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PARiS ^ cS* BARCELONE raeCaranclire Cdle id Bmeh, 35
Toa$ droiu réacms
DISCOURS DE M. LEON BOURGEOIS Mesdames, Messieurs,
Ma première parole sera pour saluer l'illustre président du gouvernement grec, M. Veràzelos, et ceux qui sont présents autour de lui pour représenter la Grèce à cette manifestation : M. le Ministrc^dcs Affaires étrangères de Grèce, M. Politis et M. Athos Roiiianos,ministre plénipotentiaire de Grèce à Paris. - »
Vos acclamations disent assez en quelle estime nous tenons ces honunes, quel respect nous avons pour les repré** sentants de la Grèce nouvelle-
M. Athos Romanos était déjà ministre de Grèce à Paris bien avant la guerre; déjà, à cemomoit, il jouissait de l'estime et de 1* amitié de tous ceux qui l'approchaient. Lwsque sont venues les heures sombres, il n*a pas hésité : il a abaii^onné ses fonctions pour rester libre; il est resté libre, ami de la France et de la liberté.
Aussi, est-ce avec une joie profonde que nous l avons vu reprendre son poste, dès que la Grèce a retrouvé ellemâne son entière indépendance.
Quant à M. le ministre Politis, je.ne sais si je dois saluer «n lui l'Athénien, le Grec ou le Français, car il a été pen-
dànt longtemps, vous le savez^ et on le sait bien dans cette maison de l'Université, wi des professeurs éminents de nos Facultés de droit, enseignant, avec un éclat particulier, avant de les pratiquer dans les faits, ces règles du Droit public dont il s'est toujours fait le défenseur.
Quant à vous, mon cher et illustre Président, ai- je besoin de rappeler à tous ceux qui ont répondu à notre appel , une vie consacrée tout entière au culte de la défense du droit? Ai-je besoin de rappeler ces paroles prophétiques que vous prononciez à la tribune d'Athènes dans les premiers jours de la guerre, quand vous annonciez quelles seraient les conséquences de l'orage qui s'amassait audessus de nos têtes? Ai-je besoin de rappelèr ensuite cette retraite si courageuse qui, au milieu des périls les plus graves, je puis bien le dire, vous a honcMré autant qu'une action militaire aurait pu le faire? Pas un jour, en effet, au cours dç cette retraite, vous n'avez cessé de ^uteiûr le moral de la nation grecque et de lui rappeler dans quelle voie l'emportaient ses traditions.
Puis, vous avez senti que l'heure avait sonné, et vous êtes parti à Salonique fonder le gouvernement de la liberté hellénique, consacrant toutes vos forces à défendre cette liberté, en association étroite avec les chefs des armées françaises et alliées.
C'est à Salonique que vous avez préparé l'action milituie que vous avez ensuite poursuivie avec les généraux Sanail, Guillaumat, Franchet d'Espérey, action qui devait, un jour, conduire les armées grecques à la victoire décisive rcHnpant à la fois ses chames rtxelles du iBoode.
Quand l'histoire d'un tel honune s'écrit dans les aimales de l'humanité, sa ménidre est certaine de l'immortalité.
Mesdames, messieurs, vous allez entendre tout à l'heure ceux qui sont chargés de vous dire quel a été l'effort grec au côuis de la guerre. Malheureusement, l'un d'entre eux, le
principal d'entre eux, manque à notre réunion : M. Denys Cochin devait prendre la parole et vous entretenir, comme Jl sait le faire, avec son grand esprit, avec son grand cœur, de choses qu'il connaît à merveille. Qui a oublié le voyage triomphal, je puis le dire, qu'il a fait à Athènes, alors que j'avais l'honneur de siéger à ses côtés dans le gouvernement de la République, au cours duquel il a apporté aux populations hellènes le témoignage actif des sentiments de la France et au cours duquel encore, comme gage de reconnaissance, vous avez bien voulu lui doimei le droit de cité
parmi vous. -
C'est à M. Denys Cochin qu'il aurait appartenu de dire l'intensité de l'effort de la Grèce; il s'aait chargé d'exposer l'ensemble des préparations et des actes grâce auxquels plus de clix divisions d'infanterie — r 1 70.000 hommes — sur le front et presque autant d'hommes dans les services divers de l'armée, soit en tout 300.000 Grecs au moins, ont pris Dieu sait quelle part glorieuse à la lutte en Macédoine.
M. Denys Cochin vous aurait dit aussi ce qu'a fait la marine grecque, marine militaire, aussi bien que marine marchande, qui, sans mâiager ses efforts, en les multipliant:, a consenti tous les sacrifices.
Et puis "enfin, M. Denys Cochin connaît le chiffre de Vos pertes tant sur terre que sur mer : avecsquelle compétaice il aurait su faire comprendre à ceux qui sont ici la grandeur des efforts-accomplis et par suite la valeur de cette armée et de cette marine grecques, qui donnent à votre peuple le droit de parler si haut au mom^t où s'ouvriront, les délibérations de paix.
M. Gaston Deschamps, heureusement, est ici : il vous dira, avec sa haute compétence, tout ce qui toudie au passé glorieux et aux glorieuses espérances de la nation grecque. Nul mieux que lui ne coimaft cette nalîon et ce
peuple. Dans un petit mot qu'il m'écâvait hier, il rappelait cette Ecole d'Athènes dont il a été un des élèves les plus brillants et dont il est resté un des maîtres, me disant comment, dès cette époque, il avait pour ainsi.dire mêlé l'âme française à l'âme hellénique, comment depuis, dans tous ses travaux, il avait toujours, je puis dire, pensé dans les donc langues, parce que toutes deux, en fait, exprimaient le m^e idisX. Je lui laisse le soin de dire tout à l'heure toutes ces choses : nul ne saurait mieux que lui s açqmtter
de cette tâche.
Enfin, après M. Gaston Deschamps, M. Politis voudra bien — M. Venizelos m'en donnait tout à l'heure l'assurance— remplaçant M. Denys Codùn, et quoiqu'il ait un rôle personnel à jouer dans cette réunion, comme ministre des Afiaiies étrangères, dire ce que mon ancien collègue pense de votre pays.
Mesdames, messieurs, ma tâche était brève. J'avais l'unique devoir de vous présenter ceux qui vont prendre la parole devant vous. Je terminerai donc par quelques mots très simples, mais qui vi^nent vraiment du fond de mon cœur.
J'ai parlé tout à l'heure de l'effort de la Grèce saiis trouver d'expressions qui fussent à la hauteur de ce vaste sujet et je n'ai pu louer cet effort coimne il méritait de l'être. Mais il est une pensée qui nous vient à tous.
£lst-ce que cet effort de la Grèce pour la liberté du monde est simplement l'effort admirable que votre natiort vient d'accomplir au cours de ces quatre aimées de guerre? Est-K:e dans ces derniers jours seulement qu'il faut chercher les causes de la reconnaissance que nous devons avoff à votre %ard? ^
Où donc, à quelles sources les plus anciennes et les plus pures, l'humanité a-t-elle puisé l'ensemble des sentiments et des idées qui sont la gloire, et l'honneur des
temps contemporains, sinon dans les œiivres admkables
de vos poètes, de vos orateurs, de vos historiens, de vo* philosophes, dans les œuvres de vos incomparables artistes, leçons merveilleuses, initiatrices de la raison humaine, édticatrices de vérité, de justice, de beauté? C'est là que remonte notre esprit, c'est là que prend contact notre âme Lwqiie nous voulons nous élever au-dessus des contingences misérables qui sont malheureusement la part inévitable ^ l'humanité en route. Lorsque nous voulons, d'un pomt élevé, voir l'ensemble du monde et, par son passé, définir son avenir, n'est-ce pas sur votre Acropole que l'humanité tout entière fait son ascension^ ^ ^ Je relisais, il y a quelques jours, certaines pages de l'histoire militaire de ce temps, et un rapprochement saisissant :.e faisait malgré moi dans ma pensée. J'avais r<^ris le récit des deux victoires de la Marne : la première, qui fut le signe du grand réveil de la France, la seconde, qui a sauvé le monde, et constatant une fois de plus par quels efforts nos héros à nous avaient, à deux reprises, avec le concours de nos généreux alliés, anêté, puis repoussé la ruée barbare, je me. disais que ce miracle — c'est le mot qui a été prononcé — n'était pas unique, qu'il n'était pas ^ le seul miracle de ce genre qui fût inscrit dans les fastes* de l'humanité; et, quand les noms de Joffre et de Focb étaient prononcés, il me semblait entendre, à travers le lointain des âges, comme l'écho retentissant des noms de Miltiade, vainqueur à Marathon, et de Thémistocle, vainqueur à Salamine. ' ' Oui, voilà bien deux fois que, dans l'histoire du monde, la barbarie est venue se briser au pied des héros. Et ceux qui nous ont montré l'exemple, ce sonA vos anc^res, mon cher président du Conseil, ce sont les ancêtres des Grecs
d'aujourd'bm. ^ . . n"
11 n'est pas jusqu'à certains détails qui nappell«it.
néoessairement une sorte de rapprochement et de comparaison. J'ai repris les Perses d'Eschyle et les lamentations d'Ato$sa; j*ai retrouvé ce passage, que je vous demande la permission de citer :
« Xerxès sanglote à V aspect de cet abme d'infortune,^ car il s'était assis en un lieu d*où V armée tout entière se découvrait à sa vue. Il déchire ses vêtements, pousse des cris de détresse. Il dorme aassitôi à son armée de terre l'ordre de la retraite. Il part; mais c'est une déroute, c'est une juite, . . »
Comment s'appelle donc Xerxès aujourd'hui?
