LIV. l, CHAP. I. i
et sanctionne ainsi ^ sous les formes les plus expressives y cette loi de notre âme immortelle qui l'oblige au perfectionnement.
Rigoureuse et impërative dans le domaine de la moralité^ une telle loi régit également toutes les foicultés de Famé. L'esprit s'élève vers la vérité^ l'imagination vers la beauté , comme la conscience vers la vertu la plus pure. Une même impulsion est imprimée à tout notre être. Gomment aurions^ nous été privés de cet instinct si sur , privilège des créatures inférieures ^ si ^ pour nous dédommager de nos erreurs constantes^ le ciel ne nous eût doués d'un élan irrésistible vers le perfectionnement ? Le besoin , le pressentiment du mieux , sont ici bas l'instinct de l'homme. 11 examine, il retouche /il corrige sans cesse, et ses œuvres, et les instrumens de son travail, et les méthodes de son intelligence. Un espoir qui ne se réalise jamais n'cM pourtant pas tout-à-feit déçu ; il arrive à l'amélioration quand la perfection lui échappe : désirer plnsf qu'il ne peut obtenir est son sort.
TteJl est le mouvement dont l'éducation doit s'emparer dès l'origine. L'exciter, l'entretenir, le régler est sa tâche la plus sacrée. Et comme le plus haut degré de bonheur chez un être raisonnable ne peut se' rencontrer que sur la route de sa véritable destination, les instituteurs se trouveront avoir d'autant mieux soigné les intérêts du bonheur même , qu'ils auront &it prévaloir chez l'élève le noble instinct du perfectionnements
A6 L'^DUGÀTIOir PROGBS$SITE.
I4'ëdacatu>h doit donc réponda^e à QOtre do9l>le destination. Elle doit préparer l'enfent pour deux existences successives ; il y a en lui un esprit iqiTf mortel qqi ne fait que traverser ce monde ^ il y a une faible créature qui y vient souffrir et mourir.
rîotre nature est en rapport avec ces deux yo«; cations, L'ame a des &cultés relatives à son si^om^ sur la terre , elle en a qui portent aes vues et ^e^ espérances au*delà. Les unes et les autres doivent être développées par Féducation. Puisque Diei^ n'a pas voulu nous appeler immédiatement à lui ^ et qu^il nous a obligés à le chercher par la route de la vie f pourvoir Tenfant de tout ce qui est nëcesn saire au voyage , est de devoiv éfj^Qii pour VU^n
stituteur.
Mais que la vie soit un voyage^ que l'idée de marche doive être attachée h tontes lei périodes ^ notre existence^ voilà ce qu'il ne hut jamais per-* dre de vue^ et voilà ce qui n'est pas wffisamment exprimé , ce me semble , dans les déipifions dirt verses qu'on donne de l'éducation. On dirait qu'iH s'agit d'amener l'adolescent à un certain étpt , plutôt que de lui imprimer le mouvement qui lui fera un jour dépasser infiniment cet état. £t pouiN> tant^ comme le plus grand développemmt n¥>re) et intelleatuel à la fin de l'eii^Ance n'est rien .^ cÀté de ce qu'on peut espérer dans 1'^ mur, le plus essentiel de 'beaucoup c'eA de donner Yim^ pulsion. Les progrès déjà, faits ont moin» d'impoi^ tance que la disposition k des progrès nitérieuiss ,
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en sorte qu'il bvit moiAs s'informer dn degré d'a«» vancement de l'enfant dans la carrière , que de r^an avec lequel il parait appelé à la parcourir. Vins nn élève approcherait du niveau général de ia société y ponr la religion ou les lumières , plus il pofsrrait aisément se persuader qu'il n'a plus rien à acquérir sous ces deux rapports ^ en sorte qu'il y a une raison de stagnation y et par conséquent de médiocrité, dans l'avancement même, s'il n'est pas cause de nouveaux efforts.
Voici pourquoi taat d'aducations , en apparence soignées, n'ont que des résultats insigni- ^ns. Voîft pourquoi tant d'esprits, tant d'ames se détériorent. Quand il n'y a pas du mouvement intérieur , de Ja vi^ 9 tout se dessèche et dépérit bientôt. Ne pas grandir c'est décroître; ne pas avan^r c'est reculer : ainsi le veut la nature humaine. S'il est en nous un principe réparateur, i) est aussi un principe de décadence. Il faut des fyjpc£$ pour ^e p§is d^cej^dre , et peut-être n'ei;^ recueiEe-t-QV jljmais a^sez que quand on aspire Jt isonter.
D'^frm KAfl4# h Imt de VédtimSkm nerait ee^ Im<cî : dévfl^vper érn^ i individu* tome la perfocr Émn diml il eM muési^ibh. Maïs <x>mme une tdie fmme me pttit «'Asbwtir ddm Ve^ncés^., et qn'eih demande , pour étm èeeoniplie , l'^xisitenca en^ lî^rf ,, j'oserais pr.opp6£r «u ^^S^ cbangeme»t à fieti/^ hfjàe défivitNi : dQmer à Viélève lu s^olonté
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i8 l'iÉDUCATION PROGRËSStVS.
et les moyens de parvenir^ n la perfection dont il sera un jour susceptihle.
Ceci suppose chezrinstituteur quelque idée de la perfection à laquelle on peut aspirer^ et de plus la connaissance des ressorts qui agissent sur la volonté. Ce sera le sujet des chapitres suivans.