LES DIVERS MODES D ' E.\ S E T G \ E M EX T
peut aclmirablenient profiler d'un cours de solfege qui durera deux heures, en s'interessant, quand on ne sera pas soi-meme sur la sellette, au travail des autres eleves, et en suivant sur la musique. On peut meme considerer a priori qu'ici les cours les plus nombreux ont chance d'etre aussi les meilleurs, car ils permettent d'aborder le solfege d'ensemble a plusieurs parties, une des plus parfaites etudes qu'il existe pour ouvrir I'intelligence musicale et parfaire redueation de I'oreille.
La theorie : c'est un enseignement parle, qui peut se faire au tableau (c'est meme ainsi qu'il se fait le mieux), suivi de questions verbales ou de problemes que I'eleve doit resoudre par ecrit.
La clictee : il faut exactement le meme temps pour presenter une dictee, que les eleves soient un ou cent. C'est done gaspiller le temps du professenr et lui creer une fatigue inutile qu'exiger qu'il vous fasse une dictee a vous tout seul, sans aucun avantage pour personne.
La transposition : m^me raisonnement que pour le solfege et la theorie, soit que Ton s'exerce a la transposition en lisant, en chantant au piano, soit qu'on le fasse en ecrivant; on apprend presque autant en regardant faire , en regardant intelligemment, s'entend.
Lliarmonic : ici les motifs de ma predilection sont d'une autre nature : il v a avantage a pouvoir comparer son propre travail avec celui de camarades, soit qu'ils suivent une marche absolument parallele a la \6tre, soit qu'ils aient de I'avance ou
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m^me du retard sur voiis (sans trop d'ccart pourtant); cela developpe le jugement et I'esprll d'analyse; de plus, la discussion entre eleves est un puissant auxiliaire; mais, contrairenient \\ ce que nous avons vu pour le solfege, il n'y a pas avantage ici ii ce qu'un cours soit nombreux, au contraire; de qua tre a dix eleves, cela va bien, c'est une bonne j)i ;.portion, car il est necessaire que chacun mette souvent personnellement la main a la pate.
Le contrepoint : memes considerations que pour rharmonie, a un plus haut degre; c'est au moins aussi instructif de voir rechercher les defauts dans le travail d'un condisciple, de participer a cette recherche, de critiquer, de prendre part pour ou contre telle interpretation des regies strictes de ce genre severe de composition, que de voir eplucher et dissequer un travail qu'on a ecrit soi-meme.
La fugue et la composition : ici, encore, mes motifs sont d'un nouvel ordre : nul ne pent etre certain de produire une composition quelconque, fugue ou autre, au jour et a I'heure designes; il lui faut altendre I'inspiration, ou, si le mot parait trop gros, attendre qu'il soit en train, que I'idee soit venue. Dans ces conditions, comment s'arranger d'une lecon individuelle a jour et heure fixes? II se pent fort bien qu'on n'ait rien de pret a y apporter, ou si, au contraire, on se presse, qu'on n'y apporte que de mauvaise besogne, un travail bade, trop hatif, sans interet. Dans un cours collectif, au contraire, sur le nombre des eleves, il y en aura bien un ou deux qui auront produit quelque chose, et ce quelque chose.