LES DIVERS MODES D' EX SE I GN E M E N T
car I'etude ne sauralt les creer, et ne peut que les developper; d'oii je ciois. pouvoir coiiclure que ces vastes et iniinenses institutions muslcales duXouveau Monde, qui possedent des milliers d'eleves et visent avant tout a leur complaire, a les seduire, pour en atlirer a elles encore beaucoup d'autres, doivent etre considerees surtout comme des ecoles d'amateurs, jeunes gens et jeunes filles du nionde, qui veulent s'amuser avec la musique, bien plutot que comme des ecoles productrices de veritables artistes.
Une chose qui m'afiermit encore dans cette conviction, c'est la brievete des etudes qui y est presque de regie; on vent aller trop vlte, beaucoup trop vite, {'t Ton semble ignorer que de nombreuses annees sontindispensables pour former un muslcien d'une valeur reelle ; a peine un eleve a-t-il acheve deux on trois annees de cours, on songe a le produire en public. Cela peut avoir parlois certains avantagcs, mais cela doit forcement porter prejudice a la coutinuite des etudes serieuses, telles qu'elles sont comprises chez nous.
Si Ton voulait absolument trouver quelque ressemblance entre ces institutions et des etablissemeuts europeens, c'est en Angleterre qu'il faudrait chercher cette comparaison. La aussi les eleves sont admis par un examen de simple classement, et ne sont jamais refuses ni pour manque d'aptitudes, iii j)ai('c qu lis sont trop jeunes, ni parce qu'ils sont trtq) vieux; du moment ou 11 leur plait de payer leurs lecons au prix du tarif elabli, lis sont toujours ao ccptables et acccptes. C'est a eux de savoir discerner
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s'ils sont aptes ou non a profiter de renseignement qui leur est ofTert, et a ne pas se ("aire inscrire si cela doit constituer pour eux une depense improductive. l|| Rien ne les v oblige, et on ne leur refuse rien de ce fju'ils demandent. lis sont adniis a leurs risques et perils.
Comme on le voit, c'est une tout autre conception. Je ne fais ici la critique ni de I'une ni de I'au- Ire; je constate le fait, comnie je constaterais aussi bien, si j'avais a faire un cours de geographic, que I'Europe et I'Amerique ne sont pas situees Ju meme cote de I'Atlantique; et j'en conclus simplement qu'il ne faut pas, a cause d'une pure similitude de noni, se figurer que ce qu'on denomme « Conservatoire )) aux Etats-Unis ou en Angleterre, est identique a ce qu'on appelle du meme nom sur notre vieux continent, ce qui est deja tres important, bien que ce ne soit, ii vrai dire, qu'une simple question de mots. Mais encore faut-il, pour bien se compren- I dre, s'entendre sur les mots. j
Dans ce qu'on appelle « Conservatoire » en Amerique, il faut voir ce que nous appellerions chez nous une « ecole libre », une ecole formee par un i groupement de professeurs agissant pour leur propre compte, et associes dans le but d'attirer a eux la j clientele, de constituer une agglomeration importante et nombreuse, comme aussi de former des eleves brillants. '
Le plus florissant etablissement d'cnselgnement \ Inusical des Etats-Unis me parait etre le College '\ musical de Chicago (1867). La, les eleves peuvent ■