Jean II le Bon (f i364). — Le règne très
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troublé de Jean le Bon ne permit pas sans doute de procéder à l'édification du tombeau du premier prince de la maison de Valois, Philippe VI. Ce fut Charles V qui, à peine monté sur le trône, se chargea de faire construire & Saint-Denis le monument de son grandpère ainsi que celui de son père, Jean le Bon, dont le corps venait d'être ramené de Londres, où il était mort en captivité. Soucieux dès cette époque de préparer sa sépulture personnelle, Charles V commanda en même temps au même artiste sa propre effigie funéraire.
Les quatre statues de marbre de Philippe VI, de sa première femme la reine Jeanne de Bourgogne (-J- i348) — cette statue brisée à la Révolution a disparu — de Jean le Bon et de Charles V furent donc exécutées, nous en avons la preuve par des mandements royaux, à partir de i364, par André Beauneveu de Valenciennes, un des artistes les plus célèbres de la seconde moitié du xiv e siècle, qui fut à la fois imagier et peintre et dont l'activité s'étendit à peu près de i36o à i4oi.
Les effigies de Philippe VI et de Jean le Bon, bien que légèrement rétrospectives, semblent des portraits fidèles, et furent exécutées sans doute d'après des moulages pris sur le cadavre, au moment de la mort du roi, suivant un usage qui était certainement en vigueur dès ce moment et se perpétuera jusqu'au xvu e siècle. Ce sont des images robustes et puissantes, où la draperie même, renonçant aux formules élégantes et apprêtées du début du xiv e siècle, se simplifie et se fait plus réelle.
i34 L'ÉGLISE ET LES TOMBEAUX DE SAINT-DENIS.
Les rois sont vêtus d'une robe que recouvre un manteau ouvert sur le côté droit et formant de larges plis* Leur couronne est ornée de quatre larges fleurs de lis à la place des anciens fleurons ; ils tiennent en main le sceptre et la main de justice. Couronnes et accessoires sont en grande partie, du reste, des restaurations modernes.
Un autre tombeau avait été élevé à Philippe VI au lieu de la sépulture de ses entrailles, aux Jacobins de Paris, et cette statue, également conservée, — aujourd'hui au Musée du Louvre — semble avoir été exécutée aussi par l'atelier d'André Bequneveu.
52. — Charles V (f i38o). — La statue du roi Charles V, commandée en i364 à André Beauneveu, est un véritable portrait exécuté d'après le modèle vivant; le roi était d'ailleurs encore à ce moment à la fleur de l'âge (il avait vingt-six ou vingt-sept ans), tandis que dans d'autres effigies célèbres, la statue de l'église des Célestins (aujourd'hui au Musée du Louvre) par exemple, ou celle de la cathédrale d'Amiens, il fut représenté tel que l'âge et la maladie l'avaient fait une quinzaine d'années plus tard. La construction et les proportions du visage restent d'ailleurs d'une identité frappante qui prouve le réalisme sincère de ces sculpteurs.
L'ensemble du tombeau où fut placée, à côté de cette effigie, celle de la reine Jeanne de Bourbon, fut-il exécuté immédiatement ou vers le temps de la mort de la reine en 1378? Nous ne saurions rien affirmer à ce sujet. Il est
CHARLES V Roi cie F-'ar.ce
ISABEAU DE BAVIERE Reine de France
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bien probable cependant qu'il fut mis en place avant la mort du roi(i38o) dans cette chapelle Saint- Jean-Baptiste, du côté droit du chœur, à l'opposite de la chapelle Notre- Dame-la-Blanche, que le roi avait élue pour sa sépulture et où il fit porter, quelques mois avant de mourir, le corps du connétable Du Guesclin. Le soubassement de marbre noir était orné d'arcatures abritant des peirson» nages et de dais délicatement ouvragés, le tout en albâtre ou en marbre blanc.
C'était le plus somptueux des monuments que la basilique ait encore abrités, et ceux de Charles VI et de Charles VII devaient l'imiter sans le surpasser. La statue du roi subsiste seule aujourd'hui, celle de la reine a disparu, brisée à la Révolution. Le costume du roi très simplement drapé est identique à celui des précédents. Le front est ceint d'un bandeau sur lequel devait s'attacher une couronne en orfèvrerie.