L'effort italien [microform]
Ç'OUS le titreË L'Effort de la France et de ses Alliés, i7 a été ^ jondé à P9ris, sous la présidence de M. Stéphen Pichon, un Comité de Conférences dont le but est d'expUquer au grand public le persévérant effort fourni par les Alliés.
Montrer avec pièces à l'appui que les peuples à qui la guerre fut imposée et qui luttent pour la, liberté du monde sont dignes les uns des autres, faire comprendre ce qu'il y a de grand et de beau dans le devoir qu'ils accomplissent, de noble et de profond dans l'idée qui les mène, tel est le programme du Comité.
En rendant ainsi justice à l'héroïsme et à la fidélité de nos vaillants compagnons d'armes, le Comité est en droit de compter que la France recevra d'eux pareil hommage ; aux manifestations organisées dans noire pays en V honneur des Alliés, succéderont chez eux des conférences qui diront toute la grandeur de l'effort français.
Les prentières conférences organisées sous le patronage du Comité ont obtenu, dans les diverses villes où elles furent faites, un éclatant succès. Les auditeurs ont, à maintes reprises, exprimé le désir d'en posséder le texte qui n'offrira pas moins d'intérêt aux personnes n'ayant pu assister à ces réunions.
Nous avons pensé cependant que nos conférences formeraient dans leur ensemble une œuvre plus durable, si on leur enlevait^ la forme oratoire sous laquelle elles furent d'abord présentées. Nous avons donc prié les conférenciers de leur donner l'aspect de traités courts et substantiels, avec divisions claires et. table des matières.
Nous reproduirons d'ailleurs, en appendice, les documenih relatifs à la conférence : programme de la séance, allocution du ou des présidents, etc. ^
Ainsi adaptées, nous espérons que les douze études qui, sous le titre génréal : L'Hommage Français, formeront la première série des publications du Comité : L'Effort de la France et de ses Alliés, trouveront auprès de nombreux lecteurs un accueil encourageant et de nafme à engager leurs promoteurs à en poursuivre le développement.
Paul LABBÈ,
Secrétaire général du Comitë
Il y a dix ans, M. Anatole France recevait ua savaift portugais, Theophilio Braga, prononçait d'éloquentes et prophétiques paroles, qu'il y a intérêt à rappeler aujourd'hui. Il disait : « Les patries ! Gardons, respectons, soutenons ces « organisations nationales qui sont pour nous, en l'état actuel « de l'humanité, les formes nécessaires de la vie sociale. Son- « geons que la désagrégation des peuples de liberté, la dé- « chéance des nations intellectuelles, amèneraient bientôt un « régime d autocratie barbare sur l'Europe latine, loin de pré- « parer l'union des peuples libérés. »
Rien, depuis la guerre, n'a été dit de plus juste et de plus profond sur les origines mêmes de la guerre et sur son caractère, ' U un coté, des peuples de liberté qui luttent pour leur existence, pour leur indépendance, pour leur honneur, sans vouloir dominer les grandes nations et sans prétendre asservir bassemmt les petites. De l'autre, des peuples de proie qui ont eu Tambition, folle et démesurée, cupide et insolente, d'imposer au monde une autocratie barbare.
Parmi les premières, pour ne parler que des nations de 1 Europe, 1 Angleterre, la Russie et la France. C'est à ces nations que l'Italie a revendiqué l'honneur de se joindre. Mais entre l'Italie et les nations alliées, U y a une différence de situation.
L'Allemagne a déclaré la guerre à la Russie. La Rïissie voulait sauvei; la Serbie ; elle a répondu à une agression de l'Allemagne.
L'Allemagne a déclaré la guerre à la Fiance. ^La France pacifique, mais consciente de sa dignité et de sa force, a répondu à l'agression de l'Allemagne.
L'Angleterre n'a pas été, comme la France et comme la Russie, 1 objet d'une déclaration de guerre, mais eUe avait signé un traité : elle est restée fidèle à la parole donnée. On s<ç souvient de l'entrevue tragique. Tune à coup sûr des plus tragiques qui dans Thistoire de l'humanité aient mis deux
g l'effort italien \
hommes et deux peuples en présence. Tentrevue entre M. de Jagow, ministre des Affaires Etongères de i ««pae allemand et sir Ed. Goscben. ambassadeur de Grande-Brel^ a Berim.
U ministre des Affaires Etrangères, étonné d une attitude que ' sa psychologie un peu trop courte n avait pas prévue, manifestait sa surprise, son initation et presque son indignation ; il disait au représentant de l'Angleterre que le p^ge des troupes allemandes à travers la Belgique »e«lfe était pour l'Aliemarae M question de vie ou de mort. -
jMors, avec tranquillité, avec sang-froid mais avec la torce que donne la dignité. l'amliasswJeur d Angletenre répondit qu'il y avait aussi une question de vie <m de mon pour I ttonneox de l'Angletene eî qu'avec cec honneur, l Aagletene ne
*^Lltel«^*iie H pas attaquée, ni au moins directement menacée. Depuis 1882. elle était aiiiée, par le traite de la Triple- Alliance, aux Empires du Ceabe. ^ ^ i
En 1882, le traité fut signé dans des cwcoBslaiices Ct a la soile d'événements que chacun se rappelle ; il fut renouvelé <m 18% et en «897, ^lis en 1902 et en 1912. Mais il présentait un caractère particulier. ' ^
M. Sonnino, ministre des Aifaiw» Efeaagefes de 1 Itolie. a. dans la dépêche du 9 décembre 1914. par laquelle it «mart les négociations avec l'Autrlche-Hongrie, détermine ft précise ' le caractère de ce traité ; il disait que c était un traite def ensit et conservatoire, un traité de déteœe nation^, «n trarte conseïvant les situations acquises. ^ TU
Pendant six ans ministre des Affaires Etrangères, M. il»ïoni a domié au traité de la Triple- Alliance le même caractère. A plusieurs reprises, à la tribune du Parlement italien, il a décUré, proclamé, affirmé avec force que le ttaite signe par. ritalie avec la Triple -Alliance avait poœr o^et de n»intenir l'équilibre dans l'Adriatique et dans les Balkans, mats qu U «'.interdisait pas reiatMms loyales et les sympathies cordiales
avec d'autees pays. i i j
Ce n'est pas seulement comme arabawadeur de son pays en France, c'est comme ministre responsable de la pohbque extérieure de son pays, qu'à plusieurs reprises M. l ittoni a dit que le traité de la Triple-Alliance n excluait pas les relations cordiales avec l'Angleterre, les relations amicales avec la France. Et il a été Jermcment fedèlc à cette politique.
