‹ L'effort grec [microform]Chapitre 3 sur 4 · L^FORT <»£.C · texte numérisé non relu

L^FORT <ȣ.C

Sans doute, si elle a pu réaliser ce beau prograonne de kaote JBBEftlité fotoiqiic- «ilie ie «iak À k ^chiBce ^'av^ir eK pour ^ide, au moonent le |>lus tca^iquement cmûqfott de son luisteiBe, 1 '{homme capabJ^ de synthétiser, avec mue dcanptable énergie, une (eKce^ttioBneile «àmmfyèace «t «ine radiaeuse ternie daBiaEa]e« trente siècles de civilisation l^tUé^

Mais ,;^e suis oodtaiQ de l'^Mondre non seulement à la mod^e, mads à la conviction de mon chef cW, m .aÉifmant qu'il n'aurait pas pu accomj^lir les choses extraordilUttBes qu'il a faites s'il n'avait pas été m ^ut, depuis le premÛK jonr fiisqu'à la fin, le siÉeipiète .de la vo&OBté publique, s'il n'a;vait pas été constamment investi (de OBBÊanoe populaire;, s'il n'-amit >éèè dans dhacun de «es actes suivi, secondé, soutenu par la conscience nalàansAe,

Le fM9uple >gi>ec «si ^uÉement £er de M' VîeaÎEelos nais M. Venizelos est encore plus fier du peuple grec.

•Cçux .qui connaissent Tiiistoire de rhelli^siHe nmt ^utt été surpris par les. vqeIhs |ioliti(^e$ et iBtorajee montrées par k peuple grec»

Après avoir é^ai tl*dmtiqmté ^ecque». -éclairé .le tattofide d'un si vif éclat, le flambeau -de ila civilisation passa,, apeès le déclin de îRome, aaix CaecA «de GoBfltoteople et d*^Asie Mineure, qui, durant dix siècles, alors que l'Occadent restait dans les ténèiayces, lurent les dépQad:aiies «de loos les progrès et ^Aeviment, après avoir succombé •sons Jes coups E^péiés 'de Ia isai^hiafie a&iatique^ les astisans de ia iRenais-

Durant cinq siècles de dominatioB ottomane* Thellésiisme survécut à tflttkes les «preavea. U (OOttsenta sa langue, sa religion, ses coutumes, ses traditions, le souvenir de ses nobles ^origines et .surtout la foi en «es destinées. C'est oetie fcfl, aussi rfûite que celle en Dieu, ^ lui permit de tout supporter, de ne jamais «désef^peser. line dt^

Boéaies populaires., d'une inspiration consolaiSrace,, né^M au QTmmn de; k conquête de Constantmople. contient deux camdfiristiques. Il n'est pas dé lè*»» grecques, qui ne

aient prononcé». Faisant allusion aux territoires ccmquis par k Turc, à Constenftinople. à k Thiaee,. a l Asie Mmemt. à toutes, ces eontïées où la civilisation hellénique atteignit son pleine ^anouiseement, k.peète populace atone an toi en l'avilir en disant :

(« Apièa des aimées,, quand le» Um^ «mal. révolus, t^us « ces lieux seront de nouveau à nous. »

Grâce » eette-^obuate et inébranlable foi. 1 hellénisme à la différence d'aulïes peuples balkaniques, n a jaiMia con- ^éié la conquête ottomane comme définitive. A aucun moment, duiai* se© loi^ esdavage, il. a. accepté, ^t^e HBplicitemenU le régime turc ni renoncé à ses droits vwtesw

Il a aUtradu, diâanfc plus de quatre siècles , la restauration de. sçtt droit, avec la même patience, W mèn» cneifique conxwrkieifc «pie la France durant quaranfce^scpt ans la libe- Bation des provinces arradiéc^ pair k forée ea W K que k , ^ine vient de ki uendise dans l'émouvante apothéose de

k glteire. m • j.^

Peu; importe la durée de la conquête — il- n- y a pas de prescription, pouf. ïes pe«|^* de& diwite auxquels ila n ont pas volontairement renoncé. ^ C'est k mê»e foi qui a poussé l'Hellénisme en 1 821 a se soulever contre fe Twc. Après une ktte de sept ans, où il aonna et émut le monde par se» héroïsme et son amour de k liberté et où il eut finalement succombé sans le puissant concours par lequel k France; rAngktene et k. Russies ont à jamaàs acquis sa reconnaissance, Thellénisme réussit, sinon à letiouirer tout esiêtx sm '^iff\^i^Twt^^ du moins à acquérir un abri pour k dixième

