LIV. III , CHAP. VI
^'inattention ou dç faiblesse j la raciç^c n'çn serait pas au fond de qos cœurs.
Ce système a trouvé de nombreux partisans
dj^ 9.Q^ çièçle i niaiç la supposition s^r lacjuelle
il pe fon4e eslf-ellç ius^e ? e( l'observation pratique
à\jL cœur \)umain ne vient-ell^ pas la dém^atir à
chaque instant ? Quand on soutient qiie tous nos
pençhans naturels; sont innocens par eux-mêmes ,^
oiiç fous sont susceptibles (fétre dirigés salutaire
m^l « ^ a-lpon fiait upe énumération bie9 corn-
pl^te^ 9rt-oQ bien sondé Ift n^t^re de chacun d'eux.
0^9 faiV<^n de l'envie dstns cette doctrine ? Oi^blie-
t"Çft qu'ij est impossible de diriger vers le bien
çett^ vile diwosition ? Et jei ne parle pas du mou-
WJPftÇJPtf e3i;cusable peut-être, oui fait sentir plu^
vivemçïit, ia pçiyation d'un avantage dont nous
vayQps. qu'un autre esç çn possession ^ ie parle du
désir que cet autre souffre , et qu'il expie par
Pfî^9 pçi^Ç k l?onh^ur qu'il a de plus que
gpus. N'y i(-t-il pas encore un alliage de mauvais
sentiment dans la colère . dans tous les pençhans
aveugles et hostiles qui nous fcint jouir de la don-
le^r d'ft.^^ui l Qu'il Çntre dans de telles disposi-
tioBS un élément d'indignation vertueuse . de jus-
tice,, de ^çut ce qu'on imaginera de meilleur j je
le veux ; mais comment h^x pas reconnaître un
élément condamnable, le plaisir, la volupté de
fiaire souffrir notre prochain ? mouvement bien
différent de celui qui nous porte à nous défendre.
La mftMgnlté, ahtsi que son nom IHndique, res-
semble trop à un principe actif de mal pour ne pas vicier le meilleur mélange^ dans quelque proportion quelle puisse s'y trouver. Et qu'on ne dise pas que les penchans hostiles sont nécessaires^ qu'ils foiit partie de l'ordVe général . En supprimant l'envie et la haine ^ les choses du monde n'en n'iraient que mieux. La colère trouble, elle aveugle plus qu'elle ne sert. Même dans le cas d'une attaque imprévue , la meilleure sauvegarde serait le sang-froid. Lé surcroit d'énergie qu'on croit devoir à l'irritation , la simple vue du danger le donne , et l'on fait pour se sauver d'une maison en flammes des efforts aussi vigoureux que pour se délivrer d'un ennemi. N'y a-t-il pas là^ pour ainsi dire, du luxe en mal , et comme un venin étranger communiqué à notre nature.
S'il s'agissait de soumettre à une analyse métaphysique le sens attaché aux termes de bien et de mal , il se peut sans doute qu'on fut réduit à définir le mal par des expressions négatives, et à dire que c'est le désordre opposé à l'ordre, ou enfin le contraire du bien. Mais cette discussion serait sans objet dans le domaine de la morale applicable , où ces termes répondent à des idées si universellement reçues, qu'on ne peut pas tenter d'en changer l'acception. D'ailleurs, quand la notion du mal serait négative», il n'y aurait encore aucune
^ C'est là ce que madame Guizot a soutenu avec infiniment
d'esprit dans ses Lettres sur [Education domestique , ouvrage