‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 12 sur 67 · LIV. I;i CHAP. III · texte numérisé non relu

LIV. I;i CHAP. III

S'fl ne pouvait pas en être aiosi;^ et (fOie l'essentiel restât en arrière^ si l'on n^espérait pas que tout l'être moral grandît à-la-fois , il faudrait réprimer ^Bi eaçor partid qfii n'aurait aucun résultat salutaiiçe. Lea efforts de l'éducation devraient alorç en ÊB^T se porter du côté faible.

C'es^ W^ point sur lequel on est peu d'accord ^ (^ j^ seniUe. Les parens sont tentés de profiter de la qualité dominante ; ils craignait d'amenat" dans Famé de l'élève un certain niveau qui se rencontre ^équemment chez de^ hommes fort ordinmea^ M^ chez ceux-là ce niveau peut-être a été le triomphe de Féducatioi^. Ils auraient manqué de hon sen^ qu'ils n'en eussent pas eu plus de génie . Une {ois les grandes bases posées ^ l'équilibre inté* riei^r solidement établi , on peut favoriser les dispositions particulières ; mais dans l'enfance les étonnes proportions vont avant tout. Le talent mèine ne porte ses meilleurs fruits que dans une ame Ipîen . ordonnée. Sans effacer donc le trait prà^cip^li, on doit chercher à le mettre en harmonie avec tous les autres.

La même £aute est souvent conmiise par d'autires ifiotiiEs. JX e^t si fatigant d'ayoir à stimuler des faculté» engourdies j qu'on se laisse entraîner à QQHStpui^ l'oeuvre entière avec des matériaux qu'on a spu^ la main 9 et ^ comme il est des matççîaqx qui prennent aisément toutes les formes^ on se fait long-temps illusion. Âifisi tel élève est tout llléinoire^ tel autre tout imagination. C'est là se

G^ l'éducation progressive.

préparer de cruels mécomptes. On peut en dire autant de l'emploi de certains mobiles , l'amourpropre^ par exemple^ ou une sensibilité trop exaltée. Ces penchans ne sont de bons auxiliaires pour l'éducation, que quand ils ont déjà de la vivacité dans Famé ; mais c'est précisément alors qu'il est dangereux de les exciter. Exercer sans cesse la force prépondérante et laisser les autres dans l'inaction, c'est ajouter de plus en plus à la disproportion morale.

La faiblesse des facultés indispensables, telles, par exemple, que le raisonnement, nous impose donc souvent le devoir de ralentir certains progrès , et de borner , dans l'enfance , l'étendue du développement sur plusieurs points. Il importe que l'impulsion soit générale , que toutes les fiEtcultes marchent de front et soient pourtant exerr cées séparément, afin qu'on puisse s'assurer de leurs différens degrés de force. L'examen attentif des ressorts qui agissent chez l'enfant est indispensable , car si l'on ne s'attache qu'aux résultats , ceux-là même n'ont pas de durée.

Je ferai remarquer ici que la religion , qui doit être le centre et comme la tige commune des diverses branches de l'éducation , peut aussi fournir à chaque époque l'indice du point précis oii certains développemens doivent s'arrêter.

Quand le jet d'une faculté particulière est trop grand pour l'ensemble du caractère, l'élève qui. se plait à l'exercer, jouit avec excès de quelque

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succès frivole qu'elle lui procure, et prend in£ailliblement de Torgueil. Il ne sait plus distinguer la véritable excellence , et les seuls progrès importans , ceux de Tame, ne l'intéressent plus. Alors le sentiment religieux se refroidit dans son cœur , l'idée de ses devoirs devient plus faible , et l'estime qu'il conçoit pour ses propres talens le porte à mépriser. ses semblables. Ainsi, loin de grandir véritablement, il se rétrécit, et ses acquisitions à la surface ne servent qu'à masquer l'appauvrissement du fond.