à peine de ses monfem. ^

Mak a^i abri 1 Le ravage et les rumes laissées par fei

Allemands dans les provinces françaises les plus dévastées offrent aujourd'hui le spectacle de ce qu'étaient, en 1Ô27, la Morée et TAttique ! Avec un territoire exigu et ruiné, avec une misérable population clairsemée de 700.000 habitants, sans ressources, sans moyens de communications, sans mstruments de travail, le nouvel Etat, dû à Théroïsme d'un peuple et à la générosité de trcHs grandes nations, mais réduit, étriqué à plaisir par une diplomatie méfiante et tatillonne, paraissait si peu viable que le prince Albert, qui fut depuis le prenn«-roi des Belges, refUsa d'en devenir le chef, ne voulant pas se jeter dans une aventure.

Mais il avait fait un faux calcul, car il connaissait mal la vitalité hellénique. La gageure qui l'avait effrayé fut tenue par le peuple grec, avec un succès d'autant plus méritoire que les difficultés signalées tout à l'heure n'étaient pas^ les seules à vaincre. Il y en' avait d'autres, d'ordre extérieur et d'ordre^térieur. Du jour où il y eut une Qrèce libre, si pauvre, si chélive qu'elle fût, les 9/10 de i'hellé^ msme, laissés par la diplomatie sous le joug turc, ne cessèrent de voir en elle, un encouragement et un asile. Tout le dix-= neuvième siècle est rempli des soulèvements successifs de diverses provinces grecques de l'empire ottoman et des persécutions endurées par intervalles par l'hellénisme de Turquie.'Ces événements influençaient naturellement la politique extérieure de la Grèce, le périodique afflux des réfugiés constituait une continuelle charge pour ses maigres ressources; la préoccupation et les soucis qui en résultaient formaient une constante entrave à l'œuvre d'ordre et de progrès. C étaient de lourdes hypothèques qui grevaient le développement normal du pays. Mais il y avait encore d'autres ditfacultés. U Grèce n'a pas eu de chance avec ses rois. Albert eût été — comme il l'a prouvé en Belgkjue — un excellent souverain. Il ne voulut pas de la Grèce. A sa place, fut choisi un prince bavarois qui a vainement essayé

d'inculquer à ses sujets l'esprit germanique et le goût de l'absolutisme. Le terrain en Grèce n'est pas favorable à l'implantation de ces produits nocifs. Othon échoua. Les Grecs lui donnèrent un premier avertissement en 1 844 en lui imposant une constitution libérale. Othon ne Ta pas compris. II a persisté dans les mêmes errements, si bien qu'en 1862 on dut le remercier. Il a fallu faire l'essai d'une nouvelle dynashe. Grâce à la sagesse de son premier représentant, qui, à la différence de son prédécesseur, savait comprendre les avertissements devenus parfois nécessaues, elle parut prendre racine. Malheureusement Georges I" disparut trop tôt : s'il régnait encore, en 1915 la tâche de la Grèce eût été plus facile et son effort beaucoup plus efficace. Le fils privé des vertus du père joua le triste rôle que tout le monde sait. 11 a fallu agir à son égard comme vis-à-vis d' Othon. Ainsi, en l'espace de quatre-vingt-cinq années de monarchie, le peuple grec dut faire quatre révolutions pour se défendre contre les entreprises sur ses libertés.

Néanmoins, malgré toutes ces entraves, la Grèce réalisa des progrès considérables : Petit pays de 700.000 habitants pauvres en 1827, il est devenu un Etat respectable de près de 5.000.000 d'habitants prospères; les progrès nè peuvent être appréciés à leur juste valeur que si l'on tient compte des difficultés sans nombre qu'il lui a fallu surmonter. En somme, elle eut à mener de front trois choses : P le travail ; 2 la libération de ses enfants opprimés; 3° la conservation de ses libertés constamment menacées par le pouvoir royal.

Ces» explications permettent de comproidre l'objectif poursuivi par la Grèce au cours de cette guerre. Pour tous les Alliés la victoire était la garantie de leur indépendance contre la domination étrangère Pour ceux d'entre eux qui avaient des territoires irrédimés, elle signifiait encore leur affranchissement. Poûr la Grèce, c'était plus encore : la

