‹ L'éducation musicaleChapitre 9 sur 46 · LA POSE DE LA VOIX · texte numérisé non relu

LA POSE DE LA VOIX

Mais comment s’y prendre pour développer la voix sans la fatiguer? Premièrement, il faut la poser. 11 s'agit d’arriver à émettre un son en l’appuyant sur une voyelle. Laquelle choisir? Il est indispensable, en effet, pour que le son sorte, que la bouche soit bien ouverte. Là est la question, car si, par exemple, on choisit la voyelle e ou i, on obtient un son qui passe à travers les dents et le nez ; la voyelle u donne une allure pointue à la note, la lettre a a le gros inconvénient de donner une voix blanche et non assise, car elle vibre sur la gorge, chose non seulement peu jolie, mais qui fatigue le larynx et ne donne que de mauvais résultats. Alors il nous reste à choisir la voyelle ô (comme dans mot, et non pas o clair, comme dans sonore). Cette voyelle est celle qui l’emporte sur toutes les autres, car elle vibre sur le palais, ne fatigue pas les cordes vocales et fait surmonter toutes difficultés vocales lorsqu’elle est bien émise. La voyelle ô a la propriété de donner du « corps » et du volume à la note. Elle empêche le son de s’échapper par le nez, et, au lieu d’avoir une voix blanche comme avec a, on obtient une belle voix chaude, bien timbrée, comparable à ces jolis timbres italiens tant appréciés.

11 ne faut pas que la voyelle ô soit dénaturée, par exemple en lui donnant l’allure de ou (défaut commun aux débutants), mais il faut simplement supposer un ou même deux accents circonflexes sur o, et l’on sera dans le vrai.

l’attaque DU SON

II faut attaquer très nettement toute note de départ, c’est-à-dire que le son aille bien frapper

l’éducation musicale

la glotte . Vous savez tous ce qu’est cet organe important parmi ceux qui vous servent à parler ou à chanter : c’est une ouverture du larynx qui aide à l’émission de la voix. Lorsque nous parlons, on la sent doucement vibrer dans la gorge; pour l’exercice dont nous parlons, il faut la détendre vivement et avec force : c’est ce qu’on appelle le coup de glotte . Pour s’y habituer, il faut attaquer quatre ou cinq fois la voyelle d, et d’une façon très indépendante, en donnant des sons très brefs, coupés par des silences également brefs.

Une attaque bien faite donne de la justesse (chose indispensable à un chanteur) et de la sûreté dans l’exécution. Lorsque l’attaque est faite, on commence, non à quitter la note émise, mais à la filer en la soutenant un temps assez long, toujours sur la voyelle 6. On doit avoir bien soin que la bouche soit le plus ouvert et le plus immobile possible, aussi bien que le corps, qui ne doit pas se dandiner à droite et à gauche : c’est absolument déplorable comme tenue et comme aspect esthétique. 11 faut éviter aussi pendant ce temps de rythmer la mesure avec sa voix, en faisant entendre une sorte de renforcement sur les quatre temps d’une ronde, par exemple.

Il est aussi nécessaire à un chanteur d’avoir la voix posée qu’à un pianiste d’avoir les doigts « faits » par un mécanisme suivi avant de se permettre d’exécuter quoi que ce soit. Et cela se comprend facilement, car c’est une base sur laquelle évolue tout travail qui se fait dans la suite,

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