‹ L'église anglicane avant la Réforme; abrégé d'histoire ecclésiastiqueChapitre 10 sur 13 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Decadenxe de L'Eglise Romaine.

La Réforme en Angleterre rejeta effectivement la domination papale si injustement imposée aux Anglais contrairement aux décrets du troisième Concile d'Eplièse. Ce gran dconcile de toute la chrétienté en 431 se prononça ainsi, " Xous déclarons ici que les prélats de l'Eglise cypriote consacreront eux-mêmes leurs évêques, sans qu'il leur soit opposé aucun obstacle ou empêchement ; de plus, nous déclarons que cette règle devra aussi être observée partout dans les

^, autres diocèses et les autres provinces: de

Décret ,, , , ^. ,. , .

du telle sorte qu aucun eveque n niterviendra

Illieme dans les affaires d'une autre province qui n'a CoHQile '.' j- 1 . • V

d'Ephèse. P^^ ^^^ ^^^ ^^ commencement soumise a son

administration ni à celle de ses prédécesseurs ; de plus, si quelque prélat a commis un empiète-

ment de ce genre, ou s'il s'est attribué de force le gouvernement d'un diocèse, il sera obligé défaire restitution, afin que les canons décrétés par les Pères ne soient pas enfreirits, que la prêtrise ne devienne pas une occasion ou un prétexte pour Torgueuil du pouvoir temporel, il a donc paru juste au présent saint concile oecuménique que les droits de chaque province restent intacts et inviolables, selon l'usage qui a toujours prévalu." (Concile d'Ephèse, Canon VIII.) Cet article condamne donc les catholiques romains qui prétendent que les canon s de l'Eglise sont les mêmes dans tous les âges. Même d'après le concile d'Ephèse, concile de 200 évêques, ils sont desschismatiques, puisqu'il n'existe aucun doute qu'avant la venue d'Augustin en 596, l'Eglise de la Grande Bretagne était indépendante du Pape. Toute juridiction de l'évêque de Rome sur l'Eglise anglicane après cette 4até (596) était nécessairement contraire aux décrets de l'Eglise catholique. Grégoire le Grand, à l'occasion de son élévation à l'évêché de Rome, dans une lettre au patriarche d'Alexandiie, avait promis de se conformer aux décrets du Concile d'Ephè.se "comme aux quatre Evangiles."

Décade n-

Sans doute l'évêquede Rome envoya Augustin en Angleterre ; mais il ne faut pas oublier qu'entre L'Eglise romaine du temps d'Augustin cède et le Romanisme de nos jours il }• a une

l Eglise orande différence. L'Eerlise de Rome n'a pas romaine ^ , , .

toujours enseigne les doctrines qu'elle pratique

aujourd'hui. Il ne faut pas oublier non plus que l'Eglise de Rome fut jadis sainte et apostolique. Rappelons en peu de mots quand et comment eut lieu sa décadence.

Après que l'empereur Constantin eût soumis l'P^mpire romain, et fondé un empire universel, il trouva que la population de la ville de Rome se composait d'éléments hétérogènes, c'est à-dire f^fj de chrétiens et de païens. Le premier problème

à résoudre était une question politique, à savoir, comment allait- il affermir et perpétuer son pouvoir^ C'est grâce au concours et à la vaillance des chrétiens qu'il était monté au pouvoir, il était donc nécessaire de se les concilier et de s'assurer leur support. C'est pourquoi il combla l'Eglise de faveurs et la couronna des splendeurs terrestres. Comme un prince, l'évêque de Rome pouvait se promener dans un chariot d'Etat. Bientôt des discussions acharnées s' élevèrent entre

î/EGLISE ANGLICANE AVANT LA REFORME.

les Pères de l'Eglise. Cette polémique nécessita la Union de convocation de conciles sous la présidence de ^ ^f^^^^ Constantin qui réunit ainsi l'Eglise a l'Etat et VEtat. s'assura le soutien des chrétiens. Ceux qui étaient à la tête de l'Eglise, cédant à la cajolerie et au pouvoir, ne firent entendre que de faibles protestations.

