CHAPITRE XX r
consisterait à supprimer dans les lycées et collèges publics l'internat qui constitue, de l'aveu de tout le monde, une véritable plaie. Dans les maisons particulières, les agglomérations d'internes, limitées par la force des choses et au besoin par la loi, présenteraient moins de dangers.
La liberté, c'est la vie, et il ne peut y avoir de véritable liberté là où il ne peut exister de véritable concurrence. Nous réclamons la liberté, la liberté d'enseigner, comme la liberté de tester. La liberté est nécessaire pour assurer le règne de la justice de laquelle, comme on sait, dépend l'égalité. Quand le législateur aura donné à la liberté tout son essor, il sera plus facile aux riches de se dévouer, de s'associer dans le but d'adoucir au profit des pauvres le poids résultant de l'inégalité des fortunes. C'était le vœu suprême du grand homme qui a consacré son intelligence à étudier les misères sociales et toutes les forces de son être à les adoucir. « L'amour est brillant, c'est la poésie. Le droit est solide, c'est la science. A chacun sa place : fondons la Société sur le droit parce qu'il le faut ; et de toutes nos forces et de
tout notre cœur, propageons à côté delui l'amour
A côté de la loi, créons des institutions qui fassent naître la fraternité, qui la favorisent, qui ramènent l'amour dans les cœurs et dans la Société. » (Liberté politique, p. 313.)
Mais, qu'il s'agisse d'enseignement, d'œuvres de bienfaisance ou d'amélioration du sort des ouvriers, l'Etat est impuissant à faire le bien par lui-même ; il ne peut qu'encourager l'initiative des particuliers, de ceux qui possèdent la fortune, a Aide-toi, l'Etat t'aidera », telle est la règle à suivre en cette matière.