Que de rapprochements! Comnie nous nous sentons l'âme commune! D*ici quelques jours vont s'ouvrir les grandes assises de la paix; la Grèce glorieuse va pouvoir faire connaître ses revendications r à Pheure où la liberté des nations de désigner elles-mêmes le sort qui leur est dû va pouvoir se manifesta librement, à Thoire évoquée par un autre grand homme d'Etat du monde, le président Wilson, où va se fonder la Société des nations libres, pourrions-nous oublier que, dans ce domaine au^i, la Grèce a été une initiatrice, que le peuple grec a été un précurseur)
K Qui donc, en effet, a perdu le souvenir de ce tribunal très ancien des Ami^ûctyons, élevé au-dessus des sociétés grecques comme un tribunal arbitral chargé de régler à Tamiable, s'il était possible, les conflits survenus entre les cités concunentes, tribunal ayant le droit de décider souverainement, de dévouer aux dieux ceux qui désobéissaient à ses décisions, d'imposer la loi de justice à ceux qui vou-. laient troubler le monde, et de frapper ceux qui, violant le pacte sacré condu sur Tautel d'Apollon, oubliaient les devoirs du citoyen, de l'homme conscient de sa parole donnée et se livraient à la violence dans un esprit d'ambition et de conquête.
Pendant quatre cents ai», ce tribunal des Ampïàctyoas. a fonctioimé. Certes, il n'a pu éviter toutes les dissensions, toutes les divisions; mais bien souvent il les a empêchées •de naître et k plusieurs» reprises il a frappé les coupables avec une extrême sévérité : et sa seule décision constituait pour l'avenir la flétrissure définitive. Les Amphictyonies ont duré autant que la liberté grecque : l'invasion macédonienne a fait tomber toutes les iB^tudoiu libres des sociétés helléniques.
Aujourd'hui, la victoire remportée sur la barbarie nous <]oime le gage que nos Amphictyons à nous ne seront plus dépossédés de leurs pouvoirs, et nous pouvons espérer que, lorsque ^rocliaincsneiit se réuniront les rqnrésentants detoutes les nations, ce jour-là, c'est bien la justice, Je droit qui parleront .p6ur toujours.
Quand lés représentants de la Grèce paraîtront dans ^tte salle, ils^y seront magnifiquem':nt précédés par les souvenirs que je:viens-d'évoquer. "Et à l'esprit de tous ceux qui les salueront, prêts à recoimaître et à consacrer tous les dnnts l^ptiines <]U*ils revendiqueront, revendront ces mots célèbres de la Prière sur V Acropole, qui me paraissent avoir ^é écrits pour ce jour même par notre illustre Renan :
O Victoire I Lès cités, in les gardes, 6 Promachos ! , , , O Pacifique, Législatrice, source des constitutions justes l DémocràHe, toi dont le dogme fondamadd est que, tout bien vient du peuple, et que, partout où il n'y a pas de peuple pour nourrir et inspirer le génie, il ny a rim, .. Sagesse, toi que Zeus enfanta. . .
Le monde ne sera sauvé qu'en revenant à toi, en répu^ diant ses attadies barbares.
INTENTIONAL SECOND EXPOSURE
héc.essairement une sorte de rapprochement et de comparaison. J'ai repris les Perses d'Eschyle et les lamentations d'Atossa; j'ai retrouvé ce passage, que je vous demande la permission de citer :
« Xerxès sanglote à l'aspect de cet abîme d'infortune, car il s'était assis en un lieu d'où l'armée tout entière se découvrait à sa vue. Il déchire ses vêtements, pousse des cris de détresse. Il donne aussitôt à son armée de terre l'ordre de la retraite. Il part; mais c'est une déroute, c'est une fuite. . . »
Comment s'appelle donc Xerxès aujourd'hui?
Que de rapprochements! G>mme nous nous sentons l'âme commune! D'ici quelques jours vont s'ouvrir les grandes assises de la paix; la Grèce glorieuse va pouvoir faire connaître ses revendications; à l'heure où la liberté des nations de désigner elles-mêmes le sort qui leur est dû va pouvoir se manifester librement, à l'heure évoquée par un autre grand homme d'Etat du monde, le président Wilson, où va se fonder epfin la Société des nations libres, pourrions-nous oublier que, dans ce domaine aussi, la Grèce a été une initiatrice, que le peuple grec a été un précurseur ?
* Qui donc, en effet, a perdu le souvenir de ce tribunal très ancien des Amphictyons, élevé au-dessus des sociétés grecques comme un tribunal arbitral chargé de régler à Famiable, s'il était possible, les conflits survenus entre les cités concurrentes, tribunal ayant le droit de décider souverainement, de dévouer aux dieux ceux qui désobéissaient à ses décisions, d'imposer la loi de justice à ceux qui vou-. laient troubler le monde, et de frapper ceux qui, violant le pacte sacré conclu sur l'autel d'Apollon, oubliaient les devoirs du cftoyen, de l'homme conscient de sa parole donnée et se livraient à la violence dans un esprit d'ambition et de conquête.
Pendant quatre cents ans, ce tribunal des Ampliicty<Hi$
a fonctiormé. Certes, il n'a pu éviter toutes les dissensions, toutes les divisions; mais bien souvent il les a en]|>êchées de naître et à plusieurs reprises il a frappé les coupables avec une extrême sévérité : et sa seule décision constituait pour l'avenir la flétrissure définitive. Les Amphictyonies ont duré autant que la liberté grecque : l'invasion macédonienne a fait tomber toutes les institutions libres des sociétés helléniques.
Aujourd'hui, la victoire remportée sur la barbarie nous donne le gage que nos Amphictyons à nous ne seront plus dépossédés de leurs pouvoirs, et nous pouvons espérer que, lorsque prochainement se réunirent les représentants de toutes les nations, ce jour-là, c'est bien Id justice, le droit qui parleront .p6ur toujours.
Quand les représentants de la Grèce paraîtion-: dans ^tte salle, ils^y ser<Hit magnifiquan'^nt précédés par les souvenirs que je viens d'évoquer. Et à l'esprit de tous ceux qui les salueront, prêts à reconnaître et à consacrer tous les <iroits légitimes qu'ils revendiqueront, reviendront ces mots célèbres de la Prière sur l'Acropole, qui me paraissent avoir •été écrits pour ce jour même par notre illustre Renan :
O Victoire! Les cités, tu les gardes, ô Promachos!... O Pacifique, Législatrice, source des constitutions justes I Dérrmcràtie, toi dont le dogme fondamental est que tout bien vient du peuple, et que, partout où il n'y a pas de peuple pour nourrir et inspirer le génie, il ny a rien.,. Sagesse, toi que Zeus enfanta...
