Monument des ducs d'Orléans. — Ce
monument figurait autrefois dans l'église des Gélestins de Paris. Démembré à la Révolution, il fut apporté par fragments après 1816 à Saint-Denis, où certains morceaux du soubassement servirent d'abord à décorer des autels ; l'ensemble ne fut restitué que plus tard par Violletle-Duc, d'après les descriptions et gravures anciennes. Cette sépulture avait été élevée par le roi Louis XII peu de temps après son avènement au trône, à la mémoire des princes de sa famille, de son grand-père Louis d'Orléans, second fils de Charles V, le constructeur du château de Pierrefonds, assassiné à Paris en 1^07, et de sa femme Valentine de Milan (*J- i4o8), de son père Charles d'Orléans, le prince-poète (f 1 465), et de son oncle Philippe, comte de Vertus (f 1420). Ce sont donc des effigies très
rétrospectives et sans intérêt historique que ces statues exécutées au début du xvi* siècle et dont le caractère de portrait est tout à fait incertain.
Le style général du tombeau, au contraire, est des plus importants pour l'histoire de l'art en France. Louis XII en effet, soit pour manifester son goût de Fart italien qui avait séduit tous nos Français au cours des premières expéditions d'Italie, soit pour rappeler les attaches italiennes de sa famille qui lui avaient servi de prétexte pour réclamer le Milanais, fit commander en i5oa le monument de Louis d'Orléans, de Yalentine de Milan et de leurs deux fils à un atelier génois, composé de quatre sculpteurs dont nous connaissons les noms grâce au texte du marché passé avec eux en i5oa. Ce sont Michèle d'Aria, Girolamo di Viscardo, Donato di Battista Benti et Benedetto di Bartolommeo, ce dernier plus connu sous le nom de Benedetto da Rovezzano.
Ces artistes, ornemanistes habiles, mais sculpteurs médiocres, réussirent assez mal les quatre figures funéraires, gisants à la mode française, qui leur étaient confiées; maïs toute la partie ornementale, composée selon la mode déjà classique qui avait cours en Italie à ce moment, le soubassement de marbre à arcades et à colonnettes, certaines des statuettes d'apôtres et de saints qui le garnissaient, furent traités par eux avec beaucoup de virtuosité et d'élégance. Ce monument, qui était l'un des premiers à manifester officiellement en France le style italien, fut évidemment parmi les modèles dont s'inspirèrent les
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