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L’ESCRIME

« En garde ! Engagez en quarte... Eendez-vous ! En garde! un petit dégagé pour terminer... Très

bien! Deux appels du pied... Parfait, Madame la

baronne, vous devenez de première force ! »

Et le maître d’armes pour dames, correct comme un gentleman, -salue galamment du fleuret, tandis que la baronne, un peu lasse, mais contente et frère d’elle-même, le teint rosé, la poitrine dilatée, déclare qu’elle est enchantée de sa leçon et qu’il n’est rien de tel pour se remettre des fatigues d’une nuit de bal qu’une petite séance d’escrime, le meilleurdes traitements « par le fer » .

Il ne faudrait point lui soutenir alors qu’un tel sport ne sied pas à une femme !

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Elle serait capable de vouloir constituer des témoins !

Là, elle aurait tort; car si l’escrime féminine a des partisans sérieux, parmi lesquels des médecins très connus, ce n’est pas du tout en tant que sport de combat, mais comme exercice pouvant très bien convenir à certains tempéraments.

Sans doute l’escrime semble, tout d’abord, n’être qu’un sport de combat et essentiellement masculin : d’où il résulte qu’il peut paraître, à première vue, un peu excentrique pour une jeune fille, pour une femme.

Mais si vous le considérez en tant qu’exercice physique, vous devez écarter ces apparences, et examiner avant tout s’il a des effets hygiéniques, s’il réussit aux jeunes filles, aux femmes qui, sur l’ordonnance de leurs médecins... eu parfois instinctivement, y ont eu recours.

Par exemple, si l’on a de l’activité de trop à dépenser, si l’on a besoin d’une circulation du sang plus vive, suivie de transpiration, on obtient rapidement ces résultats avec le sport dont il s’agit.

Notons aussi qu’au Conservatoire plusieurs pro-

fesseurs recommandent l’escrime à des élèvesfemmes ayant besoin d’acquérir du souffle : ce qui ne doit pas empêcher de leur recommander les exercices respiratoires de la méthode de gymnastique vraiment rationnelle, hase de l’éducation physique.

Un fait incontestable : beaucoup d’Anglaises et d’Américaines font des armes et paraissent s'en bien trouver.

Cela convient à leur tempérament. Puis c’est une mode parmi elles, et qui leur plaît. A Paris même, ce sont elles qui forment la majeure partie de la clientèle des maîtres d’armes ou niciîtresses d’armes pour dames. Car il faut reconnaître que les Françaises fournissent, du moins jusqu’ici, un contingent relativement faible à l’escrime féminine.

Au point de vue esthétique, nous pourrions citer maints exemples de jeunes filles, de femmes vraiment gracieuses sous les armes.

Bien entendu, elles doivent s’escrimer sans brusquerie, sans viser aux effets de force; mais, plutôt, avec la constante préocupation de faire des armes correctement et finement. Il leur faut ne point trop rechercher le coup de bouton, ne point montrer cet.

excès d’amour-propre dont tant d’amateurs masculins font preuve.

Elles doivent pratiquer les armes, tantôt d’une main, tantôt de l’autre, pour maintenir et parfaire même l’heureux équilibre du corps.

Ajoutons qu’il ne manque pas de costume d’escrime seyants, élégants même, qui ne font que mettre en relief la grâce des formes et de la tournure.

Un corsage spécial, rembourré avec soin pour éviter tout accident, et une jupe courte forment une tenue de salle d’armes à la fois pratique et gracieuse.

A quelques femmes le costume et les mouvements d’escrime ne vont pas très bien , soit par suite d’embonpoint très prononcé, soit pour d’autres raisons.

Pour peu qu’elles aient la modestie de le reconnaître, il leur suffira de pratiquer, sans spectateurs, -an sport dont elles peuvent tirer avantage pour leur hygiène, pour leur santé.

En tout cas, si le nombre de nos- mondaines pratiquant les armes reste peu élevé, ce n’est point

faute d’exemples fameux témoignant de l’habileté rare que des femmes peuvent acquérir l’épée en main.

Inutile de rappeler les exploits de la Maupin, cette artiste de l’Opéra qui, au sortir d’un bal masqué où elle était allée costumée en homme, se révéla

Fig. 49. — Mme Gabriel, en chevalière d’Eon, reconstitue avec son mari, gaucher comme elle, une scène d’escrime ancienne.

duelliste redoutable et étendit tour à tour sur le pré plusieurs adversaires.