Trois éei ses articles résume^ le traité qui liait l'Italie aux deux grandes puissances diK Ceaize : l'aibcle X l'arme 4, jet l'article 7. Veici pour l'inteivmtion.
Art. 3. — Si une ou deux puissances contractantes, sans provocation de leur part, sont attaquées par deux ou par plusieurs puissances non sifpuitaires du traité, et se trouvent enga--
dans une guene avec ces dernières, le casas foederh surgit pour tous les contractants.
Cet article énonce le cas dans lequel les trois pays peuvent être engagés dans la guerre.
Voici pour la neutralité.
Art. 4. — ^ l'une dès çeandes puissances qui n'mit pas signé le traité mmaçait la sécurité de l'ime (fej parties contrac-
e-ci fût contrainte de lui déclarer la guerre, les autres deux contractants s'obhgent à observer envers l'allié une neutralité bienveillante ; chacun seste dans çe cas libre de participer à la guêtre pour faise cause eoÉamune avec i'allié.
Avant la guerre, oa> emmaît au moins deux circonstamces (elles sont publiques)^ dans lesquelles l'Italie a fait connaître à 1 Allemagne et à l' Autriche-Hongrie 1 interprétation précise qju-'elle donnai* aux «ucticles 3 et 4 du traité.
D'abord a» mois d avôl 1913, à k suite des événement des Balkans.
Le Gouvernement de l 'Autriche-Hongrie avait l'Intention d'attaquer le Monténégro, M. San Giuliano était à ce moment ministre des Affaires Etrangères d'Italie ; il fut inquiet de cette intention manifestée par l'Autriche-Hcnigrie ; il consulta son pKédécesseur au ministère des affaires étrangères, celui-là même tj/ai représentait à ce moment son pays à Paris ; 11 fit appel aux lumièrés, à la compétence et à l'ajitorité de M. Tittoni.
M. Tittoni répondit avçc une loyauté impeccable et une entière ferineté : « N'impc»rte quel tsodbie dsms L'équiKl»e italo-autrichien porterait attemte au traité d'alliance tout
M. Tittoni ne se perdait pas dans la comparaison de i'acticle 3 avec l'aiiicle 4 et l'article 7 ; il ne méconnaissait pas les textes, il les respectait et il s'élevait en même temps à une , GOBceptioB plus générale et plus forte. Il disait i
« Au cas où les intéiéts vitaux de l'Italie ne seraient pas assurés, le traité de la Triple-Alliance serait déchiïé pai ]e» maàas mêmes de i'AUeœaijtne et de l'Autncfae. u
Devant cette attitude si ferme, les deux Empires du Centre reoilèrent. Mais rAutriche-Hongrle n en était pas à s'anêt« à une première tenUUvc ; elle n attendit pas même la fin de l'année 19B pour recommencer.
Quelques mois après, exactement au mois d «Ue voulut tenter contre la Serbie le coup qu'elle avait prémédité con^. le Monténégro, et que la fermeté du Gouvernement italien
avait arrêté. , . . i a/i • ï:w.««
M. San Giuliano était encore ministre des Affaires Lttan-
gères ; son président du conseil, M. Giolitti. était absent de Rome ; il lui fit connaître son sentiment et il provoqua le sien.
L'accord fut immédiat entre le président du conseil et le minUtre des Affaires Etrangères, et c'est M. Giohtti lui-même qui fit au Parlement italien la d^laration suivante :
(( Si l'Autriche agit contre la Serbie, il est évident que ; eoMm jœdern ne joue pas ; c'est une action qu elle accomplit pour son propre compte ; il ne s'agii pas pour elle de se défendre, puisque nul ne songe à l'attaquer
« 11 importe que cela soit déclaré à Vienne de la façon la
plus formelle. » i i r i ^l...
Et cela fut en effet déclaré à Vienne de la façon la plus formelle, au mois d'août, comme cela l'avait été au mois d avril
de la même année. i-r ^
Mais les déclarations formelles ne suffisent pas a arrêter colaines intentions, à mettre fin à certaines tentatives. Uii an s'écoule et l' Autriche-Hongrie recommence, vous -savez dans
quelles conditiwis. , v i* ^ ^
Ainsi, avant même l'ultimatum adresse, après 1 attentat de Serajevo. par l'Autriche-Hongrie à laSerbie. l Italie a deux reprises - on ne saurait trop y insister avait affirrne son att'itude, précisé la portée du traité de la Tnple.Alli«uice. dédaré qu'elle resterait fidèle à celui qui la liait, mais qu elle
n'irait pas au delà. . , i*a u
Et après le monstrueux ultimatum adresse par 1 Autriche- Hongrie à la Serbie, l'Italie maintient son attitude. G est exaçtem^mt le 25 juillet, tout de suite après l ultimatum, qu elle
fait connaître son sentiment. a • i u •
A ce sujet, il y a eu en. AllenuMpie, en Autriche-Hongn^ jusque dans les pays neutres, une telle campame de diffamation et de calomnies contre Tltalie, que la meilleure façon d y répondre, c «t de reprendre des textes qui ne sont pas altérés
l'effort italien h
ni falsifiés, que Ton emprunte aux livres d^>l<MIlatique8 des alliés eux-mêmes.
