idée d'excellence ou de supériorité, qu'il ne manque pas de s'appliquer à lui-même. 11 jouit alors, plus souvent qu'autrefois, des réflexions qu'il fait sur sa personne, ses qualités, son mérite et ses forces. Mais, ce qui montre combien l'amour-proprc, comme la

(1) Voir ce que nous avons dit à ce sujet dans la ir partie. B. Ferez. — L'Education morale. 22

plupart de nos sentiments complexes^ tout en- restant égoïste, implique la présence d'autî^ea* individus^ c'est qu'il est beaucoup plus agisj^ant, quand» oa le regarde. Il veut faire les choses tout seul, si on Ten a loué; et, si on ne veut pas agir à sa place; tou9 les actes un peu difficiles qu'il lui a fallu auparavant laisser faire par d'autres. II veut prendre sa nourriture sans* aide se lever et s'habiller de ses propres mains ; quoiqu'on fasse, il veut y mettre la main. Il imite à table^ les façons des grandes) personnes ; c'est ici que ses indiscrétions, sa hardiesse à tout faire, la proîûplilude Je ses mouvements, amènent quelquefois des» catestrophes dont l'utilité n'est pas toujours bien démon* trée.

Mais qu'est-ce, après- tout, qu'un potage étendu sur la nappe, un biscuit émietté dan» la salade, un verre renversé ou jeté^ qu'est-ce qu'un portrait mal décroché ou crevé, un clavier de piano désorganisé, qu'est-ce que tout cela, et le reste, au prix des leçons sur la nature des objets, leurs rapports, leurs distances, leurs usages, qui résultent pour lui de ces erreurs pénibles pour son amour-propre ? Et s^irtout (|u^est-ce, au prix des belles et bonnes petites actions qu'il arrive bientôt à faire tout seul malgré leur difficulté, et de celles qu'il réussit tant bien que mal à exécuter pour se rendre agréable aux autres ? Ne rebutons pas, tout en la surveillant et la dirigeant, son innocente maladresse. Laissons-le oser, au risque d'avoir parfois à le réprimander, plus souvent à le renseigner, et sachons à propos et discrètement le remercier de ses bons services, le féliciter de son audace heureuse.

De même qu'il y a une gymnastique spéciale pour

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le premier âge, le programme des écoles maternelles comprend l'éducation musculaire du petit enfant- Il ne suffit pas, en effet, de faire connaître à Penfant ie^ qualités essentielles, les formes, les usages des dilîérents objets : il y a, pour chaque chose, une façon d'en user, une manipuliation appropriée, que le hasard n'est pas le meilleur maître à enseigner. Citons deux ou trois exemples familiers : je connais bien des gran- •des personnes qui sont embarrassées pour tirer du feu une cafetière chaude, pour saisir et porter un bol de tisane assez plein et assez chaud, opérer la traction d'objets un peu lourds, manier proprement des objets délicats, fragiles ou malpropres, couper adroitement une fleur sur sa tige, déraciner une plante inutile, cueillir un raisin, etc. Le plaisir qu'éprouverait l'enlant à bien faire un grand nombre d'actions pareilles me paraît être une suffisante raison pour qu'on les lui enseigne. Je recommande ce point très négligé aux mères soucieuses de bien élever leurs enfants, car je sais qu'on s'en préoccupe avec raison dans les bonnes écoles maternelles. C'est un côté important de i'édu- <:ation des sens,

IV. Puisque son individualité de plus en plus consciente veut être appréciée pour sa force et pour son adresse, louons l'enfant, sans jamais l'admirer, quand il a réussi ou même essayé un acte présentantjquefqne difficulté. Louons-le plutôt de l'acte que de l'intention • l'acte est quelque chose de sensible, qu'il peut mesurer d'après l'effort employé, la durée de cet effort et l'importance du résultat. Mais il est moins bon juge^ comme souvent l'adulte lui-même, de la valeur morale des actes, de la qualité des motifs et des mobiles.

et il serait porté à les exagérer, si nous tournions son attention de ce côté.

