‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 25 sur 67 · LIV. I, CHAP. VI. HT · texte numérisé non relu

LIV. I, CHAP. VI. HT

8^1 jfopëre aux dépens da développement moral et religieux qui est véritablement celui de l'àme. EÉ Tranche , quand rien dans les circonstances extérieures ou dans le caractère ne s'y oppose^ Fédocation peut prendre le plus grand essor^ et £bivoriser l'accroissement de toutes le^ forces qui dèslôrs ne peuvent avoir qu'une heureuse direction.

Telles sont les vues de Tinstituteur ; mais quel dessein reussira-t-il à exécuter s'il ne peut pas compter sur le secours de l'élève ? Comment s'y prendra-t-îl pour former et diriger en lui la volonté y faculté irrégulière dans son exercice ^ et qui ne parait soumise à aucune loi ? Sans en bien / connaître la nature , il observe d'abord que la vo^ lonté manque généralement de force. Incapable souvent de remplir son plus noble emploi , celui de dominer lés désirs du cœur^ elle subit encore le joug d'une influence étrangère. Ces deux genres de faiblesse lui paraissent exiger deux régimes * opposés, i^our que l'enlant s'accoutume à réprimer ses passions , il importe de le soumettre à une discipline exacte; pour qu'il apprenne à se décider par lui-même^ il convient de le rendre à divers égards indépendant. Toutefois^ ce double système ne lui semble pas impossible à mettre en vigueur. L'empire de la loi et celui de la liberté subsistent ensemble paisiblement , quand leurs limites respectives sopt bien tracées.

Mais cette volonté qu'on vent rendre énergique^ comment réussir à la diriger? Que] est^ à. cet

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égard^ le pouvoir delà raison sut laquelle 6n fbnde ordhlftiremeiit tant d'espérances? En examinant de près oette qUestion> l'instituteur croit s'aporeeyoi^ que h rai.on ne petit fiiire agir dan. notre cc«.f aucune autre force que celle des penchans qu'elle y trouTe déjà formés» II la Voit comme un rëffu*» lateur> non comme un mobile; il compirend^ ed tonséquence^ la nécessité de cultiver chez l'enlhnt ces seatimens désintéressés*^ seuls susceptibles de balancer l'inipétuosité dés instincts égoïstes. La longue oisiveté du cœur^ pendant la durée d'uat éducation trop exclusivement intellectuelle > lui semble donc à la fois iavoiriser la pefsonaaltté et laisser les passions sans contre-poids^

Ceci le ramène à sentir l'importance de la reli-^ gidn. S'agit-il de déterminer la volonté? le tent»^ ment religieux est un mobile puis(^nt , univeivA | enraciné dans les profondeurs de notre natw^e ^ et dirigé plus que tout autre vers le bien; S'agit* il de là réprimer ? la morale du christianisme est plus pure > plus sévère > et pourtant plus adaptée aux besoins de Thumanité que la morale philoso* jphique > puisque le système entiw de nos devoirs peut être bien conçu par l'intelligence ^ sans que nous éprouvions aucun déu'r de nous en appliquer les liéèultatéi Mais ce qui distingue particultèrc'ihent 1b religion^ ce qui fait éclater sa divine énergie , c'est le pouvoir qu'elle a de régénérer le cœur. Le pardon sur lequel ose compta la foi est la seule source d'efpérance qui ranime l'ame

abattue $au$ le poids de «e$ tran^ipreasiona } e^ comme une conaciedee délicate ti'ouve Muour ee««e qpielqiie» repsoche» à s'adre»er| le bienfieiit de ce pardm e$t applicable à toutea les âmes. Une cai^* rière toiqoura oaveFte i un b^t toujoura en vue e^ powtav^t japiai» atteint ^ voilà ce qui «^offre dam le ebTîatianiaœe. \am^ H re^périeiiice peut If mon&r^ I parmi ûêtm qui embreâ»ent d'autft»

deati^P^; ^ ^t eaue doute deshomnea vertneuid inaiB il ^'eit guère que les vrai^ chrétiens qui travaillent férieusaïueiu à leur amélioratioB iuté* rieur?.

Quelque route que suive donc la peméç de riuatituteur , elle est constamment ran^née au point où ^ rencontrent toutes les routesu Dieu , panse première dans l'univers , foyer dont l'axne eat émanée, Diîeu est rpbjet ver^ lequel doit se diri^ réduca^rïon qui embrasse tous les rapports de Tbomme. Toutefois^ en rapportant les choses terrestres ^ leur centre , Féducation ne s'occupe pas moiw^ à les faire bien apprécier. Son but final, /î'ept )a vie à venir; mais son but prochain , celui qu'elle doit atteindre immédiatement, c'est TheujTcuse administration de h vie présente, t'ordonnauce de l'univers est l'objet de son enseignement; etj non-seulement elle apprend à connaître ce Jinçndp % mais à l'admirer, en nvintrant que tout ce qu'il renferme de grand et de pur est d'institution divine. EUe aime les joies innocentes , les luymières , l'essor général dles^a/f^ilté» ^ etiP^llp! r#>ri-

4âO I^'edUCATION PEOGRESSIVE.

merait un enthousiasme toujours dangereux^ qui est surtout contraire au naturel del'enfonce. Avides de découvrir les indications de la Providence^ dé sages instituteurs respectent l'esprit de ^aque âge; ils savent en tirer parti et l'épurer. On n'est pas porté à envisager avec une sombre défiance l'effet des influences diverses auxquelles l'élève doit être exposé pour acquérir les connaissances les plus nécessaires^ quand on considère le monde actuel comme l'école oùi'ame est appelée à se former^ à apprendre^ pour remplir un jour une destination supérieure. Dans l'espoir que toutes cho^ ses conspirent pour opérer le bien de ceux qui ai" ment Dieu , ^ on ne s'inquiète pas immodérément de voir commencer dès le jeune âge ces épreuves y ces essais qui ^ pour être manques ou défectueux y n'en sont pas moins des exercices utiles. Alors des sentimens mêlés de bien et de mal , de passagères émotions excitées par des causes souvent frivoles^ se montrent comme des occasions de développement^ comme ces vicissitudes de température qui fécondent des germes précfeux e^ donnent le mouvement à la sève. Alors l'infinie variété des choses du monde y tant d'objets à la fois innocens et pleins d'intérêt qui nous éoùt offerts y semblent faits pour exciter en nous une égale variété d'impreissions y pour réveiller des

f Epitre aux Rom. , ch. 8 ^ v. a8.

cordes sensibles qai sans doute oiA été destinées à vibrer. Et Ton craindrait ^e si Func^e ces cordes restait muette^ Fame> comme une lyre incomplète^ ne put pas joindre ses accords à i'Ijarmoaie céleste de l'éternité» Sanctifier k vie ^jiumaine ^ découvrir^ mettre en œuvre les trésors du ciel , que la main divine a déposés dans la création ter^ restre^ parait élre l^rôle de Téducation.

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