(( Nous avons, M. Salandra et mol, — dit le ministre des « Affaires Etrangères, — nous avons fait noter à Tambassa- « deur que 1* Autriche n'avait pas le droit, suivant Tesprit du « traité de la Triple- Alliance, de faire une démarche comme « celle faite à Belgrade, sans s'être au préalable accwdée avec u ses alliés. En effet, l'Autriche, par la rédaction de cette « note et par les prétentions qu'elle y émet, lesquelles, si elleà <( sont peu efficaces contre le danger panserbe, sont profondé: a ment offensantes pour la Serbie et indirectement pour nous (( aussi, r Autriche a clairement numtré qu*elle veut provo- (( quer une guerre. En conséquence, nous avons dit à M. de u F'iotov^ qu'étant donnée cette façon de procéder de TAu- (( triche, et considérant le caractère défensif et conservateui « de la Triple- Alliance, l'Italie n*est pas obligée de venir à « Taide de F Autriche dans le cas où, à la suite de cette (( démarche, elle se trouverait en guerre avec la Russie, toute « guerre européenne devant être, dans ce cas, la conséquence « de l'acte de provocation et d'agression commis par TAu- « triche. »
Et deux jours après, les 27 et 28 juillet, des notes étaient envoyées à Vienne. L'Italie disait que l'article 7, en vertu duquel des compensations lui étalent dues, si T Autriche-Hongrie troublait l'équilibre de l'Adriatique ou des Balkans, devrait jouer et qu'elle ferait valoir ses droits.
Elle disait, ce sont les. termes mêmes de la dépêche :
« SI nous ne les détenions pas (les compensations), la Triple-Alliance serait irréparablement brisée. »
L'attitude est nette, loyale, et ne prête à aucune équivoque. Elle éclate dans la réalité probante des textes, elle se dresse contre toutes les calomnies et toutes les falsifications.
Et ce sont les Allemands, falsifiant les textes, se dérobant à leur application, en dénaturant l'esprit, après avoir introduit dans les relations diplomatiques l'habitude de la perfidie et de la félonie, ce sont eux qui ^ouvrat le besoin, comme pour s'exerça eux-mêmes, d'accuser faussemràt les autres de men* songe ! Ils ont accumulé toutes les h)rpocrisiefi, toutes les perfidies, et ils accusent de perfidie et d'hypocrisie ceux qui ont été fidèles aux traités, à leur esprit, à leur lettre, à la pafol'e donnée, à la foi jurée I .
Le 4 août 1914, la présence de larabassadéiur d Italte à rimmortelle séance de la Chambre française fut" saluée par les acclamations unanimes et prolongées de 1 assemblée
L'Italie avait dédaré. en effet, aux Empires du Centre, qu elle garderait la neulialité. Dès ce moment, elle avait fait valoir son droit à l'application de l'articfe 7 du traite de 16ÔZ,
renouvelé en 1902. • \ii \n
Le président du Conseil des Ministres français, M. Viviani, prononçait à la tribune de la Chambre des paroles qui sont entrées dans l'Histoire : « L'Italie, dans U cWe «ms- « clence du génie latin, nous a notifié qu elle entendait «rder « la neutralité. Cette décision a rencontré dans toute la hrance « l'écho de la joie la plus sincère. Je m en suis ta-t 1 mter- « prête auprès du chargé d'affaires' d'Italie, en lui disant com- « bien je me félicitais que les deux sœurs latines qui ont même « origine et même idéal, un passé de gloire commun, ne se
« trouvent pas opposées. » , r i • r i
eies n'étaient pas opposées, .et il faut bien dire que a neutralité de l'Italie, d'août 1914 à mai 1913, a rendu a la France le plus grand service. , »
Ncu«= avons pu dégarnir librement, en toute sécurité et en confiance, notre frontière du sud-est. Nous avor« pu opérer Hbrement le twn^t de nos troupes dans la Méditerranée Nous n'avons pas êu à redouter, en Tumsie. de conflit
entre Français et Itali«as.
Trois services, pour ne parler que des grand» service», que la neutralité de l'Italie a rendus à la France.
Les négociations avec l'Autriche ont commence au mois de décembre 1914 ; l'Italie est eirtrée en guerre le 20 mai I V I !>. Mais tous les Italiens n'ont pas attendu que. pai la declaraUon de guerre, leur pays fût engagé dans la liitte, pour venir ^wl côt& de la France et y servir la cause commune de la Justice
et du Droit. -ii .
U y a en Italie des hommes qui porteitf un nom illustre.
un des plus glorieux de l'histoire itaUennc, p«ix 1 honneur, la «aadeur et la force de ce pays : un hon«e a«é et des hommes Lnes, qui portent avec dignité le grand nom de C^ibadi. ' Le pèiedonna ses six fils à la France. Les fils vinrent lutter à n^e côté ; deux, B««o et Saiito, tombèrent auprès de soldats français. Il faut un poète pour ces mocU
laéroïques et épiques. -
C&FOBJ ITALIEN
Dans m discôui» qu'S prowMiça le 5 «ai 19b, Gabnele d'Annunzlo rendit hommage à cet héroïsme et à «s morts. Il en dégagea la signification prophétique pour 1 miwwsation de l'Italie : il disait :
« Les signes sont Sjppstus.