Joseph exprime quelquefois, ou même déguise son naïf orgueil d'une manière bizarre. Il porte des pantalons depuis six mois, et il ne veut plus qu'on l'appelle bébé. Sa marraine qui le taquine souvent, lui disait : « Tu es un joli moutard. — Non, je suis Joseph I y> Il se fâche aussi quand on lui parle en zézayant, comme il faisait il y a quelques mois. « Mais je ne parle pas comme ça, moi 1 s'écrie-t-il ; c'est les petits bébés qui parlent comme çal » A-t-il fait quelque chose de mal, il en accuse, moitié riant, moitié sérieux, un de ses petits voisins, un bébé; celui-là, car il a six ou sept mois moins que lui. L'enferme* ton dans un cabinet il commence par pleurer ; pour braver l'autorité ou la désarmer [iar le rire, il se met à chanter ce refrain du beau Ni coi as y qui a tant amusé depuis deux ans tous les enfants de France et de Navarre (1). Bientôt, il ouvre timidement la porte, et guette si on l'a oublié ; il se dépite, se renferme dans son cachot, chante et crie aussi fort qu'il peut. Enfin,il ouvre la porte plus grande, et dit à la personne qu'il aperçoit : « Dis donc, toi, tu croyais que je pleurais! C'est Bébère (le petit voisin Albert) ; lu vois, je pleure pas : c'est Bébère qui pleure. N'est-ce pas, moi, je suis bien gentil : « On lui répond : « Non tu n'étais pas gentil, quand on t'a mis là-dedans. — Je ne le ferai plus, » dit-il ; et la leçon, si leçon il y a, se termine là.

(1) Je Tai entendu chanter à tue-tête par les petits Espagnols de Saint-Sébastien, ce qui prouve, en passant, que, du moins pour la chanson, « il n'y a plus de Pyrénées ».

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Le même enfant a pris Thabitude de faire beaucoup de choses, parce qu'on a dit en, riant qu'elles étaient drôles. Il dil à chaque instant : « C'est-il drôle ce que je fais I » Quand il a fait, imité quelque acte de grande personne, martelé un bout de planche (son père a un magasin d'ébénisterie), marché à pas comptés en s'appuyant sur une canne, contrefait du haut de la fenêtre les chanteurs de la cour, jeté à ces virtuoses du pavé, un morceau de papier plié, on l'entend dire : « Est-ce drôle I » Un jour, comme il y avait un quart d'heure qu'on ne l'entendait plus dans la maison, on le chercha partout, mais inutilement ; à la fin, on le trouva au tond de la cour, couché à côté du chien, la tête dans la niche. Il avait dû jouer, puis s'endormir en jouant, ou peut-être avait-il pris cette position pour dormir comme le chien, et pouvoir dire ensuite : « Est-ce drôle pourtant, ce que je fais I » Ce furent, en effet, les premiers mots qu'il prononça, quand on l'eut réveillé.

Voilà une sorte de vanité enfantine qui n'est peutêtre pas aussi innocente et irréfléchie qu'elle le paraît. Cette vanité là doit être surveillée, et d'autant plus que l'enfant est plus impressionnable et plus enclin à imiter les manières de son entourage. Il faut s'y prendre de bonne heure, et longtemps avant que l'enfant <f. porte des pantalons », pour combattre cette tendance à l'exagération de l'amour-propre, qui peut être un effet de l'hérédité, du caractère inné, mais que développent les influences du milieu social. Le besoin de croire à la supériorité ou à l'excellence de ses forces, de ses qualités, peut facilement devenir le besoin de faire étalage de force et de qualités qu'on n'a pas.

Une mère disait souvent : « J'ai une idée, etc. »...

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Son petit garçon, qui n'avait pas d^ox ans, commença un jour une phrase par ces mots. Tout le monde de rire. Il en fat fier pendant loagtemps ; quand il venait une visite, il ne manquait jamais d'aller se camper devant «Ue, pour voir TefFet de son : « J'ai ustd idée ». Si l'on ne faisait pas attention à lui, il tirait par la mancbe et obligeait les gens à s'occuper de lui et de son mot.

