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Fetis, Ilistoirc dc la musique

2. Voir Ilelmholtz, Theorie physiologique de la musique, etTyndall, Ic Son.

;•!. Xotammeiit Sax a Paris, et Mahillon a Bruxelles.

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En quelqne bois ou metal que soit construit I'instrument qii'on aura entre les mains, la sonorite (ju'on doit chercher a en tirer reste la meme, et les nombreux qualificatifs dont ecrivains et poetes se servent frequeniment a son egard peuvent guider dans cette recberche ; le son de la flute doit etre pur, doux, veloute, suave, a]'gentin, cristallin, limpide, (tbere,... sinon il est denature et perd par cela tout son cbarme. Les effets violents et drainatiques ne lui conviennent guere; une qualite de son nasillarde, ou sourde, ou caverneuse, est un grand defaut. En debors de cette question de timbre, les principales qualites a acquerir sont la rapidite dans I'execution des traits, la finesse d'aecentuation, la legerete, la souplesse, une agilite extreme, et Tart de menager habilement la respiration.

II ne parait pas avantageux de commencer a travailler la flute avant I'age de dix ou douze ans ; au-dessous de cet age, les poumons sont trop pen susceptibles d'etre diriges ; cela pourrait meme causer quelque fatigue nuisible a la sante.

Le maximum de travail ne doit pas exceder quatre beures par jour, ici comme toujours sagement fractionne, et considerablement reduit pendant les premiers niois.

La Petite Flute n'exige aucune etude partlculiere. C'est cxactcment une grande flute reduite de moitle dans toutes ses proportions, et produisant consequemment les sons une octave plus baut; meme doigte, meme emboucbure. Pourtant ici des dolgts trop gros seraient une cause de gene. Les qualites

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cle douceur et de suavite qui sont I'apanage de la {lute lie sont pas a rechercher dans la petite flute; oelle-ci doit surtout etre mordante, incisive et stridente; I'exces, le son dur et criard, reste toutefois un gros defaut.

L'etude du Hautbois est tres difficile ; I'lnstrument est piein de pieges pour I'eleve, et celui-ci doit deployer une grande perseverance pour arriver a une execution bien nette et atteindre une certaine habilete. La ditTiculte la plus considerable qu'il faut vaincre tout d'abord consiste dans I'obligation de relenir le souffle pour adoucir le son et pour eviter ce qu'on appelle vulgairement les couacs, accidents qui se produisent lorsque I'anche seule entre en vibration, sans faire sortir le son de rinstrument. Mais, en cherchant a eviter les accidents de ce genre, il faut se mettre en garde contra un jeu d'une trop grande douceur, car on court alors le risque de voir rinstrument octavier, c'est-a-dire faire entendre les sons une octave trop haut. Autant les sons du bautbois sontdoux et veloutes, bien qu'un peu nasillards, lorsque I'instrument est entre les mains d'un virtuose habile, autant ils sont aigres et criards quand I'executant est inexperimente ou s'il manque du ooiit qui fait les vrals artistes. Le hautbo'isle doit viser a obtenir un son fin sans qu'il soil grele, penetrant sans qu'il soit dur, incisif et moi'dant sans erudite, en evitant surtout la lourdeur d'un cote et I'eclat brutal de I'autre, qui sont chez lui des defauts intolerables ; I'instrument se prete surtout

a I'expression cles sentiments tendres ou champetres, a remotion et a la prolonde nielancolie, ce qui ne I'empeche pas de devenir a loccasion infinimeut spirituel et ironique. Mais seuls les artistes absolument maitres de leur qualite de son peuvent souger a tirer de leur instrument des effets si divers et si pleins de seduction.

Et pour arriver a ce resultat, il est necessaire non seulement d'etre bien constitue en ce qui concerne la poitrine, condition commune pour la pratique de lous les instruments a vent, mais aussi de joindre a de bonnes dents (au moins les incisivesj des levres minces, fines et solides ; I'anche double du hautbois est formee de deux minces lamelles de roseau, d'une extreme delicatesse, et c'est en grande partie par la pression que les levres exercent sur ce fragile organe que sont produites toutes les modifications ou infiexions de sonorite dont Tinstrument est susceptible ; la sensibilite d'une anche de hautbois est telle, c|ue tons les hautboistes soucieux de la purete de leur timbre s'astreignent a confectionner eux-memes leurs anclies, et y apportent les soins les plus minutieux, ce qui est le seul moyen de les adapter exactcment a leur convenance personnelle, et cela quoiqu'on en trouve dans le commerce de lutherie, chez tons les iabricants d'instrnments a vent ; bon nombre de bassonistcs font de meme, bien que leurs anches soient moins delicates. II est done facile de comprendre que, pour mcttre en vibration un organe si fin, si delicat et si susceptible, des levres epaisses et charnues constitueraient, sinon une incapacite com-

plete, au nioins uiie grande difficulte de plus ; et il y en a assez sans cela.

Le travail journalier doit etrc calcule d'apres ia force physique de chacun, et pent varier entre trois et six heures; mais, en raison de la fatigue qu'il entraine, il serait dangereux de laisser un enfant noinialement developpe s'y livrer avant d'avoir atteint I'age de onze a douze ans. Si je souligne le mot dangereux, et si j'y insiste,c'est parce que de tristes exemples ont demontre ce fait d'une facon, helas ! irremediable. A quinze ans, il est encore parfaitement temps de commencer, mais a dix-huit il serait un peu tard. Mettons done que I'age le plus propice est entre douze et quinze ans, d'une facon generale et approximative.

