DICTÉE ÉCRITE
La dictée orale doit toujours précéder la dictée écrite, au moins dans la période de formation. Une monodie ou une polyphonie sera d’abord jouée, et l’élève en désignera les sons à haute voix. Si le sujet offre quelque complexité, on le donnera d’abord une ou deux fois, afin que l’auditeur s’en pénètre bien ; à la troisième fois, il en nommera les sons, à la quatrième fois, il l’écrira*
Comment doit-on faire cette dictée? Par phrases et parties de phrases, de manière à développer chez l’élève le sens musical. On pourra se servir pour cela des traités existants, dont on cherchera à apprécier les exemples à ce point de vue. Il sera mieux encore de puiser chez les maîtres. Je prends au hasard la partie principale de Y Allegretto de la première sonate de Mozart pour piano.
Il y a là une phrase claire, bien construite, facile à comprendre.
l’éducation musicale
Cette mélodie est facile, et si l’élève a quelque peine à la suivre d’un bout à l’autre (bien que la même idée musicale s’y répète), on la coupera à la demi-phrase ou aux divisions moins importantes, indiquées par les barres au-dessus de la portée.
Pour les dictées polyphoniques, elles doivent, au début, être très simples et à deux parties seulement. Dans les premiers de ces exercices, on pourra demander à l’élève de suivre d'abord l’une des parties, qu’il écrira, puis l’autre, qu’il traitera de même. L’audition simultanée qui suivra devra lui permettre de se corriger.
Il sera avantageux de choisir des phrases assez courtes et, autant que possible, avec quelque « imitation ». C’est à la fois une aide pour l’élève et une initiation à la musique concertante. Voici un premier exercice très simple :
l’éducation musicale
A chaque page des œuvres de Bach, on trouvera des exemples de ce genre; il sera mieux toutefois, pour débuter, de les choisir de préférence chez les maîtres de l’art vocal du xvi e siècle : Palestrina, Vittoria, etc. En voici un spécimen, emprunté à un beau répons pour la Semaine- Sainte :
Ici, l’imitation se poursuit régulièrement pendant plus de quatre mesures.
Un travail de ce genre forme non seulement a la dictée musicale, mais au jugement et au goût. Avec des dictées polyphoniques ainsi construites, l’élève s’initie au style des maîtres et apprend déjà ce qu’est l’imitation, base du canon et de la Jague qu’il pourra étudier plus tard.