V.Fénelon est, avec Locke, un des pédagogues qui ont le mieux montré le ridicule et le danger de Paffectation qu'on laisse croître par négligence, par faiblesse et par vanité dans Tenfant. Les excellents conseils qu'il donne, quoique un peu généraux, sont à méditer par q.ui veut combattre chez son enfant toute espèce de vanité. « Ce plaisir qu'on veut tirer des enfants, ditil, produit un effet pernicieux : ils aperçoivent qu'oa les regarde avec complaisance, qu'on observe tout ce qu'ils font, qu'on les écoute avec plaisir; par là ils s'accoutument à croire que le monde sera toujours ojccupé d'eux... Pendant cet âge où l'on est applaudi, et où l'on n'a point encore éprouvé la contradiction, on conçoit des espérances chimériques, qui préparent des mécomptes pour la vie. J'ai vu des enfants qui croyaient qu'on parlait d'eux toutes les fois qu'on parlait en secret. Ils s'imaginaient n'avoir rien en eux que d'extraordinaire et d'admirable. « Il faut donc preiw dre soin des enfants, sans leur laisser voir qu'on pense beaucoup à eux. Montrez-leur que c'est par amitié et par le besoin où ils sont d'être redressés que vous êtes attentifs à leur conduite, et non par l'admiration de leur esprit. Contentez-vous de les former peu à peu, selon les occasions qui vienaent naturellement. Quand même vous poiurriez avancer beau-

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coup l'esprit d'uQ enfant sans le presser, vous devriez craindre de le faire, car le danger de la vanité et de la présomption est toujours plus grand que le fruit de ces éducations prématurées qui font tant de bruit (1) ».

VI. L'entant se montre quelquefois aussi vain de mn savoir que de sa puissance et de son adresse. A vrai dire, il confond souvent les unes avec les autres ces qualités de nature différente. A l'âge de deux ans, l'enfant qui appelle sa sœur béte, quand elle ne fait pas ce qu'il désire, n'emploie là qu'un terme assez général de mépris ou de dépit. Mais un autre enfant, vers Page de quatre ou cinq ans, se montrait fort humiliant envers les bonnes, les traitait comme personnes ne sachant que fort peu, tandis que lui savait bien des choses, les ayant apprises de papa et de maman, qui savent tout, et qui ne peuvent pas se tromper. Comme il avait des notions précises sur une foule de choses , il relevait leurs erreurs sans ménagement, d'un ton de supériorité blessant : « Est-ce que vous savez cela, vous autres » ?

A l'époque dont nous parlons, il connaissait les quatre points cardinaux, et il s'orientait un peu dans la ville, parce qu'il avait demandé en divers endroits où était le Nord. Fort intelligent, cela lui avait suffi pour déterminer la direction des autres points cardinaux. A la maison, il était parfaitement orienté. Exemple : il offrait à son frère l'un ou l'autre des deux objets qu'il tenait dans ses mains. « Allons, prends celui qui est du côté de l'Est », disait-il au pauvre petit, bien éloigné de comprendre ce grand mot. Aux yeux des étrangers, cela eût passé pour de la pédan-

(1) V Education des filles j édit. Defodon, p. 19.

lerie; mais c'était chez lui tout naturel, et sans la moindre prétention ; il voulait seulement donner ainsi une indication exacte.

On ne doit pas se préoccuper outre mesure de cet épanouissement naïf de la jeune personnalité ; il faut, au contraire, la laisser libre, pour en redresser à Foccasion les écarts sérieux, tantôt par une brève admonestation, tantôt par une indifférence visible, jamais par une réprimande blessante ou railleuse. La timidité rend quelquefois les enfants poseurs; pensant qu'on les observe, ils cherchent à distraire notre attention par leurs jeux, leurs saillies, leurs drôleries. Mais souvent aussi, ils le font par inconsciente vanité, pour se faire caresser et louer. N'encourageons rien, réprimons peu, surtout donnons l'exemple de la modestie et de la simplicité.

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