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plus ; bientôt elles amèïient dans l'ame une dis-^ position qui en facilite toujours davantage le rè-^ nouvellement^ et c'est ainsi que se prépare la voie à ces sentimens qui disposent de notre vie.
Une multuude d'émotions , de passions , d'im-» pressions diverses, qui, d^ns un certain sens^ peuvent être regardées comme naturelles, sont communiquées à l'enfant par notre entremise ; le germe en existait chez lui sans aucun doute ; pour qu'un mouvement se propage avec une grande facilité, il faut qu'il y ait déjà dans l'ame une disposition à le recevoir ; mais cette disposition pourrait rester inerte et dormante, et toujours doit-on distinguer les mouvemens qui se manifestent infailliblement et sans impulsion extérieure, de ceux dont on peut retarder indéfiniment l'explosion. Ainsi la plainte véhémente, l'impatience, la résistance, accompagnées de cris et de gestes violens^ sont inévitables chez les en&ns; mais le besoin de la vengeance ne l'est pas toujours; ils n'ont pas tous le désir de faire souffrir parce qu'ils souffrent. Et si en se débattant ils frappent à droite et à gauche , c'est sans intention de blesser, quand ils n'ont jamais vu chez un autre l'ex* pression d'un tel dessein; voilà ce que je suis portée à croire du moins relativement à quelques enfens, mais il faudrait pour l'affirmer des observations plus précises. #
Les frayeurs déraisonnables qu'éprouvent les en£Ems sont dues, pour la plupart , à la.contagion
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de l'exemple ; c'est là ce qu'avait remarqui^ Viom^ se^a, quelquefois guide dangereux mais souvent excellent observateur; aussi conseille-t-il d'aocoU'tumer les en£ans dès le plus bas^âge à la vue des animaux laids et rebutans. Xls n'ojut guère alors ridée du danger^ et ils sont sujets à des accès d'antipathie plutôt que d'un véritable effroi. Ces aversions sont pour l'ordinaire en eu x l'effet de la surprise à l'aspect de quelque objet frappant* Us pourront se détourner^ par exemple, àl'âp» proche d'une personne vêtue de noir, mais il^ se Camiliariseraient plus volontiers avec cette p^r^ sonne qu'avec toute autre^ s'ils étaient élevés dew une famille dont tous les membres portassent le deuilt £a Afrique, les petits nègres ont pe«r des blaqics, et c'est de Fidée d'un diable bUue qu'on les éppuvante ^ .
. 1 Oa peut profiter ayaIltage^seme^t an premier âge pour accoutumer les enfans à robscurîté dont Us ne s'eârayent point encore; on doit seulement avoir l'attention d'accourir vers eux au moindre appel ; il importe à la fois que Vimpi^ession produite par la nuit ne Soit point assez nouvelle pour être forte et qu'ils n'y ajoutent aucune i4ée de souf&ânce on de délaissement, autrement, ils afauraient pas plutôt rencontré quelque objet effrayanlt que l'image s'en présenterait A euY dans les ténèbres. Un enfant de deux ans , interrogé sur la cause de sa répugnance à se tenir dans un lieu sombre , répondit : Je n'aime pas lesTamoneurs, S'il eût été accoutumé à l'obscurité , son imagination n'aurait .vraisemblablement pas évoqué ce fantôme, Késmmoins on ne peut rien certifier à eet
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]Lie pl»i3if 4'e:(erçer de l'influence est déjà très^ grand icbe;s les en&ns de cet âge: S'ils ont de la 3^inpathie ils en e^igeqt aussi ^ et on les chagrine quAod on la refuse : aussi la moquerie , qui est une manière insultante de la refuser ^ les choque et lef humilie. Tout désaccord entre eux et nous leur eist pénible ;» et s^ns cesse ils sollicitent notre assentiment. S'ils nous ont foit rire une fois par qi^elqpe gentillesse I ils la répètent à satiété , en trppvaut mauvais que nous ne rions plus. Quand QU W cède pas immédiatement à leurs désirs , le refus de les obliger les afflige autant que la privation ; souvent même un sentiment de fierté blés- ^ç le$ porte h dédaigner une offre tardive ; ils rejettent avec mépris l'objet qu'ils voulaient obtenir de no);re amitié; et alors ^ leurs lèvres avancées , leurs regards détournés, le froncement de leurs sourcils I signalent en eu:^ la bouderie.