(, Lorsque dans la forêt épique de l' Argonne^nfeaje plus « beau des six frères de la race léonine, on rendit les bon- <( neurs funèbres à son jeune corps, qu'au delà de la tranchée <( son coiffage avait rodtq^lié à l'égal du nombre ennemi.
« Les poètes crurent que les quatre fils Aymon étaient a descendus des Ardennes pour porter sur les ^ulcs te cer- « cueil du chevalier tyrrhénlen.
« L'aîné, qui m'écoute, celui qui a le grand front, (( s'avança dans le Aarap Wé, où d autres pami les m^es u gisaient morts dans une longue ordonnance ; il s mdm, « remua la terre, en prit une poignée et dit :
(( Ek reoouvelant un usage de notre antique nation, sur « ces ài&s compagnons qui donnèrent leur vie à la libre (( France et leur dernier désir à Htalie dans l'^euve. nous (( laissons tomber cette fraîche terre pour que puisse germer « la semence. »
Alofs l'esprit de sacrifice aïxpanit à la nation érnue, et elle se prépara. Mais avant le sacrifice, avant la déclaration de guerre, le ministre des Affaires Etrangères, dès le mois a'août 1914, commença des négociations diplomatiques, qui .pteatteot leur somce dans l'article 7 du traité de la Triple-
Alfiancc. . . , . ,
Ces négociations furent engageés avec une impartialité et une fermeté dignes d'admiration.
Dès le premier jour. M» Sonnino, mmistre des Affaires Ebangères, définissMt les aspirations ttationales, et il disait à l'ambassadeur d'Italie à Vieime, pour que ce langage fût répété au gouvernement autrichien, que si ces aspirabons n'avaieat pas satisfaction, la réaction serait très grave dans r<^iiii<m publique.
Ceci, à la dkl« <iu 9 décembre 1914, le jour même où les négociations s'ouvrirent.
A une date postérieure, M. Sonnlno disait : La grande force de û maison de Savoie vient de ce qu'elle représente le «fftimeit KMmiiai. »
Ce fut en effet le sentiment national qui gui<la et inspira ces négociations. • ' i . i f »
Elles échouèrent par la mauvaise volonté et par la laute de l'Autriche, mais ce serait faire injure au Gouvernement italien que de considérer qu'il ait interrompu ces négociations parce qu'il ne voulait pas se prêter à une sorte de marchan
dage qui aurait échoué. i • »a
Il n'est pas interdit à un peuple de défendre ses mtérêts ; U est bon qu'U les défende, et les intérêts particuliers d'une nation peuvent s'accorder avec l'intérêt générai de la civilisation et avec la paix du monde.
Ce ne fut pas un marchandage. En voici la preuve : au mois de décembre 1914, par conséquent avant la déclaration de guene, au moment des négociations, un jeune italien., t^rezzolini, écrivait ces lignes dans la Voce de Florence :
(( Il ne faut pas que l'Italie fasse la guene pour Trente « et Trieste. Tout le monde me croit inédentiste. Je le suis « si peu que si demain l'Autriche nous offrait Trente et « Trieste. l'istrie. la Dalmatie et Valona par-dessus le mar^ « ché. à condition de ne pas déclarer la guerre aux deux (, Empires, je serais d'avis de refuser. Si nous obtenions tout « cela, mais si en même temps grâce à cela, 1 Allemagne « parvenait à écraser la France, à abattre 1 Angleterre, a « nœuler la Russie, nous serions mis dans une situation pire « que la situation actuelle où nous n avons pas 1 rente et (c Trieste et le reste, mab où nous avons notre liberté Ld « question de la guerre n'est pas une question d irrédentisme. « c'est une question d'italianité ^}}^ àoxt^ discuter et se « résoudre sur la base du sort de 1 Italie. Nous ne nous bat- « bons pas pour 700.000 Italiens irredenti. mais nous nous « battrons po^i» 40 millions d'Italiens, Il faut voir Treiite et u Trieste à travers l'Italie. La question n est pas de plantjr « le drapeau italien sur San Giusto (cathédrale de Tnes e). « U quLtion est de libérer l'Europe de la domination Mle^ « mande, ce qui est. on nous 1 accordera, quelque chose de
a dIus important. » . • * *
^ 11 y avait aussi quelque chose d important qm tenait au cœur des Italiens et qui exerça dans la préparation de leats forces pour la guerre une influence dominante et décisive.
LWmi fit des tentatives éhontées et presque publiques de corruption, il essaya d'acheter la pre«« italiemie. de xor-
l'effort itauen
rompre le parlement, de troubler la conscience publique. Mais cette conscience eut un sursaut d'indignation. Et le grand poète qui fut une fois encore l'inteiprète <fc l'âme italienne.
s'écria : , *
« Nous ne sommes pas, nous ne voulons pas être un mu-
« sée, une auberge, une villégiature, un horizon peint en bleu « de Prusse pour les lunes de miel internationales. »
L'Italie est un pays admirable ; elle a une tradition merveilleuse dans les arts, les sciences, la politique ; «Ue f«* un des grands peuples du monde, un peuple qu on pas. et c'est peut-être pour avoir voulu l'acheter que M. de Bfilow, mauvais courtier et mauvais diplomate, échoua dans la tentative abominable entreprise contre l'âme italienne.