Le monde ne sera sauoé qu'en réoenani à toi, en répapliant ses attaches barbares.
l'effort gmbc • M
CC^^iEERENCE DE M. GASTON DESCHAMPS
L*£coèe iraaçasse ^'AidkèaeB, liorit uae nw aotomée
rappelait tout à rheure avec tant d'éloquence les titres déjà anciei)s ^ toujoui» lenouvelés, sera particulièrement hewetne lorsqa*«eile recudllera les édhiM ^ U Biawif u*t tion oiigan^isee en ce jour dans cette glorieuse maison de. la Sorboime, l'iiOBnettr ^ la ûièoe anîe <t altiée, de wêl illustre président du Conseil, de son ministre des Affaires élEMgèves, cki chef de sa légatic» à Pafk^ «m présence des ^wtorîtés cmies et m^îfotres qui repréœiftent M. le Pf6sîdent de la République et le Gouvernement Français^ «oas la fHésîdeÉce ^'«n Atliénieii de Pans ^ipR, docile ans icoéseik de sagesse et de justice qui n'oQt jamais cessé de descewbe de rAcropole, a o«isaofé sa ne «mtière à Toiga^ nisation de la paix, victorieuse du mal, de la paix juste, de la paix ^uitable, sel^Q le oode iutur de la Sodeté des
Athènes est ki préseate, non pas senfl^oent par la magîe du grand artiste qiri a «u apporiter dans oMe «iicênte tfié^ que chose de la lumière éth^^ et de T atmosphère subtile dQhdsnraédesMM^m^
de son drapeau qui doit aux périls qu'il a courus l'honneur de s'mnr aux drapeaux 4^ toutes les natioiis alliées pose ^ la défense de la dibdrté, et par ia haifte c^nscîenœ du préski^ Venizeios qui, connie Lkyd George en Angleterre,
comme Wilson aux Etats-Unis, comme le philhellène Clemenceau diez nous, a montré comment, dans un pays de traditions démocratiques et de culture libérale, un homme élu pai ses concitoyens peut iq;>ondie à l'idéal de toute une nation. * -
Cette nation» inséparable de son chef, nous sommes, j'ose le dire, quelques-uns qui la connaissions d*une manière particulièrement familière et amicale; tous les anciens, comme tous les nouveaux de l'Ecole française d'Athènes, pourraient apporter le témoignage dont je ne suis ici que le très modeste interprète, mais qui est fondé sur une longue expérience et sur une stricte observation de la v^é. • Notre Ecole est une institution bien hellénique et bien française à la fois, peut-^e unique en son genre, d'ailleurs, car elle a introduit l'amitié dans la politique et n'a jainais poursuivi que des buts idéaux et désintéressés.
Un jour, la France a eu l'idée ingénieuse et bonne de dire à un certain nombre de jeunes savants, de lettrés qui, successivement, se sont appelés Alfred Mézières, Georges Perrot, Fustel de Coulanges, Emile Gebhardt, Vidal de Lablache : « Allez là'bas, mes amis, allez faire votre prière sur l'Acropole, vous aussi; allez faire ce pèlerinage' sacré, ailes Grèce; jouissez de la clarté de ce ciel, contemplez cette mer dont le poète Eschyle a célébré d'un mot intraduisible 1* « irmcHiJïrable sourire » ; intenogez ce sol qui recèle toujours dans ses flancs des trésors inmioftels ; mais, en visitant les ruinesi ne vous privez pas du plaisir de Ikr cominerce et amitié avec les viviants.
C'est ainsi que mes camarades et inoi, les descendants,, j'otetaîs dire les épigones de ces premiers « Argtmautes » que M. Piscatory, ministre de Francè en Grèce, appelait les attachés littéraires de sa l^ation, nous nous scnunes assis au foyer du peuple grec, c'est ainsi cfue nous sommes allés habiter cette maison des pentes du. Lycabèt^ que je
>ois d'ici, avec sa blanche façade au mili^ des pins où
souffle le murmure harmonieux du vent qui vient de la mer.
Cette chère maison, je l'aime parce qu'elle ajoute aux relations officielles qu'entretient notre légation avec le gouvernement d'Athènes, quelque chose de particulièrement doux et de précieux, la relatic» quotidi^me des esprits dt des cœurs dans le culte cc»nmun de la Grèce et de la France.
Assis au foyer de ce peuple grec, nous l'avons donc hi&k connu, et j'estime que notre tànoignage vaut bien celui du touriste qui, débarqué parfois dç mauvaise humeur sur les quais du Pirée-, a des altercations avec les cochers et prétoid juger toute la nation d'a^ès ce d^ut, sur une terre dont il ne connaît ni les traditions ni les habitants.
Nom autres, nous avons appris — oh ! hien facilemoit — dans nos conversations quotidiennes, la langue modeme de la Grèce, cette langue qm, sur des ruines qui datenf du temps d'H<Mnère. a' su faire épanouir une floraison de la plus savoureuse modernité; nous avons chanté les chansons populaires de la Grèce mod«îie, et, pourquoi ne le dirais- je pas? nous avons essayé de danser ses danses harmonieuses, renouvelées du chœUr antique qui, dans le théâtre de Dionysos, déroulait ses anneaux rythmés autour de l'autel consacré aux dieux de l'Olympe et déc^ par un pa^le d'artistes à l'art humain par excellence, à l'art tragique d'où résultent alternativement la tprreur et la pitié, ces deux ressorts profonds des mouvements de l'âme humaine.
Souvent aussi nous sonunes sortis des limites étroites, trop étroites, hélas ! du royaume de Grèce et nous avons fait voile sur les Caïques des pêcheurs de l'Archipel, relâchant d'escale en escale dans ces îles qui sembla appeler de loin le voyageur par leur belle couleur d'or et le parfum avantcoureur de leurs jardins embaumés; et puis nous avons abordé^ sur les rives de l'Asie-Mineure... Mais là, je me
hâte de fc dke, no«s nmm ip» ww, ,U«t s'«i faut,
uniqiifiyifiyi^ dbs spectacles cnclianteuis.
5w -oette tore LeUén|i]&, où campe« «depuis cinq ;sàècles, un eniaeim qu'il £autlra bien en expulser un jour ptotkaà^ MMi «MMS aimris avec émo^oo, avec AcLBUiaticoi, can^nait peut faire une nation malheureuse pour cesftex» ffiiniit des léècks d'^myes, iacHon^^tayement £clèie à ses ;souve»iis et à ses espérances. Par ces pèlerinages aux tenèoÎM» de» Giecs irrédiiajés nous avens rempli, je crois, les intenti<Ni6 des f oodafceois de notre Ecofe, nae tout à la fois de la tradition classique et de la tra<Jitkia uodaiintiquc, aboudiseeneirt direct d'ua philhellénisîaae qui va de Chateaubriand à Victor Hugo et de Garabetta à Cleraraoraa.
Coraoeat une cace se cooserve intacte au milieia de ^ mamm et cela pendant cmq siècles, c'est une chose on me peut observer que sur place, là-bas. Vraiment, on admife comment ces cilés^ lointaiiies, je ne dk pas seulement de rionie maritime, mais aussi de rîirténcnr de l*A»e Minciffe, ont pu maintenir ainsi l'intégrité de leurs traditions et le trésor de leur langne, confidente de leo» douleuis et de leurs espoirs. 11 faut v<»r de près toutes ces communautés helléniques, groupées autour de \asts écoles^ de leurs églises et conservant ainsi, par un miracle séculaire, leur dcmaiiie idéal sur leinrs territoires dévastés.
Et nous alors, les Français d'après 1870, nous qui les viâtions au cours d'un pèlerinage passioimé, n avions-nous pas le droit d* évoquer, dans Tonitié qui nous missait à ces Grecs irrédimés. la fiddité tranquille et sûTe qui nous rattachait à nos Alsaciens et à n» Loirains et qui vi^t d'être récompensée conformément aux débets de la justice divine?
Lorsque, dans les mois d'hiver, après des prHrt«nps et des automnes consacrés à ces voyages, nous rentrions dans notre maison française d'Athènes, nous aimions à recueillir
iJeffort GRE£
les images des grandes réalités morales qu'avaient wes nos yen jevies; m» aiinioMs à âKer par écrit ces choses iKsabKables, dont les origines plongaient si Um dan» k paaié, et dont Ie& conséquences nous ouvraient de si belles perspectives vers Tavenir. Et puis, dans nos monciils de loisirs, noua montions sur la terrasse de la maison de Fiaiice pour cortempfer wi qjectack qae je voudrais senter à vo& yeux.
Dm kontt dé cette tennssev on voàt k cité neuve des Athéniens, la ville industrielle et active, twité bniissairte, d^ l'aube au crépuscule, de mille cris et de mille chansons; pks lom, c*esl la perspective dn Piuée, de Phalère, k mec bleae et Salamine, violette à l'heure du couchant; puisv ce sont les bois d'oliviers de Colone, le» dicmins qui s'en vont vera le Péloponèse et d'où Chateaubriand cwï- Icmpla,. comaie une tare promise» la ville élue d'avance par son génie comme un de ses séjenss die préddIectiOB.
Tout ce décor est dominé par le haut piédestal sur leqad s'élève le Parthéno» : le temple est là, tonjonis debout,, toujours vainqueur des siècles, merveille de calcul, chef-d'œuvre du génie humain, créé pour rester intact jusqu'à la plus lointaine postérité et qui, en effet, serait duâcKié Bi^atai^hle si une main criminelle en un joyar de détestable mémoiie ne l'atralt frappé d'un înpépnia|ble coup. Le temple est cfedDOut, mais il est blessé, atteint d'une blessure incuri^e. Bclas 1 ii is*cst tiiouvé s» la terre un être assez barbare, assQ slupide pour bombarder le Partliéaon 1... Or, iW de nons, et je crois bien que c'est mon cher et excellent auni, M. Foragère, aujewci'hui dfaietleui de l'Ecole française d'Athènes, a déiaootré que, dans la triste soirée d» 26 septembre 1667, k canon qm a bombardé le Parthénoft et qui lui a fait cette blessure foujoorsi béuie> a été pointé p«r un BMiccnaiie allemand ! hnage saisissante, souvrair tragique qui ajoute à notre amitié pour
la Grèce l'éternel grief que nous aurons sans cesse à faire ^ valoir contre les brânbturdleurs de la catkédiale de Reims, image saisissante du mal que n'a jamais cessé de faire au génie civilisateur de la Grèce le gomamsD oppresseur.
