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Saint Gyprien, De Unitate Ecclesiee, II

Enfin, selon les mêmes formes d'action initiale et de réciprocité, chaque église particulière procède de son évêque comme d'un principe générateur, et l'évêque trouve en elle la manifestation de son sacerdoce, l'efifet de son caractère^ le fruit de la divine iecondité qui lui vient du Christ.

Tout cela se tient, et si Horace a pu dire qu'on enlèverait plutôt à Hercule sa massue qu'un de ses vers à Homère, il est vrai à bien plus forte raison qu'au divin poète, le Verbe, on ne ravit aucune des strophes par lesquelles il s'exprime activement dans son humanité religieuse.

Ainsi, Tépiscopat pris en son unité, dont l'évêque de Rome est le lien ; puis chaque évêque dans son église, en vertu du sacerdoce du Christ à lui communiqué, sont la source de la fécondité spirituelle répandue dans l'Eglise entière. Ils sont les époux de cette mère, qui leur engendre au jour le jour de nouveaux enfants.

Evêque (Itticdcottoç) signifie inspecteur^ celui qui ifeillCf celui qui garde et qui surç>eille, celui qui préside, en vue de servir. Mais évidemment le mot, ici, diminue la chose. Avant d'inspecter et de régir, l'évêque engendre ; il est père ; car c'est bien à une vie nouvelle, la vie de la grâce, que par l'action sacramentelle dont il est l'agent nous sommes enfantés. « En mérité en mérité je te le dis, nul, s'il ne renaît de Veau et de V Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jean, m, 9).

Le corps épiscopal est comme le germe de l'Eglise, qu'il contient toute en soi. Le groupe des apôtres, auquel il succède et qu'il perpétue, n'étaitil pas, dans la pensée du Christ, la graine de son

grand arbre? Aussi, dans sa prière sacerdotale, priant pour tous les siens, prie-t-il tout d'abord pour les Douze, ajoutant ensuite, pour indiquer ce qu'il attend de leur action pour son œuvre : a Je ne prie pas pour eux seulement; mais encore pour tous ceux qui par leur parole croiront en moi /> (Jean, xvii, 20).

On voit assez par ces paroles et par toutes celles de l'institution, que l'action des apôtres et de leurs successeurs ne sera pas multiple et individuelle, mais collective. « Père, qu'ils soient un comme toi et moi nous ne sommes qu'Hun ». Un dans l'unité de l'Esprit, ils ne seront tous qu'un unique principe, agissant au nom du Christ, qui est un, et de Dieu, qui est l'Unité même.

Si donc il y a plusieurs évêques, il n'y a qu'un épiscopat, comme il n'y a qu'une Église. Ensemble, tous les prêtres complets participent à l'unique sacerdoce éternel. Tous sont « frères » ; le Pape, en tant qu'évêque, n'est que l'un d'eux. Mais parce qu'il est en même temps le représentant du Sauveur figurant au milieu des Douze; parce qu'il est son vicaire, lui parti, le Pape comprend dans ses pouvoirs les pouvoirs de tous les évêques, comme leur source. C'est lui qui les leur donne, ou pour mieux dire, c'est sous sa dépendance qu'ils les reçoivent ; de lui ils découlent. L'élection, la nomination ne sont que des accessoires; Y institution apostolique est le fond ; c'est elle qui fait le pasteur, en union avec le Pasteur suprême.

Bien entendu, en communiquant ses pouvoirs, le Pape ne les perd pas : la source ne s'épuise pas à couler. Aussi avons-nous dit que le Pape a un pou-

voir direct et ordinaire sur toutes les églises particulières et sur chacun de leurs fidèles ; que les titres particuliers de ces églises lui appartiennent éminemment, hors de quoi l'unité ferait défaut ; la communion entière de TÉglise ne serait plus liée en Jésus-Christ par son représentant; le Christ ne serait plus tout à tous, époux unique, dans le tout et dans chaque partie, de son unique épouse.

De l'unité solidaire de Tépiscopat découlent maintes conséquences, notamment celle-ci qu'en certaines circonstances extraordinaires, comme en temps de persécution, de schisme, on pourra voir un simple évéque dépasser dans ses interventions les limites de son église particulière et jouer un rôle universel, rôle qui devra s'interpréter comme un acte de la communion des éveques, selon qu'ils sont solidairement envoyés du Christ, et, par suite, comme un acte émané du principe de leur communion : le Pape.