Enfin l'intervention italienne fut déterminée non seulement par l'échec des négociations relatives aux revendications, territoriales de l'Italie et par ce sursaut de la conscience nationale ; elle le fut aussi par un sentiment très noble, très gene reux et très désintéressé. 11,1
Nous en avons la preuve. Deux jours avant la déclaration de guerre, il se rencontra un homme pour le ixxsaAtx, ce sentiment, et cet homme qui est un ami ancien et fidèle de ia France, aujourd'hui, apures qu'il a vaincu sa modestie, tait partie du Gouvernement italien. Il s'appelle BissolatU.
Il disait : « Toute l'Italie, depuis le deimer pay«aB « jusqu'au Président du conseil, vit dans une attente anxieuse « de la victoire. En mai, nous avons voté pour la guene ; « aujourd'hui, nous tournons toutes nos énergies pour que la (( guerre soit victorieuse, car c'est la grande guerre idéale « du (( Risorgimento. » , * -i
Guerre idéale, voilà le mot qu il fallait dire, U est juste que ce soit Bissolatti qui le dise.
Il est entré un très grand mouvement, une très grande inspiration d'idéalisme dans la guenre italienne, idéalisme, on le sait, déterminé par le traitement que I- Allemagne a tait
subir à la Belgique. 1 au j
U ne faut pas se lasser de répéter que les Allemands «ont peu psychologues 1 Us ont la force matérielle, mais, de quelque façon qu'on envisage et qu'on interprète ces mots, ils n'ont pas la force morale. Ils ne comptent pas avec elle ; Us n'ont pas l'instinct de prêter ^ux autres les qualités et le*' -vertus qui leur font défaut.
l/eçfort etauen
Ils signeiit un tEaité, ik affamefit à plusîeui» rçpiises. et quelques mois encore avant la déclaratîen de guffie, qii*îls
seront fidèles à ce traité ; ils ont engagé leur parole, apposé leur signature, et conune dans la bassesse de leur âme, ils cottsîdfbeBl €|tte ce ueA ^'im dûffon de papiei, qu une signature ne vawt m ne compte,, ils cicMent qpie les autres «cMOt dans le même état d'esprit !
Alors, lorsqu'ils rencontrent la loyauté impeccable et inébranlable de la grande Angleterre, ils . s'étonnent. Lprs- €pi*iU seiriaeitf que Tltalie leui édfu^^pe, parce qpi'ils ont violé la f^utralîté de la Belgique èt qtt*ik làrbas coranMS» dèsj le premier jour, les attentats les plus abominables, qui lc& ont déshonorés à tout jamais, — ils s'étonnent aussi.
Mais r Italie a vu, entendu,, compris^ Pendant les neuf moU qu*a dwé sa n^ibalité, elle a accueUli des repiésent^oÉs dn Pafleraent belge, sans dûtincticn.d'c^pniîon.
H y a là un homme au talent puissant, grand artiste même temps que grand orateur ; d'une éloquence ardente, qui vient du eoeui. C*est Destrée, dont les paroles arrachent des larmes.
A Coté de lui, LcNrand, qui a fait la même campagne, dit les mêmes choses, et qui, parlant Titalien le plus pur, entraine lui aussi Les foules.
Enfin, aftiprès de ce libaal et de ce socialiste, il y a ua catholique, M. Melot. ' '
Non pas comme cantique, mai» coawie Belge et coœme homme, il a dit les malheurs subis par sa patrie et le sangfioLd adnmable avec lequel elle les supporte. Il a poussé uç cri de vengeance et de pitié.
Ces trois hoMines lévolutiomient Tâme de 1* Italie ; ils la saisissent, la prenneitf , la poussent vms sa destinée gl^diaise:
Il en est un autre enfin dont Forigine appartient à la Belgique, mais dont le génie, par la pureté, la force et la puissance de la lani^e, ^paxtient à la France, c*est Maeterlinck.
il a écrit : « Jusqu'aux dernières limites de la pabcsNce « et de ce que peut si^iporta la dignité et le sentanent de (( sa propre sécurité, le gouvearnement italieh fit tout pomr u épargner à son peuple le plus grand des fléaux qui puisse (( s.*^attre sur un coyi de terre. U résista jusqu'au moment (( oà il tut lîttéralemeiit submer«é et ««porté par le flot y»u man<^c4>e. J*aî vu mont^ ce flrt. Lersque je vi«s à
l'effort ifauen
(( Milan, veis la fin de «Mpembre ét Vaaoée cfernière, pour (t y prononcer quelques phrases dans une fêle de ^Jf^*^ « organisée au profit des réfugiés belges, la haine de 1 Ailett maad ^accuimlait déjà dans les cœurs, mais ne se répan- (t dait pas enca» à la suifece. Elle éciaàak par endroits» « mais craintive, circonspecte, incertaine : on so^it <p elle u couvait et sévissait au plus profond des âmes, mais elle sem- « h\^at se tâter, se compter et prenait paisiblement cons- (( cienee. Quand je levims en Italie, dans le courant du mois « ée mais, je bs émemWé de voir à quelle liaiiteuE inesu pérée avait rapidement monté k iot emrahisaear. La habe (t sainte, la haine nécessaire qui n'est ici qu'un magnifique « amour de la justice et de l'humanité, avait tout inondé. « Ëlk s'étedait au fgmtd soleiL elle frissonnait, elle frémis- (( sMt au meiad^ appel, bematae et fièie de ^affiamer, de (( se manifester avec la belle et tumultueuse astentaftion méri- (( dionale ; et c'était à présent le neutralisme qui se cachait (t cmauR UB insecte inavouable. L'espèce en avait à peu près « diapaiu, «métuitie pax le gcand seulûe qui s'élevait de tou- « tes parts. Les AUaaBands se tmateat, on ne sait où , et dès « lors il devenait cestaia <^e la guecEe ^it inévi^'e et (( imminente.»