Qiacun «ait, &k efiet, et l'histoire l'a démontré, que Guillaume II et le sultan rouge Abdul-Hamid ont été sans cesse unis par la plus étroite amitié et par la con[^>licité la plus exécrable; chacun sait que le grand massacreur des Grecs irrédimés et des Arméniens a toujours été approuvé par la cour berlinoise.
Guillaume 11, au reste, ne fut pas le seul, dans son onpire à professer sur le droit des peuples les doctrines que vous connaissez. Je me souviens d'avoir lu, dans le compte rendu des séances du Reischtag, un discours pronxHicé par celui de tous les Allemands que nous avtms considéré longtemps comme le moins boche, M. de Biilow, chancelier de Tânpîre. Cet orateur officiel parlait de la Crète en des termes tels que je m'en voudrais de citer ici ce discours, mais je croîs bien que M. Venizelos ne l'a pas oublié.
Dans tous les dommages qui ont été causés, en ces der^ niers tonps, à nos amis de Grèce, nous voyons la main de l'Allemagne. Quelques mois à peine avant le jour où les ambiti<ms criminelles de Guillaume ont déclenché la grande guerre, un jeune Français, M. Sartiaux, voyageait sur les rives de l'Asie Mineure; il se trouvait à Phocée> cité antique d'où partit cet heureux navigateur qui a fondé Marseille, métropole grecque de l'Occident latin. M. Sartiaux 9on c(»npagnon de voyage, le peintre Mandet, s'abandonnaient à la contemplation du paysage, dont ils essayaient de fix«r, Fun par lé pinceau, Tautre par la plume, toute la magie rayonnante, lorsque leur rêverie fut interrompue par ée» cris» des hurlements, par la fuite
des victimes s'eâorçant d'échf^per à la poursuite atroce de leurs bourreaux : c'âait un de ces massacrés qui, trop souvent, nous ont apporté du fond de l'Orient des échos auxquels l'opinion de l'Europe ne fut pas toujours suffisamment attentive. Barbarie turque, soit; mais barbarie organisée à l'école allemande du pacha Von det Goltz et de Liman vcHi Sanders.
Et puis Abdul-Hamid eut des successeurs dignes de lui. Ne savons-nous pas ce qu'ont fait les Enver Pacha, les Talaat bey aujourd'hui en fuite et terrés dans je ne sais quelle cachette? Ne omnaksons-nous pas Rahmi-bey, vaU de Smyme, aujourd'hui sous les verrous? N'avons-nous pas vu la main de ce& hommes, c'est-à-dire la main de l'Allemagne, dans toutes les atrocités qui ont ensanglanté ces villes de l'Asie Mineure, dont le souvenir ne devrait éveiller à nos yeux que des images de repos, de loisir intelligent et de pacifique labeur?
Oui, sans cesse nous reèrouvons les Allemands quand nous parcourons la longue liste des maux infligés au cours des siècles à nos amis de la Grèce libre, comme à nos amis de la Grèce irrédimée. Ces persécutions datait de loin : elles ont commencé il y a cinq siècles, à cette date épouvantable du 29 mai 1453 où s'est passé un fait inoui que l'Europe n'aurait pas laissé s'accomplir si elle avait pu, 4b cette époque, s'élever à l'id^ libérale d'une Société des nations.
Ce jour-là, le prétendu droit de la force a triomphé ; un conqu^nt barbare s'est emparé de la métropole chrétienne de l'Orient, de Constantinople, qui avait été si longtemps le boulevard avancé de la civilisation européenne aux marches lointaines de l'Est. Dès lors a été inauguré ce régime effroyable qu'aucune nation, peut-être, n'aurait supporté avec autant de patience, de longanimité, de ténacité et d'espoir; dès ce jour, en un mot, s'est poséie cette
tiagique question d'Oâent, que l'Allemagne n'a jamais voulu xésoucite éem le %em db la justice et 4e la libellé.
Elt pais, un temps arriva où des iéchos venus de Framce râveittèfeid (en ÛÉ»nt, en dèce, «n JSeibôe, ^ Roumanie' des espoirs qui ne s'étaient jamais éteints dans le cœur de ces iKopifes vaillants 'et AalheuxeuaL.
J'ai retrouvé dans un ouvrage d'un de anes mnns ide Roumame Pompiliu Eliade, piôfess^ à rUniversité de Bucarest, mort *rop 46t pour son pays, ks ôkN|iieitt& «cfews de l'émotion qui se manifesta dans tous ces milieux de l'Orient, ikorsqn^an aippàt opi'aine «ation «i'Oodidient, ia France, .déjà riche d'une longue histoire et pauwmit «e wpoam :sur ses lauriers sécuLaiEes, >£aisait une dévolution pour proclamer le érast lies peuplla à «£sf»«ff .^i-enKmêmea, que jce peuple, attaqué par les puissances germaniques, W9sàï débsidé ses Minières, asmme âl le tkit aujourd'hui, pour aller porter la bonne nouvelle du renmseraeiit des ^tii^ies éoniÎÊs 'oniqieii^ sur :1a foice brutale, la nouvelle de la libération 'des peuples, l'ëvangfle imKkviie qui peiœetlia enfin à toutes les Jiatioifê, nous en avons le ferme «eifpoir «aujowd'hui, ée '^'nc txmiotaém&Bt à 'la éol qu'elle se seront in^osée et sous Ja conduite des chefs qu 'ellee >auroat dkcnsk.
Quelle joie, quelle ivresse dans les cœurs de ces pauvres « ffiuyuts i» , 4saaaat an âes >qppébdt alon^ « Viendra-t-il jusqu'à nous, ce peuple ami. disait-oa; jantendroBS^^MiiK Ktkentic, nous aussi, dans jm ibazais, dans nos ruelles où nous sommes pourchanés, lnH)u£s pctr tkes ^émissaires «filtt tyran, par l'e^ion toujours auis aguets, la fulgurante MarsaUaise? Vemms^nous tomber diaiiiBB ^pn le aoi^fôge de xie chant miraculeux, qui ouvre toutes les geôles et apaise toutes les douleuis xlans la victoise du dieit et ^de la .liberté? »
«destinée alois Ja& ^às ^voulu, mais déjà nos amis
db lià-kis^ elHiiptàienI sur noua, et; l'un di euB^ lie; eélèbie • humaniste grec Coraïs que j'aime à citer dans cette K»»sev de Sovbonne, fue ami; de quelques-uiiB. des< honmies> les plus illustres de l'époque de Hoftre Révôfertioii et séjourna longtemps en- France pour gagner à la cause de son; pays hs pit»: hautes niteliigences fratiçaises.
L'histoire nous apprend' également que Napoléon Bonaparte songea aussi à l'émancipation de la Gcèce ::ii chargea même un de= ses amis, un Corse d'origine grecque, Stephanepoli<, de lui présatter un> rapport sur cette questiom... Mais les événements furent pltis forts que 1» voboaadiê ès l'Empereur; Napoléon se trouva entraîné dans un tourbillon vfertigineaK, et B' Europe» puisée par tanb d'années^ die guerre, s'arrêta enfin dans cette halte malheureuse qui tut maÉqisée par les" tsaités dé li&l 5. Et les puissances germar niques, maîtresses au Congrès de Vienne, ont fail à ce moment ce que précisément, aujour^d'huiv. nous avions défairev EHes on« fait de ki se9fitti<èe abns> que nous voulons i^o de la llâaeEté.
