Traducteur, tiaitre. . Hector Berlioz, Memoires
ETUDES DU COMl'OSlTEcR 253
compte, par vine cruelle experience personnelle, des choses qui sont de nature a aider ou entraver le compositeur dans sa voie.
Ce petit ensemble de connaissances preliminaires constitue ce que nous appellerons dorenavant : etre bon musicien; par le solfege, nous possedons la langue; par le piano, nous avons pu nous familiariscr avec rrt/-/; a present, nous allons entrer de plain-pied dans le domaine de la science.
« N'ayez pas peur des mots Theorie, Harmonie, « Contrepoint, etc. lis vous sourieront si vous leur « en faites autant. » C'est encode a Schumann* que nous enipruntons cette gracieuse image, d'une absolue verite ; car si nous avons cru devoir dire precedemment que les hautes etudes musicales sont parfois arides, cela doit s'entendre seulenient pour ceux qui sont incompletement doues. Pour les autres, la science musicale est une science aimable et pleine de charmes, telle que semble la decrire Montaigne dans son langage pittoresque : (( La science « doit etre logee dans une plaine fertile, oil Ton « arrive par des routes gazonnees et doux fleuran- « tes", d'une pente facile et polie. Pourquoi la « planter a I'ecart sur un roclier raboteux, emmy' « les ronces? Phantosmc a estonner les gens. » Cela est surtout vrai pour la science de I'harmonie, « cet art divin que tous les grands esprits ont <( ainie; le seul, peut-etre, que Ton souhaite de