Veoci une autre citation ; quoiqu'elle soit un peu longue, je ne songe pas à l'excuser, tant son actualité est saisissante. C'était le 13 ncwerolve 1914 à Milan, au cours d'une conférence faite par M. Melot, député ca^lique de Nanuir.
(( La question de la Belgique mérite d'être considérée en « soi, paice <jtt'elle représente un principe, lequel manquant, tf aucun rap^oit social n'est concevable : le principe que le « cbott interaaiwuial ddt reposer sur le re^iect des^ traités, « comme le <fooit civU repose mi «eim des contrats. L'éfoime (( sacré pour la patrie par lequel notre gouvernement a^ défini « le programme des Italiens à cette heure difficile n'empê- « che pa& dTâmettse un vote, expcession insigne de notre sym- « pallie piMir m peuple valeweiu et de lotce: fidélité aux « raisons supérieures de la justice ; le vote que, quelle f|w « soit l'issue du conflit, la Belgique retrouve ses fr<Mitières. « et aussi que ce soient les Etats neutres spécialement qui « fassent vdk>k ce droit, parce que c'est pour détendue sa (( neutralité que la Belgique a soudSert. »
Ce langage sigoificai^ était tenu pat un eathoiiqpe chef
)3 l'effort ITAUEN
d'une fraction catholique importante en Italie. M. Meda, aujourd'hui ministre dans le cabinet d'union saciée ioimé par M. Boselli.
Les événements se précipitent : le 20 mai, l'Italie déclare la guene à l'Autriche. Ici surgit une question capitale que Topinion publique — il est juste de le reconnaître — n a pas
cessé de se poser. ...
Tout le monde en France a pleinement compris le sens <ie rintervention italienne, tout le monde a compris que, dans un sursaut de sa dignité révoltée, elle ait déclaré la guerre à l'Autriche, mais on se demande, avouons-le. pourquoi, obéissant ainsi à un sentiment d'idéalisme, elle n'a pas déclaré la guerre à l'Allemagne.
La question a éjé nettement posée ; il est nécessaire d'y répondre : mais cette réponse, pour ne pas être suspecte, je l'emprunte au grand historien Fenero qui a écrit en faveur des alliés et en faveur de la France une page admvable et prophétique, dans laquelle il s'est gardé d'aborder dune manière précise et directe cette question délicate, mais en pareille matière, il est doublement utile de savoir lire entre les lignes et de pénétrer le sens des mote.
(( On peut dire que les dix dernières années, tout le « monde était devenu germanophile en Italie : les professeurs « et les industriels, les socialistes et les conservateurs, les « libres penseurs et les cléricaux, les philosophes et les musi- (( ciens. L'Allemagne semblait le modèle en tout. L'influence « allemande l'emporta partout. Tout fut germanisé. »
Voilà le langage de la raison et on l'a si bien compris, tle l'autre coté des Alpes, que plusieurs livres ont été écrits pour analyser les causes, les origines de cette emprise de l'Allemagne en Italie, poinr en suivre les développements et pour en déterminer les conditions. '
Au moment de la déclaration de guerre, il y avait en Italie 70.000 Allemands, dont 40.000 en Lombardie, dans la province la plus riche et la plus industrielle de la péninsule.
En relevant la situation des banques, on constatait que directement, ou indirectement, les Allemands avaient pris possession de presque tous les établissements ^ financiers de
l'Italie. . .
Certes, avec leur habileté coutumière, qui n est pas tou-
jours aussi grossière que nous voulons quelquefois le prétendre, ils s'étaient efforcés de masquer la vérité. Mais la vérité a éclaté à travers toutes les dissimulations ; elle ressort de documents officiels, et il en résulte que l'industrie sidénagique, métallurgique, électrique et enfin la marine marchande étaient aux mains des Allemands.
Un ancien ministre — il était du dernier cabinet, c'est < aussi un vieil ami de la France — M. Barzilaï constatait qu'en douze ans, les importations de l'Italie en Allemagne avaient augmenté de 46 0/0 et que, pendant la même période, les importations, de l'Allemagne en Italie avaient augmenté
de 197 0/0. . , ,
M. Barzilaï faisait le procès de ce qu'il appelait ley (( fausses naturalisations ». Il importe de ne pas oublier pe mot. Nous connaissons le système : nous l'avons vu aussi se pratiquer chez nous sur notre territoire. 11 est d'ailleurs fort simple. On paraît renoncer à sa nationalité d'oïigine ; on acquiert ici la nationalité française, là-bas. la nationalité italienne.
Ces naturalisés des dernières années, pour ne pas dire de la dernière heure, n'avaient qu'uii but : trahir leur pays d'adoption au profit dé leur pays d'origine.
La trahison était tellement développée là-bas que M. Bar-^ zilaï déclarait que les Allemands avaient consommé l'expropriation industrielle de l'Italie.
Cela ne justific-t-il pas l'une des idées générales de Fer-
Autre idée. Quelques mois avant 1 intcrventi<m italienne, la Chambre et le Sénat étaient neutralistes à outrance et Fetrero ne craint pas de constater pour^ la seconde fois : « La grande majorité des professeurs de l'Université est res- « tée fidèle à l'Allemagne qu'elle vénère humblement comme « la source de tout savoir. »
Voilà pour le Parlement et l'Université.