^ jfi^cfox dçi,' tapi» vceI d» Congr^ de Viennr^ ont se tribuait les peuplées comme du bétsiil à l'encan, sous la fémki didfeoii^eit «k MettOBKh* . 7 ce génie mailéaisant des pniffliUKes germaniques'^ la. Grèce n'a pas» eiéné, dftny Ites amtéjtà' q&l suittioèni, de le bouvec devant elle et contre zâit^ ik suffit,, pour s:' en: eonrauiarev de m\im Fadimn^le déclaoatiDn. du Con^^- d'Epidaure dui î" janvier 1 822, ail if^KOR cStte phnase poiginoite,. en^ tèpom» aass infUBtiseff accumulées paor le: Congrès de Vienne et aussi par les con" iÊtemsm ê& Vérons, de Leybach, de Tioppau : <( La naÉxoB grc9cqu£ prend! Be cïfA et la teips à têneinp qoTelle existe encoce ! »
Ce droit à l'existence que les autres lui déniaiexit, nom le hiii avons tout suite a^ectueusement reconnu. La Fiaose: ealL allée à Nanom avec ses* «iav- oantie la Turqurê'
et l'Autriche, naturellement unis par Imstinctivè complicité des empires dejiroie. Elle est allée en Morée, avec le général Maison, comme elle est en Macédoine aujourd'hui, avec le général Franchçt d'Espérey ; et ce n'est pas la faute de la France si un statut constitutionnel n'a pas été donné plus tôt à ce peuple grec naturellement épris de liberté et tourné vers les institutions libérales par sa vocation démocratique. ^
Il semble qu'à partii de ce moment, à toutes les voix qui ont voulu proclamer le droit de la Grèce à l'existence réellement nationale, totale dans la liberté, une puissance malfzùsante ait juré de répondre : « Pas encore ! pas encore ! Tu as combattu, tu as saigné, tu as soufî^ert, tu as gagné à ta cause les plus libérales nations de l'univers : tu ne seras pas encore délivrée. En cachette — car noils. ne pouvons le faire ouvertement — . nous viendrons détruire tout ce que feront tes grands amis; »
C'est ainsi que, lorsque les traités de Londres eurent proclamé la liberté de la Grèce, <m eut^ je ne sais à la suite de quelles intrigues, l'idée extraordinai|f , dfi ^èWTi» sur le trône d'Athènes un prince bavarois-!
On s'étonne parfois des difficultés ^e la Grèce eut à vivre normalement, dans un cadre r'^gulier et sous de justes lois, et l'on oublie que, pendant trenfe "âhûéesi elle -a, dû subir Othon le Bavarois ! Une cour bavaroise à Athènes ! L'étiquette de Munich chez ce peuple spirituel et volontiers ironique. Le protocole extraordinaire du grand-duché de Gerolstein dans la patrie de Socrate et de Platon !
Voilà, mesdames et messieurs» cè qu'a laissé faire la vâiérable Europe en un jour d'inattentiojji, où elle avait, sans doute, mal regardé le texte des traités qu'on lui donnait à signer !
C'est l'initiative des Grecs qui a débarrassé l'Orient de cet intrus, de cet indésirable; un beau jour, il fut évacué.
de la manière la plus douce, d'ailleurs, et la plus courtoise. On ne le mit pas à la porte, on eut cette attention délicate; mais, un jour qu'il revenait de voyage, on le pria courtoisement de ne pas débarquer.
De meilleurs jours semblaient devoir poiir longtemps luire sur le pays dont Athènes est la charmante capitale. L'Angleterre, par un geste élégant, céda les Iles iomenna au royaume rajeuni, çn stipulant que c^e cession avait pour condition absolue que le royaume serait («gamsé com^ titutioimellement, que . les libertés populaires seraient garanties, que c'en était fini des verboten bavarois et du protocole munichois, de la royauté absolue que le triste rejeton de la dynastie des Wittelsbach avait essayé d'acclimater auprès de l'Acropole de Pallas Athéné.i 11 semblait qu'à partir de ce moment nulle difficulté n'aurait dû empêcher la Grèce de suivre le cours, de ses destinées. Le sceptre de la Grèce rajeunie, grandie par l'annexion des ^ lies ioniennes, fut tenu avec une dignité, à laquelle tous ici rendront hommage par le regretté roi Georgesi de glorieuse . mémoire.
Mais un jour le roi Georges di^arut, dans des cotations d'ailleurs mystéiieuses et sur lesquelles la lumière n'est pas encore faite. Ce jour-là, ce que n'avait pu faire, à. Athènes, la dynastie des Wittelsbach, celle des Hohen- 7o}iem entreprit de le coosommer : Guillaume 11 avait , ' trouvé* son homme.
' Il y ay ^Tmcrtemps oue l'empereur d'Allemagne rôdait autour de la tirèce; de temps en temps il y faisait des appa- * ririons qu'il voulait rendre sensationnelles, des voyages pcmipeux au cours desquels il d^loyait c^e ostoitation de mauvais goût dont il a donné le déplorable exemple allant de donner aujourd'hui le spectacle répugnant d'une d%»ression indigne d'ur; homme de cœur. Puis, un beau jour, il élut domicile dans une des p!as belles des îles
l'effqke cssea
. grecques, à Garfou,, où. il devint propriétaire d'un palais étm lequel» ce» jouis denaeia, il «Kak, poraîfcrik la pié^ kcntion de retourner. . * Je crois que les bons geadamnes helléniques empecheraienl. de giaDcl çoeun ee débaiq^
Cq;kendaaU des ^ûfcs et des couLaurs, il^ îie faut pas dHpolcs i cet kM)mia& aimà. inpwé à son^ beaii4B^ Çm&^ tantin une admiiatioD. véritablement décaisomiAyie:.
J*at apeiça SGMveiil Censtiuiliit. y ai wàmit eu l'occa^ aion d'avoir avec lui un entretien, un seul, pw* intaessant» sans doute, cas je n'«i ai ^aœdè aucua souvenic pdiéciâ^ }'at eu rimpressioB-,. passez-moi celte coBftfkaee. Sami^ière» d'un cerveau rétréci par l'usé^ excessil du casque à pointe-. Le beau'fière dw kaiser n avait pas de pkis giand pliûsir que de s'babîller en f eki-marêclidl prussien et de se montrer ainsi dans ies' me» d^ s» capitale, au lailieH d'un peuple obsesvateuf et spirituel, qui n'a pas cessé d'avoii, comme m leoQfM d'^àrtopbane, le sens du ç(^ique. Hom pouvioBS CToue que ee hélait là qu'une fanlaiâe Ycstmi«nlaiie. Malheureusement, sont venues des manifestations moin&anocKaea» pkis ligmfiraliwm» tout à laie déploiayes.
Uuc fois de plus nous voyons ici, dans rbistoire de la Gràee rintenreutk» de ce|te puissance mystérieuse, na^ faisante, qui, lorsque le paipte grec i^l^t faire un geste Cduiorme » sa .vocalioa biatotiqiie», lui disak : c.J2a$| encore! » ' a i
La guérie éclate en août 1914. Je sais Vja^^a cwisidéiable que cette boihf^ -a. aoidevée daps> le» eeews de nos amis de là-bas, non seulement Jand ! (îtile de la société, chez les gounemaut». Us savaflksi» Les lettiés, maie» OKCoe et peut-être surtout dans le peuple,, chez ces braves ^ens des iles que >'ayaia vus ua an plus tôt, à Lemnos, à Mityiène, à T^iédos, acsclaaumt la Fruf r, faisait sofàr, e» qa^qae sorte, des profondeurs de leur sol« parfois rocailleux, une
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merveilleuse 'floraâwn de «drapeaux liicoloies. N«U8 «awans, raei auHs cit n^i, ipie le cœur du peuple grec était ferat pour fwwB et que ies senteaeiÉfr qm i^ammaient trouvaient UB écho dans la grande âme du patriote qui dirigeai ks desfemé» de ce peuple prêt 4ès oe moment à se ranger sous nos drapeaux.
Un 4llétaa 4«niHer de la me des lues à Athènes tous apportera la preuve 4ile cet ét« ^É'-cspift. Loi»qn"oB apprt, là-bas, notre victoire de la Marne en septembre 1914, les petits mardiands -de ^^uinanr, qm ^ouïwit le Stade avec ces paquets des feuilles imprimées que prodigue à ses imioinbtaUes iodIeurs Ja pFcsse athénieime, criaient tous, d'une voix aiguë que j'entends encore : « News sommes vamqueurs !»
Mais r Allemagne ^veillait. £ie avait ^té à cehii -c^m aait, «n Grèce, son agent officiel, les paroles et les actes par les^ii^ <^le piétendÀ «'^ipposer à c^ él» <du peuple grec.
me souviens d'un très beau discours — permdtetmi ide ie n^ler ici. Monsieur le Président, au risque d'offenser votre mode*ie — «d'wi ti^ Isenu ikscoras que vous avez faamomcé devant la Chambre hellénique et dans lequel wuB nconté i m de ces entretiens avec le roi, dont vous sortiez l'esprit déconcerté et le cœur angoissé.
Lorsque^ hwtilifcÉe ««gagèrent, le premier geste du président du Conseil grec iut de s'wiir ^ nous'rt i nos uKés, dt^tomia «u secours de ia Serbie attacpiée. 11 fallait pour cela le consentemert f oy«l •: Wbas ce ^cmnenfeemesft qui donc en doutait? La volonté populaire en était le sûr présage, et un roi constitutionnel n*a pas le drœt de se mettre en tiavers des volontés de son peuple.
