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CHAPITRE II

De la Justice considérée comme fondement de Pégalité des devoirs et des droits.

a L'homme est un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant », a dit Pascal. La pensée qui fait de l'homme, en dépit de sa faiblesse, le roi de la création, est le reflet brillant de l'àme que Dieu lui a donnée ; la forme la plus admirable sous laquelle elle se manifeste, c'est le témoignage qu'elle lui rend du bien et du mal qu'il fait ou qu'il voit faire ; nous portons tous ainsi en dedans de nous-mêmes un Code de morale dont les règles sont tracées en caractères lumineux et ineffaçables : les principales consistent à aimer Dieu, à pratiquer la justice et à travailler.

L'homme qui n'aime pas le Dieu auquel il doit la rie avec tous ses bienfaits, est coupable d'ingratitude. Pour nous affranchir de tout scrupule, un philosophe allemand vient d'affirmer que la vie est un mal. Orgueilleux insensé qui a cru se couvrir de gloire en cherchant à soulever la terre contre le ciel, et à mettre sur nos lèvres la malédiction au lieu de la prière ! Mais cet infernal cri de rage n'étouffera pas la conscience humaine.

Suivre la justice, c'est chercher son idéal en Dieu qui est souverainement bon et juste; c'est donc pratiquer un devoir qui est aussi impérieux que le premier, puisqu'il en découle immédiatement. « Cuiqueêuum », à chacun le sien, telle est en deux mots la formule dans la-

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