Cela se passait au commencement du xvme siècle.

J’hésite à citer la chevalière d’Eon; car il paraît prouvé qu’elle se vanta toute sa vie, en se faisant passer pour femme.

De nos jours, je n’ai que l’embarras du choix

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parmi les escrimeuses di primo carle.Uo , depuis Mll0Jean-Louisjusqu’àMIleTrigaud, autre fille de maître d’armes, devenue Mme Gabriel, à Mmes Émile Mérignac, Rouvière, etc., pour ne citer que des professionnelles du noble art des armes. Les femmes ont d’ailleurs une grande finesse de doigté, précieuse dans l’art du fleuret; puis, elles savent habilement dérouter leurs adversaires par des mouvements embrouillés et leur tendre des pièges machiavéliques! « Finesse, ruse, tromperie — comme le caractère des femmes — se retrouve dans leur jeu ! » , a-t-on dit avec une exagération voulue.

Vous ne vous sentez pas atteintes, n’est-ce pas, Mesdemoiselles, par de pareilles assertions. Inutile de dire que l’escrime féminine est souvent dangereuse... pour ceux qui croisent le fer avec nos aimables championnes.

11 est arrivé que des filles de maîtres d’armes, escrimeuses elles-mêmes, ont été épousées par des amateurs dont elles avaient fait la conquête, fleuret

en main.

C’est ainsi que M,,e Jean-Louis, fille du célèbre professeur, devint comtesse, et que, à une époque plus récente, Mlle Basset se maria avec M. de Lézardière.

Il advint aussi que M. Grisier, le sympathique directeur de théâtre, fils d’un maître d’armes célèbre,

épousa Mlle Montbazon, à qui, sans être professeur lui-même, il avait donné des leçons d armes pour un rôle d’opérette.

L’escrime féminine amenant des mariages, quel argument de plus en sa faveur !

Rien de nouveau sous le soleil.

L’escrime féminine fut en vogue à Rome, si l’on en croit Juvénal. En sa fameuse satire contre les femmes, il malmène à divers titres celles qui prenaient des leçons avec des gladiateurs.

Le baudrier et les armes qu’elles maniaient, casque en tête, ne leur seyaient guère.

L’escrime moderne, avec cet instrument léger, presque délicat, le fleuret, convient mieux aux femmes.

Et nos escrimeuses ne justifieraient en rien les épigrammes mordantes du satiriste latin, qui avait sans doute quelque déception à venger, quelque rancune à satisfaire.

Dans le monde des théâtres, à Paris, et sans remonter jusqu’à Déjazet et à Rachel, deux élèves

de Grisier père, il ne manque pas d’artistes connues, renommées, qui se sont exercées dans l’art des armes.

D’aucunes l’ont cultivé , d’abord par devoir professionnel, pour remplir un rôle travesti dans quelque opérette de cape et d’épée; après quoi elles ont pris goût à ce sport.

D’autres ont été initiées à l'art du fleuret dès leur printemps, à la salle d’armes du Conservatoire.

Quelques détails, tout d’abord, sur le cours d’escrime — pour les deux sexes — qui fut organisé dans le célèbre établissement du faubourg Poissonnière.

Au début, la direction fut confiée à l’éminent et regretté maître Jacob.

Lorsqu’elles faisaient assaut avec lui, beaucoup de ses gracieuses élèves évoquaient le souvenir biblique de la lutte de Jacob avec l’ange. Soyons galant !

Ce fut dans la classe de cbant que le maître recruta ses plus brillantes élèves.

Ces demoiselles du cbant ont un large plastron, se nourrissent bien et montrent plus de vigueur que nos mignonnes ingénues de comédie, oiseaux charmants, mais parfois trop frôles !

Une des meilleures lames du Conservatoire, au

temps de Jacob, fut Mlle Janvier, qui depuis devait remporter de nombreux succès à l’Opéra.

En la voyant s’escrimer, un des camarades de M"° Janvier disait qu’elle eût dû s’appeler plutôt... Mlla Mars.

A Jacob succéda comme professeur d’escrime au Conservatoire, Louis Mérignac — autre célébrité de l’escrime virile.

Louis Mérignac a formé aussi, au faubourg Poissonnière, des élèves distinguées, dont quelquesunes venaient même se perfectionner à la salle d’armes du maître, rue Joubert, le dimanche matin.

