VUE DE LA NEF
moyen âge; â peine quelques vestiges d'une ancienne chapelle, dite chapelle Sainte-Catherine, restent-ils encore aujourd'hui dans le sous-sol et le rez-de-chaussée d'un bâtiment moderne situé en arrière de l'abside de l'église et servant d'infirmerie. Seule, la belle vasque en pierre de liais du xme siècle, avait été conservée et placée au pied du grand escalier d'honneur, à la porte du réfectoire.
En arrière d'une cour demi-circulaire, les bâtiments réguliers et un peu solennels se composent de deux corps principaux perpendiculaires à l'axe de l'église, et qui délimitent entre eux deux vastes cours carrées, l'une fermée vers l'église, c'est le cloître, l'autre ouverte vers la campagne. Le bâtiment qui regarde la ville est un peu plus orné et plus luxueux, il était destiné aux hôtes princiers, au logis de l'abbé, aux bibliothèques. Un pavillon central fait avant-corps au milieu de la façade, deux pavillons non saillants, couronnés de frontons, la terminent à droite et à gauche. Celui de droite présente, sculptée de la main d'Adam le jeune, c'est-à-dire Nicolas-Sébastien Adam, une grande composition brillante et mouvementée, inscrite dans le fronton et représentant saint Maur implorant le secours du Seigneur pour la guérison d'un enfant (le modèle en avait été exposé au Salon de 1740). Le fronton de l'autre pavillon n'a jamais été sculpté.
La façade du bâtiment postérieur est beaucoup plus sévère et plus classique, de même que celles qui dominent le cloître. Celui-ci comprend quatre grandes galeries, fermées aujourd'hui par des vitrages ; elles sont voûtées en plein cintre avec
d'éducation des filles de Membres de la Légion d'honneur. Les bâtiments clairs, spacieux, largement aérés sur de vastes cours et un parc de 27 hectares, se sont prêtés à merveille à cette nouvelle destination.
Une permission spéciale du Grand Chancelier de la Légion d'honneur est nécessaire pour la visite de la maison d'éducation.
26 L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS
doubleaux et décorées de'pilastres doriques. Elles dénotent, de même que les grandes salles du rez-de-chaussée qu'elles longent, le réfectoire et les salles du chapitre, un sens admirable de la belle construction et des larges effets. La décoration en est très sobre. Il ne parait pas y avoir jamais eu ici de somptueuses boiseries, comme à la Trinité de Caen, par exemple. Les seuls motifs décoratifs qui aient subsisté sont des ouvrages de ferronnerie, fort admirés déjà au xvin6 siècle, attribués au frère Denis. Parmi ceux-ci, la chaire du lecteur, placée dans le réfectoire, a disparu, mais on voit encore une superbe grille, placée au pied du grand escalier, à l'un des angles du cloître. Les rampes enfin des quatre escaliers monumentaux sont des morceaux remarquables, d'un dessin très souple et très riche, sans surcharges inutiles.
Tandis que ces décorations s'accomplissaient aux bâtiments abbatiaux, la mutilation de l'église commençait ; elle ne devait plus s'interrompre. La chapelle des Valois est démolie en 17 19; vers 1 77 1 , l'on supprime au trumeau de la porte centrale de la façade la statue de Saint Denis, qui empêchait le passage du dais aux processions, on arrache les statues des ébrasements, on restaure et on refait à neuf des ornements gothiques ; plus tard, l'on blanchira entièrement l'intérieur; en 1781, des menuiseries neuves et pauvres remplacèrent les stalles ornées duxin6 siècle, bientôt un beau dallage de marbre blanc et noir s'étend sur le sol du chœur, supprimant des pavements historiés et des tombes gravées (1784), et le Prieur, Dom Malaret, regrette que la présence gênante des tombes royales empêche cette parure symétrique de s'étaler partout dans l'église. . . C'est au milieu de ces préoccupations artistiques que la Révolution surprit les Bénédictins.