INTENTIONAL SECOND EXPOSURE

Allemands d £uis les provinces françaises les plus dévastées offrent aujourd'hui le spectacle de ce qu'étaient, en 1827, la Morée et TAttique ! Avec un territoire exigu et ruiné, avec une misérable population clairsemée de 700*000 habitants, sans ressources, sans moyens de communications, sans instruments de travail, le nouvel Etat* dû à rhçrcHsme d'un peuple et à la «>^osité de trois grandes nations, mais réduit, étriqué à plaisir par une diplomatie méfiante et tatillonne, paraissait si peu viable que le prince Albert, qui fut depuis le premier roi des Belges, refusa d'en devenir le chef, ne voulant pas se jeter dans une «venture. ^ Mais il avait fait un faux calcul, car il connaissait mal la vitalité hellénique. La gageure qui l'avait effrayé fut tenue par le peuple grec, avec un succès d'autant plus méritoire que les difficultés signalées tout à l'heure n'étaient pas les seules à vamcre. Il y en> avait d'autres, d'ordre exténeur et d'ordre intérieur. Du jour où il y eut une Qrèce libre, si pauvre, si chélive qu'elle fût, les 9/10 de Fhellémsme, laissés par la diplomatie sous le joug turc, ne cessèrent de vou en elle, un encouragement et un asile. Tout le dix-' neuvième siècle est rempli des soulèvements successifs de diverses provinces grecques de l'empire ottoman et des persécuti^ «idurées par intervalles par l'hellénisme de Turquie. Ces événements influençaient naturellement la politique exténeure de la Grèce, le périodique afflux dés réfugiés constituait une continuelle charge pour ses maigres ressources; la préoccupation et les soucis qui en résultaient formaient «me constante entrave à l'œuvre d'ordre et de progrès. C étaient de lourdes hypothèques qui grevaient le développement normal du pays. Mais il y avait encore d'autres di ficultés. La Grèce^n'a pas eu de chance avec ses rois. Albert eût été — comme il l'a prouvé en Belgique — un excellent souverain. Il ne voulut pas, de la Grèce. A sa place, fut choisi un prince bavarois cpi a vainement essayé

d'inculquer à ses sujets l'esprit germanique et le goût de l'absolutisme. Le terrain en Grèce n'est pas favorable à l'implantation de ces produits nocifs. Othon échoua. Les Grecs lui donnèrent un premier avertissement en 1844 en lui imposant une constitution libérale. Othon ne l'a pas compris. 11 a persisté dans les mêmes errements, si bien qu'en 1862 on dut le remercier. 11 a fallu faire l'essai d'jme nouvelle dynastie. Grâce à la sagesse de son premier représentant, qui, à la différence de son prédécesseur, sajtait comprendre les avertissements devoius parf<Hs nécessaires, elle parut prendre racine. Malheureusement Georges T' disparut trop tôt : s'il régnait encore, en 1915 la tache de la Grèce eût été plus facile et son effort beaucoup plus èfficace. Le fils privé des vertus du père joua le triste rôle que tout le monde sait. Il a fallu agir à son égard comme vis-à-vis d' Othon. Aii.si, en l'espace de quatre-vingt-cinq aimées de monarchie, le peuple grec dut faire quatre révolutions pour se défendre contre les entreprises sur ses libertés.

Néanmoins, malgré toutes ces entraves, la Grèce réalisa des progrès considérables : Petit pays de 700.000 habitants pauvres en 1827, il est devenu un Etat respectable de près de 5.000.000 d'habitants prospères; les progrès ne peuvent être appréciés à leur juste valeur que si l'on tient compte des difficultés sans nombre qu'il lui a fallu surmonter. En somme, elle eut à mener de front trois choses : 1° le travsàl; V la libération de ses «ifants opprimés; 3° la conservation de ses libertés constamment menacées par le pouvoir royal.

Ces» explications permettent "de comprendre l'objectif poursuivi par la Grèce au cours de cette guerre. Pour tous les Alliés la victoire était la garantie de leur indépendance contre la domination étrangère Pour ceux d'entre eux qui avaient des territoires irrédimés, elle signifiut encore leur affranchissement. Ppùr la Grèce, c'était plus encore : la

défaite ne l'eût pas seulement asservie au terrible et odieux joug des Prussiens des Balkans. Elle ne i*eût pas seulement privée de la réalisation du programme national poursuivie depuis un âècle pour la libération de tous les Hellènes inédimés; elle eût signalé la perte de ses libertés politiques et le triomphe de T absolutisme.

La victoire est donc, pour la Grèce, double. Elle est désormais débarrassée des entraves internes. Les libertés publique^ sont définitivement assurées et des garanties constîtutionnelles seront bientôt prises pour les mettre à ravenir à Tabri de toute nouvelle menace. D* autre part, la Grèce est en droit d'attendre de la paix future la solution du problème de l'hellénisme irrédimé. Elle ne demande rien qui ne soit en parfait accord avec le programme du Président Wilson que tousJes Alliés ont accepté pour base de la paix. Par la réunion à la Grèce de tous les territoires grecs, Tunité nationale sera enfin achevée. Aucun groupe compact d'Hellènes ne restera sous la domini^cm de gouvemments oppresseurs et tyréumiques.

