‹ L'éducation nouvelle: études de pédagogie comparée (volume 2)Chapitre 21 sur 43 · STATISTIQUE DES ÉTUDIANTS · texte numérisé non relu

STATISTIQUE DES ÉTUDIANTS

L'arithmétique de M. Conrad opère sur une période de 50 années (100 semestres universitaires), de 1831 à 1883. En 1831, le chiffre des étudiants dans les Universités allemandes s'élevait à 14,211 ; en 1882 il avait atteint le total de 24,187. C'est un accroissement considérable et d'autant plus sensible qu'il n'a pas été continu. C'est ainsi qu'en 1843 on ne comptait que 11,017, et en 1889, 11,245 étudiants. C'est à partir de 1872 que le mouvement s'accentue.

En 1872 14,880 étudiants.

En 1882 24,187 —

Il convient de noter que, pendant cette même période, la population générale du pays s'augmentait dans la proportion de 13 p. 100 seulement.

Dans le semestre 1881-1882, le public scolaire se répartîssait dans les proportions suivantes entre les diverses Facultés :

Droit 22,6 Théologie catholique. 3,!

Médecine 21,5 Philosophie 40,3

Théologie protestante. 12,5

Examinons à part chacune des Facultés.

a. Facultés de théologie protestante.

Voici quelques chiffres qui donneront une idée des oscillations qu'a subies la fréquence scolaire dans cette Faculté :

nné<

. . 4,447 étudiants

On voit qu'à deux reprises le chiffre des étudiants s'est notablement abaissé pour se relever ensuite. D'après M. Conrad, ce n'est pas à un affaiblissement ou à une renaissance temporaire des croyances religieuses, mais à l'encombrement plus ou moins grand des carrières ecclésiastiques qu'il faut attribuer ces résultats.

Berlin et Leipzig sont les deux plus grandes Universités d'Allemagne. Cependant, pour la théologie. Halle a plus d'étudiants que Berlin, et plusieurs petites Universités sont plus favorisées que des centres universitaires plus importants. C'est ce qu'on pourra constater en prenant connaissance du tableau suivant qui se rapporte à l'année 1883 :

étudiant*. Étudiants.

Berlin 459 Gôttingen 197

Erlangen 305 Breslau 127

Bonn 109 lena 127

Greifswald 129 Leipzig 638

Giessen 68 Heidelberg 54

Marburg 139 Kônig.sberg 158

Halle 488 Rostock 50

Tubingen 366 Kiel 72

Est-îl besoin de faire remarquer que les étudiants en théologie sont pauvres en général, qu*ils vivent à meilleur compte dans les petites Universités et qu'ils trouvent dans certaines villes, comme Halle, des l>ourses et des subsides de toute espèce ?

b. Facultés de théologie catholique.

Le chiffre d^ étudiants qui s'élevait, en 1830, à 1,800 était réduit à 811 en 1883, et encore ce chiffre accuse-t-il une augmentation sur l'année 1879 (619 étudiants).

Le Eulturkampf n'est évidemment pas étranger à ce résultat, d'autant plus qu'en Prusse la diminution paraît encore plus sensible que dans le reste^de l'Allemagne (196 étudiants en 1880).

- Beaucoup de catholiques allemands étudient la théologie en Autriche.

c. Facultés de droit.

Environ un tiers des étudiants allemands appartiennent aux Facultés de droit.

Voici quelques chiffres caractéristiques au point de vue des oscillations dans la fréquence scolaire :

Année 4852 4,553 étudiants.

La constitution de Tempire allemand, l'extension qu'ont prise certaines branches du droit (finances, économie politique, droit des gens, droit commercial), l'œuvre de codification des dernières années, voilà autant de raisons qui, selon nous, peuvent expliquer, dans une certaine mesure, cet engouement extraordinaire pour les études juridiques.

La moitié des étudiants sont inscrits dans trois Universités : Berlin, Leipzig et Munich. Voici pour Tannée 1882-1 883 quelques exemples de la fréquence dans les grandes et les petites Universités :

étudiants . Ëtudiaats .

Berlin 4,444 Kiel 36

Leipzig 782 Rostock ....... 41

Munich 694 lena 91

Heidelberg, qui avait 466 étudiants en 1841, n'en a plus aujourd'hui que 246 ; en revanche, le nombre des étudiants en droit de Leipzig a doublé depuis cette époque.

d. Facultés de médecine.

