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FORMES PUREMENT MUSICALES

Cette seconde espèce de morceaux inventés par les musiciens en dehors des rythmes de la danse repose principalement sur le rapport des tonalités entre elles; le compositeur est libre de prendre la mesure, le rythme ou les combinaisons qui lui conviennent.

Les cadres dont se sont servis les maîtres sont principalement : la variation, limitation et la fugue , le prélude, Yallegro, 1 andante , la fantaisie.

La variation est une des formes les plus an~ ciennes et les plus primitives de la musique.

Sur un thème donné, un compositeur a brodé divers ornements plus ou moins rapides quant au rythme, plus ou moins chromatiques quant à la tonalité. Mais toujours Vidée du thème apparaît à travers toutes les variations.

On a fait des variations sur toute espèce de thèmes. Bach, Beethoven, ont ainsi traité des airs d’opéras, des mélodies diverses; Mozart en a composé sur i Ah! vous dirai-je maman? I lus récemment, on en a publié sur A u clair de la lune .

Dans P imitation, une partie fait entendre, à quelques temps ou mesures de distance, la mêmemélodie déjà commencée par une autre partie.

Quand une imitation se prolonge ainsi jusqu’à la fin de la mélodie, c’est un canon.

La fugue repose sur l’imitation, qui doit se faire selon les règles suivantes : une partie expose une mélodie, et tandis qu’elle se poursuit, une seconde partie imite la mélodie en la prenant sur

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la dominante. Si la fugue est à trois, quatre, cinq parties, chaque partie entre successivement en imitation, l’une sur la tonique, l’autre sur la dominante, en alternant.

La fugue comprend un certain nombre de petites variations ou divertissements , après lesquels, comme dans le rondo , on reprend le thème principal, mais dans diverses tonalités.

La fugue se termine par la strelte et la pédale.

Vous ferez facilement l’application des principes précédents en examinant l’une des superbes fugues du Wohlte/nperirte clavier (Clavecin bien tempéré) de J.-S. Bach, que tous les pianistes doivent posséder (i).

Comme pour la variation, le thème ou sujet de la fugue est, ou bien composé par le musicien,, ou emprunté par lui à quelque autre chose.

L’audition de la trompette d y an postillon a inspiré à Bach une fugue sur le même thème.

Le prélude est une forme plus ou moins libre de composition, mais toujours basée sur l’alternance des tonalités.

La plupart des petits morceaux que contiennent les méthodes des commençants sont des préludes. Les pièces du Jiigend-Album (Album à la Jeunesse), de Schumann, les Etudes de Lemoine, de Czerny, sont en général des préludes.

En les étudiant, vous pourrez remarquer que le musicien a tantôt employé la variation, tantôt l’imitation ou la fugue, tantôt l’une des formes empruntées à la danse, ou l’une de celles dont nous allons parler.

(i) Voyez plus loin le chapitre spécial qui traite de Y imitation, du canon et de la fugue.

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\Jallegro , Vallegretto , le presto sont, ainsi que leur nom l’indique, composés dans des mouvements vifs.

Ces morceaux renferment chacun deux idees ou thèmes de genre different, d’abord exposees, l’une dans le ton de la tonique, l’autre dans celui de la dominante. Puis a lieu un développement plus ou moins long’, après lequel on reprend les idées premières, mais en terminant, bien entendu, sur la tonique.

Pour prendre un exemple facile et simple de ces formes, je citerai Yallegro de la première sonatine de Clementi.

La première idée est en ut majeur ; la seconde, qui commence à la huitième mesure, est en sol, dominante d 'ut, et dans un genre différent. Après a première reprise vient un petit développement, qui imite le mouvement de ce qui précède. Enfin, la première idée reparaît, puis la seconde, mais cette fois dans le ton principal tfut pour terminer le morceau.

L'adagio et l 'amiante sont composés d’une mélodie très chantante, lente et qu’on répète <leux fois. Souvent, on la termine une première fois sur le ton de la dominante; la seconde fois, elle commence sur ce ton pour finir à la tonique.

Cette seconde partie de l’andante est très fréquemment écrite avec des variations.

Enfin, la caractéristique de la fantaisie est

d’être. fantaisiste, et le compositeur n’y est

astreint à aucune forme déterminée.

Il entremêle à loisir les mouvements, les rythmes, les tonalités, tout en restant soumis, bien entendu, à l’application des règles générales de la musique. Souvent la fantaisie est composée de divers mouvements s’enchaînant.

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