Les masses, elles, sont restées, sauf quelques exceptions,, étrangères à l'agitation, et M. Fenrero conclut :
« Il ne faut pas oublier que le problème de la guerre « ne se pose pas de la même façon pour le gouvernement « d'un pays à qui la guerre a été imposée par une agression « brutale, et pour le gouvernement d un pays qui a cherché
« et voulu U foeife poiu des laisons politiques et nationales n dont la valeur peut toaionrs ètoe mise en discussion. »
La déclaration de ^oenre à rAutridie-Hoiigrie a gêné r Allemagne. Elle l'a gêné au point que M. de Bellimann- HoUweg en a un certain jour, suivi de beaucoup d'autres, perdu tout simplement le bon sens. U a dit qu'en Italie la voix du bon sens s'était plus écootée, qne ia p<^lace régnait.
(( ... La populace régnait avec la tolérance bienveillante « et l'appui des principaux membres du cabinet, gonflé d'or « par la Tripie-Entoite. La pt^ulace, conduite par des agents « provocateors sans scrupules, fut lancée éam rme frénésie <( sanguinaire. »
Le 2 juin 1915, M, Salandra, du haut dn Capitol^, a
dit.:
« Je m'adresse à Tltaiie et au mande civilisé tout entiei (( pour montrer non pas avec des paroles violentes, mais avec (( des faits précis et documentés, comment la rage de nos « eimemis a tenté vainement de diminuer la. haute dignité (( morale et politique de la cause que nos am^es feront pré- (( valoir. Je parlerai avec la même gravité sereîne dont le (( noble exemple nous a été donné par le roi d'Italie, lors- « qu'il vous a appelés aux «ucmes, vous, soldats de terre et de « iaer. je parlerai conme .je le dois, en observant le res- « pect que je dois à ma. situatioii dt au Ueu où je parle. Je « pourrais dédaigner les injures inscrites dans les pHroclamA- (( tions impériales, royales et archiducales, car je parle « du haut du Capitole et je représente dans cette heure solen- « Belle le f>eu{>le et le f^uvemement de l'Italie ; et alors je « me sms, mode^ boai^^ois que je suis, de beracouj) pht» <t noble que le chef de la naison <ks Habdbenrg. »
L'Allemagne s'est sentie atteinte : l'Italie lui a ainsi porté un. coup dàect.
L'Italie, en adhérant au pacte de Londres, a signé le traité de solidarité qui l'engage à rester jusqu'au bout à côté des alliés.
En ce qui ccmcerne Veamèe italienne, il faîit rendre hommage au courage qu'elle d^loie sur un front de 600' kilomètres,
qui va du Stelvio jusqu'à la mer. Il faut ajouter que, dans 'a région du Trentin, la situation est plus difficile pour l'Italie à la suite du Haaté de 1366.
l'effort itauen ^ .
Un savant tout à fait désintéressé, qui n avait pas prévu les événements actuels, Elisée Redus, écrivait en 1 682 :
« A première vue, on croirait que U Pejunsule est par- « faitement protégée sur son pourtour par la muraille *bs « Alpes : mais cette protection n'est qu une apparence. EJi « eff^. c'est vers les plaines italiennes que les montagnes « tournent leur versant le phis abrupt, celui qui pai^t vrai- ,c ment Inabordable : mais sur le versant «trieur, du cote « de U France, de la Suisse, de 1 Autriche alleman^, les « pentes sont beaucoup plus douces ; tous les envahisseurs « que tentaient l'heureux dimat et les immenses richesses de « l'Italie pouvai«it sans trop de difficultés gagner les cols des « Alpes, d'où lis descendaient ensuite r^dcmeHt dans les « plaines... Cette région si belle, il suffisait presque de des- « cendre pour s'en emparer...
« U bamère des Alpes n'est vraiment une barrière que
pour les Italiens. »
Les Italiens ont franchi cette bamère. lU ont vaincu l& difficultés que présente ce terrain bizarre du <:arso, qui para» peu accidenté au premier abord, mais qui est fait de glaise dans laquelle on enfonce et,de rochers qu on ne peut travailler qu'à la mine, en raison de la surveillance unmediate des Autrichiens. Ils ont réussi, au d*Ht de la gUenre. a pot» l'offensive sur le territoire de l'ennemi ; ils sont montés a 3.000 mètres dans les montagnes de Carme où ils sont restes tout l'Hiver, résistant à une tempétatoe de 17" au-dessous de 0 Ils sont allés jusqu'au sommet des DoloiBites, ds y ont traîné leur artillerie par un prodige de courage et de t^cité ; au Trendn ils ont essayé de détruire les travaux de défense que l'Autriche avaient accumulés depuis I8é6. Devant les év^«menls mcertaiw qui ont suivi l'offensive de 1 Autriche, ils ont montré un sang-fooid admirabkï. Us ont compris la nécessité nationale de leur effort et c est quand le JWntojre italien a été envahi, quand certaines montagnes ont été enlevées quand ceitoines communes ont été prises par les Autrichiens, c'est quand les Italiens ont vu l'invasion coinmencer qu'ils ont eu le scnlimeirt, la certitude du dai^r qm menaçait leur patrie. Alors 11 s'est pioduit ce qm s est pioduit en Russie, en Angietene et en France^ , ' u ,•
A l'exception d'imc minonté infime, tous les Italiens ont
ccMi^ris leér éenk natianaL
l'£ffort italien
Le pays d'Italie a été admirable et Tannce a été digne du pays. Partout, les chefs rendent hommage aux soldats de toute l'Italie et parmi ces soldats, ceux dont il faut saluer l'abnégation, ce sont les soldats qui viennent des provinces, méridionales.
