LES TOMBEAUX AU MUSÉE DES MONUMENTS FRANÇAIS
Dès le mois de janvier 1791, sur la proposition du peintre Doyen, la Commission des Monuments avait désigné, comme gardien du dépôt des Petits Augustins, Alexandre Lenoir. Jamais choix ne fut plus heureux. Avec un zèle et une ardeur
1. A. Lenoib. Musée des Monuments français, 8 vol. Paris,, 1800-1821. — Archives du Musée des Monuments français. Documents. 3 vol. Paris, i883- 1897. (Inventaire des richesses d'art de la France.) — L. Gouhajod. AL Lenoir, son Journal et le Musée des Monuments français, t. I et II. Paris, 1878-1886.
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admirables, une rare habileté, ce conservateur saura, non seulement garder les œuvres d'art qui vinrent s'entasser en ses magasins, mais les accroître par ses démarches et ses sollicitations incessantes, et surtout il obtiendra, grâce à son énergique persévérance, le droit de transformer ce dépôt confus d'objets versés pêle-mêle, en un musée consacré à l'histoire complète de la sculpture française.
Sous la surveillance des commissaires, principalement de Dom G. Poirier, les opérations de descellement et de transport des tombeaux de Saint-Denis commencèrent le i a octobre 1793, par les soins attentifs du marbrier Scellier,qui sera l'entrepreneur de cette grande opération. Les ouvriers travaillèrent tout d'abord à la dépose des marbres du monument de François I er et le premier convoi, comprenant trois des statues du tombeau, arrivait aux Petits-Augustins le 9 frimaire an II (29 novembre 1793).
Lentement vont s'acheminer les chariots transportant les statues, les colonnes, les bas-reliefs, les revêtements de marbre; très difficile fut la démolition méthodique des grands sépulcres et bien des ornements fragiles se brisèrent au cours des travaux. Lenoir s'impatientait de ces lenteurs, il sentait que chaque jour augmentait la dégradation des statues laissées sans surveillance, il s'étonnait de voir des effigies gothiques livrées à la ruine. En 1794» en ï795, H accomplit de multiples sauvetages. C'est grâce à ses démarches que les admirables bronzes du tombeau des Valois sont enlevés du local où ils attendaient d'être fondus (mai 1794), que des statues des xin 6 , xiv e et xv e siècles, dédaignées des artistes et des archéologues, telles les effigies du roi Jean, de Philippe Y, de Philippe VI, les tombes de Royaumont, sont transportées à son musée; plus tard en 1799» quand il saura le projet de
vente de l'église, il s'tfforcera d'arracher des fragments de pavements, des retables d'autels, des sculptures, aidé dans son choix par l'architecte Percier, qui venait, en 1797, de relever, en des dessins remarquables de finesse et de précision, la plupart des décorations subsistant encore aux chapelles.
Le musée que Lenoir avait rêvé fut officiellement établi par décret du 21 octobre 1795, sous le nom de Muséum des Monuments français. Dans les salles où les sculptures étaient disposées par époques, les tombeaux de Saint-Denis reçurent une place d'honneur. Aux salles du xnr et du xiv* siècle, se trouvaient les statues gisantes, les unes placées normalement, les autres plaquées contre la muraille sous des arceaux arrachés à Saint-Denis même ; le tombeau de Louis XII s'élevait au milieu de la salle du w* siècle, celui de François I er occupait une pièce entière ; quant au tombeau des Valois, il ne paraît pas avoir été encore restauré quand survint la dispersion de 181 6. Le cénotaphe de Dagobert ornait le jardin Elysée où Lenoir avait érigé, pour le bonheur des âmes sensibles, une chapelle funéraire aux mânes d'Héloïse et d'Abélard, composé avec des débris d'architecture de Saint-Denis.
