‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 125 sur 130 · Le Retour · texte numérisé non relu

Le Retour

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Conclusions.

F. — LE SENS DE L'eFFORT UTILE

l.e principe de la vie est le mouvement. Chez l’iiomme, le mouvement a deux origines : il est cellulaire ou organique ; il est donc soumis aux lois Ldologiques, maiiirestation vitale des lois cosmiques, aux(iuelles est ainsi rattachée révolution cellulaire. La cellule réagit sur elle-même d'ajirès des lois qui échappent à notre analyse; cette réaction produit un état particulier, qui est la manière d’être de la cellule en général et de la cellule nerveuse ou neurone en particulier. Cette manière d'être active constitue la seconde origine du mouvement, <jui est psychique.

Le mouvement d'origine psychique se subdivise en mouvement dit volontaire et en mouvement dit réllexe. Le mouvement réllexe n’est souvent qu’un mouvement volontaire ayant atteint les dernières limites du subconscient pour se rapprocher du mouvement à type organique, par la répétition.

Le mouvement volontaire est la manifestation supérieure des mouvements cellulaires organiques profonds, nombreux et intimement liés entre eux en vue de l’évolution de l’être humain.

- Le mouvement réllexe découle du mouvement volontaire ou ayant eu au début de sa formation une tendance volontaire chez le fœtus. Les origines des mouvements des réllexes sont lointaines ; elles remontent à la vie intra-utérine; l’hérédité possède également une certaine iniluence sur leur formation. Ün se trouve donc en présence de deux principaux groupes de mouvements : le groujie organique et le gioujie psychique.

1° Le groupe orgaui(|ue ou cellulaire reçoit l’impulsion d’un principe inconnu, constituant la vie et la mort, c’est-à-dire les deux alternances de l'évolution (|ui se complètent l’une par l’autre. La vie tombe sous nos sens : elle nous est mieux connue que la mort, dont nous ignorons la fonction en tant que mouvement. La vie et la mort ne sont qu’une seule et même manifestation du mouvement initial détaché du grand mouvement cosmique dans lequel nous évoluons.

2“ Le groupe psychique appartient à l’homme ; il possède sur lui une action manifeste, puisqu’il peut l'utiliser à la recherche et à la découverte des lois de la vie. Le mouvement volontaire peut être réglé par l’homme. La mise au point de ce mouvement

par rapport au but à atteindre, soit qu’il doive être amplifié ou diminué d’intensité, constitue un état spécial : l’effort. L’effort peut donc être considéré comme une surajoutation psychique à un mouvement de même origine. C’est pourquoi l’effort n’existe que dans les mouvements volontaires; il n’existe pas dans les mouvements réflexes.

La répétition de l’effort semble créer un milieu spécial réflexe, si bien que par l'entraînement à l’efi'ort on développe un sens psychique particulier, un état d’automatisme supérieur qui rend l’effort facile, alors que ses premières manifestations sont toujours pénibles.

Ainsi nous retrouvons l’automatisme dans le domaine même le plus élevé du psychisme. Cet automatisme supérieur, une fois créé, constitue une force qui se répartit également sur le physique, l’intellectuel et le moral, si bien que savoir faire effort physique, c’est savoir faire effort intellectuel et moral, car ces deux groupes d’efforts dépendent des tendances initiales créées en vue du plus grand mouvement, c’est-à-dire de la plus grande action. Toute action, selon la loi de l’alternance, |trovoque une réaction; cette réaction, dans l'animalité, est accompagnée d’un état spécial connu sous le nom de fatigue. La fatigue est d’autant plus intense qu elle est constituée par un mouvement d’ordre supérieur, c’est-à-dire par le travail des centres nerveux psycho-moteurs. La fatigue s’atténue quand, par l’entraînement, le travail de ces centres nerveux tend à provoquer un mouvement qui se rapproche du réflexe.

I.’elfort tonilie le système nerveux. Savoir édutjuer l’effort, c’est savoir créer des tendances à sa répétition automatique ; c’est savoir créer un sens particulier dans un territoire psychique dont la mise en fonction déversera sa force sur les trois manifestations humaines du mouvement physiciue, intellectuel et moral. Plus le sens de l’effort est développé, moins grande est la fatigue provoquée par la mise en train des centres psychomoteurs qui président à la mise en train de cet effort. Savoir éduquer l’effort, c’est savoir ne pas se fatiguer, c’est donc savoir apprendre à prolonger le plus longuement [tossible le mouvement, c’est-à-dire le principe même de la vie; c’est contribuer, par un effet en retour de la partie qu’est l’homme vis-à-vis du tout(]u’est l’univers, à la fonction de la cause première qui régit les mondes

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