L'hellénisme aura, après cinq siècles de vicissitudes et de luttes, acccwnpli ses destinées nationales. Débarrassé de tout souci d'établissement, il pourra s'adonner tout entier aux travaux de paix et de progrès avec la certitude d'assurer son bonheur et de servir en même temps de la manière la plus utile, la cause de la civilisation.

Ma conviction à cet égard est absolue. Je ne la base pas seulement sur la connaissance des vertus éprouvées du peuple grec. Je prends de même en considération l'énorme apport d'énergies nationales qui résultera de T affranchissement de l'hellénisme de Thrace et de l'Asie Mineure, car, plus peut-être que dans la Grèce libre, il y a conservé la pureté de la race, son génie d*brgamsati<m et de cosmnerce, ses traditiiHis d'ail et de science.

Atteindre un idéal si longtemps poursuivi avec l'obstination du pionnier et la ferveur du croyant, réaliser, malgré mille difficultés, le plus auguste héritage national, avec la conviction d'en être digne, et de pouvoir en faire un usage propre à assurer, avec son bonheur, le progrès humain, c'est une joie ineffable qui gonfle d'une noble émotion le cœur de ceux qui <»it eu Thorm^ d'être les collab(»at<nirs du grand artisan de cette oeuvre magnifique.

Dans leur joie, ils n'oublient pas les puissants concours obtenus des grandes nations amies dont l'héroïsme, 1 endulance, l'abnégation ont assuré la plus grande victoire militaire et morale que le mcmde ait jamais cdnnue.

Le peuple grec leur doit une profonde reconnaissance.

Vis-à-vis des puissances occidentales, ce sentimaat, déjà très ancien, se voit affirmé et si possible accru. -

Il a toujours eu à l'égard de la France un caractère plus particulier d'affection, non seulement parce que les concours reçus ont été de tout temps empreints du même sentiment, maïs aussi parce que des liens ^>éciaux ^ un c^rtam rapport de parenté spirituelle ont toujours rapproché les deux mtions. L'âme hellénique sent une spéciale attirance vers ce grand pays qui, ayant reçu en dépôt la civilisation grécolatine, sut, en la conservant, l'enrichir de son propre génie pour en dispenser à son tour les bienfaits avec un généreux désintéressement.

A ces liens anciens viennent s'ajouter ceux que la guerre a créés. Le peuple grec unit sa voix reconnaissante au concert d'umvereelle admiration pour l'héroïsme exemplaire des mer^'eilleux soldats de France qui ont supporté les plus formidables chocs des barbares et ont su en triompher avec le

concours'des Alliés qu'un commun idéal a groupés autour de la France, pour le salut de la civilisation.

Le peuple grec sait encore que c'est principalemeni à la France qu'il doit le triomphe de ses libertés internes, la réorganisation de ses forces militaires, la conduite das opérations de Macédoine où les armes grecques ont été une fcMS de plus couvertes de gloire.

Il sût enfin qu'une des meilleures manières de témoigner à la France sa reconnaissance c'est de s'inspirer de son exemple, de se pénétrer dé son esprit, de dévelôppçr en étroite collaboration les liens qui le rattachent à elle, pour le plus grand bien réciproque comme dans l'intérêt de la civilisation.

Après l'effort de guerre il nous restera à poursuivre, avec la même opiniâtreté; 1* effort de paix et de consolidation du droit. 11 nous faudra- garantir, surtout sur le terrain moral, contre les retQurs offensifs de la barbarie.

A juste titre, le peuple grec voit, avec la plupart des nations, en la France, le représentant par excell^ice de l'esprit de justice et de liberté qui a animé la guerre et nous a conduits à la victoire. Un des plus beaux fleurons de sa couircmne de gloire est, pour la France, d'être reconnue comme l'éducatrice universelle.

Le peuple grec compte avec confiance sur son bi^veillant concours pour réaliser plus d'une réforme dans ses méthodes d'enseignem^t et d'administration. Ainsi préparé il marchera d'un pas plus sûi et plus rapide dans la voie du progrès où il est engagé. li pourra aussi contribuer au rayonnement de l'esprit français dans toutes les contrées de l'Orient oCk s'étend son influence. t

La France peut être assurée de trouver én lui, dans tous> les domaines de l'activité, en même temps qu'un cgllaborateur^dévoué^ uh aim fidèle et reconnaissant

l'efçort grec

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