‹ L'église abbatiale de Saint-Denis et ses tombeaux;Chapitre 26 sur 43 · Charles, comte d'Anjou, roi de Sicile · texte numérisé non relu

Charles, comte d'Anjou, roi de Sicile

(•{- ia85). — Charles d'Anjou, frère de Louis IX, couronné roi de Sicile à Rome en 1266, roi de Jérusalem en 1278, fut enterré dans la cathédrale de Naples, mais son cœur rapporté à Paris, fut déposé dans l'église des Jacobins, où un monument lui fut élevé mais seulement en i326, par les soins de la reine Clémence de Hongrie, son arrière -petite-fille.

Le défunt porte un cœur dans la main gauche pour rappeler la nature de la sépulture; l'effigie est analogue aux figures de chevaliers du premier tiers du xrv e siècle. L'épée nue que le personnage porte dans la main droite est une restauration moderne.

40. — Charles, comte de Valois (f i325). — Charles de Valois, fils de Philippe le Hardi, était le frère cadet de Philippe le Bel. C'est l'ancêtre de la maison de Valois qui, après la mort des trois fils de ce dernier, monte sur le trône en la personne de Philippe VI de Valois, fils de Charles. Il fut enterré dans l'église des Jacobins de Paris. Son effigie en marbre blanc avec quelques mouchetures de marbre noir le représente en costume de chevalier. L'exécution en est assez lourde et banale. Elle est placée aujourd'hui dans la chapelle Saint-Hippolyte, non loin de celle de son frère Louis comte d'Évreux, mort quelques années avant lui et dont la statue paraît un peu plus ancienne.

41. — Charles, comte d'Étampes (f i336). — Ce personnage, fils de Louis, comte d'Évreux, était enterré aux Cordeliers de Paris. La statue qui figure aujourd'hui à Saint-Denis, dans le bas-côté sud (chapelle Saint-Michel), est de même style et porte à peu près le même costume que celles de son père et de son oncle. Voir les n 08 28 et 4o.

Cette statue était jadis couverte d'un édicule de marbre blanc, très riche et très élégant ; le dais de marbre a été heureusement conservé; on lit au revers l'épitaphe du prince en français.

42 et 43. — Charles de Valois, comte d'Alençon (f i346) et Marie d'Espagne sa femme (fi37<)). — Charles de Valois, frère du roi Philippe VI, fut tué à la bataille de Crécy en i346 et enterré dans l'église des Jacobins de Paris ainsi que sa femme Marie d'Espagne, morte seulement trente-trois ans plus tard.

Leurs deux effigies de marbre figurent aujourd'hui à Saint-Denis dans la chapelle de la Trinité. Elles sont anonymes et la date exacte de leur exécution n'est pas connue. On peut supposer cependant qu'elles sont dues à quelqu'un de ces ateliers franco-flamands travaillant à Paris sous Charles V. C'est la date que semble indiquer en particulier la coiffure de la femme avec ses nattes de cheveux symétriques encadrant le visage.

Le revêtement armorié de l'écu du comte d'Alençon était autrefois, selon Guilhermy, en cuivre émaillé ; les armes ont été restaurées en marbre.

i3o L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.

44. — Jeanne de France, fille de Louis X et femme de Philippe III, comte d'Évreux et roi de Navarre (f 1 349) . — Cette princesse avait, aux Jacobins de la rue Saint-Jacques à Paris, un tombeau où elle était représentée aux côtés de son mari, mort en Espagne en i343, et dont le cœur seul avait été rapporté en France. Des deux gisants de ce tombeau, les masques ont survécu et sont aujourd'hui conservés au Musée du Louvre.

Le corps de Jeanne de France fut porté à Saint-Denis et enseveli au pied du tombeau de son père, le roi Louis X. La figure qui surmontait cette sépulture a repris sa place ancienne dans l'église. Elle est assez lourde et fut vraisemblablement exécutée dans un des ateliers franco-flamands établis à Paris sous Charles Y, grâce aux soins de sa fille, la reine Blanche d'Évreux, femme de Philippe VI, qui avait commandé le tombeau de ses parents aux Jacobins de Paris ainsi que les relatait l'épitaphe de ce dernier.

45. — Blanche de France, duchesse d'Orléans, fille de Charles IV et femme de Philippe, ducd'Orléans, fils de Philippe VI (f i3o3). — Marie et Blanche de France, filles du roi Charles IV et de la reine Jeanne d'Évreux, avaient leur commun tombeau dans la chapelle Notre-Dame-la-Blanche, que leur mère avait enrichie.

La statue de Marie de France est perdue; on a proposé, mais en vain, de la reconnaître dans la statue de princesse inconnue, décrite sous le n° 3i. Celle de

LES TOMBEAUX. i3i

Blanche de France, duchesse d'Orléans, est conservée aujourd'hui dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche, qui l'abrita dès l'origine. Nous savons, par un compte de i382 (la duchesse Blanche vivait encore), que les deux statues étaient alors en cours d'exécution, dans l'atelier de Jean de Liège, Jean de Liège venait de mourir à ce moment et les deux statues durent être mises en place par son élève et successeur Robert LoiseL

46. — Marguerite, fille du roi Philippe V, femme de Louis H, comte de Flandre (f i382). — Cette princesse, veuve du comte de Flandre tué à la bataille de Crécy en i346, avait enrichi de ses dons la chapelle Saint-Michel où se trouve aujourd'hui le tombeau de François I et et elle y fut ensevelie. Sa tombe était surmontée d'un riche tabernacle de pierre délicatement travaillé et percé à jour, qui fut détruit à la Révolution.

. La statue en marbre, seule conservée et replacée dans la chapelle pour laquelle elle avait été faite, est une figure en costume de veuve, un peu lourde et sévère et qui semble avoir beaucoup de rapports avec les traditions de l'atelier de Jean de Liège.

47 et 48* — Blanche d'Évreux, seconde femme de Philippe VI (f i3g8) et Jeanne de France sa fille

(fi3 7 i).

Ces deux statues s'élevaient jadis sur le même tombeau dans la chapelle Saint-Hippolyte. Le soubassement,.

i3» L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS

plus riche que ne lavait encore été aucun de ceux des tombeaux précédents, était décoré de 2 4 statuettes de marbre blanc. Les deux gisantes subsistent seules aujourd'hui. La figure de Blanche d'Évreux a de grands rapports avec celle de sa mère, Jeanne de France (n° 44), et fut sans doute commandée au même atelier. Celle de la fille ressemble beaucoup à la statue de Marie d'Espagne (n° 43). Ce sont des images assez lourdes et fort éloignées de l'élégance de la série de i3a5-i33o ; elles ne semblent pas, d'autre part, présenter les qualités de portraits véridiques que montreront certaines statues postérieures.

49. — Enfant inconnue, XIV e siècle. — Cette statuette d'enfant, en marbre, achetée au milieu du xix e siècle, sans qu'on en connût la provenance exacte, a été laissée dans la crypte; elle n'a jamais été identifiée avec certitude. Les premiers restaurateurs de Saint-Denis l'avaient appelée Blanche d'Artois, morte en i3o2 et qui fut mariée deux fois ! On a supposé avec plus de vraisemblance qu'elle pouvait représenter une enfant de Blanche de France, fille de Charles IV; elle proviendrait alors de l'abbaye de Pont-aux-Dames. Quoi qu'il en soit, cette figure de princesse, morte à la fleur de l'âge, est un ouvrage gracieux qui appartient certainement à la seconde moitié du xtv° siècle.

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