Certes, on a eu quelque droit de reprocher au fondateur du Musée des Monuments français ses arrangements factices, sa manie d'isoler les fragments d'un même ensemble, qui eut parfois des conséquences funestes, sa coutume déplorable d'enjoliver d'ornements puérils la nudité des soubassements gothiques, ses restaurations fâcheuses, ses supercheries historiques, ses confusions volontaires ou inconscientes; mais il faut se représenter quelle fut la vie troublée de ce conservateur et puis ne jamais oublier la nécessité qui s'imposait à lui de piquer la curiosité, de se plier aux goûts du moment pour faire supporter la vue de tant d'oeuvres qui étaient à peine
tolérées quelques années auparavant, à cause de leur origine et, disait-on, de la barbarie de leur travail. Or, ce but d'intéresser, d'amuser, fut atteint; le Musée des Petits- Augustins eut un succès immense, il devint populaire, il fut indiqué pendant vingt ans aux étrangers parmi les curiosités essentielles de Paris. Et, résultat plus important, cette sculpture gothique si méprisée fut peu à peu comprise ; des érudits vinrent l'étudier, des artistes dessiner et peindre les figures sépulcrales ; le Musée de Lenoir fut le lieu d'initiation des premières recherches archéologiques sur l'histoire de notre art français. L'Empire ne fut pas favorable au Musée des Monuments français. Déjà dans le décret du 20 février 1806, qui instituait le Chapitre de Saint-Denis, la seconde partie concernant l'église Sainte-Geneviève rendue au culte, stipulait que cet édifice serait destiné, selon le vœu de l'Assemblée Constituante, à la sépulture des grands hommes. En conséquence, les tombeaux d'hommes illustres déposés au Musée des Monuments français, devaient y être transportés pour être rangés par « ordre de siècles ». Plus tard, en 181 1, la menace de dispersion fut plus sérieuse ; il s'agissait non seulement de transformer le Panthéon en une sorte de Westminster, mais également de rétablir les tombeaux des rois à Saint-Denis. Malgré les efforts de Lenoir, douloureusement ému à cette nouvelle, des projets furent établis, des listes dressées, seulement aucun travail effectif ne fut entamé : l'argent probablement manqua. Il semble cependant que les plans de l'architecte Cellérier aient servi à F. Debret en 181 6, car la funeste idée de disposer les statues des rois dans la crypte transformée et décorée, se trouve déjà exposée et décrite dans le projet de 181 1, qui reçut l'approbation du directeur des Musées de l'Empire, le baron Vivant Denon.
LE RÉTABLISSEMENT DES TOMBEAUX A SAINT-DENIS AU XIX e SIÈCLE
i° La restauration de F. Debret (1816-Î847). — Dès son retour sur le trône de ses pères, Louis XVIII se préoccupa de rétablir les tombeaux des rois de France dans Péglise abbatiale et d'effacer par des cérémonies expiatoires les profanations révolutionnaires. En janvier 181 6, l'architecte Debret était appelé à fournir la liste des tombeaux provenant de Saint-Denis, conservés au Musée des Monuments français et le a 4 avril 181 6, une ordonnance royale déclarait que « les anciens tombeaux, les statues, les monuments de toute espèce qui ornaient l'église de Saint-Denis et qui depuis, en ayant été enlevés, ont été mis en dépôt aux Petits- Augustins, seront rendus à l'Église pour y être replacés, suivant les dessins et projets arrêtés » . Il était légitime de rétablir en l'église abbatiale les sépulcres royaux qui en avaient été honteusement chassés et de rendre au culte catholique l'ornementation de ses autels dépouillés; mais l'enlèvement des statues tombales et leur restitution aux églises furent le prétexte de la destruction totale du Musée, prescrite par la seconde ordonnance royale du 18 décembre 181 6. Cet ordre fut exécuté avec « une précipitation funeste », et l'on mit « un acharnement incroyable à effacer jusqu'à la dernière trace du Musée des Monuments français 1 ». Lenoir sollicita comme
1. F. de Guillhehmy. Monographie de l'église royale de Saint-Denis, p. 102io3.
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compensation de veiller encore sur les monuments qu'il avait recueillis arec tant d'ardeur, il fut nommé « administrateur de l'église royale de Saint-Denis », poste bien effacé, sorte de retraite, car la tâche du rétablissement des tombes appartenait à l'architecte, au seul François Debret.
