‹ L'EgliseChapitre 40 sur 50 · Epist. ad Eph. n · texte numérisé non relu

Epist. ad Eph. n

increpa, II Tim., iv, 2). S'il faut reprendre, que ce &oiten toute bonté et patience [in omni bonitate et patientia) « afin que sans âpreté, la discipline salutaire et nécessaire soit conservée parmi les peuples ^ ».

Pour exercer ses jugements avec harmonie et sagesse, révêque- à intervalles réguliers, convoque un synode diocésain, c'est-à-dire une assemblée de ses prêtres et de ses clercs au complet ou choisis, chargés de le renseigner et de le conseiller en toutes choses dépendant de sa charge. Son gouvernement sera ainsi plus compétent et mieux adapté, la promulgation de ses lois sera plus solennelle et, au cas où celles-ci peineraient, où elles surprendraient, elles seront moins facilement taxées d'arbitraire.

L'évêque a par ailleurs une aide permanente dans ee qu'on appelle son chapitre, sorte de sénat religieux qui assume la charge de TofTice dans Téglise cathédrale, participe au gouvernement du diocèse et remplace Tévêque en cas de vacance du siège.

Autrefois, l'évêque avait des lieutenants dans les archidiacres y dont le pouvoir fut considérable, tellement qu'on les appelait « l'œil et la main de l'évêque », Mais ce titre est devenu à peu près partout purement honorifique, la charge se confondant avec celle des ncaires généraux. On appelle ainsi ceux qui exercent au nom de l'évêque et sous sa responsabilité une juridiction d'ordre général, volontaire ou contentieuse. Dans ce dernier cas, le vicaire général compétent prend le nom d'official. Des vicaires temporaires ou locaux, dont les archiprêtres et les doyens jouent le rôle presque partout

(1) Concile de Trente, session XXIV.

en France, complètent cette organisation du pouvoir episcopal et en constituent les moyens.

Par ailleurs, la tenue de conciles particuliers^ ordinaires ou extraordinaires, provinciaux ou nationaux, qui sont dans le grand corps de TÉglise comme des fonctions spéciales subordonnées à la fonction générale de la vie, appuie encore d'une autre manière, par en haut cette fois, le gouvernement de révoque. Il s'en trouve rattaché à Tordre commun, comme tout à l'heure à sa matière. L'impression de ces assemblées, qui sont en petit l'image de l'Église, planera sur le clergé et les foules fidèles, renforçant en chacun et en tous le sens catholique. Elle doit aussi renforcer l'impression de charité, si les évêques réunis, comme chacun à part, gardent bien présent le sentiment de leur rôle.

En effet, ce caractère d'harmonie et de bonté attaché au pouvoir episcopal ne lui est pas accidentel ; il ressort de son origine et de sa nature spéciale. L'évêque n'est chef que parce qu'il est pasteur, afin d'être pasteur. Celui « qui donne sa vie pour ses brebis » — car telle est saloi, s'il était nécessaire — ne va pas les tyranniser ! C'est uniquement pour défendre la vie qu'il donne, au spirituel, en tant que père des âmes, que l'évêque est revêtu de tous ses pouvoirs.

Enfin, l'évêque est administrateur. Les choses et les personnes, dans son groupe spirituel, sont sujets de sa {çestion conformément aux lois de l'Église, aux concordats particuliers et aux lois civiles que l'Église reconnaît. Ceci, parce que ses sujets étant aussi sujets de l'État, ne peuvent être arrachés à une juridiction au profit d'une autre. « L'une et l'autre

société, A dit Léon XIII, est, dans son ordre, souveraine : utraque in suo génère maxima ^ ».

En conséquence, tous les offices, toutes les charges que suppose Tadministration d'un diocèse relèvent de l'évêque. Il en est le dispensateur, le surveillant et le juge, sauf réserve d'une autorité supérieure à la sienne. Il doit étendre sa vigilance sur les biens, qui sont le moyen ou la matière des œuvres.

Bref, sous tous les rapports, l'évêque est le centre de vie où tout doit converger, de même que tout enjpart.

Seulement, en tout aussi, l'évêque est sous la dépendance du Pape, qui peut, pour des raisons dont il est juge, restreindre, étendre, suspendre ou supprimer le légitime exercice de ses droits. C'est pourquoi, bien que nous ayons dit : En principe et de par leur ordre, manifesté principalement au Concile, les évêques sont tous égaux, il appartient au Pape de communiquer à tels ou tels, pour la meilleure administration de rÉglise, quelque chose de son principat. Ce sera, sans nulle altération de la hiérarchie essentielle, un enrichissement et un moyen nouveau de gouvernement introduit dans l'empire des âmes. Ainsi, dans le corps, des centres nerveux plus importants exercent, en dépendance de l'encéphale, quelqu'une de ses fonctions.

D'où \qs patriarches elles évèqnes métropolitains^ les primats, les délégués patriarcaux, les légats^ les vicaires apostoliques y etc., qui ne sont aucunement une cause de dispersion pour l'autorité centrale, ni un point d'arrêt dans la remontée de la vie vers ce centre, mais au contraire une étape utile.

Page 1