Ainsi peut s'expliquer, sans nul recours à un principe d'exception, ce qui avait lieu dans les premiers temps, où chaque apôtre, jouant pour sa part son rôle d'envoyé universel, s'attribuait un rôle général sans délimitation de territoire, instituant des évêques et prescrivant des règles communes. Il y avait là, évidemment, un rôle de début, qui plus tard, s'il s'était maintenu, eût créé de l'anarchie. Mais ce rôle n'en était pas moins en liaison avec les principes permanents de la constitution religieuse, dont seule l'application était spéciale. Le reflet personnel de Jésus sur chacun des Douze, où les fidèles le retrouvaient, donnait du reste à cette

action d'ordre général une allure toute simple, ainsi aue nous l'observions.

En dehors de ces cas particuliers, les évêques, en tant qu'ils font partie du corps des envoyés qui représentent collectivement le Christ, n'en ont pas moins, chacun, un rôle universel dans l'Eglise. Ce rôle doit même être regardé comme antérieur à celui qu'ils jouent à l'égard de leur propre église, vu que, avant de se voir attribuer des zones d'influence, ils ont été envoyés à tous et se sont entendu dire dans la personne des Douze : « Allez et enseignez toutes les nations, »

C'est ce que veulent signifier les théologiens, en disant que la communion épiscopale est antérieure au titre. Tous ensemble, les évêques forment un ordre, qu'on appelle une communion en se souvenant que la charité est le lien de l'Église. Et c'est de cette communion épiscopale ou apostolique que découlera, par voie de paternité spirituelle et sacramentelle, la communion de tous les fidèles, en vue de la communion des saints.

U^ évêque n'est donc pas le pasteur d'un seul troupeau : il est d'abord, avec les autres évêques et avec le Pape, sous l'autorité du Pape, pasteur de l'Eglise universelle. C'est ce que manifestera solennellement, quoique non pas uniquement, le concile œcuménique.

Dans ces grandioses assemblées, où Tordre de rÉglise se révèle avec tant d'ampleur, l'intention unitaire qui crée l'assemblée religieuse se prouve d'abord en ceci que l'Église conciliaire est pareille à un cercle, où toute partie ou toute ligne se range

OU se tend autour de son centre. Le Pape est ce centre actif d'où tout part et où tout assure sa consistance. Il est normalement celui qui cons^oque^ qui préside y et qui confirme finalement les sentences. S'il n'a pas convoqué, il sera censé avoir convoqué du fait qu'il confirmera Faction conciliaire, dont la convocation fut le prologue. S'il n'a pas présidé par lui-même, son représentant effectif ou interprétatif aura occupé en son nom le poste central. On ne peut pas plus trouver l'Église sans le Pape que Fatmosphère lumineuse et féconde sans le soleil.

Toutefois, conjointement avec le Pape, tous les évêques, ses frères, siègent vraiment, sont bien vraiment les juges de la foi et de la pratique chrétiennes. En décrétant, ils diront, comme au premier concile, à Jérusalem : a 11 a semblé bon au Saint- Esprit et à nous », et la voix qu'ils feront entendre, touis auront contribué à la former, comme par une vibration commune. Sous la garantie de cet Esprit qui est l'Esprit du Christ; comme ensfoyés humains que le divin Envoyé recouvre, ils décideront, au spirituel, pour toute l'Église. Ils jugeront dès ce monde les douze tribus d'Israël, c'est-à-dire la catholicité, pour qu'elle s'avance par leur action vers ses fins sublimes.

Aussi tous les évêques du monde ont-ils un droit inaliénable, et qui tient à Iqmv ordre même, de siéger au concile. Sans nul appel spécial, ils y ont place, comme, au conseil des ministres, tout ministre en exercice a son droit de session, de par la constitution politique.