M. V«BiBeloB le lend donc au palais royal. Il est reçu par le souvewîn auquel il eicpoée ta sitasfâcn «i fai donmoft tous les «gumeots d*<oicke lailkaire qui rendent poçsîble à brève ééémx ie saooès, «nis à omditien d'agir sanâ
letaid. Le premier ministre se heurte à. toutes sortes d'objections sans I franchise, sans précision, qui dissimulent une mauvaise volonté têtue, il se heurte à ces arguments mal définis des hoomies derrière lesquels on sent quelqu'un qu'on ne voit pas, qui parle dans l'ombre. M. Venizelo» fait alors appel à un argument qu'il estime devoir être tout à fait décisif et il se permet de dire à son interlocuteur qui aurait dû écouter ses conseils : « Mais, Sire, il y a la volonté populaire; il y a le vote de la Chambre, il y a le verdict des élections presque unanimes. Vous êtes un roi constitutionnel, vous êtes le gardien de la constitution; j ose vous dire respectueusement que vous n'avez pas le droit de you» mettre en travers de^ la volonté du peuple et de ses ministres. » '
Et voici la réponse textuelle que reçut M. le Président du Conseil; elle mérite d'être inscrite dans l'histoire des abenations humaines : (( Oui, r^nd 1 '-étrange interlocu-^ tcor de M. Venizelos, je connais la volonté du peuple; oui, je dois respecter la constitution, mais seulement en ce qui concerne la politique intérieure; pour ce qui est de certaines autres questions, notamment des questions de politique extérieure, je ne sms responsable que devant Dieu ! »
Le Dieu qui s'est dressé ce jour-là devant la Grèce pour lui dire : « Pas encore ! Tu ne feras pas encore le geste attendu et que tu veux faire ! » nous le connaissons, c'était le vieux Dieu de Guillaume, c'était ce Dieu usé, ce fétiche, que nos armées victorieuses ont jeté du haut de son grossier piédestal et auquel, au delà du Rhin, nul ne croit plus.
Vous savez la suite des événements, les coups d'Etat successifs, la dissolution d'une Chambre, régulièrement nonmiée, des élections nouvelles dans lesquellesvle peuple fut appelé à rendre un nouveau verdict qui ramena eiicore M. Venizelos au pouvoir, verdict singulièrement significatif
pmsque, au cours de la campagne électorale, Constantin s'abaissant à ces manœuvres de la dernière heure dont sont coutumiers les candidats aux abois, ne craignit pas de dire * « Venizelos, c'est la guerre ! » Et le peuple grec a voté, tout de même, pour Voiizelos !
I Mais les puissances germaniques avaient installé à la cour d'Athènes la conviction bien établie qu'elles seraient victorieuses . Constantin répétait sans cesse : (( Je ne veux pas faire la guerre I » Et ce singulier chef d'armée ajoutait : a ]e ne ferai pas la guerre, parce que je serais inévitablement vaincu; l'Allemagne sera victorieuse! » On ne pouvait le faire sortir de là : Constantin avait mis pour toujours son casque à pointe. ,
En cette aventure, le comique se mêle au tragique. La pauvre armée grecque, mobilisée, restait dans les casernes, l'arme au pied, sans recevoir les ordres de concentration nécessaires, livrée à tous les gennes de d^oralisatiim; autour d'elle, les agents à la solde du kaiser s'en donnaient à cœur-joie ; dans les théâtres, dans les journaux, dans les c(Miversati<»is, partout on retrouvait la trace d*un certain baron Schenk, qui avait pris je ne sais dans quelle société le goût des calembours douteux et qui, disposant de l'argent allemand, se vantait de prêcher « l'Evangile selon saint Mark ».
Ce qu'eut de sordide cette propagande allemande, nos assis de Grèce pourront le dire, eux qui en ont été les douloureuses victimes; les coups d'Etat se succédèrent et un jour vint où Constantin, levant le masque, ne respectant même plus les apparences, répondit à la volonté nationale par une nouvelle dissolution de la Chambre et par des .élections truquées, en un mot par ces procédés auxquels s'abaissent les chefs de partis attelés à une mauvaise cause.
Est-il besoin de marquer tout ce que souffrit alors le
giand coeui de Jiotre illustre ami? Il avait épuisé ism les ftygnmwMht, maos *â 3iWait pas Ipeidu la pstie; il n" aidait pas même perdu patience. Au milieu de ces dif&iBlté&, «de ces appaiences d'échec, il avait au moins fait entendre à la Chambre hellénique une ncèik "pasole, qui «fut iiéd8iN&. Un xlé{>uté de T opposition mieux vaut ne pas le nommer, .laissons^le à ses legsete et À .ses xcanords — iui sdisait au cours d'une séance orageuse : (( Que ferez- vous, Monsieur le Pié^eot, si, en ^dlacl an secours 4e la 5eibie« vous trouvez F Allemagne devant vous? » « Ce que je £erai» lépondit VenizelQSj je iexai ce «que commande l'honneur ! )) (Tous les assistants, dehàuJt,, acdament M. Venif zelos.)
La conception de rhonnèur avait disparu du palais r«yal d'Athènes comme elle avait disparu du jpalais impérial de Berlin. Et M. Venkelos n'en avait pas terminé avec les tribulations et les angoisses. Sachant où &a5t le devoir, il se demandait 4>ù étaient pour lui les possibilités d'actktn.
Laissez-moi vous citer encore un de ces discours dans lequel, avec la sincérité qui le caractérise, M. Venizelos faisait confidence ^ fidèles amis des Incertitudes i|m Fassaillaient devant certaines paroles, en présence de certains adtes bien propres semcf le décoursysf^sent même dans les cœurs les plus fermes.
(( 11 faut compter, disait M. Venizelos, avec la faiblesse humaine; k F3s tâc ft 'Homme 'hî-Titi^e a ^enti des sueurs d'agonie avant de subir les amertumes du supplice, qui iki 'était in^igé par Piiqusâce humasne. Nous aiftres; pwttvres hommes, nous ne sommes pas à l'abri des tentations de dêsi^i, des accès iTinceititude morale... » Et c'est alors que» daars cet admirable discours, que je nliësîte pas à «nmg^ à la suite des plus belles harangues des aratem aiftiques, vetkn un pa^ge dans lequid je vois s^wiir à i'ei^pufit du ohef «qui commande d'âme anonyme et obscure
LlEFFOirF GREC
<fe peuple qui ne demande qu'à obéir, mais qui veu* entcnAe fm mot ct'ofAe, apncwio» m g«te diaecteut.
M. VenizeW étant dans cet état d'esprit, reçut la visite d'un de ses amis, M. Embir&os, rai des meilleurs serviteurs t de la Grèce, qui lui rapporta sur un ton presque socratique une conversartion qn'Â raait d*avdr avec un humble artisan, un de ces hommes qui, aujourd'hui comme dans l'antiquité, aiment à venir à l'Agora et se prononcent librement sur toutes les questions de politique n*êricure oc cxtérieurè qui attirent leur esprit ingiénieux, subtil et chercheur.
Cet humUe artisan avait dit à M. le Ministre Embirikos i u Que voulez-vous que nous fassions a Venizelos ne fait Bcn> Si Venizelos ne fait riea. c'est qu'apparemment^ iL a y a rien à faire. Moi, je suis pour lui, je suis avec lui. jp suis son homme : mais moi. pauvre, q^e voulez- vous que je fasse > Il faut que lui il fasse quelque chose, si <&i moiîis ilt y a encore (yi^lq^e chose à faire.. )>
Cette cottversation rapportée à M, le Président du. CoBr seiLiuL poui liû.uA imt de Uimière. Se. livrant à un examen de conscieœe dont il & fait con&dence à ses cotllè$^ en t^mes touchants, avec un c^cceiU. de boaboini£> avec une éloqpieace que je voulais pouvoir tiadiiiie. dans ce thmak impaeiait,. il déclare alors qu'il s'est tenu à lui-même ce langage : « £h bienl vmlà. 11 faut, donc que je devienne révolutionnaire ! »
Oteveair «évoiaticmnaire v'es* pas m geste facile qmad
on a occupé les soranvets âc la hiérarchie officielle et les dmes è» pommiv: Et pms, agooCait sans doote M. Venizelos, dans ce dialogue intérieur : « 11» y a un âge pour les Féwklions: comme il y a un âge pour le manage , po HT le» sMours. Mais, enfe», soit ! Puisqw'ill y a, Am* Vàme pop»laise, ces déairs.inexpfi!Bés> doat je viens de recevoir l'mipres-
t'EFFORT GREC
sion si touchante, il faut que je fasse quelque chose; il ne faut pas que je laisse le peuple grec croire qu'il n'y a plus rien à faire et que nous sommes perdus. »
C'est alors que l'ancien président du Conseil, l'hommç qui était parvenu au sommet des honneurs et du pouvoir» qui avait ^uisé beaucoup de ces jouissances humaines qui sont parfois, heureusement, la récompense de la bonne volonté et du vaillant labeur, entreprit ce voyage de Salonique auquel M. Léon Bourgeois faisait allusion, tout à l'heure, — voyage commencé de façon bien modeste, bien obscure, pourrait-on dire s'il ne s'agissait de notre grand ami, et qui se termine par Papothéose dont nous voyons aujourd'hui le juste éclat et le triomphe mérité.
