LIV. I, CHAI*. IV
bien loin encore d'éti^e rassuré sur sa direction y comment travailler sérieusement à lui £aire prendre une force qui pourrait n'être qu'un danger de plus ?
L'éducation doit^ selon moi , compter assez sur ses ressources, pour ne pas redouter d'avance le développement de la fermeté; et puisque le gouvernement des parens ou des instituteurs a nécessairement une influence répressive^ puisque les usages de la société en ont une aussi ^ puisque la marche de la civilisation a détruit nombre de préjugés qui étaient des sources d'énergie y il serait bien essentiel de compenser ces divers effets^ et de rendre aux enfans qui sont les hommes de l'avenir^ le nerf et la vie dont le germe paraît leur avoir été accordé par le Créateur.
Toutefois , ce n'est pas en renonçant à montrer de la fermeté eux-mêmes , que les instituteurs réussiront à en donner. S'ils sont faibles et vacillana^ ils ajoutent un mauvais exemple à une influence également mauvaise ^ ou plutôt àl'ab-sence de cette influence qu'il est de leur devoir d'exercer. Il convient , si l'on peut le dire , qu'ils subissent l'obligation de commander. L'assujétissèment auquel un état de dénûment absolu soumet l'homme durant son enfance ^ est aussi indispensable à la formation de sa moralité qu'à la conservation de sa viç. C'est le moyen voulu par la Providence, pour le développement de toutes ses qualités^ en y comprenant l'énergie; et l'emploi
8£ ^ L'éDUGATiPBT PRQGtiSSIVE. •
de ce moyen a pour but ^ ainsi qu'il doit avoir pour terme, Taffranchi^aernent de la yolontdt J^é^ 4ucatioii i»e veut qu^ rendre l'homme lil)re. £U^ lui confiera le gouvernement de lui-inêin^ y in^û* tàt que , Ms^sé d^ h dépendance d'aveugles ins* UmU, il choiera 1^ bien d'une ama imniortelte» Lu diatjinclion entre la force des pencbani fit cdb 4d la volonté est assurément }Àm ancîeand» mm «De lest ici nécM^s^aira à rappeler.
La volonté doit dominer les pendians j quand eUe est à la hauteur de sa noble destination y on la voit souveraine absolue^ indépendante des mo* ti&^ des instigations^ des sollicitations diTOrses qui tendent à la gouverner^ h Fenchainer même; La dernière raison des déterminations libres de la volonté j dit un philosophe moderne*, est en elle-même : ^il était possible de la découvrir ail^ leurs y cette découverte serait celle de la fatalité universelle.
Soutenir en effet que notre volonté est îrfésistiblement entraînée par la ^orce des penchans qui dominent dans notre cœur^ c'est nous asajrmiler à la matière morte ; c'est feîre peser • pur nous, depuis la naissance jusqu'à la mort, le joûg d'une nécessité impérieuse; c'est braver le sentiment invincible qui, en attestant à Thomme sa
1 M. Royer-Collard.
liberté, le rend responaable d^ sa condpUe ^ Nous n'avons à nous occuper ici que de la volonté libre et réfléchie^ puisque c'est uniquennent de celle-là que l'éducation doit chercher à aug-* menter la force. Peu importe qiji.e les savans fissent intervenir la volonté dans )es .actei» les plus inaperçus de notjre existence > dans çénx qni^ tels que la respiratioiji , s'exécutent dujrant le son^n^eil- Il &ut alors un autre mot pour ^ésj^er I9 cay^e des mouvemens dont nous avons la conscience ,
miimmmMmfmm^mmmimmÊmt^mimmmÊmmmÊimmmmrmmmmmmmmtmmmtattÊmmmmfmfmm
1 On peut en dire aatant 4^ l'opinion pkis re^peetable qni Ass^îétît aotre yokmté à la direction constant» de ia main .diyw^ Q]^ tput di^^e de Dîeu^ e^ nptre Jfhtvté epnune I0 rea^e , qp^ en don^^ ? M^ affîrmt^ qu*il ne s^aurait y avoir des êtres libres 9 c*est borner la puissance du Créateur. Sans presser les conséquence^ dangereuses de cette doctrine ^ je dirai que l'effet en serait contraire aux vues des hommes pieux qui Tout embrassée. En. déclarant Fimpuissance* absolue de la ^sLoaAé , îfe veulent aooa m^iotrer l^ nécessité de reooanbp à 1^ ff:^e ^[âcijite» mm ^fiA^m-njorn toujours m ^étal d'y «.yoir recours si notre volonté était enchaînée ? L'acte de 1^ prière parait volontaire autant que tout autre ; Taccomplissement des conditions de Fallianoe divine doit Tétre aussi. Toutes les exportations de Jésus-Christ et des apôtres supposent que nous avons le potivoir.de nous décidez ;' celles mêmes 4es hommes q^o^jiicm téiaOrn» Je siippoaent encore tant il est vrai qu'en niant .notre Ub^é, on est concJLsunné à lincoûs^équence I ^ faut
savoir se résoudre à admettre séparément des vérités qui ne sont point inconciliables , mais qui, dans leur application , se modifient respectivement d'une manière à nous inconnue : telles sont le libre arbitre et l'action de la divinité sur notre ame.
la grande faculté de l'ame qui agit avec connaissance et liberté ^ et sent qu'elle aurait pu se déterminer autrement qu'elle rie s'est déterminée. C'est à elle qu'on doit conserver le pouvoir qui feit sa vie, celui de se décider entre divers objets de choix. Privée d'un tel pouvoir, on peut la regarder comme anéantie; soumise à une inipulsion aveugle, elle s'annulle tout aussi bien que dans une complète inaction.
Cette mort, ou du moins cette paralysie momentanée de la volonté , est en nous l'effet déplorable de la tyrannie des passions , et la perte du sentiment de la liberté est la marque infaillible de de leur victoire. Il n'y .a pas de volonté libre dans l'entraînement; il n'y en a pas dans cet état d'ivresse où l'homme ne délibère plus , et se laisse emporter par le torrent de ses désirs, comme par une force eartérieure. O mon Dieu y dit Fénélon, préservez-^moi de ce funeste esclas^age que ïinsolencei humaine rCa pas craint de nommer une liberté.
Tel est l'esclavage auquel, pour son malheur, est soumis l'enfant qui n'étant pas dirigé par une main ferme , reste livré à tous iit» caprices ; tel est celui que subit l'homnoie toute sa vie quand l'éducation , en négligeant d'employer à temps ses ressources les plus efficaces, a par là manqué son principal but^ celui de le rendre maître de luimême. Il est vrai toutefois que, pour atteindre ce