J-IV. I,CHAP. IV
humains^ sans examiner le ressort qui les Eait agir ? Et si Ton ne peut rien obtenir de créatures intelligentes, sans la participation de leur volonté^ le moindre aperçu sur les moyens de la déterminer a de l'importance. Il serait même en éducation tellement oiseux de s'occuper d'autres objets^ si Ton n'avait pas au moins réfléchi sur celui-là ^ qu'il mérite avant tout d'arrêter notre pensée.'
Volonté y force mystérieuse ! don puissant qui s^nble tour-à-tour accordé et retiré ! pourquoi souvent languit-elle abattue ? Comment vient-elle à se relever dana notre sein ? Comment^ à un état d'apathie^ £ait-elle succéder tout-à-coup un état d'activité? Gomment^ après avoir été naguère ballottés par les flots de nos désirs contradictoires, éphémères , à demi formés y sommes-nous comme un vaisseau cinglant à pleines voiles, et volant à travers les mei*s et les tempêtes , vers le but qu'elle a désigné?
La faiblesse et les écarts de la volonté sont le mal attaché à notre nature. Les effets de ce mal peuvent être restreints, adoucis, mais toujours ils resteront sensibles. D'un côté le pouvoir de l'éducation à cet égards est limité, de l'autre elle n'en fait pas tout l'usage qu'elle en poun*ait faire. Ses devoirs sous ce rapport me semblent se réduire à trois principaux.
FcMTtîfier la volonté, Télever, la maintenir, s'il se peut , à cette hauteur où elle règne en souveraine sur les penchans humains , trouvant dans
leur fwoe particulière^ tantôt de& obstitclo* pt tm tôt 4e» ^epûuf < 2 QiHΫ J9^&i§ V^^ pttissAAçci qui h subjugue.
Ëusuite 3 CQinni^ ift Yolonté ^ iuclépCiu4amiQeQt 4â sa fçrce ^ doit avoir uu caraçtèi^e diétermû(é et suivre une marche cop^tapte î çolupie elle pe pepl; se prouonçer en ai^tes sans avpir af&ire aux peis^'chaus du ccBiir i comme de plus il est çertaiu qiue nous la sentpus soiivent décidée par les 4ÎTers ' mobiles qu'elle pourrait gqu ver^ef^ , VédiiQftiqg doit en ^ecppd lieu doinneir àFélève les a^tiiueiiij les goûts ^ 1^ habitudes ipénieçj qui exerceront; I9 plus salutaire influence sur la volonté ^ ^% qui, dans les môiii^ns où elle est le moins capable 4'e^ forts > imprimeront encore u^e hei^reuse dif^tipa à la conduite.
Elnfîn^ puisque malgré Ie#sûi{|s les plus spi)te- HUS , le relâchemwt , l'apaU^ie , ^lipai^jf ]% dépr*- ^ vation momentanée de la volonté « se qoapifesleul; plus op moins clairemeu^ dans là vie réelle^ le troisième deyoir et le plus essei^tîel de l'édag^i»ti<3^ j, est d'ouvrir à Relève Tsçcè» de Je ftôUfeeéler vée où r^me peu| se retremper et repreA#e. use nouvelle vigueur. •
Je parlerai successivemept de ces trpjs devoiri •
La voloqté cupsidér^. scius te rapport de se foç^, indépendamment de sa direction « prend les nofq^ 4e feruietéi d'énergie^ de conut^nçe. CVtpour ainsi dire le degré de vie^ la quantité d'existence morale que chaque hpiu^^e renferme dans scm
mn i ç^ç^t Ik ce qui donne dq poids ^ m$ parolesi à ses actes ^ à son silence même; ce qui le reod rpbjet d'une estime i d'un amour , parfois d'une grainl^e proportionnée à l'idée de la puissance qui réside en ]ii|i. Que d'inégalité* ne tPouvQns-noui3 pas soun ce rgpport entrç de» §tre3 d'aiUpujs sem*l^blçs l Ppwquoi , «ans que nous lep nypn? encore ipis i^ l'éprenye ; prQ4uî§ent-il8 &uf noqs de^ ef|ot9 3i dif%ens ? D'où nous yi^pent ces aperçp^iqnii eier<^ent souvent un^ grande influence sur V^tv§ conduite I ^nf qn'aueune pensée di^tii^te
pim révèle np^ jpropres motifs ?
Estm accordé ^u^ instituteurs d'augmenter die? U4 enfant l'énergie morale ? je l'ignore , mais il me parait certain qu'il leur e^t extrêmement aisé de la diminiier j e'est peut^-être à cet égard .que nous commettons le plus de fautes : un àe» objets lis pln^ es^nti^ls est un des plijis négligés. Malheurfmsement l'éducation pre^Me entière tend à ébranla la fét^m^é; elle n'est le plt^s souvent^ à
wfsà dire, qn'un système de moyens pour a^iblir )a volonté, Per«na«ive et ipsinuante, elle l'empêche 4e m former; i&évère et inflexible > elle la &it
ployer p» la bfî^e* WU ym h faire contracter de
hfmwê habitiiflef , et le pj^opre de^ habitudes est PFéeis^Ene9t4'pbt6npd?9^<^^tiws sans le (soneours
de le'vplpntes elje tire un grand parti de l'instiiict
imite^ïw? qw produit un e£Ëpj|§ei^able. Heureuse ^^^ elle pput #fs passer d'user de maM valse foi ^ ei^ep^e le plus pe^juiciea» de tous, »pfl#seule-
80 l'éducation PAOGBtMlVB.
ment pour la moralité^ mais encore pour l'énergie !
£st«-ce donc qu'on méconnaisse le prix dé l'énergie ? Non sans doute ; le temps où nous avons vécu nous l'a suffisamment ré vêlé.. De quelque manière que nous soyons faits ^ notre sentiment à cet égard est unanime : faibles^ nous voulons de l'appui; forts, ùous méprisons ce qui ne peut en donner. Peut-être, aufonddu cceur, estimons* iious cette qualité au-dessus de toutes les autres. Sans elle, la moralité n'est à nos yeux qu'une bonne intention qui compte à peine ; le dévoument , quand il est le résultat de la fetiblesse du caractère, nous laisse peu reconnaissans , et si nous hésitons par fois à rendre hommage aux lumières , c'est que nous les avons vues trop sour vent séparées de la fermeté.
Néanmoins, quelle que soit l'importance dt cette qualité, la raison qu'ont les instituteurs pour ne pas en fetvoriser le développement est bien simple : c'est qu'ils la rencontrent sans cesse comme obstacle dans l'éducation. Tout ce qu'ik désirent donner à l'enfant , insti*uction , application, sagesse, générosité, bonnes manières, exige le sacrifice continuel de sa volonté. Diminuer 1'^ nergië de cette faculté est un parti tellement com* mode, qu'on le prend souvent sans y songer. Peut-être qu'en y. sqpgçant on se conduirait encore de même. Quand les écarts de la volonté sont toujours à. craindre, quand on est loin et