LIT. III^ CHAP. IX
comme le dispensateur de toutes les joies, avant de montrer en lui le juge ou le censeur toujours mécontent. Pourquoi s'y prendrait-on, pour faire naître la piété, comme on ne s*y prendrait jamais pour exciter une affection terrestre?La mère a longtemps caressé son nouveau- né avant de le corriger ; elle a eu soin de se montrer longtemps aimable et sensible, afin que le souvenir de sa tendresse pût tempérer un jour Teffet de sa rigueur. Dieu lui-môme agit ainsi avec le petit enfant, et il se manifeste à lui par ses bienfaits avant de lui adresser la voix sévère de la conscience. C'est être injuste envers le Tris-Haut, si Ton peut le dire, que de le présenter à l'enfant sous des traits qu'il n'a pas choisis, et que nous ne choisirions pas pour nous-mêmes. Un empressement excessif à retirer les fruits de la piété nous empêche souvent d'en cultiver la racine, l'amour de Dieu.