LES DIVERS MODES D' EX S E I GN EM EN T
quel qu'il soit, sera sufTisant pour fournir matiere a la \econ, et lui servir au moins de point de depart.
Puis la lecon de composition est avant tout une conference sur Testhetique, parlois meme une conference contradictoire, une conversation et uii t'change d'idees, et elle n'a aucune raison de s'adresser a un seul.
Tels sont les motifs qui me portent a trouver Ten. seignement collectif superieur a I'enseignement individuel dans tout ce qui a rapport a la technique generale, du commencement a la fin, tout en conservant une predilection marquee pour I'enseignement individuel en ce qui concerne I'etude du chant ou d'un instrument quelconque.
A present, il faut examiner les cas exceptionnels, qui ne me paraissent pas excessivement nombreux.
Le premier qui me vient ii la pensee est celui dun eleve tres en retard, qui a besoin de mettre les bouchees doubles et de recevoir de nombreuses explications ; pour celui-la, necessairement, la lecon particuliere s'impose, quelle que soit la branche d'etude. 11 en est de meme de celui qui, en raison d'autres travaux, ne pent disposer que de pen de temps, ou encore d'un eleve dont les etudes pechent par la base, ce qui oblige a revenir frequemment en arrierc, pour consolider des notions incompletes, chose inadmissible dans un cours ; ou encore dans le cas d'un eleve a marche lente (ce qui ne veut pas dire mauvaise marche, car ce sont souvent ceux-la qui s'assimilent le mieux les preceptes qu'on leur enseigne patiemment), qui entraverait ses camaradcs a marche
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normale... Dans tous ces cas, et dans tons ceux oil i'eleve ne se trouve pas dans des conditions ordiaair.'S, la leron particnliere, cela va de soi, est seule a reconimander.
Plus delicate est la situation d'un elcAC afflioe
dune extreme timidite : si Ton vise specialenient a vaincre la timidite, il semble que le cours. avec ses promiscuites inevitables, est le remede tout indique; r.iais si Ton veut surtout obtenir des progres rapides, malgre cette timidite, on v arrivera plus aisement au moyen de lecons frequentes d'un professeur sachant s'attirer la confiance. C'est un cercle vicieux. On pourrait peut-etre, en ce cas, essayer alternativement des deux systemes.
Je m'apercois que j'ai oublie de parler ici de I'etiide de la niusique de chambre. Pour celle-la, il v a deux marches dilTerentes, Tune particnliere aux pianistes, I'autre preferable pour les instrumentistes en general. — Le pianiste a toujours avantage a commencer par un certain nombre de lecons particulieres, afin d'acquerir la souplesse, les qualites d'abnegation, de renoncement a I'effet personnel, et ce sentiment tout special de courtoise condescendance qui constitue Fun des charmes les plus delicieux et les plus elegants de ce genre de musique, pour s'apprivoiser en quelque sorte et perdre ses liabitudes de trop grande independance ; mais des que ce but est a peu pres atteint, le cours lui est meilleur et plus profitable; I'eleve n'y travaille de ses doigts qu'une partie du temps, c'est vrai, mais il y assiste comme a un concert instructif, car, nous