Rares étaient, il faut bien le reconnaître, celles qui avaient ainsi le feu sacré de l’escrime.

Nos futures étoiles sont d’ailleurs si occupées, et si préoccupées de leur avenir théâtral !

Mais Louis Mérignac réunit toujours, au Conservatoire un certain nombre d’élève du beau sexe.

Un jour par semaine leur est réservé.

C’est en dehors du Conservatoire, en somme, que se sont formées nos plus renommées escrimeuses de théâtre.

On a raconté que Sarah Bcrnhardt était l’une d’entre elles. Un mauvais plaisant disait même à ce sujet qu’elle avait tout ce qu’il faut pour toucher et n’être pas touchée : présence d’esprit et... absence de corps.

En réalité, la célèbre artiste qui est très sports- ■woman — nous le constatons en d’autres chapitres — n’a pas cultivé les armes.

On a fait beaucoup d’escrime chez elle; mais les tireurs étaient M. Maurice Bernhardt, quelques amis et 1a. grande peintresse qui a nom Louise Abbema.

À propos de l’auteur de tant de toiles exquises, ajoutons que Mlle Abbema s’est exercée surtout dans son atelier de la rue Laffitte.

Son professeur a été Michel Bettenfeld, l’auteur de l 'Art de /’ Escrime, dont MIle Abbema a dessiné les principales illustrations.

, Elle a exécuté de ravissants programmes d’assauts publics.

Revenons au théâtre :

Mme Simon-Girard cultiva les armes à l’époque oîi elle chantait l’opérette aux Lolies-Dramatiques. Du reste, ce théâtre avait alors pour directeur un fervent amateur de fleuret, M. Henri Micheau, qui depuis a présidé avec tant de succès aux destinées

des Nouveautés. Et M. Micheau voulut s’attacher spécialement un tnaître d’armes aux Folies-Dramatiques. Ce fut l'excellent Bardoux, très sympathique, très épris de son art, et l’une des physionomies les plus originales du monde professionnel.

Mme Simon-Girard fit honneur à ses leçons : toujours vive et alerte à la réplique comme à l’attaque, d’ailleurs.

Son fils est un des précoces lauréats des concours d’escrime scolaire, et cela doit réjouir le cœur maternel.

Toujours aux Folies-Dramatiques — ah ! quelle pépinière d’escrimeuses ! — Mlle Marguerite Ugalde eut à créer le rôle de d’Artagnan dans les Petits Mousquetaires .

Un d’Artagnan qui n’eût pas tiré l’épée avec grâce, quel effet déplorable !

Mlle Ugalde s’empressa donc de prendre des leçons d'armes pendant plusieurs mois avec le renommé maître Caïn, qui comptait déjà de nombreux élèves du sexe fort dans le monde des théâtres.

Aucun d’eux ne montra plus de vivacité, d’en-

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train et d’énergie. On sait, d’ailleurs, avec quelle vivacité d’allure Mlle Ugalde a toujours porté le travesti.

Ce fut elle-même qui régla son duel avec Athos, au premier acte des Petits Mousquetaires , et elle choisit habilement des coups à effet, comme prime coupé de revers, ou le croisé de seconde, qui étaient devenus ses coups favoris.

Ce fut un des succès de la pièce.

Mlle Cécile Sorel, la charmante sociétaire de la Comédie-Française, a été longtemps l’élève de Louis Mérignac.

On voit que Célimène ne pouvait mieux choisir comme professeur.

Après la Comédie-Française, passons à l’Opéra.

Les pensionnaires de la maison n’ont pas besoin d’aller en ville pour faire des armes. Ils ont une salle au sein même du monument Garnier.

Les principaux artistes hommes de la maison sont inscrits à cette salle, où enseigne M. Millet, un des premiers lauréats du tournoi de fleuret de l’Exposition de 1900.

11 fait plastronner aussi un certain nombre de jeunes escrimeuses, qui arrivent de leurs loges tout habillées pour la leçon ou l’assaut. Parfois l’une d’elles s’exerce en tenue de ville, en remontant,

en assujettissant à l’aide de sa ceinture une jupe qui n’est pas assez courte.

Si, par hasard, une de ces demoiselles manque un peu d’entrain au début, le professeur lui dit : « Allons donc, une future étoile qui n’a pas de sang ! )>

Comment ne pas redoubler d’ardeur et de brio après une telle apostrophe !

