LES DIVERS MODES D' EN SEIGN E M E N T
que I'artiste pratiquant doit tirer de son art ses nioyens d'existence, les moyens de gagner de I'arj,ent, en nn mot, — « le prctre doit vivre de lautel », — tandis que Tamateur, pour lequel c'est un luxe, y rencontrera plus souvent I'occasion d'en depenser. Si done il est parfaitement legitime que celui qui a decide de {aire de I'art a la fois le but et le moycn de sa vie, recherche I'obtention de ces diplomes qui seront pour lui des titres, qui pourront lui ouvrir des portes ou I'aider a se creer una situation, il faut les envisager comme une satisfaction frivole a I'egard de ceux qui possedent d'autres ressources financieres; s'ils ont besoin de ce stimulant, c'est que vraiment ils n'ont pas Tamour de I'art, et qu'ils le traitent trop comme un simple s/^o/-^. Exception doit ctre faite pour les tout jeunes enlants, qui ont le droit de ne voir dans la musique qu'un jeu d'esprit et d'adresse oil Ton pent perdre ou gagner; cette conception est sullisante pour leur age. INlais des qu'il s'agit d'etudes elevees, I'emulatidn semble ne plus etre necessaire, et les encouragements ou recompenses provenant de luttes scolaires me paraissent devoir passer a I'arrierc-plan, la veritable satisfaction de Tartistc consistant uniqucment dans la penetration de plus en plus complete des secrets de son art, et dans la conscience intime que chaque jour il fait un pas de plus vers la perfection, qu'il s'eleve plus haut, par le travail et la perseverance, vers la notion du Beau
Sans aucun doute, c'est 1 Italie qui fut le berceau
des premiers Conservatoires, bien clifTerents alors de ce qu'ils sont aujourd'hui. Le plus ancien des etablissements porlant ce nom, dont j'aie pii trouver des traces certaines, est le Conseivatorio di Santa- Maria di LorctOy qui parait avoir ete fonde a Naples, vers 1537, par un savant et d'ailleurs celebre musicien flamand du nom de Jean Tinctoris; puis, presque aussitot, en tout cas avant la fin du siecle, et encore a Naples, on en voit apparaitre au moins trois autres, le Conscrvatorio dei poveri di Gesn CJiristo, le Consetvatofio di San-Onofrio, et le Consejvato/-io delta pietd de Tiirchiiii. Ces etablissements avaient autant caractere de refuges, d'asiles, d'orphelinats ou d'hospices que d'ecoles a proprement parler ; toutelois, on y cnseignait la musique aux enfants qui paraissaient montrer quelques aptitudes, au meme litre qu'on leur apprenait quelque autre metier, dans le but de les mettre a meme de subvenir aux besoins de leur existence; c'est ainsi que I'une de ces mai sons, dirigee par des Peres Jesuites, fournissalt touts la region en musiciens ambulants et mendiants; on I'appelait le Coiisetvatorio dei poveri scoli, le Conservatoire des pauvres.
Yoila pour les origines; c'etaient alors des fondations pieuses et philanthropiques.
Depuis ces temps, les Conservatoires out pullule en Italic et dans le monde entler. Me trouvant en possession de quelques donnees officielles relatives a plusieurs des plus celebres ou des plus importants^ il me parait interessant de documenter le lecteur sur leur fonctionnement, sans garantie absolue pour