A l'heure actuelle, Tltalie tout entière est dans la guerre. L'effort italien a donné des résultats considérables. Cet effort continuera, il se développera.
S'il est juste de rendre honunage à M. Sonnino qui, en prononçant des paroles décisives» a mis l'Italie à côté des alliés dans la lutte pour le Droit, pour la Justice et pour l'Humanité ; il faut aussi rendre hommage à l'illustre président du Conseil, M. Salandra, qui a eu le courage de déclarer la guore à l'Autriche et qui a soutenu cette situation avec une fermeté, une hauteur d'idées, une inf>assibilité que !é monde entier a admirées. j * . ,
Au nom de M. Salandra, président du Conseil d'hier, il convient d'associer le nom vénéré du Président du Conseil d'aujourd'hui, M. Boselli. Celui-là aussi a un grand passé, un f>assé qui in^ire ccmfiance à l'Italie, à la France et aux Alliés.
C'est lui qui, le 20 mai 1915, était rapporteur des crédits demandés par le gouvernement de^ M. Salandra pour la dédaration^ de guerre. Il disait :
« Cette assemblée, la première élue par la volonté du « peuple, a le droit de sanctionner le noble re^ect du prin- (( cipe des nationalités. Honorables collègues ! Que votre (( vote soit la preuve lumineuse de notre force invincible, de « la sainteté de notre droit, de la pureté de notre idéal. (( Bientôt, sur tmites les tenes italiennes, flottera le drapeau « d'Italie, le <îrapeau de Victor-Emmumcl ; tout le peuple « d'Italie n'aura qu'un seul cœur et qu'un seul idéal. »
C'est exact : cet idéal a jeté le peuple d'Italie tout entier du côté des Alliés.
Il y a quelques semaines, un ancien Président du Conseil, M. Liûzatti, écrivait ces lignes admirables :
« Comment aurions-nous pu nous joindre aux agresseurs « et même ne pas nous unir à ceux qui luttaient pour la « liberté ? Pouvions-nous rester insensibles aux douleurs des « Belges, des Serbes, des Polonais, des Arméniens, des Tren- « tins, des Istriens, des Dalmates, des Alsaci^ 6t des Lor-
« rains ^ La guene civile aurait éclaté en Italie. Les ombres . de Mazz^^i de Victor-Emmanuel 11, de Cavpur, de Gari- Uldi Su" le conseil des dieux indigènes qui préside ton- ^« destins de la patrie, se serait levé pour nou :^roch« notre lâcheté 1 Ét noire neutr.alaé - nou-^^^^ nas sauvés de la vengeance de nos anciens allies, qui nous acci^ient de trahison pour n'avoir pas voulu les «mvre dai^ î'^^Ïon des peuples libres. Non. aucun repentir nert . licite auam doute n'est honnête, aucune hésitation n es : ISbk^ujoifd'hui qu'à Verdun comme jur e haut « Astico on combat pour la civilisation du monde. »
Il est vrai qu'à Verdun et sur le haut Astico, il est vrai Vcn Russie. U Y a un enjeu formidable et cet «i,eu n est 5en de moins que celui de la civilisation humaine.
M. Tittoni. quand il était mmistre des Affaues Etrange-
les, en 1906, disait : j'k«rr«'«- 1m
« Qui oserait envisager sans un sentunent d horreur \«
« conséquences terribles d'une guerre entre les grandes pm^ < ^^euiopéemies ? Qui, sans un éternel remords, vou- « drait exposé légèrement son pays à une guerre non neces- ,« saire ? Si, maîheureusement. une guerre devait éclater <c enue les grandes puissances, on PO™rt,^seW moi en « résumer les conséquences en ces mots : la jaiUite de lt.Vr
M.^Tittoni est mi des hommes les plus "J^eH agents Mes T.1US fermes et les plus dairvoyanls de l Italie. Mais, en 1906 tlT^^ pas^révoir Jusqu où l'Allema^ie s ab««eran dans le aime. C'est son fol orgueil, son avidité, sa ^.f de domination qui ont déchaîné le A^au. La guerre n a pas été la Tàulite de l'Europe ; elle a été la faillite de 1 Allemagne.
C^t rAllema^e qui a failli aux traités, aux engagements. aux signatures, à sa parole ; et pour tout dire d un
mot, elle a failli à l'honneur. ... » i .
Les aUiés. armés par le droit et la justice, sont le syn. dics de cette faillite monstrueuse et fraudu euse. Ils ne lactie- Tont pas l'Allemagne, qu'ils tiémient enfin a la gorge ; ils exigeront d'elle des comptes pour établir le bilan de ses tr^- Sns, de ses rapines et de ses crimes, pour prépara les leshtutions «légitimes et les réparations nécessaires pour réi^ «er dans leur souveraineté les nationalités abolies, pour rendre à des peupî^js jnartyis leœs foyers et leurs droits. Il laut
que les alliés exigent des coœpies et c|u*ils aillent jusqy*£Ui bout. U le faut pour eux,, éatit le sang abonàam* ment versé crie vengeaoïce. Il le faist pour TEuiope, ésmt la
libération, Téquilibre et la sûreté durables ne s'établiront qu à ce prix. 11 le faut enfin et surtout pour l'humanité, qui serait déshonorée devait Tittstoire, si le châtiment ne s'abattait pas» tsçlaeable, iaexovdble, impitoyable» sur les banctËs comon-'. nés, sur les parlements apeutés ou an^Es, sur les diplmnates traîtres et félons, sur les armées de voleurs, d'incendiaires et d'assassins et sur les peuples» oui, sur les peuples stupidement asservis ou lâcbemeiit cooE^iees.