Il y a quelg^ues années, j'étais au Pirée, et j'avais vu M. Venizelos, alors tout-puissant, victorieux des Bulgares, partir pour ^signer le traité de Bucarest; je n'ai pas oublié l*ovation qui fut fute au grand hontime d'Etat lorsqu'il s embarqua sur le navire de guerre qui l'emportait vers les rives de la Macédoine. ILétait grand alors. Mais combien je le trouve plus grand encore lorsque seul, abandonné d'un certain nombre de ceux qui auraient dû le suivre, méconnu, en proie à cette hostilité des puissantes malfaisantes qui croyaient encore à leur victoire sur l'Europe libre» il prend passage sur le navirè qui le porte à Salonique, auprès de 1 armée des Alliés. Avec lui, il eçiportait la fortune de son pays. »
A Salonique, M. Venizelos, aidé de son digne ami, l'amiral Coundouriotis, du général Danglis, devient un des meilleurs collaborateurs du haut commandement de l'armée d'Orient. Aux côtés de Sarrail, de Guillaumat ensuite, et plus tard de Franchet d'Espérey, il travaille nuit et jour,
se donnant tout entier à sa tâche parfois ingrate car. ^
il faut bien le roconnaitre — ce fut une grave erreur pour TEntente, que de ne point reconnaître tout de suite le Gou-
vemement de Défense Nationale organisé à Saloiiique par M. Venizelos!
Il recrute des volontaires puisqu'on ne lui permet pas de mettre sur pied une armée régulière; il forme la division de la Crète, venue de l'île qui fut son berceau politique, où il fit l'apprentissage de la liberté — la division de l'Archipel dont j'avais vu les îles acclamer la France d'une seule voix et qui a donné une si magnifique majorité aux partisans du dief, — - la diviâon de Sérès leurdente à l'ouvrage, âpre au combat, parce qu'elle a connu, hélas ! ce que la Grèce a souffert par les atrocités bulgares de Sérès, de Guevgheli, de Doiran, de Nigrita, de Drama, de Doxato, atrocités commises systématiquement, selon la méthode allemande, la même médiode qui a présidé aux crimes de Nomény, de Gerbewiller, de Longuyon et de tant d'autres cités martyres du front occidental.
Une fois constituées» ces divisions de volontaires prennent place dans l'armée d'Orient dont je vois près de moi un des chefs les plus respectés, le général Bailloud, et à laquelle il est juste de rendre un public hommage. Cette armée d'Orient^ avant d'être à l'honneur et à la victoire, elle a été à la peine, elle a soulffert : certes, elle n'est pas jalouse des lauriers décernés à ses camarades du front occidental, mais elle désire tout de même, cela est naturel — et je trouvais, ces jours-ci l'expression de ce généreux désir dans une lettre d'un soldat qui me touche de près — elle veut que l'on parle un peu d'elle, qu'on permette aux soldats de Macédoine de s'aligner à côté de leurs frères d'armes du front d'Occident. Après une longue attente, l'arme au pied,, n'est-ce pas elle qui a rompu le frcmt allemand en Macédoine, n'est-ce pas notre armée d'Orient qui a fait tomber le premier bastion de l'édifice monstruoiz dressé pour écraser les nations libres?
La justice suivait son cours; bientôt, grâce à l'int^en-
tioD d'un haut commissaire appelé en. Grèce: par mas aBK^ Constantin était réduit à abdiquer et à s'en aller rstiôum dans je ne sais quel château de Suisse, Fafdinand de Cobourg et peut^e biienkcl son impénal bean-érèrer. Eà M. VcaiDzdos Ferenait à Atlhènes plus populaire, {)lus aimé^ plus respecté que iaunaiÀ,. ayant rempli^ lui amé>r aon^ dévoie pisqu £01 bout..
Après les trois divisions de volontaires qu'il avait con»' lituée» el quà dqà «raient i^àk leurs preuim à c^é de mos troupes, une mobilisation nouvelle hii permit d'en mettre sur pied sept aaitres, portant aonsi à dis diviskns combai^antes le chtSw^ des effectifs reconstitués par l'effort grec, rêtaerblissaot ainsi l'équilibce: numérique en faveur des AUtés^ Tontes: ces troupes ont canAriboé briilammeiit à la victoire > Elllea ont attaqué viictorieuâemeBft l'ennemi,, elles l'ont poursuivi sur de ■edbceux chaaips de bita^, mêdeant lies témoignages probants et justiiés de leurs camarades et aussi la haute satiaiactiDn du comBMUKlaBt en ciodi^ de» forces alliées c»On«it. Le général Franchet d'Espérey, celui qui, » ce moment^ dicte lai volonté de la France et de l'EiaK^ Vktt k Gmstantinopie et à Budapest, vienft d'adresser au Préskient du. Ccmsesl des. nàmstres du soyaume de Grèce cette lete qiK jeiKocpscdsotai» de: nrpSBStl^ entière,, car elle constitue, à l'actif de la jeune armée hellénique,, ie jjtiiiiB aidioiiisé: et k pAus pnlaa^
(( Monaeiir le Piénilent,
« Au moment où les hostilités sont aiçefcéeSr. j'^ouve (i h.}ài désir de youês dire eoukiea k icoopésatim d^ ï» «. Grèce a été précieuse pour Le» armées; alliées. ^'Orient.
M moyculiion, que mus ana suîfîe dès; s«» déibui « jusqu à sa complète résdîsation, avec la conviction inébranii UUe qpi v«u& ^tailL inspirée par votue patriotisine eloif. '
l'effort cbec
a itoy^ast, a ois joc pied .«ept auawelies xiivisions lesquelles, t( lorapie le moment fut venu, apportèrent .un «enfi8rt<eîncmce <( aux JBmées alliées et me permirent de disposer des f orces (( nécessaires pour racaei à hamt fin la opératipns maaÊ/& (( vous connaissez. ^
« La «MbilisattioD échelonnée «(p «a ébé iaèe.et la con- (( centration des troupes helléniques qui n autonsèsent K i-Wv»t au ^KHit des dernières diiasi que quelques mois (( avant l'offensÎTC et, d'autre part, le beaoÎB^-d'iastBiolion « .de ces ibCDUpmae jaa'ont pas permis â& léam les troupes <( helléniques en une unité indépendante, tsoBi la direction (( immédiaie de ^ott chef, mais m'ont obligé d'incorporer (( une partie de ses unités parmi les différentes troupes (( alliées. Cependant, cette solution eut aussi son avantage, « car elle fournit Toccasion aux troupes alliées de mieux (( connaître les qualités et la Taleur ™lkawe de k jeune « armée ^Uéoique, qui fut prodigue en sacrifices.
<(( Au «oeuR des ibi^lies, ks •cK'visions iheHémqoes ^e tt tsont chargées de la réalisation de différentes opérations « stratégiques. mcRneet eà le pferaier eorps A aimée « .couvrait la droite du front allié et était prêt à briser, au « laoBieitf pfD^ttoe, le £ront ennemi, les (Avisions de la Crète « et de Sérès, à l'attaque de Dcnran, et la t^^ttorz^me « «di<4fiû>n, au cours de la poursuite de l'ennemi, ont juste- <( ment mérité les éloges du général MSne, excellent en- * « lique sur ce sujet.
yi Sat ia live droke du ¥ardar> le ^général d'Anséfane « m'a idlatê la bravoure de la division de rArchîpel et la « vateor fe9DDq>âoimeHe, éam 3a guerre de montagne, de la , « quatrième division qui a pris d*asMnt les hauteurs de (( Djéna, qui étaient défendues avec acharnemait par un « «nneHH pui^aiiL
. .(( Enfin* sta la gauche, la trois^Bie division a suivi la « nodhe ihiami^Htk >de l'aimée française et, après avoir
(( participé aux luttes difficiles qui ont débanassé Monastir « et Prilep de la pression ennemie, felle s'est distinguée « dans les opérations ultérieures grâce auxquelles nos (( troupes^ purent atteindre le Danube.
