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et continue, soit par les municipalités, soit par les sociétés d'instruction populaire, soit par les associations d'anciennes élèves et les patronages. La cuisine, hier encore si délaissée, est enseignée pratiquement, par l'utilisation des cantines scolaires, des poêles-fourneaux, etc. A lire tous les rapports de INIM. les inspecteurs primaires, on se rend compte que ce qui était hier ébauche, tentative hardie, est aujourd'hui habitude constante et généralisée. Institutrices comme adolescentes ont compris toute l'importance des exercices pratiques se rapportant aux connaissances indispensables à l'ouvrier et à la ménagère. Cet état d'esprit a profité à la vulgarisation de l'Œuvre du Trousseau, que les grandes villes adoptent successivement et qui pénètrent aussi dans les campagnes. »
M. Edouard Petit parle ensuite de l'éducation morale et sociale qui est donnée dans ces cours féminins.
Pour apprécier la portée de ses constatations, il est indispensable de ne pas oublier les tendances antichrétiennes d'une partie du personnel enseignant; il est bon aussi de se souvenir des efforts qui, depuis longtemps, sont faits pour substituer l'iitat à l'Église. « L'éducation morale et sociale, déclare M. Edouard Petit, n'a pas été non plus négligée. Peut-être importe-t-il d'y insister plus encore pour les jeunes filles et pour la femme que pour l'homme, qui a plus d'occasions de se former au dehors, de prendre contact avec ses semblables. L'isolement auquel trop souvent la femme est condamnée la prédispose à l'indifférence, au repliement sur soi ou bien à la rêverie mystique. Or celle qui sera l'éducatrice de l'enfant doit être initiée aux complexes et troublants problèmes de la vie collective dans la cité. Elle ne peut s'en désintéresser sans
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qu'il y ait divorce entre sa mentalité et celle de son associé dans l'union pour l'existence. D'ailleurs, à un point de vue plus étroit, la femme a besoin d'être armée comme l'homme pour la nécessaire conquête du gagnepain et la défense de ses droits. Aussi les cours d'adolescents, par la lecture, la causerie, la discussion, s'ouvrent-ils de plus en plus aux leçons d'histoire contemporaine, d'enseignement civique, de morale sociale, de législation spéciale à la femme... » Ces quelques lignes sont suffisamment indicatives de l'orientation que l'on voudrait imprimer aux cours féminins afin de détourner lesjeunes filles de ce que M. Edouard Petit appelle vaguement la « rêverie mystique » et de ce qu'il eût peut-être été plus exact d'appeler les idées religieuses.