‹ L'éducation musicaleChapitre 26 sur 114 · Tlialberg, loco cit · texte numérisé non relu

Tlialberg, loco cit

sion des sons files et enfles, iin grand secours, c'est I'emploi judicieux des pedales, dont la grande majolite des pianistes-amateurs sait fort mal se servir, et anssi, ce qui est plus regrettable, bon nombre d'artistes. « On devra, dans Teniploi des pedales, qui jouent « un role si important dans I'exeeution, apporter le « plus grand soin a ne jamais meler les harmonies « dissemblables et a produire ainsi de desagreables « dissonances. II est des pianistes qui font des peda- « les un tel abus, ou plutot qui les emploient avec si « peu de logique, que chez eux le sens de I'ouie en « est perverti et qu'ils ont perdu la conscience d'une « harmonic pure. » Or, qui s'exprime ainsi? C'est encore Thalberg, c'est-a-dire I'homme qui, avec Chopin, avait pousse jusqu'au siimmum de I'habilete I'art de se servir des pedales. « Le plus grand nombre « des eleves, dit encore a ce sujet le savant maitre « Marmontel, auxquels on permet I'emploi de la (( grande pedale, s'en sert pour battre la mesure a (nous avons deja signale une cause frequente de cet « emploi grotesque), ou mieux, la met pour ne plus « la quitter. C'est alors une cacophonie epouvanta- « ble, la desolation des musiciens de gout'. »

11 vaudrait mieux s'abstenir entierement de faire usage de la pedale que lemployer a tortet a travers, ct en verite, dans toute la musique classique anterieure a I'epoque de Beethoven, on devrait s'en passer, car c'est un anaclironisme. Dans la musique moderne, au contraire, elle est indispensable, mais

Page 1