L'amour de Dieu et l'amour du prochain , ces deux grands caractères dur christianisme, sont aussi les seuls signes infaillibles de la réussite de l'éducation à tous les degrés de culture. Ils sont eux-mêmes un bel et harmonieux développement de notre nature immortelle , et ils ont ainsi du former le principal trait du divin modèle que l'Evangile offrait à l'imitation de tous les hommes.

Mais quand ces sentimens abondent chez l'élève , quand ils croissent avec lui et sont l'a me de sa conduite entière , alors d'autres, progrès doivent s'opérer dans son esprit. L'éducation ne sayrait trop augmenter ses forces diverses. Les facultés les plus étendues seront entre ses mains les meilleurs instrumens pour exécuter les meilleurs desseins. Et de même que la religion et la morale répondent seules de la pureté des intentions, de même le développement de l'inielligence donne

seul Fespoîr que les bonnes intentions seront accomplies.

Ceci peut se vérifier dans toutes les condttîoiiâ de la vie. L'éducation est sabs doute obligée de reconnaître de grandes différences de situation entre les hommes ; non-seulement la nécessité Ty force y mais elle le doit , puisqu'il y a dans la so^^ ciété une perfection relative à chaque état. S*il est une harmonie à établir dans lé sein même de l'individu , il en est une de cet individu avec sa destination ici-bas. Un heureux accord des sentiment ^ des opinions ^ des goûts avec les occupations habituelles, facilite l'observation des devoirs et la jouissance des plaisirs attachés à chaque situation, n ne convient donc pas que les facultés soient sti-* mulées au-delà du point où elles trouvent dans la vie réelle un exercice naturel et régulier. De là naît une échelle de développement assortie aux diverses conditions de la vie ; mais dans les conditions les plus humbles , toujours l'éducation a une tâche à remplir, toujours elle doit donner une certaine culture à rintellîgence. Il y a un premier degré d^instruction qui est de droit naturel pour chaque être , et dont il n'est pas permis de privai? un enfant.

Pour un chrétien , ne pas savoir lire cette Iqî divine qu'il croit ne pouvoir violer sans mettre en danger son salut ; pour un homme sujet à être traduit devant les tribunaux, ne pas savoir lire ces lois humaines qui peuvent le condamner ^ mort; pour

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celui qui préfid «t tèqàit de» engagetnenê ^ être hors d'état de lear doAner de la fixité par Fëcri* ttirei potir celui qui subsiste de son salaire^ ne pa^ èire capable de calculer ce qu'il a droit de rédâmer> c'ett ignorer les conditions auxquelles l'existence est attachée^ c'est parfois être privé deé ffioyeïM de les remplir. Ces diverses incapacités jettent de l'incertitude sui^ la conduite dans tous ses rapports; elles bannissent la nécurité; elles ré* diiisent un malheureux à vivre au sein de la nuit , et d'une nuit souvent peuplée de fantômes; et^ en le fttivant del données nécessaires pour exercer ta raison y sa justice ^ ses bons sentimens ^ elles annul*" lent souvent re£fet des plus beaux donè de la nature. Enfin l'état d'ignorance absolue qu'on pouvait erôire accompagnée d'innocence et de bonbeur i au sein d'une civilisation peu avancée^ deviendra chaque jour plus triste et plus dange-» reuï dans nos sociétés européennes.

L'idée d'une situation si déplorable | partage commun d'une multitude d'hommes qui ne pos-^ sèdent rien en propre , et qui par conséquent ne iont guère intéressés à l'ordre public , cette idée ^ dié-je ^ est un appel constant à là charité du chré^ tien 5 & la sollicitude du philosophci Uéducation de la classe indigente est aussi nécessaire aux autres disses qu'à celle4k même^ puisque l'éducation est k seul moyen certain d'influer sur la moralité , et de Contenir par le frein du devoir ceux auxquels i! n'est pas toujours aisé d'en imposer d'autres* Et

7U jJivVCkTlÙil PRëoftBftlVE.