Les pierres tombales et les marbres furent de nouveau livrés aux ouvriers et l'entrepreneur Scellier fut chargé de la même opération qu'il avait conduite en 1 793 ; les convois s'acheminent vers Saint-Denis à partir de 181 6, les derniers morceaux de sculpture ne devaient parvenir à la basilique qu'en 1820. Plus considérable fut ce nouveau transport, car aux monuments qui appartenaient jadis à l'abbatiale venaient se joindre un grand nombre de figures funéraires de rois, de princes et princesses, provenant d'églises désaffectées et supprimées, des Gordeliers, des Jacobins, des Gèles tin s, des abbayes de Maubuisson ou de Poissy, ainsi qu'une quantité de fragments d'architecture, de statues religieuses, de boiseries, destinés à l'embellissement des chapelles de l'église restaurée. Tout le grand travail du rétablissement des tombeaux et de l'installation de ces sculptures dont quelquesunes étaient très belles, fut conduit par François Debret avec la même ignorance et la même présomption que la restauration de l'édifice 1 .
Pas un tombeau ne fut rétabli à son emplacement ancien ; les grands monuments du xvi* siècle, réédifiés forcément dans l'église haute, furent déplacés et souvent modifiés dans leur structure ; quant aux gisants gothiques, ils furent tous rassemblés et entassés dans la crypte, quelques-uns invisibles dans l'obscurité, altérés par l'humidité de ces tristes lieux; encore
1. La Monographie de Guilhermy, publiée en 1848, nous fournit l'état de la restauration des tombeaux par Debret et sa critique.
ne vinrent-ils s'y ranger que fort lentement, car c'est seulement vers i84o que la collection fut complète.
A cette erreur initiale de placement, il faut ajouter les fautes matérielles des restaurations faites avec autant de parcimonie que de maladresse, le traitement barbare infligé à certaines tombes, ainsi le monument de Dagobert fut scié sur son épaisseur pour constituer deux tombeaux distincts ; les mensonges historiques, les inscriptions faussement restituées, les confusions iconographiques, l'altération des noms véritables de gisants, l'étrange et bouffonne décision de sceller côte à côte sur chaque sarcophage un couple de roi et de reine. François Debret ne borna point là ses récréations historiques, il fit plus ; de sa propre autorité, il voulut faire édifier des tombes aux souverains qui en avaient été dépourvus, c'est ainsi qu'il fit graver, d'après des estampes, des dalles historiées et enluminées, véritables caricatures S et qu'à l'aide de fragments anciens de provenances diverses, il érigea des cénotaphes aux mânes d'Henri IV, de Louis XIII, de Louis XIV, de Louis XV 2 ... Ces restaurations et ces inventions, aussi piteuses que déplacées, devaient être flétries par le Comte de Montai embert, dans l'un de ses plus beaux discours contre le vandalisme et les architectes restaurateurs : tt L'intérieur de Saint-Denis n'offre plus, disait-il à la Chambre des Pairs, le 26 juillet 1847» qu'un effroyable gâchis de monuments, de débris de tous les temps, de tous les genres, confondus dans un désordre sans nom, ce n'est plus qu'un véritable musée de bric-à-brac, où fourmillent des anachronismes innombrables. »
1 . Presque tout ce musée du faux a été détruit au cours des travaux de Vioilet-le-Duc ; cependant, quelques dalles subsistent encore dans la crypte, a. Pour les spécimens conservés, voir p. 1 62-1 64-
ici L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.
a* La restauration de Viollet-le-Duc (i$47-fS67). — Dès le débat de sa direction. Viollet-le-Duc s'occupa de l'état des tombeaux. Sur eux comme pour l'édifice, une double enquête s'imposait, historique et technique : quel avait été leur état primitif* que subsistait-il de leur décoration, comment isoler les morceaux anciens des additions factices ?