(( La bravoure des troupes helléniques a partout dignece ment conquis les éloges des Alliés. Les enfants soirt « dignes de leurs ahcêtres. ' ' '
« Monsieur le Président, vous pouvez être fier et de « votre œuvre et de cette armée que vous avez tirée du (( tombeau dans lequel la trahison . du régime déchu aVait « voulu Tenterrèr.
« Franchet d'Esperey. »
« Saionique, 3 décembre 1918. »
Mesdames et messieui^s, au cours de cette séance, j'ai été amené à évoquer la triste image du Congrès de Vienne qui, si longtemps a fait peser sur l'Europe h» conséquences'' des traités de 1815 et prétendit sceller sur les peuples opprimés la pierre du tombeau. En terminant, je vous demande la pennission d'évoquer à vos yeux les consolantes perspectives du nouveau Congrès de la paix qui, chassant ces cauchemars d'autrefois, va. nous permettre d'apercevoir, dans un avenir prochain, des conditions meilleures pour les peuples délivrés.
Au-dessus de la Conférence de Paris planera le grand prmcipe qui nous est particulièrement cher à nous qui venons de vivre les heures enivrantes, les jours bénis de la libération de nos provinces longtemps opprimées, à savoir qu'il ne doit plus y avoir sur terre ni une Alsace captive,, ni une LtMTaine esclave.
Le Congrès de Vienne avait fravaillé de toutes ses mams brutales à la confection de la paix germanique; c'était un régime monstrueux, fait pour épouvanter, pour r%)andre
la terreur autour de lui, pour gronder, pour vitupérer, pour incendier et assassiner, au besoin; c'était comme un fétiche assoiffé de sang et de, larmes, qui dirigeait les dévastations des Turcs, des Bulgares, des Allemands, tous complices dans le même crime collectif. Ce que façonnera le Congrès de la paix qui va s'ouvrir en France, c'est une image harmonieuse, pareille* à celle de la déesse aux yeux bleus dont M. Léon Bourgeois éveillait le souvenir en nous lisant une des plus belles pages du grand écrivain français qui a fait sa prière sur l'Acropole. La figure de la paix de demain sera le symbole de tout ce qu'il y a de beau et de juste dans le monde, de la suprême sagesse, de la justice impec- <îdbJeé mais de la force aussi, car Minerve est armée : elle possède la Force pour imposer le Droit.
Telles sont les conclusions auxquelles nous amène l'étude que nous ven^ de f aife de l'effort accompli par nos amis de Grèce. Ils ont mérité de cueillir avec nous les beaux et doux fruits de la victoire, après tant d'amertumes, tant de tribulations et tant d'agonies. Ensemble nôus avons travaillé, ensemble nous avons souffert, ensmble nous avcms combattu : bientôt viendra l'heure de la récompense attendue et du bonheur mérité.
' Nous pleurons d'innombrables morts; nous admirons, en la personne de nos soldats, de nos enfants, des héros et des martjrrs. C'est en prisant à eux, que nous pourrons nous élever jusqu'à une vision dont je voudrais pouvoir résumer toute la beauté dans le dernier mot de ce discours : la vîm>nde la liberté française, libératrice dç l'humanité.
L'iaFFORT €8£C
DISCOURS DE SON EXŒLl^CE R POLITIS
Ministre des Ajjaires étrangères de Grèce â f* « Effmt de û ^mce -el de its AiUh ».
Je me fais avec une joie émue l'interprète du Gowenenefit «t de la nation helléniques pour exprimer aux orgtmsalleOTs tie cëSet belle rémion, à Ti^iiKnit licHmie. i3*ËM qui a Inen voulu «n la présidaqlt nous fournir un iiouveau témoignage ée <sa piéoiaMe gmçMtdiie, aux iMoqua^ oraÉews dont l'ancienne et très éprouvée amitié trouve tonjoors pour se «aaif esler •des «xxéirts id'wiectioB propres à léchaiiff er les cœurs et à stimuler les énergies, notre profonde graWwle pour l'hommage kxAvl à l'effort grec, comme pour leur profession ée loi «ex tiestfiiées de l'heHénisme.
Je les femcfcie de l'occasion qu'ils m'offrent de dire ici) éi. noÀWGm, Tecmmaissaiice pouf le graid
et noble ps^s dont ils sont les dignes représentants, pour odfte adiabable et hiérciqiie nation, étemel et rayonnaitf foyer de justice et de vérité, dont le doux nom, ênxx â tons les pays civilisés, retentit avec une filiale piété dans le cœur ^Qples (ypiiméb cemne la consolante jpvcHnesse de leur l^si^tion. \
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Vous a¥£z, MeseièBis, dédit i'eifort fjitc et «kessé le bilan de l'hellénisixie. après la victoive coBURne, en des termes <qui nous ont vivement ^Usuciiés. Je voudrais, en quelques mots, souHgaer les «nse^^neBMitts qui s*>âi dégagent de manière banteioent insJtructive.
Je n'ai pas besoin de rappeler les tragiques circonstances qui, ayant longtemps paralysé Teffort grec, ne lui ont pas permis d'être plus prompt ni plus largement efficace./
Si appréciable qu'il ait été néanmoins» sa valeur morale
dépasse ses résultats pratiques.
Il oÛie une particularité remarquable qui mérite d'ê^e fièrement relevée.
Il est moins le produit de la nécessité que celui d'une volonté nationale, consciente, réfléchie, opiniâtre, dont peu de peuples ont, dans l'histoire, off«l le spectacle. Sous la conduite du chef génial à qui il a, sans réserve, confié ses destinées, le peuple hellènç a, dès le début de l'effroyable' lutte, manifesté ses préférences et pris résolument son pwrki : ses traditions, son intérêt, l'idéal de civilisation qu'il représente, un sentiment de recoimaissance dont il est profondément pénétré, tout lui en faisait un impérieux devoir. Fidèle interprète de la conscience nationale, M. Venizelos choisit pour affirmer cette décision le numient où, après les premières hostilités, le^ hordes barbares marchaient rapidement sur Paris. Ayant tout de suite compris la haute signification de cette guerre, il voulut, au nom de la nation, faire ainsi non une politique d'opportunité, mais un acte de foi pour la cause de l'Entente, dont la justice et la beauté ne pouvaient que triompher de la force brutale de la barbarie. C'était, à plus de vingt siècles de distancé, la France livrant la même lutte que l'antique Grèce eut à supporter contre les Perses. Nul ne pouvait mieu* sentir la sainteté de ce rôle que l'âme hellénique. Il fallait vaincre ou mourir, car il n'est pas, pour les peuples libres, de compromis avec les puissances des ténèbres. C'était si bien un acte conscient de foi que M. Venizelos n'eut pas un seul instant la pensée d'y mettre des conditionsw II déclarait à l'Entente que la Grèce était désormais à ses côtés sans rien demander en retour, convaincu qu'avec le ti^B^ chi
droit qui résulterais de la victoire les justes aspirations de l'hellénisme recevraient tout naturellement satisfaction.
Hélas ! avant de trouver l'occasion de traduire en actes la résolution si spontanânent prise, le peuple grec devait être cruellement éprouvé. Il eut le malheur d'avoir à sa tête un souveram franger qui, incapable de c(Hii{»endre le sentiment national, se fit l'instrument de l'ennemi, pour entraver par les moyens les plus déloyaux et les plus abjects, la politique libronent choisie.
Je parle à dessein d'entraves et non de changements, car, en dépit de toutes les pressions» malgré le systématique appel aux plus vils instincts, la nation ne modifia pas son attitude. Eile le prouva aux élections de juin 1913, en acceptant le programme de guerre de M. Venizelos à qui elle renouvelait sa pleine confiance. .
Elle le montra encore six mois plus tard lorsque, obéissant au^mot d'ordre du grand chef, elle offrit cet extraordinaire spectacle de discipline et de maturité politique de refuser ea masse de se prêter à un parodie électorale.
Elle le^ prouva enfin l'année suivante quand, ne pouvant plus espérer la conversion d'un roi convaincu de félonie,, elle résolut d'en secouer le joug odieux; à l'effet de retrouver sa liberté d<mt le premier -usage dev»t ^e de r«nplû son devoir d'alliée vis-à-vis de l'héroïque Serbie et de collahotett de toutes ses forces, aux <^>âratiims de guerre.
Je ne connais pas, dans l'histoire, d'exemple de révolution entr^rise pour permettre la guerre étrangère. D'ordinaire les révoluti<Mis sont faites pour évker ou pour t^mnitt la guerre. Cette fois elle avait lieu pour la rendre possible.
Vcnlà la grande originalité de l'effort grec. La nslàoa grecque en est justement fière, car, ainsi, elle n'a pas seu- ^ lement montré la ténacité de se» résoluticMis tA la fidélité à toute épreuve de ses sentiments: elle a prouvé la force agissante de son idéal et. de ses aspirations. ,