‹ L'éducation progressive, ou, Étude de cours de la vie [microform]Chapitre 57 sur 67 · LIV. III^ CHAP. VI · texte numérisé non relu

LIV. III^ CHAP. VI

conséquence à tirer de là en faveur de la bonté de ''notre constitution originelle.

Sous un point de vue très*général , un certain degré d'ordre , ou, si Ton veut, de bien, est la condition nécessaire à la conservation de tous les êtres. Partout où ce degré ne se trouve pas, il y a désorganisation, décomposition, corruption. Une créature animée, par cela seul qu'elle vît, offre toujours quelque idée d'ordre ; autrement elle se détruirait elle-même , ou ne serait pas soufferte parmi ses semblables. Leshommes les plus dépravés , s'ils ne sont pas fous , observent la règle en quelque point ; ils ne commettent pas le mal sous toutes ses formes, et par cela seul que c'est le mal. Mais de même qu'à ce degré de froid où cesse la vie animale il y a encore de la chaleur aux yeux du physicien , de même on peut reconnaître l'élément du bien à ce degré de corruption où finit la vie morale. Le sentiment en existe toujours dans le cœur, mais trop faiblement, mais la répartition en est trop inégale ; et partout où il est paralysé , la décomposition arrive , l'être moral meurt partiellement, et il y a ainsi un commencement de mort dans toutes les âmes.

dont j'ai déjà pftrlé. Moraliste beaucoup trop sévère pour ne pas reconnaître q[ne l'homme est coupable , madame Guizot nie Texistence des mauvais penchans ; et tout en convenant que le mal est partout , elle croit que l'idée en est purement négative, et n'admet pas en conséquence qu'il y ait un principe actif de mal dans l'ame humaine.

898 l'éducation PROGRES81TE.

• Que seraient , dans ce cas ^ les mauvais penchans dont j*ai reconnu l'existence? Ce seraient les dispositions pernicieuses qui tendent à étefndfe en nous Pamour du bieii ^^ \ nous priver de la sensibilitë qui fait;.notre vie. Quand le co&ur n'a plus de bons mouvemens y quand la mort a gsignë la réçion oii réside la conscience ^ dès-lors tes plus légers motifs^ le «mple espoir dNine émotion nouvelle^ suffisent pour exciter den • misérables aux plus grands crimes. Détruisez la f^tié, et Néron fera mettre le feu à Rome pour qu'à la vue de rineendie il ait plus dHnspiration en chantant* L'idée de déployer une puissance extraordinaire , de trouver je ne sais quelle jouissance enivrante dans ces actes que s'interdisent la plupart àe»^ hommes y peut pousser à des attentats çffroyables Fipfortuné qu'aucun frein ne retient.

U importe donc peu que l'idée du mal ou du désordre soit négative si le désordre est une cause de désorganisation. L'absence d'up élément nécessaire e^t un aussi grand fléau que la présence d'un élément nuisible. L'arbre où il ne remonte pas de sève^ le corps qui ne reproduit pas de sang ^ Tame que n'émeut pas l'amour du biep , sont également frappés d'un vice de constitution^ et le dépérissemenv en cor ni sniie. on corrupiioii su pnysiqiie

tioB du pvtaetpe à» fk, qnek mcNPl ^ak w^m^mt vayt peu^^uf Une fois qu'on est entré dans 1« domaioe de la

Ha^p qW |^époii4$ à }^ forcç 4çi ?ei»tiinent imérievr^ 4ç li| j^^i^e^çfii ,et çç l99gfi^ » apwi uflç vçriîç 4pi^t WPÎWÇ ÎBf|P>»»Wt?tM»n Tfifi rpuwit ^ le 4épQuUjfar, If 9ft« 9enfpn« trèçriwfjqçtjBflieiit <jue t)^ficoup 4'9piioiis €04for|pep | )a règle n'opt ^uçn^e vaïeuy pçoyalepf^ejMt, M prpv^dçftcg a cpflstitqé Iç ]p(Ui4ç d» m^èçe qiïe l'ordre cpqdqit W bpDhe^r , te4^?4Fe»U «EwJljeBr, l<'h<W?»e P«r ço^âéqùept ç^^YQ çp^ypfitl'Qrflpe en rç^t^nl; étrîingpr à î'i(J4e fl^ ^ÇToir à il 98t 4^118 |a ligQÇ da J>|en eçns vouloir }ff ^(Bi) I {S{ il n*a (iroit à aiiç^ne estime. Pès-Iors,

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Qv\«4 qu'il w »PÂt» w «egl feiii rentes inçonte#-

