‹ L'éducation physique au point de vue historique, scientifique, technique, critique, pratique & esthétiqueChapitre 64 sur 130 · LA GYMNASTIQUE MÉDICALE · texte numérisé non relu

LA GYMNASTIQUE MÉDICALE

fl « s(! f’oiidfnl coiiiiiifï (Ifs iMirdos )< avfc I liiitiiidili- , alois (|irils ifiioinlfiit fari li‘inf lit ù la vnlmiti'' (|iiaii(l l’air rsl, sec. La Ifiisioii fie rl I i(|iie a^'it surlmil sur le sysiriiie ne rveu.x , (jui ?i sdii liiiir n'‘af^i(, sur les iinisrlfs. A la liase du systriuf nerveux et rurmaiit sa cliarpeute essentielle, ou trouve la cellule iierviMise ou ncHronc par laquelle riioimne pense et aj^it, souice de l'orce iieui'ique (jui permet à l’éconoinie de se di'remire coutie les attaipies des mirrolu's inrectienx qui renqioisoniieraieul sans l’action ]irotectiice des neurones.

Les neurones sont ri'pandus à l’inlini dans toute ri'uonoiuie luiuiaine. l‘Ai (diservant le neurone au iuirrosco|ie on s'aperçoit que de sa celluh' jii'incipale s’élancent de longues raniilications

eu rornie de raraneSjS’enclievôtrant les unes dans les autres par coiiliijiiilé et non ]iar continuité {fuj. 11). I.e réseau ainsi foriiH! peut se souder et se dessouder tour à tour en supfiriinant les points de contact entre les ramifications. Ces points de contact s’établissant par le moyen de petits appendices en forme de poire sont pourvus de mouvements, ils fonctionnent comme les cornes d'un escargot : une excitation les fait contracter sur eux-mêmes. Ainsi la contiguïté du réseau des neurones est supprimée. Cependant chaque excitation ne porte que sur un territoire limité, les autres ne se dessoudent pas ; le système nerveux est soumis à la loi de la division du travail.

Les vibrations reçues du monde extérieur par les organes des sens sont transmises de neurone à neurone, grâce à leurs filets conjugués, de la périphérie aux centres psycho-moteurs du cerveau, pour la voie d'aller sensitive, sous forme d'onde (lui progresse en se renforçant sur son trajet. Il en est de même pour la voie de retour motrice, du centre à la périphérie.

( In peut comparer le système nerveux à un immense réseau téb'phonique dont le bureau central est subdivisé en sections multiples qui renferment chacune des milliards de bornes de communication pour des « allô » infinis. Ces bornes se mettent instantanément en contact entre elles, soit automatiquement, soit sous l’action du pouvoir directeur de la volonté.

La moindre modification dans la fonction des neurones dissocie le mouvement ou la pensée, car la pensée est du mouvement en puissance et le mouvement est de la pensée en action. Le muscle, agent du mouvement, peut donc être considéré comme une prolongation extérieure du neurone, agent suprême (b^ la vie.

Iles expériences jiratiquées sur des animaux surmenés par la fatigue musculaire ayant provoqué le sommeil ou par des excitations ('lectriques, par la fatigue d'intoxication de l’alcool, de la morphine, etc., ont permis de constater la dessoudure du réseau des neurones. Celte dessoudure s’accuse par la rétraction des ap]iendices piriformes, qui peut être comparée à celle d’une sangsue en état d’élongation et de rétraction en boule (1).

La solution de continuité entre ces appendices supprime du même fait le passage du courant nerveux de neurone à neurone;

(1) Mathias Duval. L Am<rt>oisme du si/strmr ucrnoix. La théorie histologique du sommeil. Lrs nervi nervorioii. « Revue sciciililiiiue du 12 mars 1898 » et « Anniie psy>'tl(ilngi(iu0 » 1898, p. 489.

Hknaut, Contnhution a l’étude de la constitution, de l’articulation et de ta conjugaison des neurones. (Congrès des UKhlccins aliénistes cl neurologistes de France, liordeaux, 189">. Comptes rendus, p. 178 [Confluence].)

d'où les réactions psycho-sensorielles et psycho-motrices multiples, en rap|iort direct avec le nombre et la fonction des territoires atteints; ce ([ui, par cxeni[)le, exjiliijue les rêves et le dédoublement de la personnalité. Les rêves ne sont d ailleurs ipi’iine manifestation du dédoublement du « moi ».

l'rovoqmts [lar la fatigue musculaire, émotive, intellectuelle, toxiijue, etc., certains territoires se dessoudent pendant que d’autres continuent à fonctionner

Des recherches faites sur de Jeunes animaux établissent, d’autre part, que l’apjiarition tardive des appendices piriforme.s dans l’écorce cérébrale est en rap])ort direct avec le retard dans b: dévelo|i[)enicnt des fonctions j)sycbi(iues.