L'étude historique et archéologique des monuments rassemblés à Saint-Denis fut entreprise alors et faite pour la première fois de manière complète, par le baron F. de Guilhermy qui fut chargé officiellement de ce travail en 1847. La Monographie de V église royale de Saint-Denis, tombeaux et figures historiques, publiée en 1848, est le résultat de cette enquête qui démontrait les fautes des restaurations mensongères et la nécessité d'un reclassement de la collection entière.
Remonter les tombeaux dans l'église haute à leurs emplacements anciens, marqués aux plans des xvn e et xvm* siècles, rétablir l'aspect primitif de cette grande chapelle funéraire, détruire les ridicules anachronismes et garantir les sculptures de l'action dissolvante de l'humidité, tel était le vœu de tous les archéologues, tel fut le projet dont Viollet-le-Duc poursuivit avec ardeur la réalisation pendant plus de dix ans. Jusque vers i858, en effet, les crédits manquèrent pour entamer le travail. A chaque rapport, Viollet-le-Duc ne cessait de réclamer en faveur des tombeaux, proclamant leur valeur et la nécessité de les sauver 1 . Ses efforts ne devaient triompher qu'en 1859 ; sur les crédits budgétaires, un chapitre est alors consacré au rétablissement des tombeaux.
Avant d'entamer cette restauration, Viollet-le-Duc s'était entouré des documents archéologiques nécessaires, descrip-
1 . Ainsi, il écrit dans son rapport au Ministre d'État, le ao décembre i858 : « Cetto ooHection unique au monde, et qui serait fort vénérée si elle était
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lions et documents figurés. Un élément important d'information, qui avait fait défaut à son prédécesseur et même au baron de Guilhermy, vint l'aider dans la restitution de la forme des tombes et la désignation de certaines statues : la série des dessins faits au xvn* siècle, pour le grand collectionneur Roger de Gaignières. Les volumes relatifs à Saint-Denis, dérobés à la Bibliothèque royale au cours du xviii siècle étaient arrivés par le legs d'un bibliophile anglais à la Bodléienne d'Oxford. Bien que médiocres d'exécution, ces dessins coloriés sont très précieux pour nous donner l'état ancien des tombeaux. C'est en confrontant les divers documents graphiques, dessins de Gaignières, gravures, malheureusement rares et médiocres, croquis de l'architecte Percier, que Viollet-le-Duc restitua les soubassements des tombes gothiques pour lesquelles seules quelques dalles avaient été conservées.
Le rétablissement des tombeaux dans l'église haute commença en 1860, il était achevé en 1867. Les travaux furent matériellement importants, tous les monuments devant être déplacés et remontés sur des soubassements neufs. Les grands tombeaux de la Renaissance furent complètement réédifiés aux places primitives, les fondations refaites, le montage amélioré, — des agrafes de fer maladroitement posées, ayant altéré certains détails ; — des statues remises à leur vraie place, des ornements retaillés. Pour les gisants gothiques, il fallait créer les tombes, Viollet-le-Duc donna les dessins des soubassements, des arcatures, le profil des moulurations, mais il ne
exposée à Westminster ou à Saint-Pierre de Rome, est ici abandonnée dans des caveaux humides, où elle se détériore chaque jour davantage. Les étrangers qui visitent l'église impériale s'étonnent, à bon droit, de voir une si remarquable réunion de monuments, beaux comme œuvres d'art et qui rappellent tant de souvenirs, laissée ainsi à l'abandon. »
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poussa point la résiliation et il ût bien, jusqu'à rétablir certaines décorations disparues sur des monuments des xiv* et xv* siècles. Le sculpteur Villeminot dirigea l'atelier chargé de la restauration des statues. Des praticiens habiles effacèrent les réfections lourdes et niaises accomplies antérieurement ; les accessoires, les couronnes, sceptres, disparus déjà bien avant la Révolution, furent rétablis conformément aux documents les plus sûrs, les retouches exécutées avec une grande adresse. Après tant de tribulations, tant de restaurations, les malheureuses statues furent encore menacées en 1871 ; heureusement, comme on l'a vu, les précautions furent prises. Lorsque la ville fut occupée par l'ennemi, les commandants allemands donnèrent Tordre d'opérer le déblaiement des monuments afin de les faire visiter à leurs troupes ; des soldats profitèrent de ces promenades pour emporter comme souvenirs quelques doigts et quelques mains, mais ces dégâts furent aisément réparés.