Le CoR ANGLAIS, n'ctant pas autre chose qu'un hautbois de plus grande dimension, legerement recourbe pour la commodite de I'execution, et faisant entendre les sonsune quinte plus has, ne demande aucune etude speciale pour celui qui joue deja convenablement du hautbois ; il lui s^iffira d'un peu d'attention et de quelques semaines d'etude pour acquerir la pratique de ce nouvel instrument.

Admirable dans I'expression des sentiments de tristesse, de chagrin, qu'il exprime avec la plus poignante intensite, il ne connait pas le cote enjoue et spirituel du hautbois. C'est un hautbois en deuil.

Pour la Clarixette on pent commencer sans imprudence un peu plus jeune, vers dix ans, si Ion est

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solidement conslitue ; plus tot, on n'aiii;iit pas la respiration assez longue. A commencer plus lard, il n'y a auciiii inconvenient serieux, aussi lonp;lomps qu'on a conserve complete la souplesse des doigts. Les conditions de conformation consistent senloment en de bonnes dents et de bons poumons. Pour obtenir nn bon resultat, il faut arriver a quatre heures de travail regulier.

La clarinette, I'un des plus beaux organes de Torcbestre entier, est le plus riche de tous les iiistruments a vent en timbres varies. 11 ne possede pas moins de quatre registres parfaitement tranches : le chalumean, qui comprend les notes les plus graves, et rappelle I'ancien instrument rustique de ce nom ; le medium, chaud et expressif; Vaigii, brillant et energique; le siiraii;ii, mordant et au besoin strident. De plus, tous ces registres, grace aux progres de la facture, arrivent a se I'ondre entre eux de la facon la plus heureuse, et a lournir une echelle parfaitement homogene. Bien que possedant une predilection pour certaines formes de traits qui lui appartiennent en propre, il s'accommode a pen pres de toutes les formules vocales ou instrumentales. auxquelles il transmet la richesse de timbre qui lui est particuliere. Je ne saurais dire ici, comme je I'ai fait pour la iliite et le hautbois, quels sont les sentiments que la clarinette excelle a exprimer : elic les traduit a peu pres tous. Presque aussi agile que la (lute, aussi tendre et plus passionnee que le hautbois, elle est infiniment plus energique, plus coloree, et pour toutes ces raisons presente a I'eleve un champ d'etudes

ties plus attachants et intercssants. Mais il ne faut pas sc dissimuler que c'est un instrument difficile : independaniment du mecanisme, qui a besoin d'etre fort developpe, la musique ecrlte pour clarinelte contenant generalement beaucoup de traits, il y a la question de rembouchure, qui ne s'attrape pas aisement du premier coup, et dont depend la beaute du son, car la clarinette est sujette, comme le hautbois, au malencontreux couac.

Independamment de la clarinette ordinaire, il existe plusieurs varietes du meme instrument : chirlneltc-alto, clai'inette-basse, petite clarinette, etc. ^ . Quand une fois on possede le mecanisme et rembouchure de I'instrument type, il est tres aise de sc familiariser avec la pratique des autres, dont la tablature est sensiblement la meme.

Meme si Ton est prealablement deja tres bon musicien, il faut considerer comme apeu pres impossible de travailler la clarinette tout seul ; sans professeur, certains doigtes ou precedes speciaux, qui ne sont indiques dans aucune methode, resteraient toujours ignores, et I'execution de certains passages serait maladroite.

Instrument a anche double, formant la basse du hautbois en meme temps que celle de tout le groupe des bois, le Basson est assez pen employe comme soliste. En revanche, il est d'une utilite extreme dans Torchestre et dans la musique de chambre pour instruments a vent.

1. La petite clarinette ne sert que dans la musique militaive.

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Le principe cle I'emission cles sons, sur le basson, «tant le meme que pour le hautbois, il est natiirel de penser que les conditions de conformation physique sont les memes pour I'un et pour Tautre ; toujours des poumons intacts , des dents en bon etat, etc. Toutcfois, I'utilite des levres minces se fait moins senlir, I'anche etantplus grosse et plus resiscante.

II est parfaitement suffisant de se vouer au basson entre seize et vingt ans, la poitrine n'etant pas assez forte pendant la periode de croissance, et aussi a cause du poids de I'instrument, car il faut pouvoir fournir chaque jour, pour bien faire, un travail d'environ quatre ou cinq heures ; mais, bien entendu, il ne faudrait pas attendre j usque-la pour acquerir des notions musicales, et il est meme tres bon d'avoir travaille auparavant quelque autre instrument. Quand il reunit ces conditions, il semblerait qu'il soit plus facile au bassoniste qu'a tout autre de se passer de I'aide d'un professeur ; pourtant, si Ton veut arriver a une veritable habilete, il sera toujours infiniment plus sur de prendre un certain nombre de lecons a a debut et fe/'s la /in des etudes.

Le basson, par son etendue, necessite dans I'ecriture Temploi de deux clefs, celles de fa et cVut de 4"^

Je ne parle ici que pour memoire du Contrebasson, instrument fort rare et d'un maniement tres incommode, qui, bien que figurant sur un assez grand nombre de partitions, estpresque toujours remplace dnas la pratique, soit au theatre, soit au concert,

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par un auire insti-iiment poitatlf et de construction plus modcrne, generalement un sarriisoplione.

Tons les Instruments en cuivre, a I'exception du cornet, se presentent sous deux types : le type simple, qui ne pent emettre qu'un assez petit nombre de sons, mais d'une grande beaute, et le type chromalique, qui peut faire entendre tons les sons compris dans son etendue, mais avec une qualite de timbre moins pure et nioins caracteristique :

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