‹ L'éducation musicaleChapitre 111 sur 114 · LES DIVERS MODES D' E N SE I GN E M E NT · texte numérisé non relu

LES DIVERS MODES D' E N SE I GN E M E NT

personnelle sur les nombreuses ecoles de muslque qu'on y trouve dans chaque grande ville, et sur leur valeur suit absolue, soit relative. Je dois m'en referer a ce qui m'a ete dit par des amis habitant I'Amerlque ou par des artistes francais qui ont pu frequenter ces etablissements et me communiquer leurs impressions.

De cet ensemble d'tnlormatlons, conlirme par la lecture attentive des reglements ou programmes d'etudes que j'al pu me procurer, je crois pouvoir deduire qu'il n'y aurait aucun interet instructif a etabllr un parallele entre les Conservatoires ou autres grandes Ecoles musicales americaines, et les Conservatoires de I'AncIen Continent : cecl par la raison toute simple qu'ils sont d'essences differentes, et ne procedcnt pas des memes idees.

En Europe, les Conservatoires ont garde de leur origine un certain caractere de philanthropic, et leur but, nicme lorsqu'ils rcclament pour cola une modiquc retribution monetaire, reste principalcmcnt celul de repandre le plus possible dans les masses rinstruclion artlstique, consideree a juste titrc comme un blenfait moral et intellectuel, com me un haut element dc civilisation. C'est d'ailleurs ce qu'en ont pensc les phllosophes de tout temps. Si parlois, ce qui est exceptionnel, la cote a payer s'eleve un pen exageremcnt, on volt aussitot apparaitre comme correctlf un article du reglement qui ofTre la gratuile a ceux pour lesquels elle est Indispensable. Aussi volton, presquc par tout, les gouvernements patronner ces etablissements, les soutenir etles alder de leurs

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doiiiers, peasant qu'il en peut sortir des sujets qui (eioiit la o'loire artistiqiie du pays; ce qui arrive d'ailleurs souvenl.

En Amerique, toujours d'apres mes renselgnements, qui enianent de trop de sources differentes, et ine proviennent de trop intelligents correspondants pour quo j'ale pu rtre indnit foncierement en erreur, il taudrail y voir plutot des entreprises privees, ayant caraclere commercial, non depourvues de visees artistiques, cela va sans dire, mais plus spccialement preoccupees d'augmenter leurs recettes que d'elever le niveau de Tart national. Cette conception permet, il est vrai, de retribner les professeiirs infiniment plus largenient que dans nos ecoles curopeennos, inais c'est la uu resultat secondaire.

11 est un fait certain, c est que, bien que le gout de la nuisi(|uc soit aussi prononce chez les Americains que dans aucune nation du monde, ce qu'ils inontrent par leur tres juste appreciation des talents de toute nature, il n'existe pas, a proprement parler, une Ecole anu*ricaine; ce n'est qu'<^i I' elat d' exception quou peut citer un compositeur, un clianteur ou un instrumentiste de haute valeur ayant lait exclusivemcnt son instruction dans son pays; et ce n'est pas sur ces rares et honorables exceptions ([u'il (aul se baser. Au contraire, qu'un jeune artiste bien done vienne etudier eu Europe, qu'il y passe quelques annces sous une bonne direction, et on le voit revenir cbez lui pourvu de tous les elements de succes; Jcs oxomples ne man([uent pas. (lela prouve assurenicul que les aptitudes ne lui ("aisaient pas dcl'aut.

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