PREMIÈRES ÉTUDES
Qu'il sache lire et prononcer proprement, écrire et orthographier couramment, former les chiffres et les nombres, le plus petit catéchisme et les prières communes, voilà toutes les provisions
PLAN d'une UNIVERSITÉ
Je suppose que celui qui se présente à la porte d'une université sait lire, écrire et orthographier couramment sa langue, je suppose qu'il sait former les caractères de l'arithmétique, ce qu'il doit
qu'il faut pour entrer dans les écoles publiques.
J'ai souhaité depuis longtemps que Ton composât pour eux un petit code rustique en forme de catéchisme et divisé en deux parties.
La première serait de droit, la seconde serait de pratique, etc.
avoir appris ou dans la rnai* son de ses parents ou dans les petites écoles. Il serait à désirer qu'on eût aussi dans ces écoles des catéchismes de morale et de politique et une espèce de catéchisme usuel...
MOYENS d'émulation
Un autre moyen d'émulalation aussi puissant et peut^ être plus utile serait, qu'après le cours des premières études, il y eût pour les sujets qui se seraient le plus distingués des dons et avantages relatifs au genre de vie qu'ils voudraient embrasser : par exemple, ceux qui se destine* raient à la guerre, quelques belles armes avec des facilités pour entrer au service...
Pour ceux qui seraient moins aisés quelques bourses qui les aideraient à aller plus loin.
PLAN d'une université
Il faut surtout créer des espérances pour l'avenir, en désignant à des places publiques, au sortir des cours, ceux des élèves qui se seraient distingués. Un des vices de notre éducation, c'est de ne mener à rien, à aucun des grades de la société.
Il serait, je crois, superflu d'insister sur la conclusion qui se dégage de ces rapprochements. On se souvient que Grimm, pour démontrer que le
ti8 PETITS PROBLÈMES
principal auteur du livre ne pouvait être Diderot, y signalait « cet amas minutieux de détails et d'efforts laborieux pour indiquer les livres qu'il faut étudier de classe en classe, avec le code d'une police puérile pour rintérieur des collèges et pour le maintien de la discipline ». Nous constatons, en effet, qu'on trouve dans Y Éducation publique une très longue et très curieuse énumération de livres de classe qu'on chercherait vainement ailleurs. On y recommande toutes sortes d'ouvrages très divers, parmi lesquels la Logique de Port- Royal, VAbi^égé historique de M. le président Hénault (qu'on ne lira jamais trop), la Pluralité des mondes, par Fontenelle, les Essais de Locke, la Henriade et VHistoire universelle de Voltaire, en même temps que le Télémaque, VHistaire universelle et la Connaissance de Dieu de Bossuet, les Sermons de Bourdaloue, les Oraisons funèbres de Fléchier, VHistoire du ciel de Pluche, les Éléments d'algèbre et de géométrie de Clairaut, la Physique de l'abbé Nollet, le Droit naturel de Burla^ maqui, de Cumberland, les Essais de Mably, etc.. le tout un peu pêle-mêle, dans un esprit très éclectique et nullement sectaire. La préoccupation de l'auteur est évidemment de faire œuvre pratique, de dresser une liste de livres acceptable pour les collèges. Dans le Plan d'une Université pour ée gou--
vemement de Russie, rénumération des livres pour chaque ordre d'études n'est pas moins minutieuse; il est vrai que le choix diffère notablement. Quant au code puéril de discipline on le retrouve presque dans les mêmes termes que dans V Éducation publique.