C'est en conséquence pousser trop loin le désir d'aguerrir les petits enfans contre la douleur ^ que de leur refuser le tribut d'une juste pitié dans leurs peines^ Sans doute il ne convient pas d'ébranler
é^ard : il se peut c^ue rab&ence complète de sensaUons pendant la nuit produise naturellement sur Famé un effet pénible , et soit pour elle un état de dënûment, voisin de la désolation et et VetkoL Mais c'est là ce qu'on n'observe pas encore dans le prcMier Age. A cette époque , ou l'on ne doit jamais laisser les mify^ 96ul«| r^^enipls i» la |[ait4 leur Ait aisément supporter
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leurs nerfs par des caresses y lorsqu'on les voit disposés à supporter gaiment de petites mésaventures ; mais quand ils ont vraiment ou du mal ou du chagrin on doit les plaindre ; sans cela on endurcirait leur cœur , et bientôt ils traiteraient légèrement les souf&ances des autres. Quand on leur a témoigné qu'on partage leur douleur , il devient même plus aisé de relever leur courage.
De la sympathie naît la pente à l'imitation.
Après avoir senti avec nous/ l'enfant veut agir comme nous : c'est bien simple. Il croit pouvoir exécuter ce qu'il nous voit faire, et ses tentatives^ à la fois gracieuse/et maladroites , sont pour nous la source d'un grand amusement ; nous en Baisons un objet de plaisanterie, tandis que de pareilles entreprises étaient chez lui l'effet d'un désir sérieux que nous parvenons bientôt à dénaturer. Des essais d'imitation naturels deviennent prémédités, affectés presque, lorsqu'il les continue pour nous divertir.
Une femme reçoit une lettre et en lit haut quelques morceaux à ceux qui l'entourent , sans songer qu'elle est entendue de son enfant. Bientôt celui-ci s'empare du premier papier qu'il peut trouver, le porte à la hauteur de son visage, et prononce au hasard tous les mots dont il se souvient, en les liant par un bruit semblable à celui de la parole. Si les témoins de cette scène se prennent à rire , l'enfaint n'interrompt point ^sa lecture. Un coup-d'œil jeté à la dérobée sur sa mère,
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décèle en lui un mélange comique de la gravité qu'il veut conserver comme acteur^ et de la gaité qu'il partage. Bientôt^ animé parle succès^ il charge de plus en plus son rôle, et à la fin il n'y a en lui qu*un petit bouffon qui veut divertir. Cependant il n'avait point commencé par plaisanter^ et il croyait de bonne foi se livrer à une occupation sérieuse.
C'est ainsi que nos regards altèrent la simplicité des enfians en associant l'idée de l'effet qu'ils produisent sur nous à leurs impressions primitives ; mais quelle finesse d'observation ne suppose pas une telle scène et mille autres du même genre que je pourrais raconter*! Où l'enfant a-t-il pris cette connaissance de notre nature y cette entente delà plaisanterie^ et cet aperçu de gloire qui vient enfler son jeune cœur? Sans doute l'intelligence de sympathie dont il est doué est bien différente de cette intelligence de raisonnement qui procède au moyen des mots. Mais si l'une n'avait pas devancé l'autre , tous les mots qui expriment des sentimens ^ des affections y enfin des idées morales y seraient long-temps restés sans signification pour l'enfant.