Pour le même motif, les évêques sont là tous égaux, égaux, dis-je, dans la décision, qui est propre-

ment Pacte conciliaire, sinon dans ses prodromes. Les plus savants, les mieux renseignés, les plus importants par leur siège, qui les fait représentants et témoins d'une parlie plus considérable des foules à régir, influent sans doute davantage sur les décisions; mais ils ne décident pas davantage. Le nous est prononcé dans une parfaite indivision et dans une égalité fraternelle. On dit : Cela est, ou : Que cela soit, comme dans la Trinité il a été dit : Faisons rhomme. Le langage est plural, et aussi les termes actifs, mais non pas l'action.

Tant que ce groupe divinement constitué se tient dans la loi de son fonctionnement, qui le constitue précisément comme principe; tant qu'il demeure dans ses attributions, il a valeur du Christ lui-même, un autant que le Christ, la pluralité humaine remon-^ tant, par une sorte d'assomption, à l'unité qui s'y reflète : « Qui VOUS écoute M'écoute. »

Comme dans certaines circonstances, et couramment dans la primitive Église, Tévêque et le groupe de ses prêtres [presbyterium) consacrent en commun, par une action unique, le corps et le sano- du Christ, notre s^ie : ici, le groupe épiscopal uni à son chef consacre le Christ qui est s^érité, qui est 9oie, traçant des chemins pour la marche chrétienne, à partir des doctrines qui en déterminent le but et la direction.

L'égalité dont nous parlons n'est donc pas une égalité de partage, comme si chacun apportait sa part contributive, ou comme si le Pape ne pouvait à lui seul ce qu'il peut avec les évêques. Cette loi de partage, qui est celle de la plupart des constitu-

lions humaines, ne court point dans la divine hiérarchie, parce qu'elle est étrangère à la Trinité. d'où la hiérarchie émane.

Un président de république ne peut pas seul ce qu'il peut avec ses ministres, ni ceux-ci ce qu'ils peuvent unis à leur parlement, parce que, ici, le pouvoir est une intégration; le principe d'action total est formé de cas complémentaires. A rencontre, un roi absolu peut tout seul ce qu'il peut avec ses conseillers ; mais c'est que ses conseillers n'ont point de part au règne : ils en préparent seulement l'exercice. Dans l'Église, il y a réelle participation, mais dans l'unité, comme dans l'unité le Fils participe à tout ce que fait le Père et le fait avec lui, bien qu'il lui doive et d'être Fils et d'être, comme tel, participant de ses œuvres : « Le Père qui demeure en moi, c*est lui qui opère mes œuvres,,. Et moi aussi^ f opère » (Jean, xiv, 10-17).

La même filière d'idées nous amène à comprendre comment l'unité de vie demeure parfaite, dans l'Église, en dépit de sa division en églises particulières et de l'attribution à chaque évêque d'une part du troupeau.

Une église particulière, un diocèse ne doivent pas être considérés comme de simples circonscriptions administratives, ni comme de petits états dans l'État : ce sont des unités à base substantielle, comme nos familles, où l'unité de la race se communique et s'épanouit sans aller s'y perdre. La race des fils de Dieu, une aussi dans le Christ, s'épanouit en familles diverses qui l'enrichissent et ne la divisent point, qui sont elle-même, diversement nfiani-

festée il est vrai, mais dans l'identité de son essence, et se procurant, de par sa fécondité originelle, ses propres extensions.

Il s'ensuit évidemment que cet ordre est immuable, comme une nature des choses, vu que la surnature, à tous les degrés, suit les formes de la nature. Aucune église particulière n'est nécessaire, non plus qu'une famille. A elle, prise ainsi à part, ne sera promise ni Tindéfectibilité, ni, doctrinalement, l'infaillibilité que la race surnaturelle a pour privilèges. Mais dans ce qu'elle est et dans ce qu'elle reçoit, toutes les relations fondamentales se retrouvent; les communications venues du Christ, à partir de la Trinité où il nous introduit, aboutissent là et y sont le principe de Tordre, comme le principe de vie.

« Qui cous reçoit me reçoit », a dit le Christ aux Douze. L'église particulière qui reçoit son évêque reçoit en lui le Christ et son sacerdoce sauveur. L'évêque est son fondement, comme le Christ est fondement de l'Eglise. Par là elle reçoit le Père; car Jésus a ajouté : « Celui qui me reçoit, ce n'est pas moi qu'il reçoit^ mais mon Père, qui m'a envoyé » (Marc, ix, 36). Par là enfin elle reçoit l'Esprit, lien vivant du Père et du Fils, âme de l'Église universelle, consécration de sa propre unité participée, en même temps que de celle du corps dont elle est un organe.