^\ti dsm MiM \^ ?y»tlwes : ç'iççt quci Vbomine fpn^Wi^t h Wl «» SRÇbftWli que c'est Is ipal j ç'ç?t qijiÇ Ift Ifti eçt ççrite 4aw notr« cœur , et qqe des «io,flv«»eiif|d^rÇgl^ npu» «oUiçite«t. à renfreindre. l^lMMll teUqwe |ji ©alignité, et l'envie ;, s'oppo- ^t pfT leuç çffKBnqç |t flptrç obéissance à la loi.

d'autres n'y mettent obstacle qu'accidentellement ; mais quels qu'ils soient^ nous leur cédons souvent^ tout en reconnaissant qu'ils ne sont pas irrésistibles. Voilà ce qu'aucun raisonnement ne peut voiler et ce que l'homme le plus scrupuleux sent plus vivement que tout autre. Les petites fautes sont à ses yeux de la même nature que les grandes^ et n'en diffèrent que par le degré. Une ibis qu'il a été vaincu dans la lutte ^ il ne sait plus où ses défaites s'arrêteront ; il se sent sur un terrain glissant où il désespère de se retenir^ et il appelle à grands cri^ une main qui le soutienne. Il lui faut du secours pour combattre les penchans prêts à l'entraîner , pour lui donner l'espoir d'en voir diminuer la force ^ et il lui en^faut surtout pour rendre la paix à sa conscience troublée.

Revenons à l'observation des enfans. Voyonsnous en les étudiant qu'il y ait quelque mauvais penchant inévitablement attaché à leur constitution morale ? Si l'on excepte une disposition générale à l'égoïsme qui se confond à sa naissance avec un sentiment nécessaire^ mais toujours trop ardent, l'amour de soi-même, on n'en remarque point qui soit universel chez eux. De même qu'aucun de leurs momens n'est condamné aux fautes, et que pourtant ils en commettent sans cesse, de même aucune inclination vicieuse ne règne chez eux nécessairement^ mais comme le germe eii existe dans le cœur , il en est toujours quelqu'une qui se manifeste. Il est aisé de distinguer un côté

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menaçant dans chaque caractère ^ mais il est au pouvoir de nos soins de balancer ou d'affaiblir de dangereuses propensions ayant qu'il en résulte des habitudes.

Aussi l'essentiel dans l'éducation , après la cul* ture des bons sentimens , que je crois avoir suffisamment recommandée^ est-il d'arrêter le cours des mauvais mouvemens , d'empêcher qu'en 3e prononçant par des actions répétées ils ne donnent naissance à des défauts qui deviennent difficiles à corriger. En conséquence il est utile de se former d'avance l'idée des mouvemens qu'on est appelé à réprimer, et dans le nombre il en est un, trop passager sans doute pour être nommé un penchant, mais assez fréquent et assez funeste pour que je doive ici le signaler.

Je parle de cette dépravation momentanée de la volonté qui fait trouver un plaisir, un assaisonnement particulier dans l'idée de violer la règle. Ce mouvement , soit qu'on veuille l'attri^ buer à l'action du mauvais principe , ou qu'on y voie une fausse direction de l'instinct d'indépendance, a été assez souvent remarqué dans la race humaine pour qu'on l'ait désigné par l'expression proverbiale de goût du fruit défendu. On observe en effet chez les enfans autre chose que la faiblesse, autre chose que l'impuissance de se soumettre aux sacrifices exigés par le devoir j on voit la joie d'en secouer le joug. Une révolte contre toute règle, contre cette loi même du juste gravée au fond de

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vage , des temps où des dénrs long-teâ^ Éb^ iuis i«pfélliï6iltféiâpife- il éét de» éàtiihlià^ files mdtfVais pencfadiis. Àtdhrfés ^âéS, fitVi^êiSSi; !à sda^ncé od i'htùiiflitfâôii ièé iVtti^, tS 0Ê^ ordre, le mal éûfiil êéiûUe pldlrë § l'âtiiê ë. de^ nîr son élémeht. Ëtftt foneste doflt k tâfilOË y ÛHUt là religion étirftfQi , péû^eûi prévenir lé j^êtôttf ^ mais éiài dans lequel, malgré les (fftts ^iàtiji^l6lâ?j on vmt pàrfolé tonïbër Yètikildè. XJûè pêfifê Mtf dont fàî dé}& parlé , cette ënfêlni éf dobce , M Si^ èile, qui pdtaîââaii se plaire i rbliéissàlïëé', tmS'i vàit ^rfois dd plàisit & y ùjànquèr dnvèftéfdéM. On voyait déjà en elle , à diz-huii Àiôis, le âdùËlë besoin d'observer lâ régie et de là bràvei^. ift^tée seule avec sa Aère qui était îretëâùé ad W^p&i îà maladie , elle entra un jddr sàni fê tfièiiiifii^è iti^ en révolte déclarée. Les tobëé, fiis i^àpêsai, ÎÛ écrans, les petits ouvrages, tbdi éé qui fui tbtâÔSâ souà la main fUC porté ad ïniliëù de ta él^àxiâiik stir lé plancher; ëfle cliantâîi et âansàiit Uiitb^ du moneeau àVec dëè jbiés ifadïciblës- té è(itteèthi± aèsez réel de sa niërë ne l*àrf ààit point. Më àVàft bien l'idée du inàl^ 6A i'ôdgfëtfjr trsihisiâlt biëii Wk reproches de sa ëonsfciëncë, staii îë frlâfëî^ éàiisfêtait à enétoùfifer la voîx.

