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douceur du caractère, en usant de pareils moyens ; ce sont ceux qu'en>ploient les quakers, et nous devons, à cet égard, prendre exemple sur eux, Uoo mère très-attenlive à observer de telles précautions m*a dit que, pendant la première année de la vie de sa fille, enfant d'une extrême vivacité, on n'avait aperçu chez elle aucune trace de colère. C'est une règle de l'éducation anglaise de parler toujours très-bas aux petits enfants.
Quoique les moyens de cultiver les dispositions heureuses soient bien connus et que je les aie en partie indiqués moimême, je vais pourtant les retracer ici. Le premier, qui regarde le calme, et ce calme, mêlé de joie, appelé sérénité, consiste à faire régner la paix autour de l'enfant, et, s'il se peut, à l'environner d'objets agréables et tranquilles ; le second, à ne placer auprès de lui que des personnes chez lesquelles les dispositions qu'on veut faire naître existent sincèrement; je dis sincèrement, car l'affectation est ici parfaitement inutile. Rien n'égale la froideur des enfants pour.les démonstrations hypocrites, si ce n'est leur sympathie avec les mouvements naturels. Le dernier moyeu enfin, lorsque la disposition, telle que la bienveillance ou Tamitié, est de nature à se manifester par des actes, c'est de la fixer chez l'enfant en obtenant de lui quelque preuve matérielle de son sentiment.
Ce dernier moyen, qui est très- puissant, doit être employé avec discrétion, car autrement il agit-en sens contraire. Veuton, par exemple, familiariser le petit enfant avec un nouveau-venu dont l'aspect a commencé par l'effrayer; il faut d'abord que l'étranger s'éloigne. Quand celui-ci est à quelque dislance, s'il prend un air gracieux et qu'il sollicite un sourire, on voit peu à peu le jeune visage se dérider, mais quelque qjiosc d'effarouché y. reste encore. La nourrice ne brusque-t-èlle rien, et les gradations nécessaires sont-elles observées, dans peu de moments l'enfant jouera dans les bras de celui qu'il avait d'abord redouté ; mais si elle allait
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saisir la petite main et la mettre avant le temps dans une main inconnue^ Tenfant pousserait des cris affreux et ne reverrait de longtemps Tétninger qu'avec répugnance. Ainsi, en coupant court k une disposition naissante, elle aurait déterminé la haine au lieade l'amour.
Des exemples pareils se renouvellent sans cesse dans l'éducation, et en y regardant avec attention on verrait combien souvent ils se présentent encore dans la vie. L'étude du cœur de ces nouveau- nés est plus instructive pour le nôtre qu'on ne pense. On retrouve chez eux tous nos mouvements involontaires, toutes nos premières impressions. L'imagination est éternellement jeune de sa nature, et l'enfant vit toujours, dans l'homme, quoique tout l'homme ne soit pas dansrenfaot.