Blanche de France, fille de saint Louis
(f i32o). — Cette princesse, mariée en 1269 avec Ferdinand de Castille, veuve en i3i5, avait fondé à Paris, au faubourg Saint-Marcel, un couvent de Cordelières où elle se retira jusqu'à sa mort en i320. Elle fut ensevelie dans l'église des Cordeliers de Paris, où il est possible qu'elle ait fait préparer son tombeau de son vivant, ce qui expliquerait l'allure très jeune que présente l'effigie de marbre très élégante, bien que peut-être légèrement conventionnelle.
31. — Princesse inconnue, dite Blanche de Bretagne. — On n'a pas de certitude sur l'identité de cette figure. Désignée d'abord, lors de son arrivée à Saint- Denis en 181 6, comme Jeanne de Navarre, femme de
ia* L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.
Philippe le Bel, elle le fut ensuite comme Blanche de Bretagne, femme de Philippe d'Artois (f 1327). Elle porte le même costume monastique que la figure de Blanche de France, fille de saint Louis (n° 3o) et présente certaines analogies de style avec elle. Elle a été rapprochée d'autre part, de la figure de l'autre Blanche de France (-J- i3g3), exécutée par Jean de Liège (voir le n° 45) et l'on a supposé que c'était, soit une deuxième représentation de cette princesse, soit l'effigie de sa sœur Marie de France (f i34i)> qui placée jadis sur le même tombeau, ne se retrouve plus aujourd'hui.
Mais on a très justement remarqué que la statue devait être en ce cas, d'après son style, très antérieure à celle de Blanche de France ; elle se rapproche, en effet, beaucoup plus de l'art élégant et délicat de la première moitié du xiv e siècle français que de celui pratiqué par Jean de Liège. Or, un compte de i38a nous apprend qu'à cette date aucune des deux statues, œuvres de Jean de Liège, n'était encore mise en place. Il faut donc nous résoudre à laisser dans le douté le nom de la princesse représentée par cette statue funéraire.