VIII PREFACE
grande, n'est pas probant. Là il y a place pour les initiatives de ce genre et Fargent non plus ne manque pas. Mais en France, les maîtres, fonctiojinaîres salariés par TÉtat, et assez occupés par leurs fonctions, se doivent avant tout au devoir professionnel et si l'extension universitaire, qu'on vante chez nos voisins, se propageait chez nous, ce serait, à notre avis, au détriment des hautes études et sans profit pourTéducalion populaire. Je ne vois pas nos professeurs, déjà surchargés par leur enseignement et par les examens, quitter leurs chaires pour porter la bonne parole dans les villages ou dans les bourgs; la politique et le journalisme suffisent à les distraire de leurs occupations naturelles et plus même qu'il ne conviendrait.
La politique! le journalisme! je me garderai d'en médire et je ne suis pas du tout de ceux qui pensent que notre aristocratie intellectuelle doive s'en désintéresser, et laisser le champ libre à l'action des politiciens. Le devoir de tous les bons citoyens est de prendre part à la chose publique, même au prix de quelques déceptions ou de quelques dégoûts. Mais cette part peut être
PRÉFACE. i\
plus OU moins active, plus ou moins absorbante et il ne faut pas que renseignement public ait à souffrir des occupations multiples de certains membres de notre personnel enseignant. A cet égard, il s'est glissé dans l'administration universitaire quelques abus assez criants pour qu'il soit nécessaire de les signaler. On ne peut admettre, comme cela se voit, que des professeurs de facultés, sous prétexte qu'ils sont du Parlement, conservent leur chaire pendant une quinzaine d'années sans consacrer une heure à leur enseignement, ou que des professeurs de lycées emploient le meilleur de leur temps à une collaboration quotidienne dans la presse politique. Ces faits, exceptionnels sans doute, sont d'autant plus fâcheux que, pour des raisons faciles à comprendre, toutes les faveurs administratives sont réservées aux maîtres amateurs auxquels nous faisons allusion. Le journal politique qui, pour tout le mal qu'il fait, mériterait bien le châtiment assez doux de se voir soumis au droit commun, est aussi une de nos plaies universitaires. Qui pourra dire Faction néfaste qu'il a exercée dans ces dernières années sur le