‹ L'effort grec [microform]Chapitre 4 sur 4 · REPLIQUE DE M. LEON BOURGEOIS · texte numérisé non relu

REPLIQUE DE M. LEON BOURGEOIS

Mesdames, Messieurs,

Vous avez, à plusieurs reprises, acclamé le nom du Président Venizelos comme il doit l'être par tous les-peui^es libres, je viens de lui demander de donner à notre réunion ton couronnement nécessake en faisant entendre dans cette manifestation la grande voix qui a soulevé la nation greccpie et l'a conduite de façon si sûre, si décisive, du péril le plus grave jusqu'à la victoire définitive.

M. le Président Venizelos m'a répondu : (( Mais le programme n'indique pas que je dmye prondEe la paiole«.. il faudrait que l'Assemblée le désire... »

Monneur le Président, la révolution grecque non plus n'était pas dans le programme et la nation la désirait. La réponse de l'assemblée* voi|^ venez de l'entendre.

DISCOURS DE M. VENIZELOS

Mesdames, Messieurs,

Je ne saurais vous dire à quel degré je suis touché de votre accueil : c'ert avec la plus profonde émotion que je vous en remercie.

Vos acclamations, j*en suis sûr, vont, par-dessus ma modeste persomie, au peuple grec qui, durant toute cette crise mondiale, m'a suivi avec une foi inébranlable; qui, dès les premiers jouts de la grande guerre, a voulu se ranger à vos côtés» manifestant à plusieurs reprises sa volonté : d'abord par son vote dans les élections de juin, 1915, ensuite, six mois après, par cette grève impressionnante des élections, ^ enfin par la révolution à laquelle il a eu recours pour briser les obstacles qui lempêchaient de suivre sa voie nationale.

Tous en Grèce nous avons suivi, avec la même angoisse que vous, mais aussi avec mie (oi inébranlable dans l'issue finale, la lutte sanglante déchaînée sur votre sol ; nous avons souffert de vos douleurs; nous nous sommes réjouis de vos joies ; nous avons été fiers d'^e les amis et les alliés de la magnifique armée qui, par sa valeur incomparable, par sa ténacité dans la kitte, par son héroïsme devant lequel s'inclinent tous les peuples, a libéré les territoires sacrés de la Frioice et vous a rendu vos piovînces arrachées.

La France sort encore plus grande de cette guerre et de

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la victoire qui l'a scellée ; et je ne parle pas seulement des territoires reconquis ; mais la France en sort grandie moralement aussi, elle réoccupe la place qui lui était due dans la Société dfcs Nations.

C'est cette Société des Nations organisée, basée sur une paix juste et sur la reconnaissance du droit de chaque peuple de se gouverner comme il l'entend, que le monde attend du Congrès de la Paix; elle lui permettra, dans un avenir que nous souhaitons prochain, d'affronter avec plus de succès, de réaliser, de trancher de grands problèmes sociaux sans la solution desquels l'humanité ne peut entrevoir un avenir meilleur. Aussi suis-je heureux de voir cette belle fête [»éskiée par M. Léon Bourgeois, par l'homme quiv depuis des années, est l'un des plus grands apôtres de la propagation de cette idée de la Société des Nations et aussi l'un des meilleurs artisans de toutes les réformes sociales et d^ocratiques nécessaires pour l'avenir de l'humanité.

Imp. Henri Diéval, 57, rue de Seine, Paris.

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