Fort de l'appui des chrétiens, Constantin voulut soumettre ses sujets païens par la persécution. Il expulsa leurs prêtres d'abord de leurs temples et les vierges vestales de leurs couvents. Mais voyant que ses efforts ne lui attiraient qu'une plus grande haine et une opposition des plus acharnées de la part des païens, l'empereur eut recours à des moyens plus pacifiques, il ordonna qu'on baptisa tous les temples païens au nom de la sainte Trinité, hitroducet qu'on les livra ensuite au culte chrétien sans p^^ ^^^ aucun changement. Les autels, les chambres dans secrètes et les temples païens devinrent donc des V, "^^^ autels, des chambres secrètes et des temples chrétiens. Nombre de païens furent baptisés au nom de la Sainte Trinité, et déclarés chrétiens, tout en restant idolâtres de cœur et païens de caractère. Ce fut alors que le levain corrompu du paganisme conmiença à emj3oisonner l'Eglise romaine,

Au \'IIIième siècle Boniface IV consacra, au milieu de grandes et solennelles cérémonies, le Panthéon (auparavant dédié "à Jupiter et à tous les dieux") " à la Sainte Vierge et à tous les saints." Ainsi le peuple, pouvait comme aux temps païens, aller au Panthéon se choisir des dieux et des patrons chacun selon son goût et son caprice.

Les prétentions de l'évêque de Rome et les

erreurs papales sont de date comparativement Suprt- , __^,, , . .

matie du récente. Elles étaient inconnues du temps d Au-

Pape. gustin. Au commencement du septième siècle

seulement les papes aspirèrent à la suprématie

sur toutes les églises. Grégoire le Grand

lui-même s'opposa à leurs prétentions et

déclara anathèmes les évêques qui nourrissaient

de telles aspirations. Ce fut un de ses successeurs,

Boniface III, qui. en 607, se déclara évêque

universel, tandis que l'infaillibilité du pape ne

date que de 1870. Mais si les papes sont

infaillibles, ils ne peuvent pas êtie chefs de toutes

les églises, puisque Grégoire le Grand a condamné

cette doctrine comme anti-chrétienne ; et si

Grégoire s'est trompé, alors les papes ne sont pas

infaillibles. Du reste, pour bien montrer T inanité

-de celte doctrine., nous n'avons qu'à rappeler que le

pape Hoiiorius (625-638) fut accusé d'hérésie et finalement déposé parle sixième concile. Pendant plusieurs siècles les papes eurent à prononcer l'anathème contre Honorius et sa doctrine.

La Réforme en Angleterre n'a pas créé une nouvelle Eglise; elle a purifié l'ancienne Eglise des superstitions et des erreurs de l'Eglise romaine. Il peut arriver que, par suite de mauvaises influences, un homme bien élevé vienne à z-^;^-;;^/;'^'^ se dégrader. S'il abandonne ses in3.uvaisç:s pas créé habitudes nous disons qu'il s'est réformé. Son ^^Jj^^^^n^ changement de vie, ou pour mieux dire la réforme Eglise qui s'est opérée en lui n'a pas altéré son identité. /^^i^i^ Il en fut ainsi de l'Eglise en Angleterre. La terre. Réforme n'est pas venue du dehors, elle s'est opérée au sein même de l'Eglise nationale qui conserva ses mêmes temples et ses mêmes fidèles. Ce furent ses évêques et ses prêtres convoqués en S}' node qui réformèrent les doctrines et les usages de l'Eglise. L'Eglise anglicane fut presque unanime à rejeter les prétentions de l'évêque de Rome. De 9400, qu'était le nombre des membres du clergé à l'accession au trône de la reine Elisabeth (155S), il n'y en eut que 1S9 qui refusèrent de revenir aux anciens privilèges et aux traditions de l'Eglise primitive. Pendant

les onze premières années du règne d'Elisabeth il n'y eut qu'une seule et même Eglise pour tous les Anglais. Ce n'est qu'en 1570 que le pape, voyant qu'il ne pouvait persuader les Anglais à se soumettre à son autorité, envoya des ecclésiastiques romains en Angleterre. Ceux-ci persuadèrent un petit nombre d'Anglais d'abandonner leurs églises. En 1581, date de son organisation, l'Eglise romaine devint un corps scliismatique en Angleterre.

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