re«dotil*ceé ? éànè mettre éxi 6âttfi« cette ifitôliU gence , cet esprit ioventif , cette facilite à /eilii<^ chir d'idée» nouvelles dont l'ft dotië èdil ci^teiir? Leé tAlctis ne doivent pés être éiifôiiii^ l6 Inihièrel Ile doit pas éti^e placée soûs le boisseau -, ce sont tes termes de Ifl loi divine \

En effet y quelque espèce dé bien qu^on irëUlUê opérer^ il fiiut deé lumièires« Il en Àut pdUr l!6iti'' lettré dans ce monde le priâcipe foujouts rk* naissant du malheur^ rimmofftlité^ et il eii fâtft pdUr soulagéî^ tous les geiifes dé misèt^èé j déri hommes dans la même position et animés du même zèle^ contribueront ad bonheur de letiN semblables dans la proportion exacte de leur capacité. Nou» avons besoin d'une certaine étendue d'esprit peur influer f et pour que notare influeBce sclit judiciedse.

Qu'il en sôit àiûéi âtl sommet de l'ofdfé SùtVA^ chez ceux qui font mouvoif les deux graûdâ leviers de la civilisation j la législation et l'instruction publique, c'est ce dont personne ne doutera; mais il en est de ménâe encore dans la plupart des conditions privées. Ub chef d'àtdièr 6u de &Hnp»

^ Lès {massages de VÉtiMté ^ti^on vdud^it bp{lO^ à cette leçoii êi claire, Oût été i^outent mal êômprîê; Hè té^tàènt là tellgidfi ménië^ le i;uîté liitéHét^; Uè efi»6ignelil u&é ptdxAé téHtéi c'est qiie Dieu âé doit pis être cherché au mbyeh dès éffbrts oa dés subtilitëè dé res^rli^ et <|ti'aiiisi la Vbie pMt ilr^ river à lai est ouverte à toutes ses cr^ltttèèi

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toiï^ , un grand propriétaire , un pferc de femille , ont encore besoin d'une raison éclairée pour atr* det^ Consoler^ instruire leurs subordonnés. Toute côûiiâissaneé^ tout talent étend la sphère dé notre pouvôk , nous donne mbyen d^dgîr sur un plu»

grand nombre d^esprits^ et, par ceux-d/ sur d'autres encore ^ en sotte que le mouvement d'une ame bién&isanté se propage et se communique avec les lumières et instruction.

ftîeti d^nnocent iie doit rester étranger à l'être que l'éducation aspiré & former, tl partage tous les intérêts auxquels la destinée de ses semblables s'est associée. Leé arts de la main et de l'esprit ^ Pîhdustrie , l'agriculture , le commerce , tout ce mouvement si vif, cet exercice si varié de l'activité humaine, lui semblent le résultat nécessaire du développement de nos facultés. La société avec les différentes destinations des hommes lui représente l'ame et ses attributs divers^ ; elle en est le relief pour ainsi dire 5 et dans cette image amplifiée de lui-même, le chrétien reconnaît aussi celle de Dîea. Là eflCore, il tlherche à la dégager de Palliage impur qui haltère, et à la rétablir dans sa primitive beauté. La tâche de perfectionnement qu'il s'est imposée ne lui paraît pas se borner à lui. Il la poursuit au-dehors, mais avec sagesse j et, s'aidant pour l'avancer de ce qu'il y a de meilleur dans l'impulsion de notre siècle , il pense que les classes de la société , auxquelles le ciel a départi

les connaissances et lé loisir ^ sont £edtes pour de^ venir les institutrices des autres.

Tel est , indépendamment de la direction particulière que le génie de l'individu peut déterminer, tel est le mouvement que l'éducation doit chercher à communiquer quand rien dans les circonstances ne s'y oppose. Pour y réussir, il fout, comme je l'ai dit, qu'elle donne à chaque élève les moyens et la volonté de continuer à se perfectionner. Les moyena consisteront dans un commencement de développement durant l'en&nce ; puisque la volonté étant supposée , tout progrès fticilite les progrès ultérieurs ; mais le plus essentiel de beaucoup, c'est la formation de la volonté: voilà ce dont il me reste à parler.

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