Avant la réorganisation récente de la salle d’armes de l’Opéra, quelques pensionnaires de la maison s’entraînèrent en ville.

C’est ce que firent Mlles Invernizzi et Salle, qui après avoir répété avec Mme Gabriel des numéros d’escrime du xvme siècle, les exécutèrent avec beaucoup de succès en diverses soirées et entre autres à « l’Épatant » . •

Elles y furent très « Louis XY ».

Après le monde des théâtres , passons au « monde » tout court.

Il faut constater d’abord, et non sans regret, que ce sont des étrangères surtout qui pratiquent l’escrime à Paris.

La princesse de Saxe-Meiningen en donne hautement l’exemple. Elle a un professeur français attaché à sa cour, M. Mutte. Et, lors de ses séjours

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à Paris, elle fait organiser chez elle des réunions intimes où elle-même croise le fer avec beaucoup d’entrain.

Avant elle, une reine, l’ex-reine de Naples avait donné à Paris l’exemple du goût des armes. Elle cultivait les armes incognito sous le nom de Mme F..., au gymnase du Colisée.

Elle avait pour professeur M. Fournier, ancien directeur du gymnase de la rue de la Sorbonne.

Grande, élancée, nerveuse, elle fit honneur à ses leçons et acquit rapidement un jeu très fin et très vif.

Dans une des dernières séances publiques de la salle Baudry, la baronne d’Engelbardt, de nationalité russe, se distingua à l’épée.

Mais rappelons que ce sont surtout des Anglaises et des Américaines qui forment aujourd’hui la clientèle féminine de plusieurs professeurs pour dames, tels que MM. Millet, Soihiez, Andrieux, Kuentz, etc.

La princesse Edmond de Polignac, d’origine américaine, est une brillante élève de MM. Adolphe et Georges Bouleau.

Parmi les escrimeuses étrangères, une des plus connues à Paris est miss Toupie Lowther, sœur d’un membre de la Chambre des Communes.

A Londres, nous l’avons vue s’exercer à la salle d’armes dirigée pai* le maître français Voland, qui a compté beaucoup d’élèves du beau sexe. 11 en est de même en d’autres « fencing scliools » londoniens.

La célèbre salle d’armes Bertrand, où les princesses royales, filles du prince de Galles, depuis Edouard VII, vinrent cultiver les armes, a été de tout temps et reste encore une pépinière d’escrimeuses distinguées.

Mme la duchesse d’Orléans a fait honneur aux leçons de Félix Bertrand.

La même salle d’armes compte parmi ses anciennes élèves ou parmi ses élèves actuelles, Mmes la duchesse de Roxburghe, la comtesse Wolverton, la baronne Eckhardstein, la marquise de Headford, Mme George Edwards, Mme Pinero, Miss Marie Tempest, Miss Ellaline Terris, Miss Violet Vanburch, Miss Maud Danks, Miss Elarturight, Miss D. Jones, Miss E. Turner, Misses Julia, R. et D. Johnston, Earp, Stokes, Cheetham, King, Plummer, Eschwegh, etc., sans oublier Miss D. Hall, gagnante du Championnat des dames organisé à Londres, en 1907, par Y « Amateur Fencing Association » (1).

(1) Ajoutons que Félix Bertrand enseigne l’escrime aux étudiantes de 1' « Academy of Dramatic Art », aux élèves de « The Physical Training College », dirigé à Pedford par Mlle Stansfeld, et aux élèves des collèges de jeunes filles de Folkestone et d’Ascot.

Il s’est fondé à Londres un « Ladies Fencing Club ». A la première réunion de ce club, on remarquait Lady Lygell, Lady Robinson, Lady Henrietta Vere Hughes, M1'3 Gilbert Coleridge, etc.

Parmi les escrimeuses anglaises, n’oublions pas de citer Lady Colin Campbell et Miss E. Ehvall qui, récemment, a soutenu un match avec Mme Pierre Vigny, match où la fortune des armes ne lui fut pas favorable, sans l’empêcher de montrer de sérieuses qualités.

De même qu’en Angleterre, l’escrime féminine est à la mode aux États-Unis. Des fencing-clubs de New-York, de Boston, etc..., possèdent une notable proportion d’élèves du beau sexe.