Les tombeaux de l'église abbatiale demeurent aujourd'hui tels que Viollet-le-Duc les fit disposer et c'est à peu près ainsi qu'ils apparaissaient aux yeux d'un visiteur du xvu* ou du xviii 6 siècle, plusieurs monuments ont disparu, mais d'autres sont venus enrichir des chapelles. Seulement, les nombreuses restaurations effectuées au cours du xix e siècle sur maintes sculptures ont laissé de fâcheuses traces ; sous les voûtes trop blanches, baignées de la lumière crue de vitraux aux couleurs blafardes, les statues proprement rangées sur des soubassements de pierres neuves offrent un aspect froid et morne ; l'église abbatiale de Saint-Denis n'est plus désormais qu'un musée, mais le plus riche musée de la sculpture funéraire française du moyen âge et de la Renaissance.
On trouvera ci-après la nomenclature et la description de tous les tombeaux qui figurent aujourd'hui dans l'église haute de Saint-Denis et dans la crypte. On n'a pas fait de distinction entre les tombeaux rétablis k leurs places anciennes et ceux qui, élevés à l'origine en diverses églises de Paris ou de province, furent apportés à l'abbatiale après la dispersion du Musée des Monuments français 1 .
i . Ces description! sommaires n'ont pu être accompagnées des références qui permettent d'établir les dates et les attributions. Il nous parait utile d'indiquer que les documents sur la plupart des tombeaux des xiv* et xv* siècles sont signalés et commentés au Catalogue raisonné du Musée de sculpture comparée, XIV et XV siècles, par L. Gourajod et P. Frants- Marcou (Paris, 189a), que ceux relatifs aux monuments du xvi* siècle ont été publiés par le marquis L. de Laborde dans la Renaissance des arts à la cour de France (a vol., Paris, i85o-i855) et dans les Comptes des bâtiments du. roi : i5a8-i57i (a vol., Paris, 1877- 1880). — Quant aux épîtaphes et inscriptions qui subsistent encore, elles ont été soigneusement relevées et publiées par le baron de Guilhermy dans son grand ouvrage (terminé par M. R. de Lasteyrie) : Inscriptions de la France. Ancien diocèse de
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Il est possible que la figure ait été retouchée au ira* siècle lorsqu'on refit encore une fois le tombeau sur lequel elle reposait. Le sceptre et la couronne datent de la restauration du xix* siècle.
2. — Childebert I" (f 558). — La statue qui représente Ghildebert I er , le fils de Clovis, est également très rétrospective et fantaisiste, elle provient aussi d'une abbaye parisienne, celle de Saint-Vincent, plus tard Saint-Germain-des-Prés .
Le monument paraît cependant antérieur au précédent : il accuse encore le style de l'époque romane et peut dater du milieu du xn° siècle. La figure est taillée en faible relief dans une dalle de marbre grisâtre.
On sait d'ailleurs que ce tombeau, ainsi que ceux de plusieurs princes de la même race, fut profondément remanié au xvn 6 siècle par le sculpteur Michel Bourdin le fils, et Ton soupçonne que celui-ci en retoucha, en refit peut-être la figure principale d'après le document primitif plus ou moins détérioré. Une certaine mollesse dans les plis et dans l'exécution de la figure, ainsi que dans le petit modèle d'église que porte le roi en qualité de fondateur de l'abbaye, incline à douter que Ton soit en présence d'une sculpture originale du xii e siècle, malgré le style général qui s'y accuse.
3. — Frédégonde (f 597). — La tombe de la reine* Frédégonde, femme de Ghilpéric I er , comme celle do