‹ L'éducation populaireChapitre 18 sur 178 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

l'extension UNIVERSITAinE LES CONFÉRENCES. CONCLUSIONS

La maîtresse d'école du peuple de France. — L'Extension universitaire de Lille. — Professeurs et étudiants catholiques. — Connmentle curé deSaint-B... parvint à remplir son église jadis vide de fidèles. — Une conclusion : l'appréciation de M. F. Buisson.

Durant des siècles, l'Église a été la maîtresse d'école du peuple de France : il ne faut donc pas que les catholiques laissent accaparer par leurs concurrents le monopole de la diffusion de la science. Aussi souhaitons-nous les voir développer les lectures publiques, les cercles d'études, les cours du soir et les conférences, les promenades artistiques et scientifiques. Et c'est pourquoi nous nous réjouissons du grand exemple donné par les professeurs des Facultés libres de Lille, qui, rivalisant de zèle avec leurs collègues de l'Université d'Etat, ont créé V Extension universitaire.

C'est en novembre 1896 que l'Université catholique de Lille tenta pour la première fois d'organiser un enseignement populaire dans les villes de la région du Nord ^ Roubaix fut, à juste titre, choisie la première

\. Nous empruntons ces renseignements à un très intéressant rapport de M. A.Doal.

GC L'EDUCATION POrULAIRE AVANT 1900.

et, de novembre à fin février, six cours comprenant chacun une série de cinq leçons furent donnés sur des questions d'apologétique, d'histoire d'économie sociale, de législation industrielle, de législation financière, de droit commercial. Une moyenne de cent auditeurs, appartenant au monde de l'industrie et du commerce, se trouva présente à chaque leçon.

L'année suivante l'œuvre fut continuée à Roubaix. commencée à Tourcoing et à Armentières. Cent quarante-trois leçons furent données dans ces trois villes par quinze professeurs des diverses Facultés. La théologie, la littérature, l'histoire, les sciences biologiques et naturelles, le droit public et l'économie sociale fournirent matière à des sujets de cours aussi variés que la Foi, son immutabilité et ses pi'ogrès, par le R. P. Fristot; V Alsace, avant et depuis le traité de Francfort, par M. le chanoine Didiot ; le mouçement littéraire contemporain, par M. l'abbé Looten; les écoles socialistes à la fin du xix* siècle, par M. Béchaux ; Veau, cause de maladie, et l'eau, agent thérapeutique, par M. le D' Desplats. Cent vingt personnes en moyenne formaient l'auditoire de chaque leçon. Pour stimuler le travail personnel des auditeurs, on les invita à rédiger par écrit la relation des conférences. Des récompenses furent décernées aux rédactions les meilleures.

En novembre 1898, l'Extension des Facultés catholiques de Lille fonctionna pour la troisième fois. Tourcoing et Armentières bénéficièrent à nouveau d'une série de conférences, et Douai, si bien indiquée par ses traditions académiques et son goût des choses de l'esprit, accueillit pour la première fois les professeurs lillois.

Cette année, sur la très opportune initiative de M. A. Boissard, l'Extension, en dehors de ses cours ordinaires, organise à Hazebrouck une série de confc'-

Page 1