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LES DIVERS MODES D' E XS E IG.\E M ENT

y a les Conservatoires, dont nous n'avons pas encore parle, et qui constituent un puissant element d'expansion de I'instruction musicale, aussi bien pour I'amateur que pour le professionnel.

L'enseignement des Consen^atoires et autres grandes ecoles est quelque chose de tout particulier. II tient de lenseignenient collectif en ce que tons les eleves appartenant a une meme classe sont reunis dans le meme local; il participe de I'enseignement individuel, puisque chaque eleve recoit sa part personnelle de lecon, ne fut-elle que de quelques minutes, tout en assistant a la lecon de ses condisciples, qui, eux aussi, assistent a la sienne et peuvent en tirer profit; il n'est pas absolument theorique, puisque la pratique est toujours associee ii I'expose des principes; il nest pas non plus specialement pratique, par la meme raison ; il tient de tout cela, et c'est encore autre chose : il est surtout dogmatiqiiCy voila bien la qualification qui lui convient. Le professeur y est cense impeccable et infaillible, ce qu'il dit doit etre accepte comme article de foi, I'exemple qu'il donne doit etre imite servilement. S'il est chanteur ou instrumentiste, il apprend a ses eleves a jouer ou chanter comme lui, a sa maniere, a respirer, il prononcer, ii tenir Tarchct comme lui; il leur communique quelque chose de son style propre, les i'aconne a son image, si bien que lorsqu'on les cntend, on pent dire sans hesitation : celui-ci est eleve d'un tel. C'est ce qu'on appelle faire ecole. Je n'entends pas dire par ceci que tous les eleves sont

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coules dans le meme moule, ce qui seralt line grande faute ; quand le maitre est reellement un grand artiste, il sait laisser a chacun ce qui est necessaire pour constituer son individualite, et s'attaclie principalement a developper les qualites innees; mais il reste quand meme un air de famille qui, sans exclure nullement les originalites, rattache entre eux les membres d'une meme ecole, et les fait reconnaitre aussi surement qu'une marque de fabrique; ce qui n'est pas un defaut, mais tout le contraire, lorsqu'on n affaire a un grand maitre. S'il s'agit de composition, a plus forte raison, le maitre leur inculque ses idees, ses precedes d'orchestration, leur fait partager ses admirations ou ses antipathies, tout en ayant o-eneralement I'intention tres sincere de leur laisser la plus grande liberie, de les empecher seulement de s'egarer; et, en realite, il leur communique souvent non pas son genie, ce qui est, helas ! intransmissible, mais beaucoup de sa facon de faire, de son talent, de ses tours de main ou formules familieres. Celui-la avissi fait ecole, certes; mais les terrains sur lesquels s'eparpille sa semence sont tellement differents entre eux, que, la plupart du temps, leurs produits ne presentent aucune analogic apparente, et ne semblent pas proceder de la meme essence; si bien que, u.c^me prevenu, I'ffiil exerce d'un homme du metier a de la peine a reconnaitre leur origine commune. Dans les cours d'harmonie, de contrepoint, de fugue, on encourage bean .)up les discussions entre eleves, chacun donna ut des exemples pratiques des points de theorie qu'il lui plait de

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