Une des villes d’Europe où l’on compte le plus d’escrimeuses est Copenhague, où enseigne le professeur français Mahaut.

A Paris, l'essai de « Cercle d’escrime des Dames » , fondé rue de La Boëtie, par Mme Gabriel, n’eut pas. tout le succès attendu, malgré le mérite du professeur et le choix des dames patronnesses.

Ce cercle qui avait pris pour devise : Lucius pro forma , donna sans doute de brillantes réunions, où parurent, devant une assistance exclusivement féminine, MIles Marie-Rose Cordier, Julie Pierre,

Fig. 50. — Le professeur, M. Millet,'* apprend à l'élève, représentée par Mme Millet, à tenir rengagement' avec l’opposition voulue. C’est l’engagement de quarte qu’il lui fait prendre d’abord.

Fig. 51. — Il lui apprend à se fendre, à se développer. L’élève se fend en sixte, dans la gravure ci-dessus.

Fig 52. — Parade de prime ; peu usitée, niais faisant de l'effet lorsqu'elle est bien prise par une excellente « élève » comme Mme Millet.

Fig. 53. — Parade de seconde.

(Pour l'explication des termes techniques, on voudra bien consulter les notes

de la fin du volume.)

Pauline de Murat, etc..., Mlle Ghauderlot, fille du maître d’armes, Hfrmes Gabriel et E. Mérignac.

On pouvait espérer d'abord qu’il se formerait de nombreuses escrimeuses mondaines, marchant sur les traces de la comtesse de Beaumont-Castries (qui fut une brillante élève de Collin), de la baronne de Virriont (qui plastronna avec Mlle Basset), de la comtesse de Salles, de Mma Lacroix, qui fit honneur aux excellentes leçons d’Alessandri, etc.

Le cercle eut seulement quelques années d’existence. En revanche, Mme Gabriel dirige toujours un cours d’escrime pour jeunes filles. Elle a notamment des élèves à l’Association Philotechnique.

Elle y organise annuellement une épreuve publique, sous forme de concours, et là se sont distinguées particulièrement Mlles Marie et Marguerite Delemotte, Charlotte Leroux, Blanche F ran castel, Angèle Robin, Jeanne et Gabrielle Giraud, Suzanne Lagache, Esther Colasse, Claudine Depuis, Suzanne Lefrançois, etc.

Plusieurs de ses élèves ont brillé au tournoi d’escrimeuses (*) de Tourcoing, en juillet 1900, oh l’on remarqua aussi de jeunes tireuses suédoises.

Ainsi que Mrae Gabriel, Mmes Émile Mérignac et

(1) Dos tournois.de ce genre avaient déjà etc organisés à Londrps.

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Rouvière, femmes des deux maîtres d’armes bien connus, sont à mentionner en première ligne parmi les professionnelles de l’escrime à Paris.

Mme Rouvière a fondé récemment une élégante salle, près des Champs-Élysées.

Mme Millet seconde fort bien son mari dans le « fencing-school », où, depuis quelques années, il compte beaucoup d’élèves anglaises et américaines.

Mme Rougnol, femme du professeur du Cercle Hoche, doit se révéler bientôt comme « épéiste ».

On cite en province Mme Rougemont et Mme Pouyet, également femmes de maîtres d’armes, comme ayant soutenu de remarquables assauts.

MUe8 Lafoucrière, filles du professeur de Montluçon, ont tiré en public avec un vif succès.

Tous les amateurs parisiens qui ont vu, le fleuret en main, Mmes Rouvière, Émile Mérignac et Gabriel conviennent que ce sont de redoutables escrimeuses et que leurs adversaires du sexe fort auraient tort de vouloir les ménager : les coups de bouton ne tarderaient pas à pleuvoir.

Encouragées par la conscience de la force qu’une femme peut acquérir en escrime, quelques-unes de

nos modernes tiréuses — non professionnelles — ont eu des velléités de revendiquer le droit pour la femme de se battre en duel. C’est pousser le féminisme un peu loin. La fameuse Mme Astié de Valsavre fonda une association féminine dite le « Groupe des Escrimeuses » , dont les adhérentes prenaient l’engagement de mettre leurs épées au service de l’affranchissement des femmes.

Heureusement, la présidente du groupe ne tarda pas à faire preuve d’idées plus pacifiques. Après avoir passé un brillant examen, la terrible Mme Astié de Valsayre devint sage-femme.

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