Il en est encore àindi dfe' ce gotit flôîiif là è^tiàùié que les petits garçdiis mblittëiit palrfoid dkn^ ïetirè

tî^, iiï, CHÀP. VI. SuS

JèUx ^ après qu^ils ont pàsèé là préinierê èûÉtncé. Quand ils font sôU^rir un àhiinàl ^ ilé ont sàhjs ddttte u& liiôtif de curiosité^ iU Veulent ybtr Comment se compbrtêtà lâ pàûvfé fe^èitiirë qtl^ilâ tôur- Ittèntëmt ; fflàiè le âel , }ë t>i(îiiàiit dii diyettiise- Meni^ C'est de hi^vét Vëmotlôû qU'ib éprouvent) c^ést de s'ëUdut^cir cdûtré k pitié et d'aVbir la îbifté d*êtr8 ktmïi.

f Ijprttuvé Uii vî*ftî rfegf et ëù écrifaiit è» cîidâêS, %t je ÙeéSë inoà prtypi^ édëut èb àCcUSàîit ëelûi dés

^n^ê. Cbmmëiit iie pas \& aimèt téndwment^

èbifittifeUi fi'ètré pas sMuit^ ëàptivé pài^ léUÎ^

tiiafiÀiéîtlne fflusioâsàài cesie tenàlssdnté noUi

porte 1^ èfbiïe k hilt pureté ; inàis qui peut se réfbtrer & l^évidébcë ? tiè^ padyrés enleins pèctiënt à tbut mometit pai* llâtentiofl , thaïs eètie IntentiôA

\^ï point aècùttipliê. Qii^iid ils vënlëtik disëimuitt , lié làe troitipent pas; ^Uatid Ils veulent nuif'é^ )h m ftfht paé dé itial ^ notià préiiûns Ietfl^ trâbs^ parence pour de lacandeulr^ étleut fâibléssë pbtii* déFintibeèlite. £t ptis ils soibt ëitndbiles^ un îndtiVéttiétit dé seiikibilité, fle ^nëétité, d^abàntfoii^ Suecède Si vite cfhez êiiii titi tiecës de kùssètê bû é^égcHéttié, c{ué iibuft ne pouvons ttbus sbhvH* bir qùé de te qui nbus les i^end ëntof e plus cliers. M^ les aimérblis^iiotis hibfhs^ Éiit'bfit-fls mdltïs dé drdit S notice pitié là plus profnrnde quatid iidtis les bétitli^ons atteints dû tnèriie mal que notist quand hbùs saurons qu'ils pbrtënt comme nous^ dans leur propre sein , dëë eAnëliïis contré les-

SQi jJiùvckriov raocRBssivB.

quels nous devons les armer sans cesse? Je les vois tels que je vois le reste des humains , faisant souvent le mal quand ils ne le discernent pas , et le faisant encore quand ils le discernent.

Cette doctrine est dangereuse^ dira-t*on. On prépare en la professant trop d'excuses à la faiblesse. L'essentiel est de savoir si en ne la professant pas on lui prépare assez de secours. Il n'y a de dangereux que l'erreur. Il est inutile d'espérer qu'on puisse former la moralité avec d'autres élémens qu'avec ceux de la nature humaine ; il l'est surtout de supposer que si l'œuvre pouvait être exécutée^ elle fût susceptible de se conserver. Si l'on ne s'est pas assuré d'avance de la solidité du terrain sur lequel on a bâti , si l'édifice a été construit .sur le fondement trompeur de la pureté naturelle^ quand les vents se sont déchaînés , quand les eaux se sont débordées , quand le torrent grossi a heurté contre les murs , la maison est tombée et la ruine en a été grande *.

J'exposerai les conséquences morales de cette doctrine, très-favorable, selon moi, au développement de la conscience, lorsque je m'occuperai de l'âge où l'on peut la faire comprendre aux enfans. Il me suffira de dire ici que le jugement porté par l'Évangile sur le cœur humain, rattaché comme il doit l'être à l'ensemble du christianisme, a pour premier avantage de répandre une grande

1 Saint Luc, chap, 6, y. 49*

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