L'église particulière est à son évêque comme une épouse destinée à lui engendrer des enfants et à mener en commun avec lui la vie spirituelle. Cette belle comparaison émanée de saint Paul revient sans cesse dans le langage religieux. Mais de par l'unité de Tépiseopat, où l'unité de l'Église se retrouve, ces

mystiques épousailles entrent comme un cas particulier dans le cas général de l'Église universelle unie à son Sauveur. Le sacrement de notre union en Dieu est là tout entier, parce que le sacerdoce tout entier est dans Févêque, et c'est par celui-ci que chaque église participe avec tous ses membres à la divine adoption.

Aussi, comme par Famour il se fait une compénétration mutuelle des âmes, en raison de laquelle on dit : l'amant est dans ce qu'il aime et ce qu'il aime est en lui : ainsi, par la charité organisée dans l'Eglise, il se fait de l'époux et de l'épouse mystique, du Christ et de son humanité religieuse, de Tévêque et de sa famille particulière une sorte d'identité mutuelle par compénétration unitaire, comme dans la Trinité le Père et le Fils ne sont qu'un, en l'Esprit d'amour.

« Qui me 9oity s^oit mon Père, a dit le Christ ; car Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jean, XIV, 10). De même, qui voit l'Eglise voit le Christ; qui voitle Pape voitlEglise (UbiPetrus, ibi Ecclesia)^ qui voit l'évêque voit son église particulière, le tout avec sa réciproque.

N'est-ce pas pour cette raison que l'Eglise, consciente de ses mystères, continue à pourvoir de titulaires des églises mortes, comme pour leur conserver une vie dans le pasteur qu'elle leur donne, vie interprétative qui est en même temps une vie éventuelle ; vie qui pourra retrouver sa matière, puisque le germe en demeure, puisque le flambeau n'est pas éteint. Supposez que, par une occurrence historique, un de ces sièges revive tout à coup, son titulaire s'y transporterait et la vie reprendrait, la même.

L'évêque, dans son église, exerce pour sa pari la triple prérogative que nous avons reconnue à la hiérarchie en son ensemble : Y enseignement, le ministère sacerdotaly le gouvernement. Ce qu'il fait ainsi, il le fait, encore une fois, dans l'unité de l'épiscopatuni à Pierre, dont il est un des membres; mais à un titre particulier, que l'Eglise reconnaît.

Au point de vue de renseignement [magisterium]^ il est, dans son église, le maître de la doctrine, et c'est son premier rôle, comme la foi, explicite ou implicite, est le premier acte de vie surnaturelle du chrétien. L'évêque est docteur avant d'être pasteur ; car, pour être pasteur, il faut d'abord qu'il se donne des brebis par une libre adhésion de foi. Cet ordre, qui se trouve dans le temps lors d'une première évangélisation, se maintient ensuite parles relations naturelles des choses.

L'évêque reçoit du Chiiit, pour son église, en vertu de la mission commune dont il est un des titulaires, la parole de vie. Sa foi à lui est une foi enseignante, comme celle de ses fidèles est une foi enseignée. Ceux qui y adhéreront, selon qu'elle leur communique le dépôt, seront « dans la pensée de Dieu », ainsi que le porte la puissante formule burinée par Ignace d'Antioche. « J'ai voulu vous exhorter, dit-il, à être unanimes dans la pensée de Dieu. Car si Jésus-Christ, inséparable de notre vie, est la pensée du Père : ainsi les évêques, dans les régions de la terre qu'ils régissent, sont dans la pensée du

Père. Il convient donc que vous soyez ensemble d-ins la pensée de Févêque ^ ».

En raison de ce magistère, Tévêque a, dans son diocèse, la charge de la prédication, à laquelle il devra pourvoir; de l'instruction des enfants et des adultes, de la doctrine chrétienne théorique et pratique, des œuvres de propagande et de presse, dont le maniement supérieur lui revient, bien qu'il n'en puisse être toujours le directeur prochain et immédiatement responsable. Si quelque fait extraordinaire survient; si des dévotions particulières s'implantent, c'est à lui d'en juger, sauf recours au Saint-Siège, et c'est à lui de déterminer à cet égard la conduite chrétienne.

