‹ L'éducation physique et sportive des jeunes fillesChapitre 4 sur 33 · LA MARCHE, L'ALPINISME · texte numérisé non relu

LA MARCHE, L'ALPINISME

Des exercices de marche font partie de la gymnastique et rentrent dans les programmes des séances au gymnase ou chez soi.

Bien entendu, les promenades au grand air sont excellentes, soit comme distraction, soit parce qu’elles empêchent de trop rester renfermée, et qu’elles amènent à consommer de l’oxygène vivifiant, réconfortant.

Cela dit, la marche ordinaire est loin de former un exercice complet; car elle n’exerce que certains muscles, et toujours les mêmes.

Quant à la marche accélérée, elle ne convient pas aux jeunes filles, aux femmes, et sans vouloir diminuer le triomphe de MIle Jeanne Cheminel, gagnante de la fameuse marche des Midinettes^), de la place de la

(1) Voici quelles furent les premières classées après la gagnante (modiste, de la maison Cheminel); 2e, Mllc Louise Belesta, giletière (maison

l’éducation PHYSIQUE et sportive

Concorde jusqu’à Ja mairie de Nanterre, je ne pense pas qu’il faille insister sur des épreuves de ce genre.

Pas plus, en fait de footing — employons ce mot pour angliciser l’exercice pédestre et lui donner une plus grande allure sportive — qu’en fait d’autres sports, il ne faut inciter une jeune fdle, une femme, à chercher à «battre un record».

Certes, celles meme qui sont le plus favorisées par la fortune ne doivent point dédaigner de s’entraîner à la marche.

Ne pas se contenter de fouler pédestrement, au Bois, le fameux « Sentier de la Vertu » , avant de remonter en voiture, en automobile; savoir, «au

Contard) ; 3°, Mn° Lucy Fleury, couturière (Anceaux) ; 4e, MUe Marie Trouvard, couturière (RoulT) ; 5°, M,le Alice Brard, couturière (Gouriault), 6e, Mlle Mathilde Mignot, couturière (Redfern) ; 7°, Mlle Léontine Neveu, couturière (Altot) ; 8e, Mmc Kugel, couturière (Kugel) ; 9U, Mlle Marguerite Pradel, couturière (Dugenet) ; 10e, Mlle Jeanne Prédine, couturière (Masson-Templier); 11e, Mll° Jeanne Janique, fleuriste (Martin) ; 12J, Mlie Bertlie Bertrand, modiste (Dravert-Wallette) ; etc., etc.

M,,b Jeanne Chemine!, interviewée, déclara qu’elle travaillait chez son frère qui tenait un magasin de modes, rue Oberkampf, et qui était, en même temps, vice-président du Club Athlétique Parisien. C’était lui, d’ailleurs, qui l’avait conseillée et entraînée.

Mn° Cheminel « lâcha le peloton », paraît-il, dans la côte de la Défense, et depuis ne fut jamais rattrapée. « Pas une seule l’ois elle ne se retourna pendant le parcours pour regarder si on la suivait de près. »

Rapidement elle accomplit le parcours Tuileries-Nanterre.

Elle se déclarait prête à recommencer.

Ce gréai evenl se passait le dimanche 25 octobre 1903.

besoin, faire autant de kilomètres à pied que les vaillantes ouvrières ou employées qui, deux fois par jour, fournissent une jolie «trotte» pour aller à l’atelier, au magasin, et en revenir — rien de mieux; mais, sans se presser, et en ayant soin de prendre des chaussures souples, pas trop étroites, et à talons pas trop hauts.

L’entraînement à la marche a constamment son utilité, ses avantages hygiéniques.

De plus, il permettra, en villégiature, de longues et ravissantes excursions, que l’on ne peut pas toutes faire en voiture, ni même à cheval ou à dos de mulet.

Nous voici amené à parler de l’alpinisme.

C’est surtout à propos de la marche en montagne, et de ses fatigues mêlées parfois de dangers, que nous recommandons à nos lectrices de ne chercher à battre aucun record.

Oh ! ce n’est pas que nous mettions en doute leur énergie, leur endurance, leur courage !

Nous avons noté maintes prouesses de femmes alpinistes et de vaillantes exploratrices.

Car il y a même des exploratrices, telles que Mme Bullock-Workmann, une Américaine, qui a passé plusieurs mois dans les glaciers de l’ Himalaya, malgré des températures extrêmes, et y a atteint

des altitudes où jamais femme n’était encore parvenue.

Citons aussi Mme K. A. Crossley, d’Indianapolis, qui, paraît-il, a fait plus de vingt fois le tour du monde.

Parmi les plus intrépides exploratrices françaises, mentionnons Mme Dieulafoy, Mme Isabelle Massieu, Mme Jean Pomerol, Mme Coudreau, Mme du Gast, MUeAnna Sée, Mmes Watelin, Mme Bondoux, etc.

Pour alterner avec la marche, dans les voyages d’exploration, des moyens de locomotion très variés, selon les pays, ont été mis en usage.

Parmi les femmes alpinistes qui ont accompli de récents exploits, j’aurai commis de nombreux et graves oublis, lorsque j’aurai cité Mmo Eugène Yail, Mme et Mlle Vallot, Mme Henri Paillard, Mlla Crussard, Miss Edith Lee Baker, Miss Richardson, Mlle Mary Paillon, MmeE. Caron, Mme Aubry-Leblond, etc., etc,

M110 Mary Paillon a de qui tenir pour aimer et vanter l’alpinisme : à soixante-quinze ans, sa mère excursionnait, faisait de très longues marches dans la neige par de nombreux degrés au-dessous de zéro.

Comme excursionniste émérite, n’oublions pas de citer la reine douarière d’Italie, qui pourrait prendre rang parmi les reines. . . du piole .

Honneur aux vaillantes alpinistes; mais que leurs lauriers ne vous incitent pas, ô charmantes lectrices, à aller plus loin qu’elles-mêraes dans la région des glaciers et des neiges éternelles !

Sans prendre comme devise : Excelsior ! sans même monter si haut, on atteint des panoramas splendides, où les vieux monts semblent tenir une perpétuelle assemblée, à perte de vue, et suggèrent le vertige de l’infini, tandis que l'air le plus pur, le plus vif, fouette le sang, les nerfs, et fait vivre doublement !

Page 1