Le chiffre des étudiants s'accroît beaucoup depuis 1862. Il était en 1883 de 6,172.

La décentralisation est plus grande que pour les Facultés de droit :

(Année 1882-83) Berlin. 771 étudiants.

— — Leipzig 623 —

— — Munich 669 —

— — Wurzbourg 542 —

— — lena 104 —

— — Giessen 83 —

— — Rostock 66 —

e. Facultés de philosophie.

En 1831 2,395 étudiants.

En 1882 9,455 —

chiffre dans lequel les six Universités du Sud ne représentent plus que 19 p. 100, tandis qu'elles représentaient 40 p. 100 en 1 831 .

Voici, quant à la répartition entre les divers centres universitaires, quelques termes de comparaison:

Berlin 2,042 étudiants.

Leipzig 1,305 —

Munich 749 —

Rostock 90 —

£n 1881, 62,9 p. 100 des étudiants de la Faculté étudiaient les sciences philologiques et historiques,

et 37,1 p. 100, les sciences mathématiques et naturelles.

Pour se rendre compte du développement énorme qu'a pris, dans les quarante dernières années, Tétude des sciences naturelles dans les Universités, il suffit d'observer que la proportion des étudiants de la Faculté de philosophie, dans ces branches d'enseignement, était de 9,3 p. 100 en 1836.

Recrutement des carrières. — M. Conrad a étudié ]es conséquences que pouvait avoir, au point de vue du recrutement des carrières publiques, l'accroissement ou la diminution de la population scolaire dans les diverses Facultés.

n n'y a pas disette de pasteurs évangéliques, bien que les études théologiques soient assez longues, quatre ans et demi environ (dont trois à l'Université), pour les catholiques aussi bien que pour les protestants. M. Conrad, qui s'applaudit de ce résultat, l'attribue à la situation matérielle, relativement favorable, qui est faite en Prusse aux ecclésiastiques du culte réformé. Le minimum de leur traitement est de 1,800 marks (sans compter le casuel). Les juges, qui attendent quelquefois un emploi pendant plusieurs années, débutent, avec 2,400 marks, et les professeurs des écoles supérieures avec 1 ,800 marks. Aussi le contingent des fils de pasteurs qui em-

brassent la carrière de leur père est-il assez consi" dérable, 58 p. 100 environ (autrefois, 72 à 80 p. 100). Un certain nombre de iRls de professeurs, 14 p. 100 environ, font également des études de théologie.

Le recrutement du clergé catholique est loin d'être assuré pour l'avenir. M. Conrad a calculé qu'il se produisait chaque année en Prusse 280 vacances et que, pour combler ce vide, il faudrait une moyenne de 1 ,000 étudiants. Or, c'est tout au plus sur 300 étudiants que l'on peut compter.

Les carrières juridiques sont encombrées. En 1881, sur 1,142 candidats qui se présentaient au grand examen, 824 n'ont pu être interrogés dans l'année. M. Conrad estime en Prusse à 8,800 le personnel des fonctionnaires de Tordre administratif et judiciaire qui sont tenus à faire des études de droit. £n évaluant à 28 ans la durée moyenne du service, c'est environ 300 fonctionnaires nouveaux qu'il faut trouver chaque année. Or, depuis 1876, il se présente 384, et depuis 1880', 800 candidats.

Le nombre des étudiants en médecine a considérablement augmenté dansles derniers temps. Cependant, il n'y a pas encore un trop grand nombre de docteurs diplômés, surtout dans les campagnes. On sait que depuis 1869 l'exercice de la profession médicale est libre en Allemagne.

La Faculté de philosophie produit actuellement à peu près le quantum de professeurs nécessaire à renseignement des gymnases. Le nombre des candidats s'est accru de 1868. à 1873 dans la proportion de 36 p. 100, mais le nombre des places s'est élevé en même temps dans la proportion de 39 p. 100 environ. L'équilibre n'est pas encore rompu.

Durée des études à la même Université. — Sur ce point, M. Conrad ne nous fournit aucune indication précise.

Profession des parents. — Les résultats généraux font défaut; M. Conrad a cependant réuni pour Halle^ des renseignements qui lui ont permis d'établir un tableau assez complet. Nous reproduisons les chiffres pour la période 1877-81 .

Page 1