FORMES PRINCIPALES
La musique de piano tire son origine de celle qui fut écrite pour clavecin jusqu’à la fin du xvm e siècle. Celle-ci, à son tour, dut son premier développement au genre des pièces de luth, instrument fort en faveur il y trois et quatre cents ans, et dont l’un des claviers du clavecin reproduit les sonorités.
C’est de cette musique de luth que le clavecin et le piano ont emprunté les nombreuses gammes, arpèges , agréments divers qui les caractérisent, tandis que jusqu’alors on se bornait à reproduire sur le clavicorde ou le clavecin des accords dans le genre de ceux des voix ou de l’orgue.
Mais ces instruments, à cordes frappées ou pincées, ne pouvant tenir les sons comme 1 orgue.
on a pris le parti de briser ou d'arpéger les memes accords. Voilà, l’origine du genre spécial de musique qui nous occupe.
Pour les formes qu’il revêt, on peut distinguer deux grandes catégories :
i° Formes imitées de la musique de danse :
2° Formes inventées par les musiciens pour ce genre de pièces.
formes tirées des danses
L’accompagnement des danses au clavier a le premier donné l’idée de composer des morceaux dans le même genre, mais où la musique est plus compliquée, plus soignée.
Les pièces ainsi composées, quoique l’étant d après le cadre des danses, ne pourraient plus servir, la plupart du temps, à les accompagner. Leur dessin rythmique ou mélodique est en effet orné de contrepoints, de broderies, de variations, destinées à procurer à notre esprit, par l’intermédiaire de 1 oreille, des impressions diverses.
Dans la musique de danse proprement dite, on demande seulement que le rythme soit fortement marqué, de façon a soutenir les pas des danseurs. La mélodie vient en surplus.
Les danses usitées aux diverses époques ont donc donne naissance à un certain nombre de morceaux purement musicaux.
On a écrit ainsi dans les formes suivantes du xvi e au xix e siècle :
Branle, Sarabande, Passacaille , Chaconne, Courante , Gigue, Pavane , Gavotte, Menuet, Rondo, Valse, Polonaise, etc.
II est inutile de décrire ici ces formes dans le
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détail; disons seulement que les unes sont d’un mouvement solennel et modéré comme la sarabande, la pavane, tandis que la valse ou la polonaise sont très rapides.
Remarquons aussi que dans le rondo il y a, comme dans les rondes enfantines ou populaires, une sorte de refrain, qui revient à plusieurs reprises dans le cours du morceau.
Le menuet et la valse ont toujours un ou plusieurs trios, après quoi on reprend le thème principal en son entier et on termine ordinairement par une coda , ou finale développée de quelques mesures. Ces deux formes, menuet et valse , sont aussi généralement précédées d’une petite introduction qui, au début du morceau, fait pendant à la coda finale.
Ce qui caractérise toutes ces formes empruntées aux danses, c’est que chaque partie du morceau est fréquemment composée d’un nombre fixe de mesures , déterminé par le rythme de la danse qu’on imite.
11 en est de même pour la relation des tonalités employées.
Ainsi, dans le menuet , la première partie se termine dans le ton de la dominante , la seconde partie commence dans ce ton et revient à la tonique; le trio, dans les plus anciens menuets, suit le ton relatif, et, dans les plus modernes, le ton de la sous-dominante.
Vous constaterez ce fait, par exemple dans le menuet de la douzième sonate de Mozart, celle «dont le finale est connu sous le nom de « marche turque ». Ce menuet est en la majeur', la première partie finit en mi majeur , ton de la dominante; la seconde partie part de mi pour revenir «n la\ le trio est en ré majeur, sous-dominante
de la
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