Il se peut que l'intérieur se nioule chez l'enjfont sur l'extérieur. Il voit une action qu'il copie, ac-
1 Tous les faits que je cite comme exemples ont été véritablement obserrés.
^86 ' l'^ducatioik rBOG^s^sivE.
compagoée d'uae certaine etipvemon de pbyMnomie qu'il copie aussi ^ et bientôt il a'ouvre je m sais quel jour au-dedans de lui» Il devieat gr^ve par l'imitation du sérieux , tendre par celle de la sensibilité , et une fois sur la voie de ces impressions, son ame est déplus en plus modifiée. Ce phénomène parait singulier; mais il n'est pas som analogue dans la vie humaine. On observe que les gens doués du talent de contredire revêtent i avec la figure de ceux qu'ils imitent^ leur manière d'être et leur tour d'esprit j que souvent même^ quand ils font parler des personnes qoi ont plus d'originalité qu'eux-mêmes, il leur yient des idées qu'ils n'auraient jamais eues pour leur . propre compte. Les habits ont pareillement leur influence, parce qu'ils font prendre à ceu;a^ qui les portent une contenance qui correspond à certains sentimens. Le pouvoii^ du costume militaire est bien connu, et il a été prouvé dans le^ écoles anglaises qu'un des meilleurs moyens de donner des habitudes d'ordre , de sagesse , une sorte de dignité à de malheureux en&ns déjà dépravés , était de les vêtir décemment. L'effet de l'extérieur sur l'intérieur existe à tout âge , et, comme la plupart des effets de ^instinct ^ il est plus marqué chez le nou« veau-né^ mais nos affections purement morales prennent sur les siennes un empire plus immédiat encore. Il est une influence plus puissante, plus rapide, plus électrique, si on peut le dire, et il existe entre l'enfant et nous des comnmiiiiMilMas
d'a»è i am6 dont now n'avons pas le secret. Quoi qn'il en soit , la sympathie et l'imitation décident de tout chez ces jeunes créature : Tune e$t le principe de leurs sentimens^ l'autre celui de leur» fictions. Les pauvres en&ns nës. aveugles ne marchent pas^ parce qu'ils n'ont pas vu marcher. Il &at les relever d'abord , puis les faire tenir debout^ puis avancer leurs pieds l'un après l'autre. Otex \à sympathie et l'imitation , que restera-t-il à l'en&nt ? des facultés et des dispositions sans doute* Les &coltés le mettront ^n état de nous imiter» et les dispositions détermineront son choix entre les objets d'imitation. Les enfans ne copient pas tout ce qu'ils voient faire , ils ne suivent que les exemples qui s'accordent avec leurs inclinations. Cette source de diversité y jointe à la différence des circonstances y suffit à expliquer la variété de$ caractères chez les enfans, mais toujours ne les voit-on choisir que parmi ce qui leur est oi^rt.
L*amour-propre , comme nous l'avons vu , tire sa source de deux sentimens , le plaisir qu'ont les miftins d'avoir réussi dans quelque entreprise , et leur désir de nous voir prendre part à ce plaisir. Défà à dix ou onze mois^ quand ils sont parvenus à se relever devant une chaise, ils crient j ils se trémoussent jusqu'à ce que nous les ayons remarqua ; la joie du triomphe se peint dans leurs yeux^ et nos applaudissemens les rendent tendres et caesstns.
^88 l'éducation progbessite.
C'est ainsi que de ces divers ëlémens , le besoin de sensations agréables et variées ^ celui d'agir y d'imiter, d'influer, d'exciter et d'éprouver la sympathie, naissent chez les /petits en£ans tous les attributs de la nature humaine. On en voit pa* raitre le cortège aussitôt qu'ils ont un an ; et si nous avions l'œil assez fin , nous en découvririons encore plus tôt la trace.
La puissance de l'imagination est déjà grande à cet âge, mais je remets à en parler au moment où l'enfant étant déjà en possession du langage , nous aurons un moyen plus sûr d'en apprécier les effets^.