Il ne jouit pas pour cela d'une infaillibilité propre, bien qu'il participe, disions-nous, à l'infaillibilité de l'Église comme membre de la mission collective. Cette participation n'a cours que dans les conditions déterminées pour l'action commune.

Au point de vue du sacerdoce [ministerium)^ le pouvoir d'ordre confère à l'évêque le droit d'administrer tous les sacrements, y compris l'ordre et la confirmation, qui lui sont propres, tous les sacramentaux, tous les actes de liturgie, tout ce qui est moyen de sanctification divinement institué ou ratifié, en vue d'une vie religieuse complète. A la complète vie religieuse, en effet, telle qu'elle se mène dans l'église particulière, image parfaite de l'autre, répond le sacerdoce complet.

A cet égard, chaque évêque est dans une égalité parfaite avec tous ses frères. Le Pape lui-même n'est,

(1) Epist. ad Ephes. m.

au point de vue sacramentel, que l'un des évêques. La représentation du Christ prêtre, qui est imparfaite dans le clergé inférieur, est intégrale dans Févêque et s'étend à tous ses emplois. C'est ce qu'entendent souligner certains détails de liturgie, comme, à la messe, avant les oraisons^ le fait qu'au lieu de la formule employée par le simple prêtre : « Dominus vobiscum : le Seigneur soit avec vous», il dit : i^Pax çobis : la paix soit avec vous », formule qu'employait le Sauveur lui-même. On saisit là l'idée que Pévêque est le chef de son église, source pour elle de paix et de vie spirituelle, comme le Christ est par luimême et par son vicaire le chef de l'Église universelle.

De ce fait, Tévêque, en tant que ministre principal, devra veiller, dans tout son diocèse, à l'administration des sacrements, spécialement de l'eucharistie, qui en est le centre. Le mystère de la croix et de l'incorporation au Christ Sauveur trouvent en effet dans la messe et la communion leur figuration réelle et efficace, comme dans Fépiscopat leur moyen hiérarchique. C'est donc là le rite central et le souci premier qui, dans le diocèse comme dans toute l'Eglise, fera tout converger vers soi. La messe pontificale, avec tout le groupe des prêtres assistants et des ministres, avec les fidèles assemblés, c'est l'image la meilleure, en même temps que l'acte principal de toute l'activité religieuse d'une église.

Par là aussi l'évêque est le chef de la prière, interpellant d^yec son peuple, pour son peuple, communiquant à Dieu, en union avec tous, les requêtes de tous. D'où son rôle dans l'établissement et le fonctionnement de la liturgie ou prière publique, qui

sans interruption, les fidèles même absents, traite de leurs intérêts et tient leur place. « Chaque église est une lyre », dit Ignace d'Antioche : « les prêtres et les fidèles s'y unissent à Tévêque comme les cordes au bois de l'instrument qui les assemble, et dans cette union des âmes et des voix, sur cette lyre de TÉglise, l'Esprit-Saint chante Jésus-Christ K »

Au point de vuedu gouvernement [Imperium)^ Vévêque participe à ce que nous appelons, en un sens spirituel, la royauté du Christ, qui s'épanouit, comme tout gouvernement, en ce triple pouvoir : législatif, judiciaire et exécutif.

Il peut porter des lois, sous réserve des lois générales de l'Église. Il y ajoute les règlements d'administration publique nécessaires à leur application. 11 peut y joindre encore, à l'occasion de ses visites pastorales ou autrement, des ordonnances particulières. Et les lois qu'il aura portées vaudront, même sous son successeur, jusqu'à abrogation par une autorité égale ou supérieure à la sienne.

Il est le Juge de son peuple en matière spirituelle; il pourra donc appeler à son tribunal et porter des sentences, appliquant au besoin des peines.

Il devra pourtant se souvenir, comme l'a dit énergiquement le concile de Trente, qu'il est pasteur et non pas frappeur (pastores, non percussores) ; qu'il doit donc traiter ses fidèles comme des fils, comme des frères, non comme matière à domination. Convaincre et prier d'abord, reprendre ensuite, c'est l'ordre souligné par saint Paul [argue, obsecra,

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