On [leut donc admettre que la puissance psycho-sensorielle et psycho-motrice de l’individu est en rapiiorl direct avec la fonction de ses neurones et de ses apiiendices jiiriformes, agents de transmission des excitations. Ces excitations par leur répétition créent des tendances à leur rétraction antümati(jue,car tout mouvement ri'qii'ti; se transforme en mouvement automatique ou réllexe. Les tendances à la dessoudure du réseau sont d’autant [dus ancrées ([lie les excitations sont plus fréquentes et plus répétées. Elles se fixent ainsi chez l’individu qui les transmet à sa descendance [)ar l’hérédité cellulaire. C’est pourquoi tonie cause de fatigue doit être supprimée par une bonne hygiène individuelle et sociale. De telles tendances à la dessoudure des réseaux des neurones mettent la machine humaine en état d’infériorité dans la lutte pour l’existence ; elles atténuent en elle le sens de l’effort vers la vie.

Au point de vue philosophique, l’homme n’est qu’un immense neurone formé de deux réseaux, à double circuit concentrique. Le réseau extérieur, constitué par la peau et par les organes sensoriels est chargé de recevoir les vibrations de l’éther (lumière, chaleur, acoustique, etc.) — selon l’aptitude biologique des organes sensoriels (œil, peau, oreilles, etc.), préposés à cet effet — de les tamiser et, après cette première dissociation extérieure, de les transmettre au réseau interne, c’est-à-dire au cerveau qui les classe en des localisations [)sycho-sensorielles et psycho-motrices, par ordre de valeur qualitative et quantitative. L’homme possède un double cerveau , un cerveau extérieur : la peau et les organes des sens; un cerveau interne : le cerveau lui-même, avec ses localisations. De même que tout réseau téléphonique est constitué par une infinité de petites plaques à vibrations placées à la périphérie auprès de chaque abonné, et par de larges casiers de réception établis dans le bureau central; de même, dans le corps humain, les plaques du dehors sont représentées par les terminaisons nerveuses en forme de houppes formant papilles dans lesquelles sont placés les neurones en nombre infini ; et les casiers de réception du dedans, par les localisations cérébrales. A côté du cerveau se trouve une annexe, la moelle épinière, qui prend pour elle foutes les communications trop souvent répétées entre correspondants, car ces communications encombreraient le bureau central. Ces communications constituent les mouvements réllexes qui sont primitivement conscients ou subconscients.

Les impressions une fois classées le sont pour toujours, ainsi qu’en témoignent les rappels de mémoire souvent très anciens. I.es premières impressions perçues s’effacent les dernières; c’est ainsi que, dans la désagrégation de la mémoire, ce sont les dernières mémoires qui se perdent et les premières qui subsistent. La vieillesse qui lornbe dans « l’enfance » revit ainsi les impressions premières du jeune âge. Le mouvement physique exerce une grande intluence sur la formation des représentations ou mémoires; d’autre part, les mémoires exercent une influence sur la formation du mouvement.

La cérébralion et la musculation, c’est-à-dire le rapport qui existe entre le mouvement et la pensée, et enire la pensée et le mouvement sont intimement liées entre elles.

Ces connaissances qui sont récentes, car elles datent d’une dizaine d’années, nous ont été fournies par les travaux des cliniques des maladies nerveuses et mentales, par les recherches des laboratoires d’histologie, de biologie, de jihysiologie, etc... et par les analyses de la philosü[diie conlemporaiiuî, etc... Nous bénéficions donc de tous les travaux d’ai>[)roche (jui ont été pratiqués par les nombreux savants, puis(iue tous ces travaux aboutissent à l’homme pensant et agissant.

La vie est un combat perpétuel contre les atla(|iies des ennemis du dehors et du dedans, ennemis physi(iues et organi- (jues, an nombre des([uels se trouvent les microbes, (jui nous prennent constamment d’assaut, avec les([uels nous devons

Fig. 11. — Neurone. Cellule ganglionnaire du ganglion optique de la rétine du lapin (d’après Renaut).

sp- Sepineut perK* du cylindre ; axe d« la cellule ganglionnaire supt'rieure — ce. Coin d’t^mergence du cylindre; axe de la cellule inférieure — x- Point où ils se tordent sans se fusionner. — t- l*rolongen)euts lisses. — ip. Filaments protoplasmiques perlés entrant dans une intrication perlée. — aa. Cylindres d’axe traversant la préparation.

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